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Accueil du site > Actualités > Santé > La douleur de l’enfant : un long déni.

La douleur de l’enfant : un long déni.

On pourrait penser que le développement de la médecine moderne apporta un mieux-être pour l’enfant dans le traitement de sa douleur. Il n’en est rien et c’est même le contraire qui se produisit. Avec le progrès de la médecine, le déni de la douleur de l’enfant s’installa pour longtemps. Zéro pointé pour la science !

L’essor de la médecine moderne dans les années 50 s’accompagna d’un déni total de la douleur de l’enfant. La nouvelle génération de médecins s’intéressa alors davantage aux bilans biologiques et d’imagerie qu’à l’observation et à l’évaluation de la douleur. Une théorie dominante jusqu’aux années 80 (au moins...) prétendait que le système nerveux immature de l’enfant le protégeait de la souffrance (on prétendait alors que les voies nerveuses reliant le thalamus au cortex n’étaient pas développées).

En 1959, le Dr André Thomas préconisait, pour les interventions chirurgicales, le recours à la seule tétine, ou au biberon sucré, ou encore un biberon alcoolisé ! Beaucoup plus récemment, il était fréquent d’offrir au bambin une glace en compensation des douleurs atroces subies lors de son opération chirurgicale et après l’opération. Des scènes archaïques voire de barbarie rapportées des années 80 font froid dans le dos : opération à vif sans antalgique, suspension du bébé prématuré au plafond de sa couveuse par le thorax traversé d’un fil (ici aussi sans antalgique)... Les anesthésistes n’étaient alors formés que pour endormir les enfants et pas pour s’occuper de leur souffrance.

Puis, les scientifiques démontrèrent par leurs travaux que dès la 16e semaine de grossesse, les structures assurant la transmission de l’influx douloureux sont en place et donc que l’enfant souffre plus précocement qu’ils ne l’avaient "décrété". C’était dans les années 80. La douleur de l’enfant devint un bon sujet de recherche mais l’enfant continua le plus souvent de souffrir inutilement ! Il faut attendre les années 90 pour qu’en France, on commence à prendre en charge la douleur des enfants au sein de certaines équipes médico-chirurgicales et paramédicales particulièrement sensibilisées. En1993, les Dr Annie Gauvain-Piquard et Michel Meignier écrivent : "Le bébé est encore opéré dans des conditions qui seraient totalement exclues chez l’animal de laboratoire, de ce point de vue mieux protégé par les réglementations que le nouveau-né humain."

Ils seront entendus et, en 1998, Bernard Kouchner, secrétaire d’Etat à la Santé, met en place un plan de lutte contre la douleur sur trois ans (prolongé deux fois ensuite) qui prend en compte aussi la douleur de l’enfant. Mais avant d’en être arrivé là, que de temps perdu, que de souffrances ignorées ! Et de nos jours encore, des adultes et des enfants souffrent de pratiques archaïques. Cela est d’autant plus inacceptable que nous savons aujourd’hui qu’il existe une mémoire de la douleur dès les premiers instants de vie. Une réaction douloureuse exacerbée à une vaccination ou à un soin ultérieur peut être la conséquence d’une souffrance précoce, comme la circoncision par exemple (chez les Musulmans, cet acte est encore pratiqué sans anesthésie vers l’âge de 7 ans). Mais le plus souvent chez le nourrisson, la première expérience douloureuse est la vaccination. C’est pourquoi cet acte doit être pratiqué selon un code de bonnes pratiques : préparation de l’enfant, distraction de son attention, présence et contact parentaux. A proscrire : dire à l’enfant que cela ne lui fera pas mal ou se moquer de son manque de courage. Dans le domaine des pratiques du personnel soignant, des progrès restent encore à faire.

Pour un panorama complet de cette question, consulter les sites :

site www.tiboo.com (très abordable et complet)

pediadol.org.

sparadrap.com


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33 réactions à cet article    


  • JL JL 2 août 2007 11:36

    Merci La Taverne, pour cet article. J’aimerai faire un témoignage. Dans les années 70, mon fils souffrant d’une otite aiguë, nous nous sommes rendus à l’hôpital. Dans la salle d’opération le chirurgien m’a demandé de tenir fermement la tête du bébé pendant qu’il percerait le tympan, sans anesthésie. Je l’ai fait. Trente cinq ans après, je ne me suis toujours pas pardonné d’avoir permis cela.


