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Fukushima, plus jamais ça !

Finalement, l’autorité nucléaire s’est décidée, devant l’évidence, à classer Fukushima au niveau 7, le niveau le plus élevé, (accident majeur) mettant la catastrophe au même rang que celle de Tchernobyl.

Pour nombre de japonais, le parti démocrate japonais a manifestement retardé l’annonce du reclassement du niveau de gravité, passant de 6 à 7, afin d’attendre la fin d’élections locales. lien

La Chine voisine s’énerve logiquement et accuse le Japon d’avoir trop tardé à admettre la gravité de l’accident. lien

Il y aura donc « un avant » et « un après » Fukushima et la peur nucléaire pourrait bientôt s'étendre au-delà du Japon tant les nouvelles sont alarmantes.

Des traces de strontium ont été découvertes dans le sol et dans les plantes, apportant la preuve que la fusion du cœur du réacteur était bel et bien en cours.

Le strontium est un élément radioactif produit par la fission nucléaire. Lien

Monique Sene, Physicienne cofondatrice du GSIEN, (lien) que je me suis permis de joindre affirme « le strontium accompagne le césium et se déplace moins, mais la présence de ces radioéléments signe une fusion du cœur et pas seulement des fissures de gaines. D’ailleurs les explosions hydrogène provenaient probablement de la réaction zirconium-eau qui est très exothermique et donc fait monter la température permettant d’atteindre la fusion du cœur »

Une confirmation de cette fusion totale a été donnée par l’agence Reuter qui la tient d’un élu républicain, Edward Markey : « le noyau du réacteur nucléaire de Fukushima au Japon est entré en fusion et à traversé la cuve du réacteur (…) j’ai été informé par la CNR (commission de règlementation nucléaire) que le noyau a tellement chauffé qu’une partie de celui-ci à probablement fondu dans la cuve du réacteur (…) (le corium) se dirige vers le fond de la structure de confinement, impliquant que le dommage est encore pire qu’on ne le pensait (…) il brûle ensuite de manière incontrôlée à travers la fondation en béton » lien

Le risque est maintenant qu’une fois le béton « traversé », ce corium rencontre de l’eau, et comment ne la rencontrerait-il pas, vu les quantités d’eau douce, et d’eau de mer déversées depuis un mois sur les réacteurs. lien

Bernard Laponche, physicien, nous donne dans cette vidéo une explication claire de l’accident.

Sur ce lien, un exposé de la situation actuelle.

A Tchernobyl, un extrait du rapport « officiel » explique : « Le 8ème jour, le corium à fondu à travers le bouclier biologique inférieur et s’est écoulé sur le sol. Cette redistribution du corium aurait intensifié les rejets de radionucléides pendant la dernière phase de la période active ». lien

Mais alors qu’à Tchernobyl, les produits radioactifs relâchés étaient entre autres du césium 137 dont la période ou « demie vie » est de 30 ans, à Fukushima, il y a aussi du plutonium 239 dont la période est de 24 000 ans.

Or, une dose de l’ordre d’un microgramme de plutonium suffit à tuer (lien) et à Fukushima, il y en a plusieurs centaines de kilos. lien

Comme si ça ne suffisait pas, un nouveau problème vient de surgir. Il concerne la piscine n°4 de laquelle se dégage une radioactivité 100 000 fois supérieure à la normale prouvant des réactions de fission

Or on découvre aujourd’hui que dans cette piscine, outre le combustible usagé, il y a aussi 204 barres de combustible neuf, et ce serait l’injection d’eau chargée en radioactivité qui aurait déclenché la fission.

Un drone a été envoyé sur place le 14 avril pour étudier l’extraction de ces barres « neuves », mais les niveaux très élevés de radioactivité rendent l’opération « très difficile ». lien

D’autre part, la zone d’exclusion vient d’être enfin élargie aux 30 kilomètres alors que d’autres experts pensent qu’il serait sage de l’élargir à un rayon de 80 à 100 km. lien

D’ailleurs, le 30 mars, de forts taux de radioactivité avaient été découverts à 40 km du site nucléaire : les experts de l’AIEA ont mesuré un niveau de 2 méga becquerels par mètre carré dans le village de Litate. lien

