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Jordi Grau

Jordi Grau

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  • Premier article le 30/08/2008
  • Modérateur depuis le 24/04/2009
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Derniers commentaires



  • Jordi Grau Jordi Grau 3 juillet 13:17

    @eric

    Je ne suis pas économiste, mais j’ai lu quelques articles ou quelques livres d’économistes qui tiennent un autre discours que vous. Qu’il faille un contrôle des finances publiques et ne pas dépenser n’importe comment, c’est évident. A ce sujet, on peut se demander si certaines dépenses de l’Etat dans le domaine de l’armement ou du nucléaire sont justifiées. Seulement, le contrôle des finances publiques n’est pas une fin en soi.. La rigueur budgétaire devient catastrophique quand on fait un dogme intangible. L’exemple de la Grèce en témoigne. Il est contreproductif d’imposer l’austérité à un pays dont l’activité économique s’étiole.

    Ensuite, il est également contreproductif de compter exclusivement sur des initiatives privées pour investir dans des projets socialement utiles. D’abord, certains de ses projets peuvent être peu rentables, du moins à court terme, si bien que les investisseurs privés s’en désintéressent. C’est notamment le cas pour ce qui concerne le renouvellement et l’entretien d’infrastructures lourdes (routes, chemins de fer, par exemple). L’Allemagne, qu’on présente comme un modèle économique, a fait le choix de diminuer les investissements publics dans ces domaines, et on voit les résultats, notamment avec la dégradation du chemin de fer. En France, il y a des choses comparables, et pas uniquement dans ces infrastructures. Le personnel hospitalier se plaint, dans bien des endroits, d’une terrible dégradation des conditions de travail, ce qui entraîne une détérioration des soins apportés aux malades. Mais le problème de l’investissement est encore plus général. Dans une économie financiarisée et mondialisée comme la nôtre, il est souvent plus juteux pour des banques ou des multinationales de spéculer à court terme plutôt que d’investir dans des projets à long terme. Ce problème structurel donne des crises comme celle des Subprimes, crises qui sont en grande partie responsables d’un ralentissement de l’activité économique et d’une flambée de l’endettement des États. Plutôt que de faire sans arrêt des cadeaux aux grosses entreprises, comme le CICE, il serait plus intelligent de relancer l’activité économique, soit directement (par le financement d’entreprises publiques) soit indirectement (par des aides ciblées, et conditionnées, telles des incitations fiscales pour les consommateurs qui investissent dans les énergies renouvelables, comme cela s’est fait en Allemagne).



  • Jordi Grau Jordi Grau 3 juillet 10:47

    Cela fait des années qu’on agite l’épouvantail de la dette de l’État pour justifier une casse des services publics et une stagnation ou une baisse des revenus des salariés (et maintenant, une baisse des pensions....). Déjà Fillon tenait le même discours, sous Sarkozy. Naomi Klein, dans La stratégie du choc, écrit que la même propagande a sévi au Canada dans les années 90 pour justifier un démantèlement de l’État Providence.

    A cette propagande, il faut répondre trois choses :

    - Le déficit public est-il si abyssal que cela ? L’Union européenne impose une limite de 3 %. Mais cette limite est en grande partie arbitraire. Est-ce que 3,2 % constituent une catastrophe absolue ?
    - N’y a-t-il pas d’autres moyens de diminuer la dette induite par les déficits publics, comme s’attaquer vraiment sérieusement au problème de la fraude fiscale et de l’évasion fiscale, ou augmenter les impôts des plus riches (et pas seulement des plus riches salariés) ? Pourquoi est-ce toujours aux pauvres et aux classes moyennes de souffrir ?
    - Une politique d’austérité va - au moins dans un premier temps - ralentir l’activité économique, ce qui entraîne une diminution des recettes de l’État et un accroissement de la dette. Ne faudrait-il pas, pour éviter une spirale infernale, faire exactement le contraire de la politique préconisée par Philippe et consort ?

    Pour aller plus loin, je vous transmets des extraits d’un article de Romaric Godin, lu sur Mediapart  :

    "Pourquoi un tel branle-bas de combat ? Parce que l’institution de la rue Cambon a annoncé un déficit public de 3,2 % du PIB. Certes, le niveau est bien supérieur aux 2,8 % du PIB, mais seulement de 0,2 point de PIB au-dessus du niveau des 3 % contenu dans le pacte de stabilité et de croissance. Et surtout, contrairement à ce qu’affirme Édouard Philippe, ce niveau ne traduit pas une « augmentation continue du déficit », puisque c’est une baisse par rapport aux 3,4 % du PIB de 2016… [...]

     Il y a donc une « surdramatisation » d’un dépassement des 3 % du PIB de déficit public. Une stratégie qui, en outre, s’autorise quelques approximations factuelles. Par exemple, lorsque Édouard Philippe affirme que « nous sommes les derniers » à ne pas avoir « redressé nos comptes ». En réalité, tous les pays de la zone euro ont réduit leurs déficits ces dernières années, y compris la France. L’Espagne a encore un déficit supérieur à celui de la France malgré, d’ailleurs, une baisse drastique des dépenses publiques (ce qui affaiblit l’obsession de la Cour des comptes et du gouvernement pour la baisse des dépenses publiques). Mais cette baisse des déficits s’est aussi accompagnée dans la majorité des cas d’un gonflement de la dette par le jeu des multiplicateurs, donc de l’effet négatif de cette baisse sur la croissance. Ce n’est que lorsque l’austérité s’est affaiblie et que la croissance est revenue que la dette a commencé à reculer. Mais le gouvernement préfère simplifier la situation pour imposer ses solutions. [...]

