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Accueil du site > Actualités > Société > Le parlé de banlieue, poumon de la langue française ?

Le parlé de banlieue, poumon de la langue française ?

L’argot de la banlieue fait-il respirer une langue française poussiéreuse que les élites littéraires peinent à laisser changer ou représente-t-il un appauvrissement du français ?

« Wesh, j’pénave comme j’veux, t’as vu… Au calme ! » (Diantre, je m’exprime de la manière qui me convient le mieux, vois-tu… Ne t’en fais donc point !)

On fait beaucoup de procès au langage utilisé par les jeunes (de banlieue ou non), le parlé « wesh-wesh ». Pourtant, depuis des centaines d’années, la langue française s’enrichit au fur et à mesure que les populations évoluent, se brassent, échangent. Par exemple, qui viendrait en 2013 critiquer les mots « clopes, sape, flingue ou morue (dans le sens d’une femme pas à son goût) ? Qui aujourd’hui viendrait trouver indécents la gouaille et l’accent d’Arletty, l’accent de « Atmosphère, atmosphère » ?

Pourtant, ce même débat a eu lieu, à chaque époque, confrontant d’anciennes générations et de nouvelles. De la même façon chez nos confrères anglo-saxons, le slang a toujours eu mauvaise presse mais de nos jours, plus personne ne peut critiquer les évolutions de la langue anglaise, venues essentiellement des quartiers. Car la plupart des évolutions nées à Brooklyn ou dans le Bronx sont cohérentes entre elles, plutôt bien trouvées… et tout le monde les utilise !

Des expressions qui ont trouvé l’ascenseur social…

Pareil en France ! Aujourd’hui, la majorité de la population est familière avec le verlan des années 90, et tout le monde ou presque de moins de 60 ans peut employer les expressions : « C’est ouf !, le guedin, le keum, la meuf, les keufs »… Mais aussi les mots « bled, wesh, kif, clebs, chouiya » venus d’Afrique du Nord et peu à peu intégrés à notre langue depuis une cinquantaine d’années… Et cela évolue encore et toujours. Le verlan cité auparavant n’est par exemple plus trop utilisé par la jeunesse de 2013, remplacé à son tour par des expressions venues de tous les pays du monde.

Aujourd’hui, « on s’enjaille » (on s’amuse, origines nouchi), on « pénave » (on parle, origines romani), on parle avec nos « khos » (nos frères, origines maghrebines), parfois on est « en chien » de quelque chose (en manque, origines créoles) ou « dans le move » (dans la bonne dynamique, origines anglo-saxonnes)… Ces expressions viennent de partout et s’intègrent avec une facilité déconcertante dans le vocabulaire des jeunes de toutes les origines. C’est la base de la multiculturalité, car la France n’est pas seulement occidentale, elle est internationale et créolisée, et c’est cela qui fait sa force ! Et si on ne le voit pas, c’est sûrement que l’on est « un boloss » (un ringard, origines soninké ou arabes).

« Langue, immigration, culture : paroles de la banlieue française », de Nadia Duchêne : statistiques à propos de « Tchatche de banlieue » (1998) élaboré par Philippe Pierre Adolphe, Max Mamoud et Georges Olivier Tzanos
 

Ascenseur social ou censure sociale ?

Le faux souci, c’est qu’à une époque où la crise exacerbe les haines et où l’on nous oblige à trouver des coupables, il est de bon ton (et très facile) de stigmatiser les mecs de banlieue, enfants d’immigrés, qui (entend-t-on) ne cherchent pas de travail et se plaignent de la France, sont violents, et en ne parlant pas bien le français, l’appauvrissent. Mais ce type de réflexion à deux doigts d’un racisme primaire n’est pas vraiment étayé et ne « vaut pas tripette ». Et surtout, on l’a vu, tout le monde ou presque en France parle notre cher argot des banlieues, qui s’est bien démocratisé.

Le vrai souci arrive au moment où l’on se rend compte que cet argot utilisé dans les banlieues pour se différencier et marquer son appartenance à la France créolisée, devient pour certains l’unique moyen pour communiquer avec les autres.

