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Accueil du site > Tribune Libre > A votre langue, citoyens !

A votre langue, citoyens !

Le 18 juin marquera-t-il un tournant dans la débâcle linguistique de la France ? A vous de marcher !

Si vous trouvez anormal, scandaleux même que :

Un élève-ingénieur français ne puisse recevoir son diplôme sans passer par un « First certificate of Cambridge » ou un « TOEFL » même s'il ne compte absolument pas travailler pour une compagnie étrangère ou s'expatrier ;

Un nombre croissant d'établissements d'enseignement publics, y compris des universités, imposent à leurs étudiants, souvent tous Français ou francophones, des cursus en anglais donnés par des professeurs français ;

De plus en plus de conseils d'administration se déroulent en anglais au sein de groupes cent pour cent français et cela, sans que le moindre anglophone ne soit présent aux délibérations ;

De plus en plus de techniciens, notamment dans les hôpitaux, soient forcés d'utiliser des modes d'emploi écrits exclusivement en anglais, source de nombreux accidents dont la cause réelle fait l'objet d'une omerta de la part des gros médias ;

Lors de réunions scientifiques ayant lieu en France, l'usage du français soit complètement proscrit dans les communications tant écrites qu'orales ;

Les universitaires et les chercheurs doivent faire en anglais leurs demandes de financement non seulement à la Commission européenne mais aussi à l'Agence nationale de la recherche ;

L'apprentissage de l'anglais ait été rendu obligatoire pour tous les magistrats français (sur décision de Mme Rachida Dati) ;

Nos médias soient entièrement à la botte des intérêts angloricains et relaient sans vergogne la culture anglosaxonne en nous abreuvant d'auteurs et de productions made in USA, tout cela aux dépens des talents français, qui sont dès lors contraints soit à l'exil soit au chômage ; 

Notre langue, toujours par le biais des médias et notamment de la Toile (cfr. des sites comme Paris-by-right), soit envahie de néologismes et des mots anglais non traduits, au point que toute innovation, toute initiative privée ou publique se voit désormais aussitôt affublée d'une appellation anglaise ( qui n'est d'ailleurs pas toujours pertinente dans cette langue) ;

L'actuel ministre de l'Education nationale, M. Luc Chatel, envisage l'introduction de l'anglais dès la maternelle, à trois ans, et que le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Mme Valérie Pécresse, souhaite qu'une grande partie de l'enseignement supérieur français soit donné en anglais ;

Si tout cela vous insupporte, vous révolte ; si vous êtes conscient des enjeux gravissimes de la guerre des langues ; si l'article 2 de la Constitution ("La langue de la République est le français") vous tient à coeur, rendez-vous ce samedi 14h30 à la place du Panthéon à Paris pour une grande marche, parrainée par 31 associations françaises et de la francophonie, visant à dénoncer les conséquences du mondialisme financier sur la santé des nations et la diversité linguistique et culturelle du monde ; affirmer l'attachement au français, aux cultures francophones, et le rejet de l'imposition du tout-anglais par l'enseignement et les médias ; demander au gouvernement français la tenue d'un Grenelle de la langue française et de la francophonie !

La manifestation, qui a reçu le soutien épistolaire de François Bayrou, sera honorée par la présence et les interventions de nombreuses personnalités politiques et littéraires, parmi lesquelles on relève le spécialiste des langues Claude Hagège et le député-maire UMP de Maisons-Laffitte Jacques Myard, ainsi que le président de Debout la République Nicolas Dupont-Aignan. Jean-Pierre Chevènement pourrait, lui aussi, se joindre au cortège.

Tous les renseignements sont disponibles en ligne sur le site d'Avenir de la langue française.

http://www.avenir-langue-francaise.fr/articles.php?pg=665


Les réactions les plus appréciées

  • taktak (---.---.---.181) 16 juin 2011 11:47

    Non ! Que ne fait on au nom du pragmatisme.
    Pourquoi ne pourrait on défendre le français en tant que langue de recherche ? pourquoi considérer comme vous le faite que la langue principale serait l’anglais ?