    • Krokodilo Krokodilo 2 août 2007 16:54

      A mon avis, vous culpabilisez inutilement : votre bébé souffrait beaucoup, mais c’est cet abcès et la distension du tympan qui en résultait qui le faisait souffrir. Le geste du chirurgien ou de l’ORL (spécialiste en Oto-rhino-laryngologie) ou le médecin des urgences, a duré une fraction de seconde et le soulagement a été immédiat, je suppose, lorsque l’abcès s’est écoulé.

      Chez le bébé, à cette époque et peut-être encore aujourd’hui, les risques d’une anesthésie générale auraient été jugés inutiles dans ce cas ; chez un enfant plus grand, on peut utiliser une anesthésie locale par contact avec différentes produits, xylocaïne, menthol, mais chez un bébé, on considère qu’il y a davantage de risques allergiques.

      Ce geste, la paracentèse, insision ou plutôt « percement » du tympan, se fait moins souvent qu’autrefois car les otites sont soignées beaucoup plus tôt. Il n’est pas destiné à l’otite « courante » mais à une otite qui a tourné en abcès, qui empêche de dormir et fait pleurer de douleur. Inciser le tympan (une membrane) distendu apporte un soulagement immédiat.


    • JL JL 2 août 2007 20:14

      Krokodilo merci pour ces paroles réconfortantes. Cependant j’ai encore en mémoire les mouvements du bébé pendant l’intervention qui a duré plus longtemps que je ne l’aurais voulu. Et il m’a fallu beaucoup de détermination pour l’empêcher de bouger afin que l’intervention passe bien.


    • Julien Julien 2 août 2007 12:00

      @JL : Malheureusement de telles pratiques n’appartiennent toujours pas exclusivement au passé. Deux anecdotes :

      Quand j’étais ado, ma petite amie était tombé de mon vélo et s’était ouvert la paume de la main sur une tuile qui trainait par terre. Aux urgences ils l’avaient suturée sans anesthésie... Elle s’était fait engueuler parce qu’elle pleurait de douleur. C’était il y a plus de dix ans.

      J’ai eu un accident de ski assez sérieux : luxation de l’épaule avec fracture multiple de la tête de l’humérus, le médecin urgentiste m’a manipulé pendant près de 5 heures pour essayer de remettre l’épaule en place, sans tenir compte de la fracture et sans m’anesthésier. Bien entendu, je me faisais engueuler parce que si il n’arrivait pas à réduire la luxation c’était parce que j’étais trop crispé... sans blagues. Ca c’était il y a 6 mois.

      Enfant ou adulte, j’ai hélas l’impression que, même de nos jous, la douleur est encore un sujet très secondaire pour les praticiens, un peu comme un élément de confort, ni plus, ni moins, alors que de nombreuses études prouvent que réduire la souffrance aide à la récupération.

      A quand une prise de conscience généralisée ?


      • Krokodilo Krokodilo 2 août 2007 17:01

        Votre anecdote est assez étrange, car manipuler cinq heures une fracture multiple est une grave faute professionnelle !

        Certaines petites fractures associée à la luxation de l’épaule peuvent permettre une réduction simultanée de la luxation en même temps que la fracture, mais pas toutes. En outre, s’il vous a engueulé, c’est qu’il s’énervait, car il devait savoir que la contracture provient de la douleur et pas de votre mauvaise volonté.

        Par aileurs, si c’était un cabinet de montagne équipé de radiologie, il pouvait faire la réduction, mais pas une anesthésie générale. Si c’était un service d"urgence, il pouvait faire une ou plusieurs tentatives de réduction (il existe plusieurs méthodes) mais certainement pas pendant cinq heures ! Une impossibilité ou une fracture complexe doit amener à confier le patient au chirurgien orthopédique.


      • Julien Julien 2 août 2007 18:00

        @ Krokodilo : je me suis posé la même question que vous... pendant 5 heures je me la suis posé... et je peux vous assurer que se faire tordre un bras alors qu’on a l’épaule cassée, c’est à la limite du soutenable.