Là se crée un vrai clivage qu’il est difficile – trop tard ? – pour combler, et pose la personne, coupée du reste des citoyens, dans une position de victime. Victime qui peut alors aisément se révolter contre une position d’exclusion qu’elle n’a pas choisie au départ mais qu’elle a finalement alimentée…

Le (vrai) défi est donc d’accepter le langage des banlieues, qui fait un bien fou à une langue française difficile que les élites littéraires emprisonnent en l’empêchant d’évoluer… Mais sans oublier de défendre les fondements de cette langue française, et cela partout sur le territoire. Oui, il faudrait arrêter la stigmatisation, arrêter de mettre les zones dites « sensibles » à la queue d’un train miraculeux qui ne passe jamais par les banlieues…

Photo en Une : Couverture du livre Le petit livre de la tchatche, Vincent Mongaillard


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64 réactions à cet article    


  • oncle archibald 27 novembre 2013 14:14

    Mouais ... Si le « parlé de banlieue » de 2013 venait enrichir le vocabulaire Français, comme cela a toujours été le cas dans le passé, je pourrais être d’accord, mais hélas il vient non pas l’enrichir mais le remplacer, et là je ne peux pas être d’accord.

    Employer le mot juste dans son contexte, avec une grammaire et une syntaxe correctes, c’est un grand plaisir et ça facilite énormément l’échange entre deux personnes. 

    Quand deux individus Français tous les deux, ne parlent pas la même langue, que le langage de l’un est incompréhensible à l’autre, il ne faut pas s’étonner que la société se fracture. C’est très grave et je ne peux pas en être d’accord.

    • claude-michel claude-michel 27 novembre 2013 14:17
      « Un sot qui ne dit mot ne se distingue pas d’un savant qui se tait. »....Molière...
      C’est en ouvrant la bouche que l’on découvre ses origines....et surtout son bagage intellectuel.. !



      • Aristoto Aristoto 27 novembre 2013 14:38

        Nan c une blague cet article !!! UN CONNERIE IMMENSE !!! QUELLE MERDE IGNORANTE !!! La premier chose qu’on fait savoir a un « jeune de banlieue » lorsqu’il arrive dans une mission locale ou à une seance de travaille sut le recrutement au pole emploi (oui je parle vaguement de moi ) c d’oublier son language wesh wesh pendant les entretient et de préférence de bien personnaliser sa boite vocale : pas terrible le « hé ma couille té chez Momo, laisse un message après le pep, et jt rapelle, tchu ta race la pute ..... » !!! Oui c curieux ça cette affaire de boite vocale !!!!


        • ThaTon ThaTon 27 novembre 2013 14:42

          Dans cette vaste entreprise de régénération de notre langue racornie, vous oubliez de louer nos élites internationalisées qui s’efforcent de baragouiner un franglais au moins aussi coloré que le frais dialecte banlieusard.

          J’ai hâte que la France multiculturelle ré-explose en un artifice de patois, promesse, c’est certain, d’une heureuse fraternité populaire...


          • francesca2 francesca2 27 novembre 2013 16:03

            Le (vrai) défi est donc d’accepter le langage des banlieues, qui fait un bien fou à une langue française difficile que les élites littéraires emprisonnent en l’empêchant d’évoluer… Mais sans oublier dedéfendre les fondements de cette langue française, et cela partout sur le territoire. 


            Au premier degré c’est tellement du n’importe quoi que ça doit être sûrement du deuxième degré.
            S’il vous plaît, dites-moi que c’est du deuxième degré...

            • Yohan Yohan 27 novembre 2013 16:37

              J’ai travaillé par le passé sur des opérations de formation recrutement pour certains jeunes de banlieue en échec scolaire mais forts calés en wesh wesh. Le problème c’est qu’on voit surtout que cela leur sert de langage de substitution à défaut de comprendre le français. Sur des tests de vocabulaire archi basiques, la plupart ne comprennent pas le sens des mots comme « revue » « halo » « brume » « impair » « acéré » « vif » «  »flot«  »sciure«  »tourment". Certains reconnaissent ne jamais regarder les journaux télévisés, car ils peinent à comprendre le sens de ce qui est dit. Plutôt que de rechercher dans le dico, ils cherchent à deviner et la plupart du temps, c’est à côté de la plaque.