Mais n’est-il pas déjà trop tard pour l’évacuation des japonais menacés ? lien

Les japonais chassés de chez eux ont un mois pour trouver une solution (lien) et ils ne sont pas acceptés dans les centres d’accueil s’ils sont contaminés. lien

Une dépêche de l’AFP nous apprend qu’un japonais de 102 ans a préféré se donner la mort plutôt que de quitter sa maison, et qu’à Tokyo les japonais achètent volontairement des légumes radioactifs par solidarité avec les rescapés de la catastrophe. lien

Akira Kurosawa, dans son film de 1990 « Rêves  » avait eu une vision prémonitoire du cauchemar qui pourrait se produire bientôt. lien

La prise de conscience tardive du danger du nucléaire semble s’accélérer, puisqu’au Japon, un projet de réacteur nucléaire qui devait rentrer en service en 2019 vient d’être gelé. lien

Ailleurs, dans le monde, il semble que les consciences se soient enfin réveillées.

Micheline Calmy-Rey, présidente de la Suisse, à l’issue d’entretiens qu’elle a eu avec Heinz Fischer, le président Autrichien, affirme que son pays envisage sérieusement de sortir du nucléaire, réfléchissant aux différents scénarios possibles.

D’autre part, sans attendre les expertises qui vont être menées par l’Union Européenne, la Suisse a déjà effectué des tests complets de sécurité sur ses 5 centrales nationales. lien

En France, « un coup de froid » est redouté par les acteurs de la filière nucléaire française et ses 100 000 employés.

Un employé d’EDF, ancien formateur, à déclaré « c’est la métaphore du tigre dans la maison. Pour rassurer vos amis, et les convaincre de venir diner chez vous, vous l’enfermez à double tour dans une pièce sans fenêtre, vous montrez la pièce aux visiteurs et tous vos systèmes de sécurité. Avec le temps, ça marche : vous en oubliez presque que vous vivez à côté d’un fauve. Mais quoique vous fassiez, l’animal est là, derrière le mur. Et à Fukushima, le tigre a fini par s’échapper ».

Il continue : « ce qui me mine, c’est de lire dans le journal un scénario catastrophe qui n’était jamais censé se produire…ce qui se passe au Japon, la fusion simultanée, peut-être, de 3 réacteurs, c’est un cas de figure que nous n’avons jamais travaillé en simulateur (…) ça ne devait pas arriver » lien

Serait-on rentré dans le « temps du doute » ?

Jacques Attali réclame un branle bas de combat et demande que, devant le danger qui menace la planète, tous les moyens mondiaux soient mis en place pour tenter de sauver ce qui peut encore l’’être, et affirme «  il n’est plus temps de s’interroger sur le droit ou le devoir d’ingérence. Mais d’agir  »

Jean-Marie Pelt, le célèbre botaniste à déclaré avec lucidité : « avec le nucléaire, les hommes se sont pris pour des dieux  ».

A Strasbourg, c’est une première, le conseil municipal vient de prendre une décision historique à la quasi unanimité (une abstention) : UMP, PS, Centre, Verts ont voté le 12 mars la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Une pétition a été lancée pour cette fermeture et on peut la signer sur ce lien.

Par contre Sarközy, tout en s’engageant à fermer les centrales nucléaires défaillantes, refuse de les faire expertiser par des équipes de contrôle internationales. lien

En réalité, le gouvernement espère que dans 6 mois, l’émotion sera retombée, et André-Paul Lacoste, président de l’ASN (autorité de sureté nucléaire) a d’ores et déjà annoncé qu’aucune centrale ne serait arrêtée. lien

Pourtant l’EPR semble avoir du plomb dans l’aile, puisque l’ASN envisage un audit pour le site de Flamanville, en cours de construction dans la Manche, avant d’autoriser la reprise des travaux. Lacoste précise « il s’agit de réfléchir à ne pas bâtir telle ou telle partie de la centrale qui serait ensuite appelée à être modifiée pour améliorer la sûreté ».

On comprend entre les lignes qu’il reconnait que l’EPR n’a pas plus été étudié que les 58 autres réacteurs français afin de résister à un enchainement de catastrophes naturelles. lien

Toujours en France, la centrale de Chinon vient d’être épinglée par l’ASN pour manque de rigueur, et elle demande à EDF de prendre des mesures fortes pour corriger les dysfonctionnements.