    Car faire cela ce n’est pas défendre le français mais le tuer, en tant que langue vivante.

    Il nous appartient à tous défendre le français qui est fait partie de notre patrimoine national. En tant que langue mais aussi en tant que vecteur de notre culture dans son sens le plus large ( des idées politiques, des idées sociales et de nos comportements, usages traditions).

    Car défendre le français et combattre le tout anglais c’est défendre une place à égalité entre tout les peuples, débarrassé de la domination anglosaxonne. Car ne nous trompons pas, si l’anglais s’impose c’est car c’est la langue des élites de l’idéologie de mondialisation capitaliste libérale et qu’à cet effet il est utilisé, défendu et promu pour imposer cette idéologie.
    Il n’y a donc pas d’impossibilité réciproquement à promouvoir de manière volontariste le multilinguisme et les échanges respectueux entre peuples. Pour pas plus chère et pour bien plus efficace pour la France.

    Paradoxalement d’ailleurs la première victime de cet effet est l’Angleterre et sa langue l’anglais remplacé par le globish dans un pays qui n’est plus qu’une colonie US.

    Etre pragmatique c’est donc tout sauf se mettre systématiquement à l’anglais, uniquement à l’anglais. Ca c’est succomber à la facilité.
    Etre pragmatique, quand on est chercheur, c’est publier dans sa langue et diffuser dans plusieurs langue des traductions correctes. Plutot que de produire des articles dans une langue pauvre ne permettant ni d’exprimer la profondeur de ses recherches, ni au lecteur de pouvoir se projeter dans ses propres réflexions dans sa propre langue.

    De la même façon pour l’ingénieur ou le commercial, être efficace c’est diffuser sa technique, son produit. Et comment être compétitif dans une seconde langue avec des tiers d’une autre langue face à ceux qui sont de langue maternelle anglaise ? Il choisiront majoritairement l’original à la copie.

    L’apparente facilité c’est de choisir l’anglais. Mais c’est tuer le français, et se priver de toute les relations prolixe car privilégié que l’on pourrait nouer en échangeant avec les autres avec leur langues maternelles autant que possible et en leur permettant de le faire avec nous.

    Défendre le français c’est produire en langue française dans les pays francophones, c’est permettre l’apprentissage correct du français en France et dans les francophones mais aussi partout dans le monde, c’est apprendre en france les langues de tout nos partenaires.

  • Fergus (---.---.---.197) 16 juin 2011 10:12
    Fergus

    Bonjour, Rousquille.

    Une manifestation très utile. La langue française subit en effet des assauts de toutes parts au profit de l’anglais. Elle doit par conséquent être défendue avec détermination.

    Pour autant, il ne faut pas opposer le français à l’anglais. Le pragmatisme nous oblige en effet à un bilinguisme que l’on ne peut évacuer d’un revers de manche. C’est particulièrement vrai dans les domaines commerciaux, mais cela touche désormais toutes les composantes de la société, du politique à la recherche, en passant par l’hôtellerie et la restauration où notre pays a des retards considérables (y compris par rapport à la Grèce ou la Turquie !).

    A cet égard, ma belle-fille est biologiste et ne peut publier des articles de portée internationale qu’en les rédigeant en anglais pour les revues anglophones Science ou Nature, de même qu’elle ne peut participer à un colloque de chercheurs qu’en s’exprimant couramment en anglais.

    Ce qu’il faut surtout maintenir, c’est un enseignement de grande qualité du français, jusqu’au plus haut niveau des études. Et cela sans que l’anglais soit rejeté. Il en va de notre crédibilité internationale et du poids de notre pays.