              J’ai vu nombre de fois de simples engueulades entre eux finir en échanges de coup de poing et des filles se crêper les dreadlocks pour l’usage d’un mot inconnu à là leur endroit, l’interprétant comme ne pouvant être qu’une insulte. Alors, si vous pensez que le wesh wesh est une chance pour la langue française..... smiley

              • Yohan Yohan 27 novembre 2013 16:40

                Je renvoie d’ailleurs à l’article du jour de Nabum 


              • appoline appoline 28 novembre 2013 12:51

                Cela me fait penser à « Opération Shakespeare » avec Dani de Vito qui s’obstine à apprendre à de jeunes recrues analphabètes la vie en passant par la littérature et la « femme de l’architecte » avec Jacques François et Michèle Morgan, veuve de l’architecte et qui prend en charge les refoulés du système scolaire. Si ces deux films étaient amusants, je dirais que d’un âne on ne fait pas un cheval de course.


                J’ai essayé d’alphabétiser ce genre de jeunes, c’est impossible dans 98 % des cas, beaucoup sont déjà vrillés dès la naissance, je ne vois que cette explication ; rien ne rentre dans leur tête même si l’on persévère pour la plupart, certains ne veulent pas passer pour des cons auprès de leurs copains qui sont dans le même était, donc, de ceux là, il n’y a rien à attendre. D’autres sont limite border-line ou psychotiques. Enfin bref, qu’il reste dans leur wesh wesh et dans leurs banlieues, il n’y a guère que là qu’on pourra encore leur donner un statut existentiel, car ailleurs, ils sont bien trop cons, c’est d’ailleurs par leur violence qu’on les remarque mais surtout pas pour leur intelligence

              • Fleurnacre Fleurnacre 28 novembre 2013 15:51

                Merci de ne pas utiliser le terme « borderline »n’importe comment . Respect please !

                Sinon ,l’article aurait pu être intéressant ,s’il était question d’améliorer la langue ,mais comme le disent certains ,il faudrait déjà que ces personnes sachent un minimum parler correctement la langue pour pouvoir jongler avec elle .

              • @lbireo @lbireo 28 novembre 2013 22:15

                tous les jeunes de banlieue en échec scolaire ne sont pas calés en « wesh wesh » et vice versa.

                je suis de banlieue, j’ai été en échec scolaire, mais je n’ai découvert le « wesh wesh » que longtemps après avoir surmonté cet « échec ».

                pour le psy qui me suivait à l’époque, mon vocabulaire était celui d’une personne deux fois plus âgée.

                peut-être faudrait-il plus s’intéresser aux causes de leur échec scolaire ? pour ma part, je connais celles du mien. connaissez vous les leurs ?

                et s’engueuler pour un mot incompris n’est pas exclusif au français, mais s’applique pour toutes les langues.

                si vous ne savez pas que choukran signifie merci ou que vous confondez thank et fuck, bien sûr que vous pouvez mal le prendre !


              • @lbireo @lbireo 28 novembre 2013 22:19

                @fleurnacre

                qui vous dit que le vocabulaire qu’il utilisent quand ils parlent entre eux est forcément le même en toutes occasions ?


              • jocelyne 6 décembre 2013 19:16

                et tu renvoies comment le scaphdemerde,


              • OMAR 27 novembre 2013 17:30

                Omar33

                @Yohan : « la plupart ne comprennent pas le sens des mots.... ».

                Vous amalgamer l’analphabétisme de cette minorité de jeunes de banlieues avec leur parlé...

                Cela dénote une mauvaise foi caractérisée....

                Par contre, alors que vous auriez pu écrie « cadenettes » ou « mèches de cheveux tressés » vous avez préféré utiliser ce mot venu d’ailleurs « dreadlock », comme si le français lambda comprenait sa signification...
                Pitoyable....


