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Accueil du site > Tribune Libre > Assassinat de John Kennedy : la piste du lobby militaire renforcée

Assassinat de John Kennedy : la piste du lobby militaire renforcée

C'est un enregistrement, qui vient juste de refaire surface, et qui ravive bien des souvenirs. Des bandes magnétiques, audibles intégralement cette fois (on avait pu en écouter une toute petite partie voici plus de 50 ans), qui révèlent les conversations à l'intérieur d'Air Force One, alors un Boeing 707 qui ramenait le cercueil de Kennedy et sa veuve, de Dallas à Washington. Avec à bord le successeur du président assassiné, dans lequel tout le monde voit aujourd'hui le commanditaire du meurtre. Un commanditaire supposé dont le rôle sort renforcé de l'audition de ses bandes, car elles font apparaître un nom que l'on avait soigneusement pris soin jusqu'ici de ne jamais citer. Un général, dont j'ai déjà ici tracé le portrait, celui d'un véritable psychopathe. Le responsable du bombardement conventionnel au phosphore de Tokyo, qui aura fait plus de morts qu'à Hiroshima ou à Nagasaki, ou de celui des barrages de Corée du Nord, qui ont tué des milliers de civils. Curtis le May, le principal opposant à la famille Kennedy. Un fou de guerre, qui se serait donc entendu secrètement avec L.B. Johnson pour se débarrasser de J.F.K... Voilà une belle découverte, qui permettra sans doute, et je l'espère, à permettre d'expliquer un jour comment Kennedy était-il mort. Et surtout, qui avait décidé de le s'en débarrasser.

Dans l'avion qui ramène le corps de Kennedy, dont l'autopsie démontrera qu'il a perdu tout le côté droit de la tête (Jackie Kennedy à quatre pattes sur le capot arrière de la limousine c'était pour rechercher un morceau de crâne, son mari ayant été scalpé par le tir venu de face* !), il y avait eu des scènes stupéfiantes qui laissaient déjà entendre une connivence entre LBJ et d'autres personnes présentes à Dallas, ce jour-là : notamment un célèbre clin d'œil entre lui et le congressiste Albert Richard Thomas, qui en était lui à sourire benoîtement devant le corps du président et sa veuve dont le tailleur portait toujours le sang de son mari. Au moment même où L.B.J prêtait serment dans l'avion, devant la juge Sarah T.Hughes, les deux échangeaient un regard qui ne pouvait laisser sans questions. L'un des deux affichait clairement un contentement visible (Thomas, L.B.J étant de dos). Les bandes découvertes proviennent du White House Communications Agency et sont signées du nom du général Chester "Ted" Clifton Jr, le conseiller militaire de Kennedy, qui figurait dans l'escorte motorisée accompagnant Kennedy à Dallas (il est décédé en 1991).

La veille au soir, LBJ avait fait des confidences plutôt dérangeantes à sa maîtresse Madeleine Brown... et le lendemain à Dallas, comme par hasard c'était lui le nouveau président en qualité de... vice-président, que John Kennedy avait fini par choisir afin de mieux le contrôler. Il s'en méfiait à juste raison : l'homme le plus dangereux, pour Kennedy était dans le même parti que lui et non chez les républicains ! L'homme à qui s'adressait Johnson était un vieil ami à lui. Albert Richard Thomas, né à Nacogdoches, était un pur texan, comme Johnson, fier d'avoir réussi à apporter à Houston le Johnson Space Center qui dirigera toute la conquête lunaire américaine. C'est la société Brown & Root Inc. de son vieil ami George Rufus Brown qui offrira à la Nasa les terrains pour bâtir le centre spatial. Brown avait fait fortune en construisant un des barrages du New Deal de Roosevelt, dont le Marshall Ford Dam (devenu depuis le Mansfield Dam). G.R.Brown avait un frère qui s'appelait... Herman. Il construira aussi le Pontchartrain Bridge (plus tard le Maestri Bridge), de 8 km de long, reliant La Nouvelle Orleans à Slidell. Au Texas, en 1963, Howard Hughes a déjà installé depuis longtemps une usine d'armements, la Dixie Gun Plant, qui fabriquait des canons lourds de 120. North American, alors de tous les contrats d'aviation de l'armée (par exemple son Vigilante A-5) ou dans les avions de pointe (comme le X-15) était situé à Dallas, avec Chance-Vought (Crusader et Corsair II alors en projet), alors que Consolidated (Convair avec ses B-58, ses Delta Dagger et Dart et son incroyable projet Kingfish) qui était à Fort Worth.

Les deux étaient amis de longue date, et Thomas un faucon militaire se battant pour que son Etat bénéficie de la manne fédérale de l'armement, en s'activant pour par exemple faire du port de pêche à la crevette de Corpus Christi une énorme base aéronavale US, ou en faisant partie de la très influente Joint Committee on Atomic Energy. Johnson, Brown et Thomas formaient en fait un groupe informel appelé le 8F group, qui s'était réuni la veille de l'assassinat à Dallas, a raconté tardivement la maîtresse de Johnson, Madeleine Duncan Brown : "Le groupe s'est réuni pour une fête à Dallas hébergé par Clint Murchison, un autre magnat des affaires avec des liens étroits avec la mafia Genovese, le 21 novembre 1963, la nuit précédant l'assassinat. Parmi les personnes présentes à l'événement figuraient J. Edgar Hoover, Clyde Tolson, John J. McCloy, Jack Ruby, George Brown (Brown and Root), les barons de la mafia, plusieurs journaux et des journalistes de la télévision, et... Richard Nixon". 
 