        Pour finir, le chirurgien qui m’a opéré quelques jours plus tard m’a donné l’explication thérapeutique de ces manipulations : dans certains cas de luxation de l’épaule (antérieure ou postérieure, je ne me souviens plus), l’os peut entraîner avec lui un nerf (axilaire ? merci aux médecins de me corriger si je me trompe) et le comprimer jusqu’à le détruire et rendre alors le bras définitivement inutilisable.

        Certes explique les manipulations, mais à mon sens, n’explique pas l’acharnement. Sans être médecin, je pense que l’urgentiste aurait du prendre plus rapidement la décision de me faire transporter à l’hopital le plus proche. L’erreur médicale se situe certainement à ce niveau. smiley

        Pour finir l’anecdote, quand je suis arrivé aux urgences, vers midi, chaussures de ski au pied, l’urgentiste m’a accueilli en me disant « Ne vous en faites pas, j’ai été formé au Rwanda ». J’ai cru qu’il fallait en rire. A 18h, je le croyais sur parole.


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 2 août 2007 12:44

        La médecine de la douleur a trop longtemps été considérée comme une non-médecine voire une anti-médecine, car elle était réputée masquer la maladie. Ce masquage était considéré comme une manière de ne pas soigner la cause organique ou physiologique de la douleur, voire une cause d’aggravation de cette cause ainsi masquée ; ne plus avoir mal, c’est ne plus savoir qu’on est malade ou croire faussement qu’on est guéri, la douleur est donc, pour le malade et surtout le médecin une indication thérapeutique précieuse.

        De plus tous les moyens dont nous disposons contre la douleur, en tant que maladie elle même, sont tous plus ou moins des molécules chimiques à effets secondaires ou de dépendance (ex : la morphine) pathogènes. D’où la prudence de la médecine quant à l’usage systématique des traitements anti-douleur, sauf pour des soins dits palliatifs (lorsque tout traitement des causes est impossible).

        Mais il est en effet inacceptable que la médecine n’ait pas développé des traitements anti-douleur moins agressifs et surtout qu’elle considère que l’enfant qui ne parle pas et donc ne revendique pas, ne ressente pas la douleur.

        La médecine anti-douleur comme telle reste à construire.


        • Julien Julien 2 août 2007 13:31

          « De plus tous les moyens dont nous disposons contre la douleur, en tant que maladie elle même, sont tous plus ou moins des molécules chimiques à effets secondaires ou de dépendance (ex : la morphine) pathogènes. »

          Je me souviens avoir vu dans une émission télévisée tout à fait sérieuse, une opération réalisée sans anesthésie chimique, grâce à l’acupunture. Je ne dis pas que c’est le remède miracle ou encore que cette méthode est parfaitement maitrisée, mais juste qu’il y a des voies que la médecine actuelle refuse d’explorer. Il en va de même pour l’hypnose, même si tous les sujets n’y sont pas réceptifs.

          La chimie ne serait-elle pas une façon un peu trop « facile » de traiter la douleur, ou justement de refuser son traitement (pour éviter les risques de dépendance par exemple) ?


        • La Taverne des Poètes 2 août 2007 14:15

          Julien : On a trouvé des marques de pratique de l’acupuncture sur le plus vieux cadavre humain jamais exhumé : celui d’ötzi « l’homme de glace » dont la mort remonte à 5300 ans ! C’est dire si cet art est ancien...


        • Julien Julien 2 août 2007 14:41

          Je suis entièrement d’accord avec vous ! Est-ce justement parce que cette technique est ancestrale que la médecine « moderne » refuse de la considérer comme une alternative sérieuse à l’anesthésie chimique ?