                • oncle archibald 27 novembre 2013 18:15

                  J’ai entendu dire que le vocabulaire basique, celui qui est absolument nécessaire pour pouvoir exprimer les choses les plus simples de la vie courante, est de 200 mots. En dessous vous allez devoir utiliser le langage des signes pour vous faire comprendre. 

                  Je pense que les jeunes de banlieues dont il est question dans cet article comme dans celui de Nabum aujourd’hui doivent tout juste posséder ce vocabulaire, plus leur pataquès qui n’est utilisable qu’entre initiés. Avec ce vocabulaire on peut aller acheter un paquet de clopes mais on ne peut pas suivre une classe de première, même pas une classe de sixième. 

                  Il y a une hypocrisie généralisée dans l’EN qui tend à faire croire que tout va bien alors qu’il y a une fracture énorme entre les enfants qui évoluent dans une famille dite « normale » ou l’on parle couramment un Français à peu près correct et les enfants de familles dites « défavorisées » ou l’on parle en famille une langue étrangère et ou l’on ne voir pas l’intérêt de parler correctement le Français. 

                  Et au lieu d’essayer de pousser ces enfants vers le haut de façon à leur permettre l’acquisition des savoirs de base, indispensables pour entreprendre et réussir des études supérieures, l’auteur de que je ne peux pas appeler un article voudrait que l’on rabaisse tout le monde à leur langage indigent. Trop compliquée la langue Française d’après lui !

                  C’est de la pure démagogie ! C’est de l’égalitarisme mal compris. C’est une mentalité de merde ! La véritable égalité elle pourrait s’exercer si on disait à ces enfants qu’il faut faire des efforts pour réussir et que l’on n’a rien sans le vouloir vraiment et sans faire ce qui est nécessaire pour l’avoir. L’ascenseur social restera toujours au 3eme sous sol si on ne fait les efforts nécessaires pour qu’il en soit autrement. Et dans ce « on » il y a beaucoup de monde, à commencer par les parents et l’éducation nationale.

                • Montdragon Montdragon 27 novembre 2013 22:07

                  toi pas écrire français !!


                • docdory docdory 27 novembre 2013 22:48

                  @ Oncle Archibald

                  Voici une liste des 600 mots les plus usités de la langue française ( si l’on excepte les petits mots tels qu’articles, pronoms, conjonctions etc ... )
                  On peut donc dire, si l’on inclut ces petits mots, que le vocabulaire basique doit être d’environ 800 mots. Avec 200 mots, il est pratiquement impossible d’exprimer quoi que ce soit, hormis les besoins les plus élémentaires. On ne peut certainement pas verbaliser un conflit, donc, on frappe ! Je ne peux pas dire de combien de mots disposent les adeptes du sabir banlieusard, en tous cas, certains d’entre eux ne semblent pas posséder les 600 mots de base !
                  On a vu le cas d’un perroquet gris du Gabon particulièrement doué qui conaissait semble t-il 800 mots, dont il comprenait la signification.
                  Quelqu’un de cultivé connaît au moins 30 000 mots, un bachelier très moyen au moins 15 000.
                  Certaines professions peuvent avoir un vocabulaire technique de plusieurs milliers de mots inconnus du reste de la population, ce qui confèrent à ces professionnels un lexique hors-normes !
                  Le nombre de mots connus par une personne peut avoir une valeur prédictive dans certains cas.
                  Par exemple, il a été dit que la probabilité qu’un couple dure longtemps est conditionnée par la comparaison du nombre de mots utilisés par chacun des membres du couple. 
                  Si le mari n’utilise quotidiennement que 1000 mots et que sa femme en utilise 10 000 ( et vice-versa ) la probabilité que ce couple perdure est très faible ( tout simplement parce que rapidement, ils n’auront plus rien à se dire ! ) . Par contre, si les deux membres du couple utilisent le même nombre de mots ou à peu près , il y a un beaucoup moindre risque de séparation, même si les mots utilisés ou connus du mari sont très différents de ceux de la femme.
                  Le vocabulaire adolescent, qui est en réalité assez pauvre en mots, permet de gommer cette différence, ce qui fait qu’il peut y avoir des rencontres amoureuses de personnes ayant en réalité un niveau de langage très différent. Le problème est que, plus tard, lorsqu’ils cesseront d’utiliser un langage d’ados, certains comprendront rapidement qu’ils ne pourront pas s’entendre ni se comprendre... 


