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A votre langue, citoyens !

Le 18 juin marquera-t-il un tournant dans la débâcle linguistique de la France ? A vous de marcher !

Si vous trouvez anormal, scandaleux même que :

Un élève-ingénieur français ne puisse recevoir son diplôme sans passer par un « First certificate of Cambridge » ou un « TOEFL » même s'il ne compte absolument pas travailler pour une compagnie étrangère ou s'expatrier ;

Un nombre croissant d'établissements d'enseignement publics, y compris des universités, imposent à leurs étudiants, souvent tous Français ou francophones, des cursus en anglais donnés par des professeurs français ;

De plus en plus de conseils d'administration se déroulent en anglais au sein de groupes cent pour cent français et cela, sans que le moindre anglophone ne soit présent aux délibérations ;

De plus en plus de techniciens, notamment dans les hôpitaux, soient forcés d'utiliser des modes d'emploi écrits exclusivement en anglais, source de nombreux accidents dont la cause réelle fait l'objet d'une omerta de la part des gros médias ;

Lors de réunions scientifiques ayant lieu en France, l'usage du français soit complètement proscrit dans les communications tant écrites qu'orales ;

Les universitaires et les chercheurs doivent faire en anglais leurs demandes de financement non seulement à la Commission européenne mais aussi à l'Agence nationale de la recherche ;

L'apprentissage de l'anglais ait été rendu obligatoire pour tous les magistrats français (sur décision de Mme Rachida Dati) ;

Nos médias soient entièrement à la botte des intérêts angloricains et relaient sans vergogne la culture anglosaxonne en nous abreuvant d'auteurs et de productions made in USA, tout cela aux dépens des talents français, qui sont dès lors contraints soit à l'exil soit au chômage ; 

Notre langue, toujours par le biais des médias et notamment de la Toile (cfr. des sites comme Paris-by-right), soit envahie de néologismes et des mots anglais non traduits, au point que toute innovation, toute initiative privée ou publique se voit désormais aussitôt affublée d'une appellation anglaise ( qui n'est d'ailleurs pas toujours pertinente dans cette langue) ;

L'actuel ministre de l'Education nationale, M. Luc Chatel, envisage l'introduction de l'anglais dès la maternelle, à trois ans, et que le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Mme Valérie Pécresse, souhaite qu'une grande partie de l'enseignement supérieur français soit donné en anglais ;

Si tout cela vous insupporte, vous révolte ; si vous êtes conscient des enjeux gravissimes de la guerre des langues ; si l'article 2 de la Constitution ("La langue de la République est le français") vous tient à coeur, rendez-vous ce samedi 14h30 à la place du Panthéon à Paris pour une grande marche, parrainée par 31 associations françaises et de la francophonie, visant à dénoncer les conséquences du mondialisme financier sur la santé des nations et la diversité linguistique et culturelle du monde ; affirmer l'attachement au français, aux cultures francophones, et le rejet de l'imposition du tout-anglais par l'enseignement et les médias ; demander au gouvernement français la tenue d'un Grenelle de la langue française et de la francophonie !

La manifestation, qui a reçu le soutien épistolaire de François Bayrou, sera honorée par la présence et les interventions de nombreuses personnalités politiques et littéraires, parmi lesquelles on relève le spécialiste des langues Claude Hagège et le député-maire UMP de Maisons-Laffitte Jacques Myard, ainsi que le président de Debout la République Nicolas Dupont-Aignan. Jean-Pierre Chevènement pourrait, lui aussi, se joindre au cortège.

Tous les renseignements sont disponibles en ligne sur le site d'Avenir de la langue française.

http://www.avenir-langue-francaise.fr/articles.php?pg=665



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Les réactions les plus appréciées

  • Par taktak (---.---.---.181) 16 juin 2011 11:47

    Non ! Que ne fait on au nom du pragmatisme.
    Pourquoi ne pourrait on défendre le français en tant que langue de recherche ? pourquoi considérer comme vous le faite que la langue principale serait l’anglais ?

    Car faire cela ce n’est pas défendre le français mais le tuer, en tant que langue vivante.

    Il nous appartient à tous défendre le français qui est fait partie de notre patrimoine national. En tant que langue mais aussi en tant que vecteur de notre culture dans son sens le plus large ( des idées politiques, des idées sociales et de nos comportements, usages traditions).

    Car défendre le français et combattre le tout anglais c’est défendre une place à égalité entre tout les peuples, débarrassé de la domination anglosaxonne. Car ne nous trompons pas, si l’anglais s’impose c’est car c’est la langue des élites de l’idéologie de mondialisation capitaliste libérale et qu’à cet effet il est utilisé, défendu et promu pour imposer cette idéologie.
    Il n’y a donc pas d’impossibilité réciproquement à promouvoir de manière volontariste le multilinguisme et les échanges respectueux entre peuples. Pour pas plus chère et pour bien plus efficace pour la France.

    Paradoxalement d’ailleurs la première victime de cet effet est l’Angleterre et sa langue l’anglais remplacé par le globish dans un pays qui n’est plus qu’une colonie US.

    Etre pragmatique c’est donc tout sauf se mettre systématiquement à l’anglais, uniquement à l’anglais. Ca c’est succomber à la facilité.
    Etre pragmatique, quand on est chercheur, c’est publier dans sa langue et diffuser dans plusieurs langue des traductions correctes. Plutot que de produire des articles dans une langue pauvre ne permettant ni d’exprimer la profondeur de ses recherches, ni au lecteur de pouvoir se projeter dans ses propres réflexions dans sa propre langue.

    De la même façon pour l’ingénieur ou le commercial, être efficace c’est diffuser sa technique, son produit. Et comment être compétitif dans une seconde langue avec des tiers d’une autre langue face à ceux qui sont de langue maternelle anglaise ? Il choisiront majoritairement l’original à la copie.