        • claude claude 2 août 2007 15:19

          bonjour sylvain,

          voici quelques éléments pour affiner votre approche de la douleur et de ses différents traitements,

          bonne lecture,

          les causes de la douleur sont multiples : mécaniques (on se tape sur le doigt avec un marteau, usure des articulations qui cause de l’arthrose), inflammatoires, comme dans l’arthrite, ou centrale, c’est à dire que c’est le système nerveux qui induit la douleur.

          http://www.institut-upsa-douleur.org/Layout/presentation.aspx?ItemID=bd21a1f5-ddb1-47da-84b1-a11761f06e7b

          à chaque cas, ses neurosmediateurs libérés : histamine, prosatglandines, substance P... les mécanismes de défense sont aussi différents : sytèmes de contr^le de la douleur activés ou non, dérivation de l’attention ( quand on se cogne, on se frotte la jambe, c’est pour induire une sensation qui va parasiter le message douloureux).

          pour les antalgiques, c’est pareil, ils sont adaptés à chaque sorte de douleur : ils sont classés par niveau :
          - les anti-inflammatoires qui agissent sur les différents composants de l’inflammation : AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) aspirine, ibuprofène... les corticoïdes : http://www.doctissimo.fr/html/medicaments/articles/sa_4091_corticoides.htm
          - les antalgiques : paracétamol, qui a une action sur le système nerveux central : http://fr.wikipedia.org/wiki/Parac%C3%A9tamol

          ce sont les antalgiques de niveau 1 pour les douleurs faibles à modérées

          http://www.adf.asso.fr/cfm/site/thesaurus/detail_conference.cfm?rubrique_origine=47&conference=193/2002
          - au niveau 2, on trouve : «  »" Le deuxième palier (Antalgiques de Niveau 2) concerne les antalgiques utilisés en seconde intention, pour traiter des douleurs persistantes, intenses ou rebelles aux antalgiques de niveau 1 (douleurs modérées à sévères : échelle EVA de la douleur de 4 à 7). Ce sont des morphiniques mineurs (Codéine ou Dextropropoxyphene, association Paracétamol-Codéine, Tramadol...).«  »"

          - et au niveau 3 : «  »"Le troisième palier (Antalgiques de niveau 3) implique le recours à la morphine et aux morphiniques. Ils sont utilisés en troisième intention (douleur intense : échelle EVA de la douleur égale ou supérieure à 7).

          Un palier intermédiaire a été intercalé entre les niveaux 2 et 3 ; il s’agit du niveau 2B, correspondant aux agonistes partiels et agonistes-antagonistes morphiniques (Buprénorphine).«  »"

          à cette liste d’antalgiques - analgésiques « purs » se rajoutent des autres molécules qui ont des propriétés antalgiques centrales : c’est le cas des anti-dépresseurs recapteurs de la serotonine, des anti-épileptiques, de certains anti- parkinsonniens, des myorelaxants, des benzodiazépines...

          il y a aussi les traitements non-médicamenteux, comme les thérapies cognitives, le yaga, la sophrologie, la relaxation qui aident à contrôler les niveaux de douleur. http://documentation.ledamed.org/IMG/html/doc-10749.html

          il n’est pas facile pour un médein et pour un patient de prendre en charge la douleur, mais la théorie selon laquelle la morphine est source d’addiction a fait long feu : en effet, des nombreuses études prouvent que si on ajuste la dose de morphine à la douleur, il y a peu de risque d’accoutumance, même chez les anciens toxicos :
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Morphine «  »« Comme tout opiacé, la morphine est susceptible de provoquer une dépendance dans certains contextes précis hors du contexte médical. Sa prescription engage la responsabilité des médecins puisque c’est un produit qui peut engendrer une toxicomanie ou faire l’objet d’un trafic illicite. Sous contrôle médical, la prescription stipule des prises à heure fixe et contrôlées qui permettent la prise avant la réapparition de la douleur afin d’éviter toute association entre médication et soulagement immédiat ainsi qu’un arrêt progressif permettant d’éviter le syndrome de sevrage. La tolérance qui se développe est un phénomène normal et ne doit pas être vécu par le patient comme un signe d’une éventuelle toxicomanie, dans un cadre médical, la prescription de morphine n’entraîne de toxicomanie que dans 4 cas pour 10 000. Si la morphine est un produit qui posa de nombreux problèmes de toxicomanies au début du XXe siècle, notamment du fait qu’elle était essentiellement administrée sous forme injectable. Son usage détourné est, de nos jours, relativement anecdotique ; elle n’est plus guère utilisée par les toxicomanes qu’en substitution empirique de l’héroïne. Elle peut exceptionnellement servir de traitement de substitution après l’échec du Subutex et de la Méthadone dans le traitement de l’héroïnomanie, même si cet usage ne correspond pas, en France, à son AMM. »«  »

          http://www.inrp.fr/Acces/biotic/neuro/douleur/html/morphine.htm «  »"Cas des patients douloureux

          L’accoutumance constitue rarement une entrave à l’emploi de la morphine chez les patients douloureux chroniques (cancéreux par ex) lorsque la morphine est administrée de façon régulière suivant un horaire fixe.