                • @lbireo @lbireo 28 novembre 2013 01:54

                  @ oncle archibald

                  peut-être bien que la solution n’ pas de systématiquement « pousser ces enfants vers le haut » ? mais tout simplement de les assister lorsqu’ils butent sur un obstacle. de ne pas leur donner « la » solution toute faite mais plutôt le moyen de la découvrir par eux même !

                  des efforts de la part de l’EN et des parents ? je suis d’accord, mais autant ne pas s’arrêter là.

                  chaque jour de la semaine, au centre socioculturel de mon quartier, je vois des bénévoles donner des cours de soutien scolaire a des jeunes. le résultat est que tous ceux d’entre eux qui passaient leur brevet en juin dernier l’ont obtenu. soit 100% de réussite. pourtant certains d’entre eux ont appris le français durant les cinq dernières années ! désormais ils sont au lycée et continuent leur parcours de façon tout à fait normale. et je connais bien des français qui ne le parlent pas aussi bien qu’eux.

                  même dans les meilleures familles on peut rencontrer de « mauvais élèves » ! l’argent peut faciliter les choses, bien sûr, notamment avec des cours particuliers, mais si un enfant n’a pas la volonté, ou la curiosité, ou l’envie de intéresser à l’apprentissage, ou encore si des événements externes interviennent, comme le harcèlement scolaire ou des complications familiales (divorce, décès d’un parent,...), le résultat sera en fonction des conséquences et pourra finir en décrochage, en échec, ou même qui sait ? en réussite ! s’il parvient à passer le cap (seul ou avec une assistance).


                • appoline appoline 28 novembre 2013 12:54

                  @ Omar,


                  Yohan a tout à fait raison, vous ne pouvez pas discuter avec eux, mis à part leur charabia, ils ne connaissent pas le sens des mots. Quand vous dialoguez avec eux, il vous faut répéter, employer d’autres mots, sinon ils vous regardent avec leur yeux de boeufs plein de dégénérescence interrogative et vous vous dîtes, merde, on ne va jamais y arriver

                • @lbireo @lbireo 28 novembre 2013 20:26

                  @appoline

                  visiblement, il faut croire que toutes les banlieues ne se ressemblent pas et c’est plutôt une bonne chose si cela permet à certains de ces jeunes de s’en sortir et de réussir leur vie, plutôt que de sombrer dans la délinquance ou de finir sur une voie sans avenir !


                • docdory docdory 27 novembre 2013 18:46

                  @ L’indigné du canapé


                  Le titre de votre article inspire la méfiance. En effet vous dite « le parlé de banlieue », ce qui est en soi une gigantesque faute de français. En effet, quand un verbe est substantivé ( c’est-à-dire qu’il prend la fonction d’un nom commun ), il s’emploie toujours à l’infinitif. On doit donc écrire « le parler » et non « le parlé » , au pluriel « les parlers » ( comme « les parlers provinciaux » ) c’est la seul circonstance dans laquelle un « infinitif » ( qui n’en est plus un, mais est devenu un substantif ) prend le « s » du pluriel.
                  On dit aussi « le goûter » et non pas « le goûté », « le souper » et non « le soupé », et, bien sûr « le savoir-faire » et non pas le « su-fait » et le « savoir-vivre » et non pas le « su-vécu » ! 
                  Quand vous écrivez « le parlé » au lieu de « le parlé », c’est exactement comme si vous écriviez « le su-vécu » ou le « su-fait » ! 
                  Une pareille incompréhension des mécanismes les plus fondamentaux de la langue française vous décrédibilise totalement dans votre apologie inconsidérée du sabir banlieusard !