"La partie de poker entamée a commencé à ralentir à environ 11 heures du soir, quand les participants ont été surpris d'assister à l'arrivée de Lyndon Johnson, qui avait voyagé de Houston. Clint Murchison a immédiatement appelé à une réunion. Ils sont tous partis pour cette salle de conférence ... Lyndon n'est pas resté bien longtemps à la réunion et quand il est sorti ... il m'a attrapé par le bras, il avait cette voix profonde et il m' a dit, "après-demain ce fils de pute ne me gênera plus - ce n'est pas une menace -. c'est une promesse." La réunion était bien celle d'hommes d'extrême droite, liés à la pègre locale. "Murchison a également été étroitement proche de la mafia. En 1955, un comité du Sénat a découvert que 20 pour cent d'un bail pétrolier de la Société Murchison appartenait à Vito Genovese et sa famille. Le comité a également découvert que Murchison avait des liens étroits avec le financier Carlos MarcelloPlus tard, Bobby Baker a affirmé que. « Murchison possédait même un "morceau de Hoover". Les gens riches essaient toujours de placer leur argent auprès du shérif, parce qu'ils recherchent une protection. Hoover était la personnification de la loi et l'ordre et officiellement contre les gangsters, aussi c'était un plus pour un homme riche d'être identifié à lui.  C'est pourquoi des hommes comme Murchison faisaient tout pour que chacun sache qu'Hoover était leur ami. Vous pouvez faire beaucoup de choses illégales si à la tête de la loi il y a votre copain," affirme avec une ironie corrosive Spartacus Educational, rappelant que le principe est universel, et qu'on peut le retrouver partout (même en France). Genovese, le grand rival d'Albert Anastasia et de Lucky Luciano, ses anciens complices. Genovese qui avait dû fuir les USA en 1937, était devenu un proche de Mussolini... avant de devenir le meilleur ami des américains à peine débarqués en Italie !
 
Des liens douteux qui remontaient loin dans l'organigramme de l'extrême droite US : " Murchison a développé des opinions politiques d'extrême-droite avec son ami, Haroldson L. Hunt, qui était un membre de la John Birch Society. Murchison a financé la campagne anti-communiste de Joseph McCarthy. Selon Anthony Summers, Murchison a également été "une source principale de fonds pour le Parti nazi américain, et son chef, Lincoln Rockwell" (photographié ci-dessus de façon étonnante à un Congrès du Black Muslim Party, parti noir raciste, en compagnie de deux gardes du corps). On possède d'autres clichés de l'individu, dont un sidérant en compagnie de Dan Burros le "grand dragon" du KKK, à savoir son leader en 1961, portant ici l'uniforme nazi complet. Burros, qui était minuscule et passablement dérangé, fut pendant des années le chef du KKK local, alors qu'il était... d'origine juive. Il avait fait sa bar mitzvah le 4 mars1950 ! Le jour où on le découvrira, le 31 octobre 1965, il se tirera... deux balles. Une dans la poitrine et une dans la tête, il avait à peine 28 ans.

Johnson dans le coup, au milieu de ces complotistes texans d'extrême droite ou mafieux ? Sans aucun doute. Même Ruby, l'assassin d'Oswald le laissera clairement entendre au juge qui l'interrogera : ... "n'est-il pas étrange qu'Oswald qui n'a pas travaillé une seule fois sérieusement de sa vie, a été assez chanceux pour obtenir un emploi au Book Building deux semaines avant que le président lui-même ne sache pas à quel moment il rendrait visite à Dallas, maintenant d'où vient le gag comme quoi Oswald avait obtenu l'information que le président viendrait à Dallas ? Une seule personne aurait pu avoir cette information, et cet homme était Johnson qui savait plusieurs semaines à l'avance ce qui allait se passer, parce qu'il est celui qui allait organiser le voyage pour le président, cela avait été planifié longtemps avant que le président lui-même n'en connaisse l'existence, de sorte que vous pouvez imaginer facilement ce qu'il en était. Le seul qui était gagnant dans le coup du président était Johnson, et il était dans une voiture à la place arrière sûre quand le coup a eu lieu. Qu'auraient gagné les Russes, Castro ou quiconque en éliminant le président Si Johnson avait le cœur si brisé pour Kennedy, pourquoi n'at-il pas faire quelque chose pour Robert Kennedy ? Tout ce qu'il a fait a été de le snober."
 
Cela n'explique pas pour autant la découverte du jour, à savoir que dans les bandes des conversations en provenance de l'appareil ramenant le corps de Kennedy à Washington, le nom jusqu"ici soigneusement caché de Curtis LeMay est apparu... Pour le savoir, il nous faut revenir en arrière pour vérifier qui était ce LeMay. Arrivé à la tête du SAC en 1949, l'homme avait derrière lui une sinistre réputation, celle d'être quasiment celui qu'avait caricaturé Kubrick dans son général Turgidson. Partisan résolu de la bombe atomique, LeMay avait même tout prévu, si la bombe atomique tardait à être au point en 1945. Lui et ses fidèles comme le général Lemnitzer, aussi atteint que son supérieur ils auraient tout simplement rasé le Japon, au phosphore blanc incendiaire et aux bombes chimiques, à partir de stocks phénoménaux de gaz innervants notamment. Je vous l'avais déjà expliqué ici : "Et cela, encore,"on l’a appris tardivement avec la déclassification de documents secrets. Comme l’avait dit Paul Rogers d’Open Democracy, le 4 août 2005, si Hiroshima et Nagasaki n’avaient pas fonctionné, les États-Unis avait un plan pour gagner la guerre contre le Japon qui impliquait l’utilisation massive d’armes chimiques [contre] des civils. ... La fin soudaine de la guerre précipitée par les deux bombes atomiques, et les secrets qui ont suivi de la part des États-Unis, ont déguisé depuis de nombreuses années le fait que les États-Unis avait préparé un remarquable plan de secours. Il s’agissait de la production de masse d’immenses quantités d’armes chimiques utilisées contre les villes japonaises, car ce qui était prévu était de tuer le nombre de 5 millions de personnes au moins. Ce plan précédemment secret est venu à la lumière avec la déclassification des documents sensibles, après la fin de la guerre froide, et a été décrit quelques années plus tard dans un document du "Proceedings of the US Naval Institute" par deux historiens militaires, Norman Polmar & Thomas B Allen ("Le plan le plus meurtrier", Proceedings Janvier 1998). Il a à peine touché le domaine public avec le temps, mais il en dit long sur l’approche à la guerre qui s’était développée en 1945, y compris la volonté d'infliger des pertes civiles massives sur une échelle beaucoup plus élevée, de même que les tapis de bombes sur Tokyo, Hambourg ou Dresde ou les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki". ... la folie d’un LeMay n’avait rien à envier à celle d’en face !
 