          En ce qui concerne la dépendance, les statistiques sont formelles, chez les cancéreux sans antécédents toxicomaniaques l’administration de morphine à horaires fixes n’entraîne pas de demande réitérée de la part de ces patients ce qui ne conduit plus l’entourage médical et familial à assimiler le patients à un toxicomane.

          Toutefois, malgré les recommandations de l’OMS (1987), on estime actuellement, à cause de ces peurs de toxicomanies, que 50 à 80% des cancéreux ne sont pas soulagés de façon satisfaisante. En ce qui concerne les enfants les données sont tout aussi accablantes. «  »"

          http://www.fnclcc.fr/fr/patients/dico/definition.php?id_definition=1065 «  » La dose nécessaire dépend de l’intensité de la douleur ; si cette dose est respectée, la morphine n’entraîne ni toxicomanie, ni accoutumance, ni trouble de la conscience ou de la respiration ; elle peut provoquer, pendant les premiers jours, un peu de somnolence et des nausées que l’on peut prévenir ; elle entraîne toujours une constipation qu’il faut prévenir par un laxatif et surveiller.(...)On peut utiliser la morphine à tous les âges : chez le tout jeune enfant ou le vieillard, sous certaines conditions de dose et de surveillance. La morphine soulage aussi la gêne pour respirer (dyspnée) ou la toux dans certaines indications. Rien n’autorise plus à considérer la morphine comme le dernier remède de l’agonie, ni à redouter qu’elle précipite la mort des malades «  »"

          http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/medecine/bdc/e-docs/00/01/12/B0/article.md?type=text.html
          http://www.institut-upsa-douleur.org/UserFiles/IGWSIUD/File/utilite_morphine_douleur/04_umda.pd f
          http://www.paris-nord-sftg.com/rev.pres.traitement.douleur.nociceptive.00.01.htm


        • La Taverne des Poètes 2 août 2007 15:27

          La douleur n’est pas à prendre en compte seule, comme une chose isolée. Doivent aussi être considérés l’anticipation de la douleur (dont la peur) et l’après-douleur, ses traces, ses conséquences.


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 août 2007 09:07

          Merci de nous « délivrer » toutes ces informations.

          J’ajoute que les effets secondaires (à long terme dans des traitements au long cours) des molécules en question ne sont pas nuls et que la dépendance aux produits dérivés les plus efficaces de la morphine non plus, dès lors qu’il faut augmenter les doses pour conserver leur efficacité dans des douleurs chroniques.

          Les anti-inflammatoires (Cortisone ou AINS) ont aussi des effets secondaires indiscutables, mais ne sont pas spécifiques du traitement de la douleur...Ce qui était le sujet de l’article.

          Enfin un nombre considérable de malades ne supportent pas la morphine ou les opiacés et leurs dérivés (vomissements, somnolence, dépression, voire confusion mentale etc..)

          Ce qui est problématique dans les traitements chimiques actuels de la douleur chronique, en tant que telle, c’est qu’ils agissent tous au niveau central et non pas seulement au niveau local ; ce qui entraine nécessairement des effets secondaires pathogènes.

          Reste la thermo-coagulation par rayon laser ou radio-fréquence des terminaisons nerveuses concernées qui est utilisée en France dans les névralgies faciales et que les allemands commencent à utiliser dans le mal de dos chronique (ex : arthrose) et autre lorsqu’aucun autre traitement n’est efficace..

          Enfin en ce qui concerne l’acuponcture ou l’hypnose, le bilan est pour le moins contrasté et semble dépendre des cas et des personnes.


        • claude claude 3 août 2007 15:12

          bonjour sylvain,

          je suis désolée mais il faut savoir ce que l’on veut :

          - soit on veut se soigner et se prendre en charge, dans ces cas, on passe par dessus les effets secondaires, qui ne sont en général que provisoires, le temps que le corps s’habitue au traitement... dans le cas contraire, on ajuste et/ou on change les molécules.