                  • @lbireo @lbireo 28 novembre 2013 01:18

                    il n’empêche que malgré une faute de français (que vous reproduisez sans le vouloir dans votre commentaire), et en excluant toutes les expressions originaires de cultures diverses, quand j’entends parler les jeunes de mon quartier en banlieue, je ne peux m’empêcher de noter un nombre important de néologismes. ce qui montre l’inventivité de ces jeunes, au vu de leur capacité à créer de nouvelles expressions, facilement compréhensibles par le commun des mortels, pour exprimer des choses correspondant à leur vie quotidienne.

                    j’ai aussi remarqué que s’ils utilisent ce « jargon » lorsqu’ils parlent entre eux, il n’ont pas systématiquement une méconnaissance du vocabulaire de la langue française correspondant. c’est juste plus simple pour eux de l’exprimer à leur manière lorsqu’ils sont entre eux !

                    certains m’ont vraiment surpris lorsque je les voyais rédiger une lettre de motivation, par exemple. et se retrouvent aujourd’hui dans des parcours scolaires bien supérieurs à celui que fût le mien.

                    je peux vous assurer qu’a les entendre converser, on ne peut se douter que l’un d’eux fait des études de médecine ou qu’un autre suit une voie non moins surprenante !

                    franchement quand j’ai appris les orientations professionnelles de jeunes que j’ai vu passer dans l’enseignement supérieur, j’ai « ovnisé » !

                    je ne sais pas jusqu’où il iront, mais la vision que je pouvait avoir des « jeunes de banlieue » en a été profondément troublée.

                    on ne les voit généralement qu’au travers de« stéréotypes » et de « clichés » mais beaucoup d’entre eux ont de quoi vous surprendre ! au final ce sont des jeunes comme les autres, avec leurs rêves, leurs espoirs. et le lieu où ils ont grandi ne signifie en rien qu’il tourneront mal.

                    j’ai pour ma part pris la décision de soutenir ces « espoirs » des banlieues, sans pour autant couper le dialogue avec les autres, car s’il y a bien deux choses que j’ai apprises, c’est que l’on est jamais à l’abri d’une surprise et que, contrairement aux idées reçues, il n’y a pas d’âge pour changer !


                  • Bruce Baron Bruce Baron 27 novembre 2013 21:45

                    L’argot de banlieue est une forme de culture, tout comme le sont les grafs (version plus élaborée des simples tags, avec de la couleur et des dessins autour des lettres). Il me semble d’ailleurs qu’un « dictionnaire du verlan » a été édité il y a quelques années. Mais il serait dommage que cette forme d’expression, certes louable, viennent altérer le français authentique. Gardons ces deux langues distinctes. En passant d’un côté à l’autre du périphérique, on peut ainsi pratiquer l’une ou l’autre langue, c’est selon, et ainsi passer inaperçu smiley


                    • Montdragon Montdragon 27 novembre 2013 22:05

                      La B... à J Lang aime cet article, fusionnons nos cultures dans un vaste méli-mélo de stupre maçonno-khazar ..sauce samouraï svp


                    • appoline appoline 28 novembre 2013 12:55

                      L’argot des banlieues est une forme « d’INculture » mais surtout pas le contraire


                    • @lbireo @lbireo 29 novembre 2013 14:01

                      j’ai parfois du mal à comprendre votre baragouin, mais, d’ailleurs connaisez vous l’origine de ce terme argotique intégré de longue date dans la lange française ?


                    • @lbireo @lbireo 29 novembre 2013 14:04

                      pardon je voulais taper langue ! (il serait peut-être temps de changer les piles de mon clavier...)


                    • L'Indigné du Canapé L’Indigné du Canapé 28 novembre 2013 00:07

                      @ Docdory

                      La faute existe, je vous prie de bien vouloir m’en excuser.
                      Néanmoins, attaquer un contenu sur un minuscule élément de son contenant, je trouve cela assez médiocre. Je ne pense pas être le meilleur exemple de la personne qui massacre la langue française, et au moins, je cherche à être compris et ne me gargarise pas de formulations cherchant à ébaubir l’auditoire.
                      Bonne soirée.

                      @ ...

                      Je pense que l’article a été très mal compris, et j’en prends la responsabilité.