    Pour réduire le ratio d’endettement de la dette, il existe évidemment une autre voie : celle de la croissance ou de l’inflation. Avec un déficit de 3 % du PIB, la dette française se serait en effet alors stabilisée avec un taux de croissance nominale de 3,23 %, soit un point de plus que celui enregistré. Un point que l’on peut obtenir par une hausse du PIB réel ou par une hausse de l’inflation. Contrairement à ce que prétend Édouard Philippe, il existe donc une politique alternative à celle qu’il propose, alternative qui n’est, du reste, pas forcément « keynésienne ». Elle consisterait à stimuler l’activité, y compris par les moyens « libéraux » défendus par le gouvernement. Si les « réformes structurelles » sont bonnes pour la croissance, comme l’exécutif le prétend, il serait plus judicieux de les laisser agir, renforcer la croissance et l’inflation, sans casser cette dynamique par de la rigueur budgétaire. Dès lors, la question du déficit ne se poserait pas : non seulement la croissance du PIB nominal le réduirait mécaniquement, mais le niveau nécessaire à la stabilisation de la dette serait plus faible. On pourrait également passer par des investissements publics permettant de renforcer la croissance potentielle du pays, par exemple dans l’éducation, la formation ou la recherche. En bref : pour réduire la dette, la croissance est plus efficace que l’austérité. Mais pour cela, il faut abandonner le fétichisme des 3 %. L’attachement à cet objectif en France n’est qu’une suite d’échecs dont le gouvernement refuse de tirer les conséquences."



  • Jordi Grau Jordi Grau 28 juin 20:46

    @Hervé Hum

    Merci pour votre contribution. Ce que vous dites est en effet essentiel, et je ne suis pas sûr que M. Niango parle beaucoup de ce problème... Mais peut-on reprocher à un livre de ne pas être exhaustif ? Si vous écriviez vous-même un livre sur la « démocratie » actuelle, peut-être arriveriez-vous à parler de tout ce qui est important. Mais peut-être aussi que vous oublieriez de mentionner les mythes dont parle M. Niango. Et ce dernier pourrait alors vous dire : « Vous avez raison de parler du problème de la transparence. Mais si nous acceptons le secret d’État et le contrôle de nos vies par les services de renseignement, c’est en grande partie parce que nous donnons à nos gouvernements ces privilèges exorbitants. On le voit bien avec les lois sécuritaires qui transforment de plus en plus le régime actuel en dictature. Ces lois ne sont pas un mystère. On en parle même un peu dans les médias. Mais les citoyens ne s’en émeuvent guère pour l’instant, parce qu’ils gobent naïvement la propagande gouvernementale, qui prétend qu’il faut donner toujours plus de pouvoir à la police pour lutter contre le terrorisme. Big Brother n’existe que parce que nous considérons son pouvoir comme légitime. »

    Bref, je ne veux pas défendre à tout prix le livre de M. Niango. Il a certainement ses défauts, mais je trouve votre jugement excessivement sévère - et un tantinet arrogant....



  • Jordi Grau Jordi Grau 28 juin 15:16

    @bernard29

    Je pense que l’auteur du livre, M. Niango, serait d’accord avec un grand nombre de choses que vous dites. Effectivement, la démocratie ne se réduit pas à sa forme représentative, et c’est bien ce que démontre La démocratie sans maîtres, où il est question de démocratie directe et de démocratie participative. Maintenant, il est clair que ce livre n’est pas exhaustif, et que mon article l’est encore moins.

    Si vous voulez plus de renseignements concernant les propositions de M. Niango, lisez son bouquin ou/et renseignez-vous sur A nous la démocratie, le mouvement politique dont il est l’un des fondateurs. Je précise que je n’en suis pas membre moi-même, et que je n’envisage pas d’ y adhérer pour le moment.



  • Jordi Grau Jordi Grau 28 juin 15:05

    Merci pour ce bon article. Si je puis me permettre une petite critique : il est un peu trop apologétique à mon goût. Que le judaïsme et le christianisme soient porteurs de valeurs civilisatrices, oui, je veux bien l’admettre. Mais cela n’empêche pas qu’ils soient aussi des opiums du peuple et des formes de névrose. Je pense que même un croyant peut admettre que la religion a souvent été utilisée à des fins politiques, pour donner une légitimité à l’ordre établi et pour rendre plus supportables la souffrance des opprimés. Marx n’est pas le premier ni le seul à l’avoir dit. Des croyants peuvent aussi reconnaître qu’il peut y avoir quelque chose de névrotique dans les croyances et les rites religieux. Woody Allen, qui n’est pas croyant mais a été élevé dans la religion juive, a écrit : « Il n’y a pas besoin d’être juif pour être névrosé, mais ça aide ». Moi-même, qui ai reçu une éducation catholique, je pourrais dire la même chose du catholicisme. Le protestantisme ne fait pas exception à la règle, ne serait-ce que beaucoup de protestants - comme leurs frères ennemis catholiques - ont été durant des siècles tourmentés par la peur de l’enfer, et que cela n’est pas encore terminé, vu le succès des télévangélistes américains.

    Reste à savoir si le judaïsme et le christianisme sont intrinsèquement aliénantes et sources de névroses, ou s’il faut seulement incriminer un mauvais usage de ces religions.... Je pencherais plutôt pour la première réponse, car ces deux religions présentent toujours Dieu comme un être ambivalent, à la fois aimable et terrifiant, aimant et punissant. Ces deux religions peuvent donc être aussi bien facteurs de violence (physique ou psychologique) que de paix et de respect d’autrui... Tant qu’elles continueront de faire de Dieu une sorte de grand Roi qui se comporte comme un despote, elles seront - au moins en partie - des alliées de toutes les formes de despotisme.

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