          - soit, on chipote, et on se laisse mener par la maladie.

          dans le cas d’une maladie chronique, un dialogue permanent avec le corps médical est souhaitable. d’autant plus lorsqu’il s’agit de douleurs chroniques.

          mon expérience me fait dire, plus le patient se prend en charge, moins il a d’effets secondaires, et mieux il maîtrise sa maladie, car il vit « avec » et non « contre ».

          en ce qui concerne les douleurs chroniques, les causes sont infinies, et un tout simple « mal de dos » peut avoir plusieurs origines : mécaniques, centrales, projetées...

          la prise en charge de celles-ci comportent un aspect pluridisciplinaire : médicaments, suivi psychologique, thérapies cognitives, kiné, activités réeducatives.

          c’est pour cela que les centres et les réseaux anti-douleur ont été créés. et depuis 2001, un module en 2° cycle d’études médicales, est spécialement consacré à la douleur.

          voici quelques liens sur la prise en charge de la douleur en france :

          http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/prog_douleur/sommaire.htm
          http://www.pediadol.org/rubrique.php3?id_rubrique=110
          http://www.pediadol.org/IMG/pdf/SFETD_2007.pdf?PHPSESSID=ef4dedfdc6b861e59c737311d33a2940
          http://www.setd-douleur.org/index1.php
          http://www.chusa.upmc.fr/physio/cetd/index.html
          http://www.institut-upsa-douleur.org/layout/heading.aspx?ItemID=de305c56-7cfb-4f60-ace1-267647629178


        • La Taverne des Poètes 2 août 2007 14:23

          Pendant des millénaires, on souffrait parce que le corps était envahi par le « Malin ». Ou par la volonté de Dieu. Comme vous le savez, Hippocrate (et les Egyptiens avant lui) comprendra que les maladies et leurs douleurs sont le résultat d’un mauvais fonctionnement des organes et non pas l’oeuvre du surnaturel.


        • L'enfoiré L’enfoiré 2 août 2007 13:52

          Salut Taverne,

          Bon sujet. La douleur et pas uniquement pour les enfants.

          Pour les enfants, c’est en effet, plus grave car il n’y a pas si longtemps qu’ils commencent à avoir droit au chapitre et à avoir des droits.

          Etre allergique à la douleur, qui ne le serait pas ?

          Jeune, une visite chez le dentiste qui tourne mal et c’est pour la vie entière que le dentiste sera considéré comme un bourreau. Je me rappelle, un endormissement qui ne se faisait pas et qui n’était pas compris par mon dentiste. Le nombre de piqûres n’y changeait rien. Il a fallu arrêter et postposer.

          L’anesthésie est une parenthèse dans la conscience et en perpétuelle recherche d’amélioration. Comment l’anesthésie peut-il être sûr que son intervention a été opérationnelle ?

          Désolé, j’ai un peu ouvert le débat. smiley


          • La Taverne des Poètes 2 août 2007 15:17

            Salut Guy ! C’est à l’occasion d’un plan anti douleur pour adultes que la question de la souffrance des enfants a été intégrée. Finalement, si l’on creuse, n’est-ce pas égoïste comme démarche ? On met le paquet sur la souffrance des vieux (services de soins palliatifs, etc) parce que l’on sait que nous sommes amenés à subir le même sort qu’eux. Mais puisque l’on ne sera plus jamais des enfants, on oublie la douleur de l’âge tendre. Sauf peut-être quand elle est trop visible et qu’elle nous gêne.

            Je nous juge un peu durement, mais il y a peu de vrai non ?