Nicolas Forray, délégué territorial de l’ASN à déclaré « la situation technique de Chinon (…) en fait l’une des centrales les plus mal gérées du parc EDF  ». lien

Eric Besson, jamais à l’abri d’une gaffe, droit dans ses bottes, a annoncé que le groupe informatique français Bull allait fournir au Japon un supercalculateur destiné à la recherche sur la fusion nucléaire contrôlée. lien

Il est probable que les japonais aient pour l’instant d’autres préoccupations :

Depuis qu’ils ont modifié les doses acceptables pour les travailleurs du nucléaire japonais, passant de 100 à 250 milli sieverts, les sociétés intérimaires japonaises peinent à trouver des candidats pour se rendre sur le chantier de Fukushima, ceux-ci ayant compris que les risques de cancers sont encore plus grands. lien

La pétition lancée le 18 mars pour un référendum pour sortir du nucléaire est toujours à signer sur ce lien.

Certains envisagent des solutions radicales, comme celle de bombarder purement et simplement les réacteurs « afin de limiter les risques d’un scénario apocalyptique ». lien

Le pompon revient à Wolfgang Weiss, président du conseil « scientifique » des Nations Unies qui a déclaré sans rougir «  L’accident de Fukushima n’est pas dramatique, il n’y aura pas d’impact grave sur la santé  ». lien

Nous voila rassurés, car comme dit mon vieil ami africain :

« Il vaut mieux arriver en retard dans ce monde qu’en avance dans l’autre »

L’image illustrant l’article provient de « goodplanet.info ». Elle a été réalisée par l'association Greenpeace.

Merci aussi à tous les internautes, qui par les infos qu’ils m’ont fait parvenir, ont permis cet article.

Voir les vidéos




par olivier cabanel (son site) vendredi 15 avril 2011 - 547 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par cathy30 (---.---.---.171) 15 avril 2011 09:44
    cathy30

    Salut Olivier
    Je dirai que c’est plus qu’un niveau 7 car fukushima est placé sur des plaques tectoniques et face à l’océan et a une plus forte densité humaine. Il faut tenir de tous ces facteurs pour classifier correctement. 

  • Par Peachy Carnehan (---.---.---.113) 15 avril 2011 12:25
    Peachy Carnehan

    Bonjour Olivier.

    Le pompon peut se partager entre Wolfgang Weiss et notre inénarrable Claude Allègre national. Extrait :

    « Nucléaire : Claude Allègre nie la catastrophe au Japon

    Alors que les autorités japonaises elles-même reconnaissent que l’accident survenu à la centrale de Fukushima est une véritable catastrophe nucléaire, Claude Allègre a affirmé le contraire sur RTL ce jeudi matin.

    « Je voudrais vraiment qu’on remette les choses en place, il n’y a pas pour l’instant au Japon de catastrophe nucléaire, il y a juste une catastrophe sismique, tragique », a ainsi estimé Claude Allègre. « Pour l’instant, pas de panique ».

    Claude Allègre trouve même « indécent » que le débat sur le nucléaire soit en ce moment sur le devant de la scène médiatique française. « Cette interrogation sur nous-mêmes est déplorable » indique-t-il ainsi. Se voulant rassurant sur la question du nucléaire en France, il précise même que « sans donner de leçon à qui que ce soit, nos centrales françaises sont beaucoup plus évoluées que les centrales japonaises ».

    Pas de panique donc pour Monsieur Claude Allègre... »

    Lien

  • Par slipenL’air (---.---.---.155) 15 avril 2011 12:15

    Les projets démentiel D’AREVA.le CEA et EDF 

    Flexblue
    la contamination de la mer est une bonne chose pour eux
    Bah quoi c’est déjàune poubelle radioactive
  • Par BA (---.---.---.142) 15 avril 2011 10:02
    FUKUSHIMA : NOUVEAU DANGER. Des réactions de fission dans la piscine n°4.