LeMay, 'Aigle de Fer", était un fou dangereux, ce que je vous avais laissé entendre ici-même dès le 23 août 2010 en effet : "LeMay était apparemment immunisé contre l’horreur de tuer. Il avait dirigé le bombardement au napalm du Japon - qui estime-t-on a tué "plus de personnes dans une période de six heures qu’à tout moment dans l’histoire de l’homme". ll a ainsi un jour résumé la guerre : « Il faut tuer les gens, et quand vous avez tué assez, ils cessent le combat. "Il a également dit : de façon cynique "nous avons bien tué, allez, disons vingt pour cent de la population de la Corée du Nord". En fait, "plus de deux millions de civils sont morts dans les campagnes de bombardements de LeMay et la destruction de barrages géants pour inonder le pays".Ce n’est donc pas un hasard si on le retrouve en politique aux côtés du gouverneur George Wallace, ce raciste invétéré, chrétien "born again"... et pourtant inscrit au parti démocrate ! Ce chaud partisan de la guerre nucléaire et des bombardements de civils n’avait pas grand chose à envier à un Goëring ! Sa haine de John F. Kennedy fut telle qu’on a régulièrement et automatiquement songé à lui comme l’un des commanditaires possible pour son assassinat, avec l’équipe de la CIA aujourd’hui bien répertoriée : Richard Helms, James Angleton, David Phillips, E. Howard Hunt, Theodore Shackley, William Harvey, David Morales, Edward Lansdale, et George Joannides.
 
Revenons en novembre 1963. LeMay en voulait-il à Kennedy ? Oui, car entre les deux était né une très vive opposition politique, qui culminera fort peu de temps avant l'assassinat du président. "Selon Robert McNamara, comme l'a déclaré David Talbot, dans une interview pour le livre "Brothers : The Hidden History of the Kennedy Years about Curtis LeMay's views on nuclear war", la vision de Lemay était très simple. Il pensait que l'Occident, et les Etats-Unis en particulier, allaient avoir à combattre une guerre nucléaire avec l'Union soviétique, et il était absolument certain de cela. Par conséquent, il croyait que nous devrions combattre plus tôt plutôt que plus tard, alors que nous avions encore un plus grand avantage sur l'énergie nucléaire, et qu' il en résulterait moins de victimes  aux États-Unis." Voilà qui fait fortement penser à notre épisode dédié à Howard Hughes !  Car LeMay, n'avait pas encore été rassasié de ses millers de victimes civiles : il lui en fallait d'autres encore : une troisième Guerre Mondiale. LeMay, je vous l'ai dit était fou à lier ! "LeMay a fait valoir que les Etats-Unis devraient lancer 5 000 missiles sur l'Union soviétique. Il était convaincu que cela permettrait de détruire leurs 350 missiles nucléaires et donc de prévenir une attaque contre les Etats-Unis. JFK et McNamara ont rejeté cette stratégie comme étant immorale". LeMay, le psycopathe, n'en n'avait pas eu assez des bombardements sur les villes japonaises, avant même celui de Tokyo, qui avaient déjà tué 260 000 personnes et broyé 2 210 000 habitations et bâtiments. Toujours enclins à foncer sur le thème de la guerre nucléaire inévitable, les généraux faucons commençaient à sérieusement incommoder John Kennedy. Ainsi lors d'une réunion du 20 Juillet 1961, du Conseil de sécurité nationale, dans laquelle le général Lyman Lemnitzer a présenté à John F. Kennedy un plan officiel d'une attaque nucléaire surprise contre l'Union soviétique. Kennedy a été dégoûté et est sorti de la réunion pour faire remarquer au secrétaire d'Etat Dean Rusk "et nous nous appelons la race humaine !"
 
Evidemment, la haine qui séparait LeMay de John Kennedy et son frère était allée crescendo, et elle allait connaître son paroxysme lors de la crise de Cuba. "Pendant la crise des missiles cubains en 1962, LeMay voulait bombarder Cuba. Lorsque JFK a demandé à LeMay comment l'Union Soviétique réagirait si les Etats-Unis bombardaient leurs missiles de Cuba. Il a répondu qu'ils "ne feraient rien ». Kennedy a plaidé pour un blocus de Cuba. LeMay a répondu en accusant le président d'agir comme Neville Chamberlain, pendant la crise de Munich en disant que le choix du blocus était « presque aussi mauvais que la paix de Munich." Ted Sorenson, qui était aussi à cette réunion, a commenté plus tard :" de dire à Kennedy, "c'est comme à Munich", "c'est trop mou", et "c'est que le peuple américain penserait aussi", c'est ce qui m'a scandalisé - un général disant au président des Etats-Unis ce que les gens pensent !" Treize jours plus tard Kroutchev retirait ses missiles, et le monde respirait enfin. Ci-dessous, un cliché du "Chief of Staff", le commandement en chef des armées de 1961. De gauche à droite : le général Curtis E. LeMay de l'Air Force, le responsable du Joint Chiefs le général Lyman Lemnitzer, le President Kennedy, le général George H. Decker de l'Army, le général David M. Shoup des Marine Corps, et l'amiral George Anderson de la Navy.
 