          • claude claude 2 août 2007 14:27

            bonjour taverne !

            quel sujet grave aujourd’hui : la douleur de l’enfant... vivianne vous aurait-elle posé un lapin ???

            la douleur : c’est un vaste sujet, et il n’y a pas que l’nfant qui est touché : les adultes souffrant de douleurs chroniques aussi.

            votre article met en lumière que ce les mamans savent depuis la nuit des temps : un bébé ça souffre. il suffit d’écouter les modulations de ses pleurs ou l’absence de ces mêmes pleurs, la façon dont le petit corps occupe son environnement, sa relaxation...

            quelle maman (ou papa) n’a pas eu à faire face aux terribles spasmes intestinaux qui tordent les nouveaux-nés ?

            instinctivement on masse nos bébés, on les chatouille, les bizoutte pour qu’ils soient des bébés heureux.

            les médecins ne sont pas des mauvais bougres, mais ils n’ont pas 2 sous de bon sens !(pardon doc, au cas où il lirait ces mots) comme ils ne visualisent pas le ressenti de la douleur, ils n’y pensent pas tout simplement...

            sans vouloir excuser les médecins, certains d’entre-eux craignaient aussi que l’anesthésie soit fatale aux bébés. depuis les produits et les protocoles ont beaucoup évolué : on peut réveiller quelqu’un à la minute près...

            pour le journal de mon association, j’ai fait un article sur la prise en charge de la douleur en france, et je comptais le proposer à la rédaction, mais j’ai crains que le sujet ne soit trop sérieux.

            bonne journée, smiley


            • L'enfoiré L’enfoiré 2 août 2007 14:44

              Salut Claude,

              Pour mettre un peu d’humour dans ce sujet grave, je me rappelle un film « terriblement » amusant quand un bébé parlait à la manière d’un adulte. Désopilant.

              Du titre, je ne m’en souviens plus, mais cela faisait réfléchir tout en riant. Qaund on autre chose que les cris et les pleurs pour donner son sentiment, cela change tout. smiley


            • La Taverne des Poètes 2 août 2007 15:10

              Bonjour Claude, non ! la fée Viviane n’y est pour rien. Le sujet est sérieux mais l’information est importante. Car on aurait pu croire que l’enfant-roi est bichonné par la médecine depuis des décennies. Or ce n’est pas le cas. N’est-ce pas le rôle d’un média citoyen d’aider à combattre des préjugés ? J’ai creusé la question pour en savoir plus moi-même avant de partager ma connaissance sur le sujet. Pourquoi hésitez-vous à soumettre un sujet sur la douleur ? Pourquoi dites-vous que ce type d’article n’aurait pas sa place sur ce media citoyen ? Tout est dans la manière de traiter le sujet (si j’ose dire, sans jeu de mots).


            • claude claude 2 août 2007 15:33

              cher enfoiré,

              le film que vous cherchez date de 1990 et s’appelle « allo maman, ici bébé ! » Avec John Travolta, Kirstie Alley, George Segal http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=5563.html

              bonne journée, smiley


            • L'enfoiré L’enfoiré 2 août 2007 17:02

              Merci, Claude, c’est bien de ce film qu’il s’agit. Film qui se voulait humoristique et qui faisait plus réfléchir que prévu au départ. smiley


            • jako 2 août 2007 18:59

              Bonsoir Mr Taverne merci de cet article qui m’en apprends pas mal c’est édifiant mais bon il y a pas longtemps on s’acharnait à opérer des amigdales sans anesthésie et surtout sans aucune raison, parfois nous ne sommes pas loin des medecins décrits par Molière......... bonne soirée smiley


              • Internaute Internaute 2 août 2007 20:38

                Bon article mais bien triste. En 1958, suite à un accident, j’ai été recousu sans anesthésie ; souvenir inoubliable.

                Cependant il ne faut pas tout mettre sur le même plan. Aujourd’hui on a tendance à tomber dans l’excès inverse et le dentiste se croit obligé de faire une anesthésie pour soigner une carie. Un soin de carie ou le perçage du tympan suite à une otite sont douleureux mais supportables.

                Je m’étonne quand vous dites que l’on croyait jusqu’à un passé récent que les enfants ne souffraient pas. Il suffit de regarder leur visage et d’écouter leurs hurlements pour se convaincre du contraire.

                Il est inadmissible qu’en France on tolère des anachronismes sauvages comme les mutilations sexuelles. Il faut au moins un mois de cicatrisation dans des douleurs épouvantables et parfois des séquelles restent toute la vie. Les droits de l’homme commencent par le droit des enfants à conserver leur intégrité physique et à ne pas subir de torture. Les politiques font semblant de ne rien voir et donnent leur caution aux actes terribles commis par les rabbins et les mollahs. Ils feraient mieux de les inculper pour crimes contre l’humanité.


                • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 3 août 2007 05:14

                  @ La Taverne

                  Bon. Il est tard pour moi. Il sera bientôt très tôt pour vous. Je viens de parcourir votre article et les commentaires. Je voulais parcourir ceci et cela dans la quiétude pour vraiment approfondir le sujet. J’en ressors enrichi, tant à la lecture d’expériences humaines qu’à celle de propos très bien documentés. Sujet grave qui a su éviter le pathétique et garder en filigrane une sobriété fort agréable.

                  Merci

                  Pierre R.

                  Montréal (Québec)


                  • La Taverne des Poètes 3 août 2007 07:58

                    Pauvre West ! Vous seriez devant des enfants en train de souffrir que vous vous vous régaleriez à venir me chercher querelle plutôt que de les secourir. Sur vos forums, vous vous posez en moralisateur des nouveaux pères, mais souvent les moralisateurs ont une bien curieuse morale et peu de retenue. Et aucune expérience. Ils donnent des conseils sur ce qu’ils ne connaissent pas.

                    En quoi la Bretagne vous gêne-t-elle tant ? J’en parlerai encore souvent. Et pour vous agacer, je vous rappelle que l’inventeur du stétoscope est Laënnec et qu’il est né à Quimper.


                  • La Taverne des Poètes 3 août 2007 07:59

                    Oust ! Allez ricaner ailleurs sur ce sujet douloureux !


                  • La Taverne des Poètes 3 août 2007 08:35

                    Vous ne reculez devant aucun mensonge ! Vous savez bien que ce rédacteur avait publié la photo de son nouveau-né comme faire-part et que la photo a été retirée depuis longtemps. Jamais son enfant ne la verra acccompagnant les commentaires humoristiques de son père.

                    Quant à l’autre affaire que vous évoquez, je ne comprends pas votre vile allusion. Si vous avez des propos diffamatoires à proférer, faites-le directement et nous réglerons cela comme il se doit.


                  • La Taverne des Poètes 3 août 2007 15:43

                    Si c’est pas être humble ça ! smiley


                  • catkemen catkemen 3 août 2007 11:34

                    Bonjour, juste une anecdote. Un médecin de mes amis s’est juré de diminuer le nombre de fibroscopie qu’il ordonnait depuis qu’il a subi cet examen que l’on dit indolore (il suffit de bien avaler la caméra, Monsieur.... !). A ce jour, il a tenu parole. Ca laisse rêveur, non ?


                    • claude claude 3 août 2007 20:41

                      bonsoir,

                      normalement la fibroscopie est indolore car la gorge est anesthésiée pour éviter le réflexe de renvoi.

                      d’après mon expérience, les examens les plus douloureux sont les explorations neurologiques ou celles sur la moelle osseuse.

                      http://www.aquadesign.be/news/article-676.php ; http://www.doctissimo.fr/html/sante/imagerie/fibroscopie_ogd.htm


                    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 5 août 2007 00:36

                      @ Taverne du poete : Article bien utile. Je profite de l’occasion pour saluer votre éclectisme. Rien de ce qui est humain ne vous semble étranger et je pense qu’il n’y a pas d’apport plus précieux à un blogue smiley

                      Pierre JC Allard


                      • Deneb Deneb 5 août 2007 16:18

                        Nous vivons dans une société judéo-chrétienne. Cette idéologie a imprégnée notre façon de penser et de concevoir le monde. Basée sur la culpabilisation (péché originel) elle a de fortes accents sado-masochistes. Il n’y a qu’à voir le symbole : un cadavre mutilé, ensanglanté, cloué sur une croix (et on montre ça aux enfants !) La médecine a beaucoup de mal à sortir de cette sinistre logique, qui dit que la souffrance plaît à Dieu, puisque il a fait souffrir son propre fils pour expier nos péchés. Dans les mouroirs de mère Teresa à Calcutta, on n’utilise pas d’analgesiques agonistes pour soulager les mourants. Quelles que soient ses merites, ce coté obscur de son immense charité n’a jamais été ébruité. Les cas d’algophiles sont heureusement de plus en plus rares parmi les médecins. Mais comme beaucoup de cliniques sont encore gérées par les bonnes soeurs, cet état de choses risque de durer encore quelque temps.

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