  • Rousquille (---.---.---.46) 16 juin 2011 13:46
    Rousquille

    Je pense que l’une des raisons de la déroute des langues nationales et le recours systématique à l’anglais s’expliquent aussi par la disparition des études classiques dans toute l’aire de civilisation occidentale. Comme plus personne ne comprend le latin ni le grec, dès qu’une invention ou un nouveau produit apparaît, c’est à un vocable anglais que l’on fait appel parce que cette langue est perçue désormais comme universelle.

    Prenons un exemple : le bathyscaphe est une invention française, due au professeur Piccard, qui a forgé le mot en 1946. Le mot est dérivé du grec et signifie « bateau profond ».

    Un demi-siècle plus tard, un sous-marin humide—qui se remplit d’eau— et à propulsion musculaire inventé par un Français du nom de Stéphane Rousson porte un nom pseudo-anglais : SCUBSTER, mélange de SCUBA— self contained underwater breathing apparatus-et d’une terminaison anglaise désignant des êtres féminins (comme dans spinster, une vieille fille). Il n’y a même pas une tentative de franciser la désinence en -er.

    Beaucoup de Français semblent complètement ignorer que leur langue est la deuxième langue étrangère la plus étudiée au monde et que l’on trouve des enseignes et des marques de produit en français à Pékin, par exemple. Le phénomène est bien sûr marginal par rapport à l’anglais, mais aucune autre langue ne jouit de ce privilège dans la capitale chinoise (sauf peut-être le coréen dans les quartiers à forte concentration de cette population). C’est dire quel prestige possède encore le français dans le monde.

    Par conséquent, voir des Français renoncer à leur langue, c’est vraiment atterrant, surtout quand cela vient de milieux de droite, donc censés défendre l’identité et le patrimoine nationaux. Le site Paris-by-rigt que je cite dans l’article est par exemple une invention d’Emmanuel Ratier, qui est un patron d’émission à Radio Courtoisie.


  • Petitou (---.---.---.38) 16 juin 2011 13:39
    Petitou

    Ah... si j’étais Parisienne j’irais volontiers.
    C’est une honte d’entendre à tout bout de champ parler de « smartphone » de « lifting » de « check-up », turnover, j’en passe et des meilleurs. Tous ces petits snobinards qui se croient plus malins que les autres parce qu’ils ont trois mots de vocabulaire anglais à la mort moi le nœud mais qui sont totalement incapables de renseigner un étranger et encore moins de lire Shakespeare dans le texte, c’est désolant.
    On peut tout à fait être parler deux ou trois langues et ne s’exprimer chez soi qu’uniquement en français car le français est une langue difficile dans laquelle il convient de se perfectionner chaque jour.
    Comme le dit Fergus il est désolant de voir le langage texto envahir notre langue écrite, je connais beaucoup de jeunes incapables d’écrire trois lignes sans fautes d’orthographe. C’est dramatique. Une amie allemande rencontrée à la fac et qui parle elle aussi 3 langues sans compter sa maîtrise parfaite du latin a été effarée lorsqu’elle a reçu son premier texto français. Elle ne savait même pas si cette langue en était une et elle m’a dit qu’en Allemagne ils utilisent parfois des abréviations (vu la longueur des mots heureusement) mais pas du tout cette écriture insipide.
    Le problème est que nous ne sommes plus assez exigeant dans l’apprentissage de notre langue qu’on dit vouloir réformer tous les 5 ans, ce qui est d’une idiotie sans fond, et qu’en contrepartie nous voudrions enseigner des langues étrangères sans maîtriser la nôtre auparavant. 
    Et je suis tout à fait d’accord avec Pastori, il faut défendre nos langues régionales. Mon italien me sert à comprendre le corse et le provençal. En Savoie il n’ y a aucune école qui enseigne notre patois, résultat cette langue sera morte dans à peine 20 ans si rien n’est fait et la pasnaille (carotte) n’évoquera plus rien à personne.


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43 réactions à cet article

  • Fergus (---.---.---.197) 16 juin 2011 10:12
    Fergus

    Bonjour, Rousquille.