 
Kennedy assassiné, les relations entre LeMay et la présidence changèrent du tout au tout. Le 13 mars 1962, les deux atteints, Curtis LeMay et Lyman Lemnitzer, avaient proposé un "moyen" pour envahir Cuba : celui de fabriquer toute une série d'attentats à Miami ou à Washington afin de provoquer un sursaut national exigeant l'invasion de l'ïle. Le nom de code de l'opération était l'Operation Northwoods, que beaucoup voient comme l'un des premières tentatives de faire du terrorisme une arme retournée pour favoriser une frappe militaire... et une intervention fabriquée de toutes pièces. Ce qui avait échoué avec Kennedy marchera parfaitement avec Johnson qui se rangera en effet aux propositions tordues des deux faucons du Pentagone.
 
 
Pour ce faire, LeMay et Lemnitzer (qui ressemblait assez à Petraeus !) vont présenter un plan machiavélique pour obtenir l'assentiment de la population US à une reprise des bombardements au Viet-Nam. Du grand art. "LeMay a fait valoir qu'en utilisant les dernières technologies, le Vietnam du Nord pourrait être amené à un « retour à l'âge de pierre."D'autres ont souligné que la "terreur" des raids sur les populations civiles pendant la Seconde Guerre mondiale n'avait pas été couronnée de succès et ont affirmé que la meilleure stratégie serait de bombarder des cibles choisies telles que les bases militaires et des dépôts de carburant. Lyndon B. Johnson préféré cette dernière proposition, mais était conscient qu'il aurait du mal à convaincre le public américain et le reste du monde qu'une telle action était justifiée. Il a donc donné la permission pour qu'un plan soit mis en œuvre dont la finalité était de lui permettre de mener des raids de bombardement sur le Vietnam du Nord."

"L'Operation Plan 34A impliquait l'envoi de mercenaires asiatiques dans le Nord-Vietnam pour réaliser des actes de sabotage, des enlèvements ou tuer des fonctionnaires communistes". "Dans le cadre de ce plan, il a été décidé d'envoyer des destroyers américains dans les eaux vietnamiennes du Nord pour obtenir des informations sur leurs défenses navales. Le 2 août 1964, le destroyer américain, le « Maddox » essuyait des tirs de trois bateaux torpilleurs nord-vietnamiens dans le golfe du Tonkin. En représailles, « Maddox » avait tiré sur les vedettes, frappées toutes les trois, et une avait coulé. Peu après l'entrée dans les eaux nord-vietnamiennes, le capitaine Herrick a rapporté qu'il était sous attaque. Cependant, plus tard, il a envoyé un message qui a soulevé des doutes à ce sujet : "Examen de l'action rend les contacts signalés et les torpilles tirées comme douteux, plus dûs à des conditions météorologiques exceptionnelles et à des hommes trop impatients devant les écrans de sonars ; ce qui peut avoir été l'objet de rapports erronés. Aucune observation réelle par le Maddox. Proposer une évaluation complète avant toute action."

Trop tard : Lyndon B. Johnson avait déjà réagi, en ordonnant le bombardement de quatre bases de torpilleurs Nord-Vietnamiens et un dépôt de stockage de pétrole ; des cibles qui avaient été prévus trois mois auparavant. A McNamara d'expliquer ça à la télévision, baguette en main et carte à disposition. Johnson a ensuite dit à la télévision et au peuple américain que "Des actes répétés de violence contre les forces armées des États-Unis doivent recevoir en retour non seulement une alerte défensive, mais une réponse forte, cette réponse a été donnée et c'est pour cela que je vous parle ce soir. " Le Congrès a approuvé la décision de Johnson de bombarder le Nord Vietnam et a adopté ce qui est devenu l'affaire du Golfe du Tonkin, la résolution adoptée par le Sénat par 88 voix contre 2 et à la Chambre des Représentants par 416 à 0.Le plan 43A imaginé par LeMay et Lemnitzer avait été gobé par tout le monde. En mars 1964, LeMay déchantera pourtant : alors qu'il proposait à nouveau de passer tout le Nord-Vietnam sous le même tapis de bombes qu'à Tokyo, Johnson ne prendra pas la décision de le faire : il répondra à sa demande en arguant "qu'il ne voulait pas commencer une guerre avant novembre", date des élections US.

Vexé, LeMay pris aussitôt le parti du candidat républicain à cette élection : Barry Golwater, que Johnson battra aisément avec 42 328 350 votes contre à peine 26 640 178 pour le sénateur du sud, qui, dans son programme électoral proposait d'envoyer des troupes au sol, ce dont les américains ne voulaient plus. Désavoué par les électeurs et le gouvernement, LeMay partit dans une rage folle devant Robert McNanara, dont Daniel Ellsberg raconte qu'il avait empêché LeMay "d'incendier ou de bombarder nucléairement le Viet-Nam". Pas pour autant dépité, LeMay rejoignit George Wallace, raciste et ségrégationniste et se singularisa une nouvelle fois en tenant comme discours électoral que la seule façon d'arrêter la guerre était de lancer une bombe atomique sur le Viet-Nam !

