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Intermittents du spectacle, permanents de l’arnaque

A la recherche de quelque menue monnaie point trop coûteuse en voix, le Gouvernement Ayrault enquille les mesurettes et pourrait bien voir la dernière en date lui sauter à la figure…

Seuls dans la multitude des travailleurs, les intermittents du spectacle ont obtenu en 2003 sous Chirac – Raffarin un « moratoire » sur la révision de leur statut : autant dire que nous avions alors assisté à un baissage de culotte en règle, consécutif à trois manifs et deux grèves de leveurs de rideaux…

En 2013, le moratoire arrivera à échéance : supprimer le texte en cause, Hollande voudrait bien… Mais n’ose point ! Du coup, c’est le ministre de la Culture Aurélie Filippetti qui s’y colle. Citée par Le Parisien – Aujourd’hui en France du 20 août, elle affirme que chacun devra se montrer « lucide et courageux »… Avant d’ouvrir le parapluie en assurant qu’il faut « préserver le système ». Remettre en cause un système, tout en le préservant : vaste programme !

L’enjeu n’est pourtant pas négligeable, puisque d’après la Cour des comptes et son Premier président Didier Migaud – ex président socialiste de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale –, les 106.000 intermittents indemnisés représentent à eux seuls… plus de 30 % du déficit de l’Assurance chômage. Chiffre à mettre en perspective avec leur poids réel dans le compte des demandeurs d’emploi : 3 % !

Pour rappel, le statut des intermittents du spectacle* est unique au monde : pour trois mois travaillés sur 10, huit mois de chômage à taux plein ! Inutile de préciser qu’une fois le quota atteint, peu se montrent empressés à poursuivre l’effort. Les défenseurs de la profession – c’est-à-dire principalement les intermittents eux-mêmes – protestent que le nombre d’heures réellement effectuées est largement supérieur à huit heures par jour. Si l’on tient cette affirmation pour vraie et que, dans un élan de socialisme incontrôlé, on considère que ces stakhanovistes sont à la tâche 16 heures par jour, on arrive à un résultat fictif de six mois travaillés dans l’année avant de prétendre aux indemnités de chômage. Très loin des conditions imposées aux autres travailleurs…

« C’est le prix de l’incertitude », voire de la précarité, objecteront quelques bonnes âmes. D’un point de vue pragmatique, il s’agit simplement de la conséquence d’un choix fait en toute connaissance de cause : celui de vouloir approcher à tout prix les artistes, les people, les sportifs, leur monde, la scène, la télévision. Et de vivre leur gloire par procuration, comme la tique accrochée au cheval de César vivait celle de l’Empereur. Quand l’individu prend un risque, ce n’est pas à l’Etat de jouer les assureurs : l’Etat-providence ne devrait être destiné qu’à ceux qui, malgré leurs efforts et à leur corps défendant, ont besoin d’un filet de sécurité ou d’une béquille temporaire. Tant que les corporatistes Français n’auront pas compris cela, la République restera assimilée à une vache-à-lait…

Evidemment, si l’on met fin à leurs privilèges d’un autre temps – celui des Trente glorieuses, du plein-emploi et de la gestion paternaliste de certains corps professionnels –, les intermittents useront de terribles mesures de rétorsion : sabotage de représentations à Orange ou Avignon, défilés dans les rues de Paris, grève de la perche sur les plateaux TV. De tout cela, la majorité des Français n’a que faire… Au contraire de dirigeants socialistes aux petits soins pour leur clientèle électorale.

Comme l'exige le plus élémentaire bon sens, Mesdames et Messieurs les intermittents devraient voir leur statut purement et simplement aligné sur celui du commun des cotisants. Après tout, un agriculteur, un artisan, un ouvrier à la chaîne peuvent-ils se permettre de ne travailler qu’une moitié de l’année ?

Malheureusement, une fois tombés les premiers sondages confidentiels de réactions à une éventuelle atteinte aux « droits » des intermittents, il y a fort à parier que le Grand mol et son Premier taiseux enterreront discrètement un projet qui aurait pourtant pu asseoir leur crédibilité en termes de volonté politique et de responsabilité. Occasion gâchée. Faut-il s’en étonner ?

* http://www.intermittent-spectacle.fr/conditions-d-acces-au-statut-d.html




par Francois Vial 75 (son site) vendredi 24 août 2012 - 122 réactions
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  • Par Fred59 (---.---.---.17) 24 août 2012 10:38

    Les resucées des vieilles lunes sur les intermittents, une arnaque permanente...

    Votre article trouve ses sources dans la propagande medef de 2003, dans les articles qui reparaissent à l’identique dans « les échos » chaque fois que Bruxelles demande à la France de faire des économies, enfin dans les souhaits de Bruno Coquet, qui en tant que « President of the Employment Committee of the European Union (EMCO) » est le véritable supérieur hiérarchique d’Aurélie Philipetti et du ministre de l’emploi, chargé de mettre en oeuvre la politique de l’emploi en U.E en préparant les directives européennes en lois présentables devant les parlements nationaux.