    Une manifestation très utile. La langue française subit en effet des assauts de toutes parts au profit de l’anglais. Elle doit par conséquent être défendue avec détermination.

    Pour autant, il ne faut pas opposer le français à l’anglais. Le pragmatisme nous oblige en effet à un bilinguisme que l’on ne peut évacuer d’un revers de manche. C’est particulièrement vrai dans les domaines commerciaux, mais cela touche désormais toutes les composantes de la société, du politique à la recherche, en passant par l’hôtellerie et la restauration où notre pays a des retards considérables (y compris par rapport à la Grèce ou la Turquie !).

    A cet égard, ma belle-fille est biologiste et ne peut publier des articles de portée internationale qu’en les rédigeant en anglais pour les revues anglophones Science ou Nature, de même qu’elle ne peut participer à un colloque de chercheurs qu’en s’exprimant couramment en anglais.

    Ce qu’il faut surtout maintenir, c’est un enseignement de grande qualité du français, jusqu’au plus haut niveau des études. Et cela sans que l’anglais soit rejeté. Il en va de notre crédibilité internationale et du poids de notre pays.

    • taktak (---.---.---.181) 16 juin 2011 11:47

      Non ! Que ne fait on au nom du pragmatisme.
      Pourquoi ne pourrait on défendre le français en tant que langue de recherche ? pourquoi considérer comme vous le faite que la langue principale serait l’anglais ?

      Car faire cela ce n’est pas défendre le français mais le tuer, en tant que langue vivante.

      Il nous appartient à tous défendre le français qui est fait partie de notre patrimoine national. En tant que langue mais aussi en tant que vecteur de notre culture dans son sens le plus large ( des idées politiques, des idées sociales et de nos comportements, usages traditions).

      Car défendre le français et combattre le tout anglais c’est défendre une place à égalité entre tout les peuples, débarrassé de la domination anglosaxonne. Car ne nous trompons pas, si l’anglais s’impose c’est car c’est la langue des élites de l’idéologie de mondialisation capitaliste libérale et qu’à cet effet il est utilisé, défendu et promu pour imposer cette idéologie.
      Il n’y a donc pas d’impossibilité réciproquement à promouvoir de manière volontariste le multilinguisme et les échanges respectueux entre peuples. Pour pas plus chère et pour bien plus efficace pour la France.

      Paradoxalement d’ailleurs la première victime de cet effet est l’Angleterre et sa langue l’anglais remplacé par le globish dans un pays qui n’est plus qu’une colonie US.

      Etre pragmatique c’est donc tout sauf se mettre systématiquement à l’anglais, uniquement à l’anglais. Ca c’est succomber à la facilité.
      Etre pragmatique, quand on est chercheur, c’est publier dans sa langue et diffuser dans plusieurs langue des traductions correctes. Plutot que de produire des articles dans une langue pauvre ne permettant ni d’exprimer la profondeur de ses recherches, ni au lecteur de pouvoir se projeter dans ses propres réflexions dans sa propre langue.

      De la même façon pour l’ingénieur ou le commercial, être efficace c’est diffuser sa technique, son produit. Et comment être compétitif dans une seconde langue avec des tiers d’une autre langue face à ceux qui sont de langue maternelle anglaise ? Il choisiront majoritairement l’original à la copie.

      L’apparente facilité c’est de choisir l’anglais. Mais c’est tuer le français, et se priver de toute les relations prolixe car privilégié que l’on pourrait nouer en échangeant avec les autres avec leur langues maternelles autant que possible et en leur permettant de le faire avec nous.

      Défendre le français c’est produire en langue française dans les pays francophones, c’est permettre l’apprentissage correct du français en France et dans les francophones mais aussi partout dans le monde, c’est apprendre en france les langues de tout nos partenaires.

    • Fergus (---.---.---.197) 16 juin 2011 11:58
      Fergus

      Bonjour, Taktak.