Aujourd'hui donc, on vient d'apprendre que celui qui n'a eu de cesse de tenter un holocauste mondial apparaissait dans des enregistrements, cités par plusieurs personnes à bord de l'avion présidentiel, des enregistrements où son nom avait été jusqu'ici soigneusement dissimulé. Pour quelle raison, on s'en doute un peu. "La bande du général Clifton contient en effet une tentative d'urgence de la part d'un assistant souhaitant à tout prix communiquer avec lui. L'aide, en cherchant à interrompre les transmissions d'Air Force pour atteindre LeMay, est entendu disant que le général "est dans un C-140. Ses trois derniers chiffres sont 497. Son nom de code est Grandson. Et je veux lui parler." apprend-t-on. D'autres appels ont lieu, dont un faisant référence à "Monument" et "WTE" comme noms de code et un autre faisant référence à quelqu'un appelé « John ». D'aucuns essaient déjà de dire que si on appellait LeMay, c'est justement parce qu'il n'était pas dans le coup. Pour d'autres, ce serait plutôt le contraire pour une raison simple : dans la première version écourtée de ces bandes, on avait pris grand soin de ne pas y faire figurer son nom !

Avec Lyndon B.Johnson, en tout cas, il était l'un de ceux qui étaient les plus à même de souhaiter la mort de John Kennedy. Progressivement, le voile se lève, pour montrer ce qu'on l'on avait pressenti depuis longtemps déjà : qu'en l'occurrence, les assassins de John Kennedy sont à chercher avant tout au sein du lobby militaire américain, et dans ses généraux félons, prêts à tromper leurs concitoyens avec de fausses opérations terroristes afin de mieux placer leur volonté guerrière de conquête. Finalement, le nom de Curtis LeMay entendu dans ses bandes n'est pas que révélateur d'un fait historiquement localisé. Ce qu'on vient de découvrir, c'est bien l'implication d'un lobby militaro-industriel lié étroitement à une pensée fondamentalement d'extrême droite, et ce, jusqu'aux plus haut sommet de l'Etat. Ces gens-là ont eu des héritiers, depuis, qui ont pu, soyez-en sûr, employer les grands moyens pour réussir à convaincre une opinion lassée par les différentes guerres menées depuis. Pour réussir à envahir l'Afghanistan, il faudra appeler ce que d'aucuns parmi ces fêlés avaient appelé un "Nouveau Pearl Harbor". Pour attaquer l'Irak, ce sont les armes de destruction massives inexistantes qui ont été utilisées comme leurre médiatique. Il faudra dans les semaines à venir surveiller de très près le détroit d'Ormuz : ces gens là ont gardé toutes leurs facultés de nuisance, et la fabrication d'un "incident du Golfe d'Oman" serait pour eux l'enfance de l'art à (re) fabriquer. Les assassins de Kennedy sont toujours parmi nous. Leurs fans aussi, hélas.

 

 
(*) il avait été touché de front, au sommet du crâne, côté droit, comme le montre le fim de Zapruder, la tête avant baissée sous le coup du premier tir arrivé dans le dos. Il y avait donc au minimum deux tireurs !).
 
les enregistrements sont disponibles ici :
http://www.gpo.gov/fdsys/pkg/GPO-NARA-JFK-ASSASSINATION-AUDIO/content-detail.html
 
texte sur LeMay
http://www.oocities.org/lemaycurtis/
 
très bon texte mais en allemand sur la crise de Cuba ici
http://www.heise.de/tp/artikel/30/30872/1.html
 
film sur la crise 
http://www.cinemovies.fr/fiche_film.php?IDfilm=118
 
texte passionnant ici :
http://newcombat.net/article_huntjfk2.html
 
sur le Golfe du Tonkin et Jim Morrisson des Doors...
 
http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/morrison-pere-et-fils-48701
 
sur l'assassinat de Kennedy, les autres tireurs présents à Dallas : 
 
http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/people/article/les-corses-et-kennedy-24597
 
sur la folie de Curtis leMay :
 
Le Film de Stanley Kubrick n'est même pas une caricature :
http://leocine.chez-alice.fr/kubrick_docteur_folamour.htm
http://jbergami.chez.com/cinema_tv/dr_folamour.htm
 
très bon document pour les plus jeunes
http://www2.cndp.fr/TICE/teledoc/mire/teledoc_folamour.pdf
 
sur LBJ :
http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/JFKbakerB.htm
 
http://www.namebase....n_29-Lemay.html

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144 réactions à cet article    


  • Yvance77 2 février 2012 09:17

    Salut,

    Pfffuiiit encore un billet d’une infinie longueur et ennuyant au possible. En plus il découvre l’eau tiède le momo.

    Car la piste du lobby militaire, elle est pas renforcée, elle est la seule possible. Et personne n’a attendu le film J.F.K. pour s’en convaincre.

    Sinon tu veux savoir qui a tué MLK momo ? Car je peux t’affranchir ! Cela t’économisera l’écriture d’une bouillie sans queue ni tête et t’iras au bord d’une rivière pécher et te refaire la cerise !

    Ne me remercie pas, c’est de bon coeur !


    • morice morice 2 février 2012 09:43

      En plus il découvre l’eau tiède le momo.


      Le retour de la HAINE en post : on lui met en lien un article de 2007 où déjà était cité Le May, et où déja le lobby militaire était cité, ainsi que la mafia, il vient canonner que je le découvre.

      À ce stade c’est de la mauvaise foi, et surtout un acharnement à venir flinguer ce que je peux écrire. L’extrême droite dans toute sa splendeur, qui va venir hurler qu’elle est de gauche, vous allez voir : suffit de regarder ses posts pour se convaincre du contraire...

      On attend toujours sa version pour Luther King...

      Poster n’est pas écrire, car poster ne présente aucun risque....



      • Yvance77 2 février 2012 11:00

        Momo t’emballes pas c’est juste un billet pas très bien écrit c’est tout !