                      Ce que je tente d’expliquer, c’est que le vrai problème qui existe avec le PARLER de banlieue, c’est justement lorsqu’il devient l’unique langage parlé et compris par certains et qu’il crée une fracture entre deux France, celle qui sait s’exprimer et peut utiliser l’argot (verlan etc.) comme un plaisir en plus, et celle qui n’a que l’argot pour se faire comprendre.

                      Je dis donc qu’il faut avant tout penser à réduire cette fracture par tous les moyens possibles (mais ce n’est pas le but de l’article de parler de ces moyens-là) plutôt que de stigmatiser ceux que l’on appelle avec beaucoup de condescendance les Wesh-Wesh, car ce fameux langage wesh, dans la bouche d’une personne qui l’utilise avec parcimonie et légèreté, ne fait qu’enrichir voire embellir la langue française.

                      J’aime la langue française et c’est pourquoi j’en défends les fondements, mais c’est aussi pourquoi je milite pour qu’on lui laisse la possibilité d’évoluer avec les richesses de toutes les formes de langage qui existent dans l’Hexagone et ailleurs !

                      On peut ne pas être d’accord et en débattre, avec plaisir même, mais de là à devenir insultant, ironique et dégradant sur un article, je ne comprends pas trop. Je trouve même que l’effet dévastateur escompté s’en trouve amoindri, voire totalement éteint.
                      Cela dit, bonne soirée à tous sur AgoraVox !


                      • rocla+ rocla+ 28 novembre 2013 21:19

                        Le parler , Doctory a raison , mais le parlé des banlieues a bien du charme .


                        Soyons oecuméniques sa mère . 

                      • @lbireo @lbireo 28 novembre 2013 21:53

                        je suis d’accord avec vous et je considère que le sens général qui se dégage de votre article est le même que celui de votre commentaire.

                        mais n’oubliez pas de prendre en comte le fait que d’un côté comme de l’autre, des personnes peuvent s’affranchir de cette fracture qui guette !

                        comme le dit plus bas Alinea, la maitrise d’une langue, c’est la maitrise de plusieurs niveaux de langue.

                        je ne comprends pas non plus l’intérêt de venir dénigrer un article en débarquant tel un bulldozer dans un magasin de porcelaine et en essayant de détruire les idées et les convictions d’autrui.

                        mais certains commentaires sont très constructifs et augmentent de ce fait le plaisir du débat.

                        juste une chose, qui est « ... » ? s’agit il de l’ensemble des commentateurs de l’article ?


                      • Pie 3,14 28 novembre 2013 13:40

                        Un apogée (nom masculin) et non une apogée comme vous l’écrivez.


                      • @lbireo @lbireo 28 novembre 2013 21:35

                        en lisant le texte de certaines des chansons de rap, vous y trouverez de la poésie, de la philosophie parfois même. et souvent un message pas toujours négatif.

                        ce que vous qualifiez de « retour au pays » n’est peut-être pas synonyme de régression.

                        après tout, la France est loin d’être le seul pays au monde à avoir engendré de grands penseurs et des philosophes.


                      • bluerage 28 novembre 2013 10:02

                        Vous faites l’apologie du nihilisme intellectuel, car le sabir pratiqué dans les banlieues c’est le degré zéro du langage, et comme la complexité du langage reflète celle de la pensée, on peut légitimement se demander si il se passe quelque chose entre leurs deux oreilles...

                        En gros vous nous suggerez d’adhérer au vide, au néant, à l’infinité du zéro, comme dans un sketch des inconnus où un banlieusard écrit un livre, avec une lettre taguée à chaque page, résultat il y a bien 100 pages dans ce pavé, Proust doit se retourner dans sa tombe


                        • appoline appoline 28 novembre 2013 12:57

                          Exactement et le langage va avec le reste. Leur violence leur permet d’exister car sans cela, ils ne seraient rien


                        • Facochon Facochon 28 novembre 2013 10:12

                          il paraitrait qu’on pense avec les mots, plus on en dispose et plus prolixe sont la pensée, l’analyse, l’imagination,la compréhension..
                          « Wesh wesh z’y va grillave le belo », très profond en effet ..