      Je suis évidemment d’accord avec vous pour combattre le « tout anglais », et notamment les dérives excessives.

      Pour ce qui est de la recherche, aucune chance de promouvoir le français comme langue alternative car toutes les publications scientifiques sont anglophones, et cela depuis des décennies.

      Cela précisé, il faut aussi tenir compte de la manière dont fonctionnent les entreprises aujourd’hui. Même dans les PME-PMI, la maîtrise de l’anglais est indispensable, sauf à abandonner toute chance de se développer vers les marchés extérieurs.

      Enfin, dans tous les domaines, il faut compter désormais avec les géants d’Asie : l’Inde et la Chine. Et ce n’est pas en français que l’on pourra négocier quoi que ce soit avec eux. Soyons lucides !

      Cela n’empêche pas de tout faire pour que le français ne s’appauvrisse pas et qu’il garde ses lettres de noblesses dans les activités culturelles. S’il ne reste que cela, faisons au moins en sorte de le maintenir.

    • taktak (---.---.---.181) 16 juin 2011 13:00

      Au sujet des publications, je crois que vous confondez pour partie l’effet et la cause.
      Si chacun publie en anglais il n’y a plus que des publications en langue anglaise. Du coup il n’est plus possible de publier dans une autre langue. Faisons l’effort de laisser la possibilité à chacun de publier dans sa langue et il n’y aura plus d’hégémonie absolu de l’anglais. Je comprends la situation actuelle d’un scientifique qui est condamné à écrire directement ses articles en anglais ou les traduire pour pouvoir être publié. Une proposition alternative serait par exemple que la france finance une revue publique (pourquoi pas librement accessible sur internet à tous) à comité de lecture avec des scientifiques francophones de renom où les francophones pourraient publier en français et être traduit dans différentes langues dont pourquoi pas l’anglais. Et pourquoi pas initier des revues par domaines avec des partenaires étrangers ?

      Je ne crois pas que ce soit un investissement particulièrement couteux, d’autant qu’il favorisera réellement les échanges multiculturelle. Ca peut être un exemple de mesure de défense de la langue française.

      Ne vous trompez pas une langue ne peut être que purement culturelle. Détaché du progrès de la connaissance, de la science, de la technique cela devient une langue morte.

    • pingveno (---.---.---.14) 16 juin 2011 13:27

      A cet égard, ma belle-fille est biologiste et ne peut publier des articles de portée internationale qu’en les rédigeant en anglais pour les revues anglophones Science ou Nature,

      Sur ce sujet je vous conseille vivement, si ce n’est déjà fait, la lecture du livre de Charles Durand : la mise en place des monopoles du savoir.
      Vous y découvrirez que le problème est bien plus grave qu’il n’y paraît : car en fait ces revues ne sont pas seulement anglophones, elles sont avant tout anglo-saxonnes, avec un comité de lecture anglo-saxon qui peut tout à fait rejeter un article français tout en acceptant un article américain sur le même sujet, voire publier volontairement des articles de nature à discréditer la France (la mémoire de l’eau, ça vous rappelle quelque chose ?)

    • pingveno (---.---.---.14) 16 juin 2011 13:29

      Même dans les PME-PMI, la maîtrise de l’anglais est indispensable

      Par qui ? Par le patron, le commercial, ou jusqu’à l’ouvrier de base, des fois qu’il soit amené à faire lui-même des exportations ?

    • Fergus (---.---.---.197) 16 juin 2011 16:10
      Fergus

      Bonjour, Pingveno.

      Vous avez raison, ces revues sont anglo-saxonnes, et il faut impérativement passer sous les fourches caudines des comités scientifiques de lecture anglo-saxons pour être publié. Et nos chercheurs n’ont pas le choix, sauf à ne pas pouvoir mettre en valeur leurs travaux, mise en valeur qui est indispensable parfois pour obtenir des collaborations et des financements. Taktak a peut-être raison en avançant l’idée d’une revue scientifique francophone capable de rivaliser, mais eu égard à l’ancienneté et à la réputation des revues anglo-saxonnes, il faudrait de nombreuses années pour prétendre à une diffusion et des retombées équivalentes.