    Attention, danger ! C’est vers la piscine de l’unité n°4 de Fukushima que les regards convergent aujourd’hui avec une nouvelle inquiétude. S’y déroulent des réactions en chaîne dégageant une très forte radioactivité ! Des niveaux “100 000 fois supérieurs à la normale”, selon l’agence de sûreté nucléaire japonaise NISA. C’est ce que l’on peut comprendre après l’annonce postée ce 14 avril sur son site (1) par l’opérateur TEPCO de la centrale de Fukushima. 

    L’opérateur y présente en effet les résultats d’une “analyse de 200 ml d’eau prélevée le 12 avril dans la piscine n°4” (où 195 tonnes d’eau ont été injectées le 12 avril selon l’AIEA (2)). Ces résultats, obtenus le 13 avril et annoncés ce 14 avril montrent que, outre du césium 137 et du césium 134 découverts dans cette eau, de l’iode 131 y a été retrouvé. Or l’iode 131, rappelons-le, a une demi-vie de 8 jours seulement. Autrement dit, si on le retrouve en quantité – ce qui est le cas, 220 000 Bq/litre – cela signifie qu’il a été créé depuis peu de temps (à noter qu’une mesure dans cette même piscine faite le 4 mars, c’est-à-dire avant le démarrage des événements catastrophiques, n’en avait pas détecté). Et s’il a été créé depuis peu de temps, cela signifie que des réactions de fission ont lieu dans le combustible qui est entreposé.

    Rappelons que le réacteur n°4 était à l’arrêt avant le séisme puis le tsunami. Tout le combustible usagé du réacteur avait été déposé dans la piscine. Et l’on a appris aujourd’hui (3) qu’outre ce combustible usagé, du combustible “neuf” s’y trouve aussi : “204 barres de combustible non usagé” (outre 1331 barres de combustible usagé). Des niveaux qui pourraient être également dus, a-t-elle estimé, à l’injection dans la piscine d’eau de pluie contenant des quantités de particules émettrices de radioactivité.

    Interrogé à ce sujet, l’ingénieur nucléaire américain Arnie Gundersen (que nous avions cité dans le blog du 15 mars (4)), nous a dit voir dans la présence d’iode 131 dans la piscine n°4 une « énorme annonce » (« BIG news »). 

    De même que la présence de combustible neuf, car il peut être devenir « critique » (connaître des réactions de fission) « plus facilement que le combustible usagé ». Selon lui, ce pourrait être « la raison pour laquelle cette piscine n’est plus remplie d’eau. Des changements mineurs dans la géométrie des casiers (dans lesquels sont normalement contenues les barres de combustible) pourraient être la cause de la reprise de criticité dans le combustible neuf. Je le sais, car mon groupe de travail a fait des calculs de criticité dans ce type de casiers pendant des années ».

    Devant la dangerosité de ces barres de combustible, on se demande bien comment l’opérateur va pouvoir manipuler ce combustible, afin de le confiner et stopper le relargage de radioactivité qui doit avoir lieu en ce moment même. Il a été annoncé « le déploiement d’un petit drone (hélicoptère) pour voir s’il est possible d’extraire ce combustible » (selon TEPCO, ce survol a été effectué ce 14 avril entre 10h17 et 12h25). La tâche est rendue extrêmement difficile vu les niveaux de radioactivité : rayonnements gamma, mais aussi et peut-être surtout bouffées de neutrons extrêmement dangereuses dont il est très difficile de se prémunir (de même qu’il est difficile de mesurer exactement le niveau de rayonnement au moment où il est émis, lors ds réactions de fission). Sans oublier le phénomène d’ « effet de ciel », déjà cité dans ce blog, sorte de rebond du rayonnement sur les couches atmosphériques qui peut le rabattre vers le sol en des endroits imprévus.

    Outre les énormes difficultés d’évacuation de dizaines de milliers de tonnes d’eau radioactive, les travailleurs dans la centrale se retrouvent donc aujourd’hui avec un problème majeur à régler sur l’unité n°4. Sans que l’on connaisse, par ailleurs, jusqu’où peut aller le relargage de produits de fission particulièrement dangereux.

    Notes :




    4) « Lanceur d’alerte » qui a fondé une entreprise baptisée Fairewinds Associates, et qui a participé à en particulier aux enquêtes sur la centrale de Vermont Yankee, de même type que celle de Fukushima (réacteur à eau bouillante construit par General Electric). 


    Source :

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