        Mais je me demande néanmoins ce qui te gènes le plus : que je sois lucide vis à vis de tes proses ou que je vote Mélenchon (car ne serait-ce que voter un tout petit peu à droite, cela ne m’est jamais arrivé) smiley


      • morice morice 2 février 2012 11:05

        Mais je me demande néanmoins ce qui te gènes le plus : que je sois lucide vis à vis de tes proses ou que je vote Mélenchon


        du stalinisme à l’extrême droite, il n’y a qu’un poil de cul de différence

        vos propos ici n’ont rien d’un homme de gauche : vous êtes plus prêt d’un Soral que d’un Mélenchon, et ça se lit... tous les jours.

      • morice morice 2 février 2012 11:09

        démonstration 


        Alors Zemmour ange ou démon ?

        Un peu de tout cela sans doute. Une de ses qualités (car il ne peut pas être pourvu que de défauts) est qu’il laisse ses contradicteurs ou adversaire parlé jusqu’au bout.

        C’est, ironie du sort, une des louanges que lui adressera Jean Marie Le Pen.

        Il est le parfait produit pour créer le buzz et est le client rêvé pour les talk-show visant la polémique.

        Mais l’homme à le droit d’exprimer ses idées et, si certaines sont à combattre politiquement et républicainement parlant, il ne me parait pas vital de jeter un discrédit total sur les propos d’Eric Zemmour.


        un vrai homme de gauche lutterait contre les propos racistes de Zemmour

        vous vous en êtes satisfait, preuve que vous n’êtes pas de gauche...

      • Jonathan Moadab L’Incorruptible 2 février 2012 11:22

        Morice vote Mélenchon ! Tout s’explique ! 


      • Yvance77 2 février 2012 12:11

        Bon bien que ce ne soit pas l’objet de ton excellentissime (ca te va comme qualificatif ?) post, j’ai droit à une réponse.

        Zemmour à mon sens n’est en rien raciste, ni de droite dure ou extrême. Il est dans la bonne vieille tradition Gaullienne (au même titre que des gens comme feu Philippe Seguin)

        Moi il ne me dérange pas, et si tu es honnête (pas toi c’est jamais ton cas, je parle dans le sens général ici) il faut savoir reconnaître cela vis à vis des ses adversaires. Et, je le fais sans peine.

        Je ne voterais jamais comme lui, mais je suis fair-play et je confesse qu’il lui arrive d’être bon (lui pas toi hein) dans certains diagnostiques. Après il se plante sur certains remèdes...

        Mais c’est un autre débat.


      • morice morice 2 février 2012 13:06

        Par L’Incorruptible (xxx.xxx.xxx.192) 2 février 11:22

        Morice vote Mélenchon ! Tout s’explique ! 


        ah c’est nouveau ça... le Meyssanique !


      • morice morice 2 février 2012 13:09

        Zemmour à mon sens n’est en rien raciste, ni de droite dure ou extrême


        vous n’avez donc rien compris.


        Leur fond de commerce à tous deux ? Le bon vieux discours de l’extrême droite et de sa théorie du complot. Cette fois il serait musulman, avant il était franc-maçon, et avant encore juif : mais ça c’était avant que Zemmour ne soit cité dans les discours de Bruno Golllnisch comme étant désormais un « bon patriote », « d’origine israélite » ! La carpe mange décidément à plusieurs râteliers ; ou a été mise au menu de tous les partis d’extrême droite ! Avant que les loups se décident à ne plus obligatoirement dévorer les carpes, en écoutant au passage les sornettes débitées par les lapins. Une alliance de circonstance de plus de l’extrême droite, qui vient de découvrir que des juifs l’étant aussi désormais, il n’est peut-être plus nécessaire de préparer de nouveaux fours pour eux. Une alliance contre nature qui ne gêne ni l’un, ni l’autre, à condition de ne pas non plus trop se rencontrer, on ne sait jamais : l’instinct grégaire a ses limites. Zemmour et Soral ne s’en font pas trop à vrai dire : à ce jour, on n’a toujours pas vu de lapin dévorer une carpe. On a donc pas fini, hélas, de voir frétiller la queue de Zemmour dans nos téléviseurs, ou de voir sauter sur la scène médiatique comme un lapin désorienté Soral... les deux faux frères ennemis de la politique si copains dans la vie.

      • dawei dawei 2 février 2012 18:08

        « C’est, ironie du sort, une des louanges que lui adressera Jean Marie Le Pen. »
        Putin, merde, je viens de découvrir que je suis nazi, car Hitler aimait les chiens .... ach Scheisseu !!


      • Jonathan Moadab L’Incorruptible 3 février 2012 09:54

        Il n’y a que dans les bouches des idiots que le nom de Thierry Meyssan est une insulte. Le reste le prend pour ce qu’il est : une source parmi d’autre.


      • HERVE 2 février 2012 09:46


        C’est une chance que l’on ait retrouvé les détails de l’opération Northwoods mise au point par le général Lemnitzer malgré les efforts de ce dernier pour faire disparaître les traces. Vous devriez faire des recherches sur Wikipedia ou Scribd avec ces mots-clés.

        L’opération Norhtwoods consistait à tuer des Américains (des compatriotes), à faire porter le chapeau par les Cubains et à justifier ainsi une attaque de l’armée américaine contre Cuba.

        Ce projet a été refusé par Kennedy.

        Le concepteur, Lemnitzer, a été écarté des USA et envoyé au SHAPE (en France puis en Belgique). Son assistant chez nous a été Guy Weber ... qui s’était auparavant « illustré » au Katanga (voir le dossier sur l’assassinat de Lumumba).

        Il est important de mieux connaître Lemnitzer car il a été très lié aux réseaux Gladio. Il est souvent mentionné dans le dernier livre de Richard Cottrell : Gladio, Nato’s dagger at the Heart of Europe - The Pentagon-Nazi-Mafia-Terror Axis (ce livre est parfois imprécis mais l’idée générale est intéressante).