      A noter que Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier (prix Nobel pour leur découverte du VIH) auxquels je fais référence dans un article de ce jour (Du bac de Julie à l’épée d’Anne : le temps des pionnières) ont dû, eux aussi, passer par les publications en anglais dans ces revues. Ce n’est d’ailleurs pas scandaleux car la recherche est universelle et l’on ne comprendrait pas que chacun publie ses découvertes dans sa seule langue, qu’elle soit anglo-américaine, française, allemande, japonaise ou chinoise. La domination de l’anglais tient au fait que ce sont les anglo-saxons qui ont pris ce domaine à bras le corps au moment où les Français étaient au premier plan des initiatives... sportives, d’où le fait que le français soit la lange officielle des Jeux Olympiques.

    • pingveno (---.---.---.14) 16 juin 2011 16:57

      la recherche est universelle et l’on ne comprendrait pas que chacun publie ses découvertes dans sa seule langue, qu’elle soit anglo-américaine, française, allemande, japonaise ou chinoise

      Oui et non. Le livre auquel je fais référence dit aussi que la Chine et le Japon, justement, ont trouvé la parade : publier dans les revues américaines pour la recherche théorique, mais dans des revues nationales (en langue locale) pour la recherche appliquée. Devinez où vont les bénéfices ?
      Peut-être la voie à creuser pour l’Europe : le jour où tous les pays useront de cette technique, le modèle des revues anglo-saxonnes se retournera contre elles. Au lieu de quoi la recherche française fait l’autruche en virant l’auteur de ce livre « insultant », qui doit maintenant faire ses recherches... au Japon.

    • vfcc (---.---.---.26) 16 juin 2011 18:22

      « Pour ce qui est de la recherche, aucune chance de promouvoir le français comme langue alternative car toutes les publications scientifiques sont anglophones, et cela depuis des décennies. »

      Si quelqu’un a quelque chose a dire concernant une recherche scientifique qu’il aurait entrepris. S’il l’exprime dans sa langue maternel et que son travail a de l’intérêt. Ne vous inquiétez pas que les personnes en ayant besoin s’occuperont de le traduit ou de le faire traduire.

      "Enfin, dans tous les domaines, il faut compter désormais avec les géants d’Asie : l’Inde et la Chine. Et ce n’est pas en français que l’on pourra négocier quoi que ce soit avec eux. Soyons lucides !« 
      Pourquoi ?
      Cela n’appartient qu’aux deux parties de faire des efforts. Le français est il une langue si mauvaise qu’aucune nation ne s’y intéresse ? Il ne me semble pas, d’après l’histoire, le français a pendant une longue période été une langue internationale utilisé dans les traités entre pays, avec la Russie notamment.

       »Cela n’empêche pas de tout faire pour que le français ne s’appauvrisse pas et qu’il garde ses lettres de noblesses dans les activités culturelles. S’il ne reste que cela, faisons au moins en sorte de le maintenir.« 
      Quand je lis ca je lis : »j’ai baissé les bras".

    • pingveno (---.---.---.38) 16 juin 2011 20:00

      Si quelqu’un a quelque chose a dire concernant une recherche scientifique qu’il aurait entrepris. S’il l’exprime dans sa langue maternel et que son travail a de l’intérêt. Ne vous inquiétez pas que les personnes en ayant besoin s’occuperont de le traduit ou de le faire traduire.

      Absolument.

      Il y a quelques années j’étais en Suède, j’assistais à une conférence justement sur les langues dans la recherche. Je me souviens qu’on avait donné des chiffres assez hallucinants : autrefois, les thèses de doctorat en Suède étaient pour 50% en suédois avec résumé en anglais et allemand, et pour 50% en anglais ou en allemand avec résumé dans deux langues, à cette époque environ 50% des thèses étaient lues dans l’année par un étranger ; aujourd’hui, 90% sont rédigées en anglais (sans résumé dans une autre langue), et seules 10% sont un jour sorties du pays. Cherchez l’erreur...