                          • Nums Nums 28 novembre 2013 10:40

                            Amis moinsseurs, lâchez-vous.


                            A titre personnel, j’utilise du verlan au quotidien à l’oral. Ayant vécu 22 ans en région Parisienne, ça n’a rien d’anormal.

                            Je suis tout à fait capable de mélanger langage soutenu et verlan au sein d’une même phrase. Ce qui ne manque pas d’étonner parfois, et de manière positive, mes interlocuteurs.

                            Vous voyez, un mélange est possible.

                            Enfin, vouloir préserver la langue française est en soi une intention noble et je suis d’ailleurs très attaché à elle car je l’aime. Ceci-dit, toutes les langues évoluent et c’est comme ça.

                            Enfin bis : Quand il s’agit de termes d’argot inventés par des Gaulois et utilisés par tous, ça ne pose pas de problème mais quand il s’agit de termes inventés par « les banlieusards », ça n’est pas tolérable. Mouai...

                          • Julien30 Julien30 28 novembre 2013 10:47

                            Cet article est humoristique ?

                            « Le (vrai) défi est donc d’accepter le langage des banlieues, qui fait un bien fou à une langue française difficile que les élites littéraires emprisonnent en l’empêchant d’évoluer »


                            Un language simplifié, bourré de fautes qui transforme une langue belle et complexe, ça vous plait ? C’est trop de la balle comme dirait l’autre ! Et puis c’est beaucoup moins compliqué à apprendre, ouf, c’est moins la galère là que l’autre enculé là de Racine que quand il parle, je comrpends pas.
                            La vache, entre ça et l’autre qui nous « démontre » en 30 lignes que l’immigration n’est pas un problème, on a un véritable assaut des bisounours nihilistes qui s’ignorent aujourd’hui. Heureusement cette idéologie dégénérée (littéralement) qui ne lobotomise que ceux qui regardent trop la télévision est en train de perdre du terrain, les gens peuvent tolérer un peu d’absurdité et de contre-nature, à partir d’une certaine dose il finit par y avoir réaction.


                            • @lbireo @lbireo 28 novembre 2013 20:47

                              il n’existe aucune langue exempte de mots vulgaires, ou à la définition peu glorieuse.

                              ce qui fait la beauté d’une langue n’est pas ses mots, mais l’art et la manière de les utiliser.

                              la langue belle et complexe dont vous parlez peut également s’avérer aussi violente et outrancière que le jargon des banlieues !

                              le choix des mots à son importance !

                              votre commentaire en est un bon exemple.


                            • @lbireo @lbireo 28 novembre 2013 20:49

                              on peux exprimer son opinion sans être injurieux, et ce quel que soit le « langage » utilisé.


                            • Julien30 Julien30 29 novembre 2013 12:32

                              D’abord merci de votre leçon de savoir-vivre mais laissez-moi vous rappeler que je ne faisais que donner mon opinion, si c’est un peu violent c’est en réponse à la violence de ce qui est proposé, à savoir de déclarer que cet argot ferait un bien fou à la langue française, c’est, au-delà d’être une erreur intellectuelle, de l’idéologie qui ne dit pas son nom. C’est ça qui me dérange avant tout, avant de me demander si je dois m’extasier devant les brillant apports à la langue française que constitueraient les expressions « nique ta mère » ou autres mots pour désigner les différents types de cannabis et d’herbes.


                            • @lbireo @lbireo 29 novembre 2013 13:56

                              l’argot existe depuis toujours et certain termes ont intégré le langage courant. mais pas tous heureusement.

                              c’est le choix de ces expressions, qui finiront par être intégrées au français, qui peut apporter de la richesse.
                              par exemple des insultes n’apportent aucune richesse mais les métaphores le peuvent.

                              et comme la fréquence d’utilisation d’une expression joue un bon rôle dans ses chances d’intégration, il faut déjà ne pas utiliser et citer à tout venant celles que l’on ne veut pas entendre, ou dont on pense qu’elle n’apporteront rien.

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