Après huit mois d’abstinence télévisuelle, Nicolas Sarkozy semble reprendre la pratique présidentielle traditionnelle sous la Ve République. Avec pour enjeu sa crédibilité à protéger la France de la crise mondiale.
Au lendemain du Sommet européen de Bruxelles et à quelques jours du Sommet du G20 qu’il va présider à Cannes, le Président Nicolas Sarkozy s’est adressé aux Français depuis l’Élysée au cours d’une interview diffusée sur TF1 et sur France 2 ce jeudi 27 octobre 2011.
Le style fut très sobre et très mitterrandien, tant par le cadrage très officiel, table rase et drapeaux français et européen dans le dos, que par la position des mains, dans le plus pur style des Présidents de la Ve République.
L’ensemble de son intervention avait pour objectif de rappeler que s’il y avait des candidats à l’élection présidentielle, lui, il n’y pensait pas encore car il devait assumer ses responsabilités jusqu’au dernier moment, surtout en cette période cruciale pour la France et l’Europe.
Tout son discours était basé sur la grave crise financière qui secoue l’Europe depuis quelques mois. Il a insisté sur le fait que la France est considérée comme un État bien géré et que cela était la conséquence des réformes qu’il avait réalisées depuis le début de son quinquennat, à savoir la réforme des retraites qui va rapporter 24 milliards d’euros par an, la réduction du train de vie de l’État avec le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, les possibilités de faire des heures supplémentaires dont il a évalué le nombre de bénéficiaires à neuf millions de salariés qui auraient gagné 450 euros de plus en moyenne (sans dire si c’est par mois ou par an).
Toutes ces mesures ont permis à la France de bien résister à la crise financière alors que dans de nombreux autres États d’Europe, il y a des réductions de salaires et des licenciements de fonctionnaires. Pour Nicolas Sarkozy, bien décidé à défendre son bilan, c’est bien la preuve que sa politique menée jusque là était cohérente et a préparé la France et son modèle social à se protéger des effets de la crise internationale.
Il a particulièrement insisté sur le recrutement des fonctionnaires, histoire d’appuyer sur une proposition assez floue de François Hollande sur les 60 000 postes supplémentaires, en estimant qu’il préférait payer mieux les fonctionnaires, en particulier les enseignants en voie de paupérisation, qu’en augmenter le nombre (sans prendre en considération la finalité éducative).
Il a également défendu ardemment la règle d’or budgétaire en assurant ne pas l’avoir abandonnée, bien au contraire puisque l’accord européen la rendrait obligatoire d’ici un an. Il a remis ainsi les socialistes le dos au mur face à leurs responsabilités avec ce choix entre l’intérêt national et des considérations politiciennes. Il n’a cependant pas eu, à mon sens, un langage suffisamment consensuel pour permettre aux socialistes de revenir sur leur refus de voter cette réforme, même si son message se voulait gagnant-gagnant : en adoptant la règle d’or, la majorité présidentielle conforte sa politique et les socialistes se donnent une crédibilité financière accrue.

Nicolas Sarkozy a réfuté les critiques contre sa politique fiscale qui donnerait trop de cadeaux aux riches en affirmant qu’il n’a pas réduit la recette de l’impôt sur la fortune (ISF) et que la France est le seul pays européen à taxer autant les contribuables aisés. Il s’est même présenté en défenseur de la justice fiscale en affirmant qu’il n’y aurait pas de hausse généralisée de la TVA.
Sur l’accord européen, il a annoncé que la France ne payerait rien et que ce sont les banques qui ont accepté l’effacement de la moitié de la dette souveraine de la Grèce qu’elles détiennent, soit 100 milliards d’euros. Il a rappelé que les aides de l’État aux banques lors de la crise de 2008 ont toutes été remboursées et ont rapporté 4 milliards d’euros à l’État.
Nicolas Sarkozy a d’ailleurs affirmé qu’il souhaitait une plus grande intégration européenne dans la zone euro, avec une véritable harmonisation fiscale franco-allemande puisque le couple franco-allemand est le moteur de l’Europe, ainsi qu’une diminution de l’intégration européenne pour les autres membres de l’Union Européenne, zone qui sera amenée à s’élargir encore (avec la Croatie entre autres).
Il a rejeté les craintes que pourrait susciter la position de la Chine prête à venir aider l’euro : il vaut mieux que les Chinois investissent en Europe qu’aux États-Unis et c’est aussi une preuve de confiance. Ils ont de toute façon intérêt à ne pas laisser tomber leurs clients. La faillite de l’euro entraînerait leur propre faillite.
Il a montré la position saine de la France en indiquant les taux d’intérêt de différents pays européens : 3% pour la France, l’Allemagne est meilleure avec 2,3% mais l’Espagne est à 5,5%, l’Italie à 6% …et la Grèce à 25%.
Il a fait une attaque en règle contre les 35 heures qui ont plombé l’économie au début des années 2000, ont réduit la compétitivité de l’industrie française (en prenant l’exemple du marché automobile), et ont surtout sacrifié les ouvriers et les employés à faible qualification.

Il a eu une certaine mauvaise foi à revenir jusqu’à 1983 avec la retraite à 60 ans réalisée par le gouvernement Mauroy en se remémorant les déclarations de Michel Rocard qui trouvait peu pertinent de supprimer cinq années de cotisations tandis que l’espérance de vie augmente.



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précision utile ! je m’ait trompé de conseil (si vous me pardonnez ce (...)
31/10 09:34 - wessonPetit anal raté pour Nicolas Sarkozy
31/10 09:27 - Gaspard DelanuitLa vache, je n’arrive même plus à supporter notre Président plus de 30 secondes, avec son (...)
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