  • Plus robert que Redford (---.---.---.238) 16 juin 2011 11:08

    Bof !
    Aujourd’hui c’est l’anglais...
    Dans 30 ans ?
    Le Mandarin ??

  • pastori (---.---.---.21) 16 juin 2011 12:13
    bien sûr qu’il est indispensable de parler des langues étrangères, et de les utiliser quand c’est nécessaire. cela n’empêche rien.

    mis il est quand même extraordinaire qu’avec la langue que nous avons, nous soyons poussés, par snobisme, à n’utiliser de plus en plus que des termes anglais même en famille..

    par pur snobisme car bien souvent le mot anglais est plus compliqué et plus long que le mot français.

    morte la langue, mort le pays. il est vrai que pour beaucoup ce mot ne veut plus dire grand chose car ils ont remplacé jusqu’au nom de leur terroir par le mot « pognon », ou plutôt désormais « money », ou « business ».

    il faut absolument défendre sa langue, ainsi les langues régionales qui sont une richesse supplémentaire. la mienne par exemple me permet de comprendre, lire et parler couramment l’italien sans l’avoir appris.
    • LE CHAT (---.---.---.148) 16 juin 2011 12:58
      LE CHAT

      pour une fois je suis d’accord avec toi , je parle le chti dès que j’en ai l’occasion !

      c’est consternant que les cadres du siège parisien envoie au personnel en province des mails en anglais !  smiley

      et même quand tu les as en face de toi , ils disent backup au lieu de remplaçant etc etc etc

    • Fergus (---.---.---.197) 16 juin 2011 13:05
      Fergus

      Bonjour, Pastori et Le Chat

      Vous avez raison, j’approuve totalement vos commentaires. Le grand mal dont souffre le français est beaucoup plus dans cette invasion de l’anglais dans la vie courante que dans son utilisation à des fins de contacts à l’international.

      Autre problème : l’utilisation massive des textos par les jeunes. Ce n’est avec ce type d’écriture qu’ils vont développer leurs aptitudes à écrire correctement et sans fautes !

      Cordiales salutations à vous deux.

    • taktak (---.---.---.181) 16 juin 2011 13:24

      d’autant rappelons le que c’est illegal puisque en france la langue de travail doit être le français.

      Il s’agit effectivement d’une forme de snobisme. Snobisme car faire du franglais c’est essayer misérablement de s’associer aux « élites ».
      Et le choix de ces dernières est toujours plus de capitalisme dont la langue est celle du pays leader les USA. C’est la raison objective du choix de l’anglais par nos élites.

      Mais attention défendre le français ce n’est pas se replier sur nous tout comme etre patriote ce n’est pas le pseudo nationalisme identitaire du FN.

      Car c’est effectivement à travers la richesse des langues régionales, des langues et culturels de nos immigrés, des multipes échanges que nous devons nourrir que nous pouvons aussi faire vivre et donc défendre notre culture et notre langue.

      Ne nous y trompons pas, défendre notre langue, notre culture c’est aussi défendre la souveraineté du peuple qui forme la nation française. Et cela ne peut se faire que contre ceux qui en sont les ennemis acharnés car ils y voient là l’outil de défense d’un contrat social qui de 1793 à 1870 en passant par 36 et 45 consacrent la devise de la république liberté égalité fraternité par trop opposé aux valeurs de leurs capitalismes.
      Alors oui l’UMP et le PS à travers l’europe libérale agressent le français (l’anglais est de fait la langue de l’union), mais il ne faudra pas compter sur le FN nouveau visage qui est également partisant de ce même ordre capitaliste pour défendre notre langue. Car il ne veut s’en servir que comme instrument de puissance tel sa proposition d’imposer son usage dans les mosquées.