        Ce qui est troublant, c’est le rôle de Guy Weber qui semblait beaucoup admirer Lemnitzer et qui lui a consacré un chapitre d’un de ses livres (parfaitement insipides). Cela aussi est sur Scribd.

        En fait, la philosophie de l’opération Northwoods ressemble très fort à celle des Tueurs du Brabant en Belgique : terroriser la population pour qu’elle accepte de se renforcer contre les communistes (actuellement encore, les USA estiment que les années de plomb en Europe sont l’oeuvre du KGB ! ... et Robert Beijer affirme qu’il travaillait pour le GRU)

        Autre lien à relever : l’éloge funèbre de Guy Weber dans le journal des anciens de la Brigade Piron (« Le Bastion ») a été rédigé par Yves du Monceau ... administrateur du groupe GB-Inno-BM ... qui n’a pas servi de cible lors de Tueries du Brabant ...

        Pour John F. Kennedy, Lemnitzer est un anti communiste hystérique soutenu par des multinationales sans scrupules. Le nouveau président comprend le sens de la mise en garde de son prédécesseur, le président Eisenhower, un an plus tôt, lors de son discours de fin de mandat : « Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l’acquisition d’une influence illégitime, qu’elle soit recherchée ou non par le complexe militaro-industriel. (...) Nous ne devons rien considérer comme acquis. Seules une vigilance et une conscience citoyennes peuvent garantir l’équilibre entre l’influence de la gigantesque machinerie industrielle et militaire de défense et nos méthodes et nos buts pacifiques, de sorte que la sécurité et la liberté puissent croître de pair ».

        Voir les documents sur

        http://www.scribd.com/BEGHINSELEN





        • Georges Yang 2 février 2012 23:21

          Pour Morice tous les« terroristes » sont d’extrème droite ou bien manipulés par celle-ci, jamais de malades mentaux sauf bizzarement celui de Liège


        • morice morice 2 février 2012 10:04

          En fait, la philosophie de l’opération Northwoods ressemble très fort à celle des Tueurs du Brabant en Belgique : terroriser la population pour qu’elle accepte de se renforcer contre les communistes (actuellement encore, les USA estiment que les années de plomb en Europe sont l’oeuvre du KGB ! ... et Robert Beijer affirme qu’il travaillait pour le GRU)


          Ah, je suis très heureux que vous ayez fait le lien.

          Brabant, Northwoods conduisent directement au WTC...

          Il n’y a que la dimension qui change : le nombre d’américains sacrifiés à la place d’autres américains ou d’autres européens.

          On reconnaît des tueurs à leur mode opératoire en effet.

          • Mor Aucon Mor Aucon 2 février 2012 14:38

            Ah non, là vous allez vraiment trop loin en mentionnant cette affaire des tueurs du Brabant Wallon ou bande de Nivelles, dans ce contexte. Le dossier et malgré les délires de certains de nos voisins belges, pointe clairement vers une bande marginale et non pas vers le terrorisme d’État. Il y a un certain temps, je m’étais intéressé à cette affaire. Vous ne pouvez imaginer à quel point il faut tordre les faits pour que ces tueurs apparaissent comme une unité entraînée alors qu’abondent les indices tendant vers une bande de branquignols déséquilibrés, dirigée par un psychopathe. Je vous assure, penchez-vous sur le dossier, vous verrez bien.

            Je vous vois embrayer vers Gladio, qui n’est pas un mythe, d’accord, mais dont la description des activités, organigramme réel et missions reste à faire au delà des théories du complot qui, bien évidemment, pullulent sur le sujet. Par exemple, quelle est la théorie explicative des attentats en Italie, durant les années de plombs, qui arrangerait le mieux les anciens du SISMI tombés en disgrâce ? Que la CIA soit responsable de bout en bout de l’opération et de ses retombées, c’est évident. Il vaut mieux prendre avec des pincettes, les prétendus aveux de ces spécialistes du despitaggio. Quant à Vinciguerra, il faut vraiment s’accrocher pour lui concéder un zeste de crédibilité. Vous allez certainement me citer le bouquin de Ganser, je vous demanderais alors d’y appliquer un regard critique et méthodique, de comparer sa thèse avec les faits avérés. La guerre froide n’a pas disparue soudainement avec la chute de l’URSS sinon que les stratégies et les tactiques ponctuelles des deux blocs antagonistes, se sont temporairement retrouvées sans objets et furent reconfigurées dynamiquement dans le nouveau cadre géopolitique. Ceci est valable pour tous les antagonismes de l’époque, aussi bien purement militaires que politiques et civils. Ganser a autant de parti-pris que n’importe quel ancien de la CIA ou de la KGB et son livre, s’il soulève effectivement d’énormes questions, n’apporte aucune réponse définitive sur cette période et cette prétendue armée secrète de l’OTAN ( oui, les services de renseignements militaires travaillent en secret, oui, enterrer une résistance avant de souffrir une invasion est une doctrine qui s’est imposée au sein de l’OTAN après la IIème guerre mondiale, mais est-ce la preuve de l’existence d’une armée secrète, fin prête au putsch, telle que certains veulent la décrire ? ). Par contre, il a alimenté beaucoup de délires, comme Meyssan, même s’ils ne sont absolument pas comparables sur le fond.

            À noter que les anciens militaires du cône sud américain usent du même flou artistique pour se dédouanner de leurs propres responsabilités en faisant de la CIA, l’unique responsable du massacre que signifia l’Opération Condor. Les archives retrouvées à Asunción, Paraguay, le démontrent clairement mais il est plus facile de suivre les discours lénifiants de ce drôle de socialisme du XXIème siècle. La même chose, pour l’introduction de la doctrine économique de l’école de Chicago au Chili par Milton Friedman. Á croire N. Klein, il n’y aurait eu que très peu de chiliens favorables. On se demande comment Pinochet à fait pour s’imposer. Comme en 45 en France ou en Espagne après la mort de Franco, tout le monde se déclare résistant une fois que le diable est parti. Bientôt, Vichy aussi, deviendra une responsabilité de la CIA, à ce rythme.