    Qualifier les événements de 2003 comme un baissage de culotte gouvernemental est très inexact. Les cotistions chômage des intermittents ont doublé du jour au lendemain ; la durée de l’indmnisation a perdu 20% ; le nombre d’intermittents a cessé de croître, ce qui était le seul vrai objectif de la réforme (le syndicat patronal et le syndicat salarial se sont entendus pour contrôler artificiellement la taille du marché). Enfin la réforme a créé des niches plus favorables que d’autres, génératrices de déséquilibres entre les métiers, et qui permettraient à terme de justifier de nouveaux tours de vis.

    En clair, vous vous êtes fait le relais de la propagande européiste et financière, sans obligatoirement l’avoir voulu.

    En premier lieu, je propose aux lecteurs de faire la connaissance du sociologue Richard Florida, qui a démontré scientifiquement une relation directe entre la densité du tissu artistique et le dynamisme économique (tous secteurs confondus) des grandes villes. Ses travaux ont démontré qu’assécher le tissu artistique conduit à assécher l’attrait général d’une région et à la faire péricliter, d’où l’intérêt pour une société à garder un investissement sur l’artistique. Economiser ce milliard d’€ par an pourrait, à terme, coûter très cher.

    En second lieu, un rappel historique sur ce qu’est l’intermittence du spectacle, par Mathieu Grégoire. Il démontre que loin d’être condamné à l’aggravement exponentiel, la croissance du déficit de l’assurance chômage des intermittents est en train d’atteindre son sommet naturel ; et que dès lors, on peut estimer qu’entre 1 à 1,3 mds d’€ annuels on peut financer ce régime.

    Il existe aussi des solutions pour que l’assurance chômage bénéficie d’un transfert de ressources autres : l’Etat (ou pourquoi pas les sociétés de droit d’auteur, par exemple ces 30% de leurs recettes pour lesquels le Spedidam ne parvient pas à trouver de bénficiaires). Ce type de solutions serait en fait l’équilibrage face au rôle de dynamiseur économique sur les autres sphères sociales.

    Parallèlement, il faut aussi savoir qu’entre la TVA, les impôts sur le revenus, etc.. les intermittents payent en impôts 950 millions d’euros annuellement, en-dehors même du fait qu’ils pèsent moins sur les collectivité locales que des attributaires du rsa, de l’apl, etc...

    En conclusion, votre approche consistant à regarder les dépenses et à oublier les recettes (et les dépenses évitées) est parente des méthodes du FMI, lorsqu’il exige des « modérations salariales ». Elle est partiale, et il n’est pas même sûr que vous compreniez vraiment de qui vous jouez le jeu sur ce sujet.

  • Par Anaxandre (---.---.---.164) 24 août 2012 15:09
    Anaxandre

      Encore un petit milieu qui a, pour les plus célèbre d’entre eux, table et oreille ouvertes chez nos dirigeants, surtout de gauche il est vrai. Des gens, au vu de leur médiatisation, qu’il est préférable de caresser dans le sens du poil pour les politiciens. Car si le statut particulier des intermittents du spectacle ne concernait que les petits techniciens il y a longtemps qu’il aurait sauté. C’est la République des castes et des privilèges, et ne parlons pas de l’abattement fiscal des journalistes : « tu défends mes petits privilèges, je défends les tiens »... Et quand je vois, entre autres privilégiés, un Maxime Leforestier, le même qui nous la jouait « baba-cool » libertaire dans les années 70, venir sur les plateaux télé défendre l’HADOPI, il me prend des envie de vomir... ou de violence.

  • Par bernard (---.---.---.202) 24 août 2012 13:05
    bernard

    Absolument pas !
    Tous à mettre dans le même sac !
    Gauche ou droite c’est exactement la même chose...
    D’ailleurs, je me demande encore pourquoi on s’évertue,encore, à vouloir faire une différence.
    Tous les partis politiques se valent et n’on rien à s’envier.
    Dans tous les cas, et avant tout, c’est eux et leurs « amis ».
    Alors nous, pauvres électeurs, on nous demande, par notre vote, de cautionner leurs « méfaits.
    Ben Non ! »

    Politiques=escrocs légaux avec pignon sur rue !

  • Par Le péripate (---.---.---.42) 24 août 2012 10:04
    Le péripate

    C’est vrai que le cout employeur est plus élevé pour un intermittent relativement à un autre salarié. Mais ça ne suffit pas à financer le système. La meilleure preuve en est que les indemnités chomage d’un intermittent représentent entre un tiers et la moitié de ses revenus totaux. Difficile d’imaginer dans ces conditions un « auto-financement ». Vous vous foutez de nous et de l’ensemble des salariés qui cotisent.

    Accessoirement je connais très bien ce dossier.

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