    • BOBW (---.---.---.43) 16 juin 2011 22:52
      BOBW

      Avec enthousiasme :BRAVO


      Un habitant d’un Région qui fait partie de l’Occitanie (Acquitaine-Auvergne-Pyrénnées-Limousin-Comté de Nice...) , qui parle sa langue natale peut aller au Piémont et dialoguer couramment (Niçois,j’en ai fait personnellement l’expèrience)
      voir ce lien  :    Rubrique--->FRANCE---> Histoire de la Colonisation de la France

       Sud(Occitanie)--->Rappel des faits et évènements politico-historiques qui

       marquèrent l’Histoire de l’Occitanie (« Volèm Viure Au País contunha ben é fortament » et Occitan Lenga oficiala) smiley
    • BOBW (---.---.---.43) 16 juin 2011 22:53
      BOBW

      (Réponse à pastori)

  • Petitou (---.---.---.38) 16 juin 2011 13:39
    Petitou

    Ah... si j’étais Parisienne j’irais volontiers.
    C’est une honte d’entendre à tout bout de champ parler de « smartphone » de « lifting » de « check-up », turnover, j’en passe et des meilleurs. Tous ces petits snobinards qui se croient plus malins que les autres parce qu’ils ont trois mots de vocabulaire anglais à la mort moi le nœud mais qui sont totalement incapables de renseigner un étranger et encore moins de lire Shakespeare dans le texte, c’est désolant.
    On peut tout à fait être parler deux ou trois langues et ne s’exprimer chez soi qu’uniquement en français car le français est une langue difficile dans laquelle il convient de se perfectionner chaque jour.
    Comme le dit Fergus il est désolant de voir le langage texto envahir notre langue écrite, je connais beaucoup de jeunes incapables d’écrire trois lignes sans fautes d’orthographe. C’est dramatique. Une amie allemande rencontrée à la fac et qui parle elle aussi 3 langues sans compter sa maîtrise parfaite du latin a été effarée lorsqu’elle a reçu son premier texto français. Elle ne savait même pas si cette langue en était une et elle m’a dit qu’en Allemagne ils utilisent parfois des abréviations (vu la longueur des mots heureusement) mais pas du tout cette écriture insipide.
    Le problème est que nous ne sommes plus assez exigeant dans l’apprentissage de notre langue qu’on dit vouloir réformer tous les 5 ans, ce qui est d’une idiotie sans fond, et qu’en contrepartie nous voudrions enseigner des langues étrangères sans maîtriser la nôtre auparavant. 
    Et je suis tout à fait d’accord avec Pastori, il faut défendre nos langues régionales. Mon italien me sert à comprendre le corse et le provençal. En Savoie il n’ y a aucune école qui enseigne notre patois, résultat cette langue sera morte dans à peine 20 ans si rien n’est fait et la pasnaille (carotte) n’évoquera plus rien à personne.

    • Fergus (---.---.---.197) 16 juin 2011 17:47
      Fergus

      D’origine auvergnate et vivant en Bretagne, je suis entièrement d’accord avec Petitou et Pastori pour la sauvegarde des langues régionales. Elles sont l’un des éléments constitutifs de notre culture et doivent par conséquent être respectées si l’on veut maintenir la richesse et la diversité culturelle de notre pays.

      A cet égard, il convient de voir les langues régionales comme l’architecture. Ne croyez-vous pas qu’il serait affligeant d’entendre le même parler, sur les mêmes intonations, dans des régions où les villages sont aussi spectaculairement différents qu’au Pays basque, en Provence, dans le Périgord, en Alsace, en Bretagne, dans le Jura, en Bresse ou en Normandie ?

    • Fergus (---.---.---.197) 16 juin 2011 17:49
      Fergus

      Pardon, Pastori, j’aurais dû citer la Corse, où les superbes villages se comptent par dizaines.

      Cordialement.

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