    L’apparente facilité c’est de choisir l’anglais. Mais c’est tuer le français, et se priver de toute les relations prolixe car privilégié que l’on pourrait nouer en échangeant avec les autres avec leur langues maternelles autant que possible et en leur permettant de le faire avec nous.

    Défendre le français c’est produire en langue française dans les pays francophones, c’est permettre l’apprentissage correct du français en France et dans les francophones mais aussi partout dans le monde, c’est apprendre en france les langues de tout nos partenaires.

  • Par Fergus (---.---.---.197) 16 juin 2011 10:12
    Fergus

    Bonjour, Rousquille.

    Une manifestation très utile. La langue française subit en effet des assauts de toutes parts au profit de l’anglais. Elle doit par conséquent être défendue avec détermination.

    Pour autant, il ne faut pas opposer le français à l’anglais. Le pragmatisme nous oblige en effet à un bilinguisme que l’on ne peut évacuer d’un revers de manche. C’est particulièrement vrai dans les domaines commerciaux, mais cela touche désormais toutes les composantes de la société, du politique à la recherche, en passant par l’hôtellerie et la restauration où notre pays a des retards considérables (y compris par rapport à la Grèce ou la Turquie !).

    A cet égard, ma belle-fille est biologiste et ne peut publier des articles de portée internationale qu’en les rédigeant en anglais pour les revues anglophones Science ou Nature, de même qu’elle ne peut participer à un colloque de chercheurs qu’en s’exprimant couramment en anglais.

    Ce qu’il faut surtout maintenir, c’est un enseignement de grande qualité du français, jusqu’au plus haut niveau des études. Et cela sans que l’anglais soit rejeté. Il en va de notre crédibilité internationale et du poids de notre pays.

  • Par Rousquille (---.---.---.46) 16 juin 2011 13:46
    Rousquille

    Je pense que l’une des raisons de la déroute des langues nationales et le recours systématique à l’anglais s’expliquent aussi par la disparition des études classiques dans toute l’aire de civilisation occidentale. Comme plus personne ne comprend le latin ni le grec, dès qu’une invention ou un nouveau produit apparaît, c’est à un vocable anglais que l’on fait appel parce que cette langue est perçue désormais comme universelle.

    Prenons un exemple : le bathyscaphe est une invention française, due au professeur Piccard, qui a forgé le mot en 1946. Le mot est dérivé du grec et signifie « bateau profond ».

    Un demi-siècle plus tard, un sous-marin humide—qui se remplit d’eau— et à propulsion musculaire inventé par un Français du nom de Stéphane Rousson porte un nom pseudo-anglais : SCUBSTER, mélange de SCUBA— self contained underwater breathing apparatus-et d’une terminaison anglaise désignant des êtres féminins (comme dans spinster, une vieille fille). Il n’y a même pas une tentative de franciser la désinence en -er.

    Beaucoup de Français semblent complètement ignorer que leur langue est la deuxième langue étrangère la plus étudiée au monde et que l’on trouve des enseignes et des marques de produit en français à Pékin, par exemple. Le phénomène est bien sûr marginal par rapport à l’anglais, mais aucune autre langue ne jouit de ce privilège dans la capitale chinoise (sauf peut-être le coréen dans les quartiers à forte concentration de cette population). C’est dire quel prestige possède encore le français dans le monde.

    Par conséquent, voir des Français renoncer à leur langue, c’est vraiment atterrant, surtout quand cela vient de milieux de droite, donc censés défendre l’identité et le patrimoine nationaux. Le site Paris-by-rigt que je cite dans l’article est par exemple une invention d’Emmanuel Ratier, qui est un patron d’émission à Radio Courtoisie.


  • Par Petitou (---.---.---.38) 16 juin 2011 13:39
    Petitou

    Ah... si j’étais Parisienne j’irais volontiers.
    C’est une honte d’entendre à tout bout de champ parler de « smartphone » de « lifting » de « check-up », turnover, j’en passe et des meilleurs. Tous ces petits snobinards qui se croient plus malins que les autres parce qu’ils ont trois mots de vocabulaire anglais à la mort moi le nœud mais qui sont totalement incapables de renseigner un étranger et encore moins de lire Shakespeare dans le texte, c’est désolant.
    On peut tout à fait être parler deux ou trois langues et ne s’exprimer chez soi qu’uniquement en français car le français est une langue difficile dans laquelle il convient de se perfectionner chaque jour.
    Comme le dit Fergus il est désolant de voir le langage texto envahir notre langue écrite, je connais beaucoup de jeunes incapables d’écrire trois lignes sans fautes d’orthographe. C’est dramatique. Une amie allemande rencontrée à la fac et qui parle elle aussi 3 langues sans compter sa maîtrise parfaite du latin a été effarée lorsqu’elle a reçu son premier texto français. Elle ne savait même pas si cette langue en était une et elle m’a dit qu’en Allemagne ils utilisent parfois des abréviations (vu la longueur des mots heureusement) mais pas du tout cette écriture insipide.
    Le problème est que nous ne sommes plus assez exigeant dans l’apprentissage de notre langue qu’on dit vouloir réformer tous les 5 ans, ce qui est d’une idiotie sans fond, et qu’en contrepartie nous voudrions enseigner des langues étrangères sans maîtriser la nôtre auparavant. 
    Et je suis tout à fait d’accord avec Pastori, il faut défendre nos langues régionales. Mon italien me sert à comprendre le corse et le provençal. En Savoie il n’ y a aucune école qui enseigne notre patois, résultat cette langue sera morte dans à peine 20 ans si rien n’est fait et la pasnaille (carotte) n’évoquera plus rien à personne.

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