          • Mor Aucon Mor Aucon 2 février 2012 16:28

            Quant au plan Northwoods, un féru d’Histoire militaire comme vous ne peut ignorer que les États-majors des armées de pratiquement tous les pays du monde, ont produit ce genre de propositions délirantes à la pelle.


          • LeGus LeGus 2 février 2012 16:57

            @mor aucon,

            Bien sur, personne ne connait le moindre début d’élément permettant d’identifier les tueurs mais vous savez que ce sont des branques, ben voyons !
            Une prime plus que substantielle est toujours offerte à ceux qui permettraient de les identifier, lâchez vous, c’est plus sur que le lotto.

            Pour ceux qui s’intéressent à cette affaire, un document bien fait de la télévision suisse.
            http://www.rts.ch/archives/tv/information/3449631-les-tueurs-fous.html


          • Mor Aucon Mor Aucon 2 février 2012 17:35

            À aucun endroit, je n’ai parlé de certitude sur l’identité ni même sur la provenance des auteurs. Par contre la certitude, exprimée ici par beaucoup, que c’est un coup de la CIA ne vous dérange pas. Renseignez-vous avant de débiter vos âneries.


          • LeGus LeGus 2 février 2012 18:22

            « Renseignez-vous avant de débiter vos âneries »

            Je me suis longuement renseigné sur le sujet, alors si vous avez des éléments sourcés aussi sérieux que votre ton est péremptoire, je vous écoute...

            Des sources, des liens et pas des sentences du type « débiter vos âneries » on est pas au bistrot ici.


          • Mor Aucon Mor Aucon 2 février 2012 18:32

            Dans mon message, je conseillais de consulter les parties du dossier qui peuvent l’être et que je connais assez bien. Je ne vais pas entrer dans les détails des enquêtes de police et parlementaires, ici, sous un article qui parle de l’assassinat de JFK. Il n’y a pas la place et vous le savez bien, c’est pourquoi vous me le proposez d’ailleurs. Si quelqu’un commet un article sur les Tueurs du Brabant Wallon contractés par les américains, je commenterai, ne vous inquiétez pas.

            Par contre, dites-moi, où sont vos arguments et preuves, tirées du dossier, sur l’implication de la CIA dans ces meurtres ? Car pour l’instant, de nous deux, vous êtes le seul à étaler des certitudes.


          • HERVE 2 février 2012 18:40


            Dans le cas des Tueurs du Brabant, la piste de la criminalité (« prédateurs ») a été longuement suivie et n’a rien donné ... alors que tous les informateurs étaient sur la brèche et que le milieu du banditisme était retourné dans tous les sens. Je ne sais évidemment pas si les enquêteurs perdent encore du temps là-dessus ou pas. Il n’y a cependant pas d’incompatibilité totale, loin de là. Je suis un partisan de ce que Guy Bouten développe dans ses livres : plusieurs bandes criminelles ont été engagées en partageant un pot commun d’armes et de vêtements. Le seul enquêteur qui voulait encore maintenir l’enquête sur la piste de « purs » gangsters était Lionel Ruth mais il a été déplacé suite à des fraudes (de sécurité sociale) et pour avoir caché dans son tiroir personnel une pièce à conviction (revolver). A ma connaissance, il est maintenant à Dinant (il pourrait d’ailleurs s’intéresser, honnêtement, à Casper Flier mais je change de sujet, quoique ...). Il y a eu presque une dizaine de juges d’instruction et des centaines d’enquêteurs qui ont travaillé sur le dossier ... même s’ils n’étaient pas tous excellents, c’est beaucoup pour des voleurs de poules ... Par ailleurs, les autorités américaines ont régulièrement fait appel à des criminels et même à la mafia. Des anciens de la CIA ont depuis longtemps expliqué ses méthodes de travail ; voir :

            http://www.scribd.com/doc/76584907/Dirty-Work-CIA-in-Europe-Philip-Agee-1978


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 2 février 2012 18:48

            Le principe directeur de la pensée de l’auteur c’est que la CIA ( dirigée par la mafia et des groupes fachistes néoconservateurs sionistes à la solde du complexe militaro industriel étasunien) est à la base de tout le mal qui existe dans le monde.

            La vague de froid actuelle par exemple, c’est un coup de HAARP.

            En Iran on dit plus simplement que les USA est le grand Satan et Isra ... heeuu l’entité sioniste est le petit Satan.

            Il est probable qu’il n’y a pas qu’en Iran qu’on pense de cette manière et c’est probablement lié à une religion en particulier.

            Quand on a compris le principe directeur du schéma de pensée d’AUCUNS, on a déjà fait un grand pas dans la compréhension des différents articles des précités.








          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 2 février 2012 19:00

            J’ai oublié de mentionner les francs maçons et les illuminatis du groupe bilderberg dans mon explication précédente.

            Par contre l’auteur oublie de mentionner la thèse des liens de la famille Kennedy avec la mafia, milieu où il est fréquent de régler ses comptes par le meurtre et où la loi du silence est de mise.

            http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Fitzgerald_Kennedy

            Entre autres, le passage suivant :

            La politique de Kennedy, appelée « Nouvelle Frontière », prévoit la détente envers l’URSS, l’envoi d’un homme sur la Lune, l’égalité des Noirs et des Blancs, la relance de l’économie, la lutte contre la pègre et l’arrêt de l’expansion communiste dans le monde.

            L’élection a lieu le 8 novembre 1960 ; Kennedy bat Nixon de très peu. Des rumeurs circulent par la suite sur le fait que son père, Joe, aurait utilisé ses liens avec la mafia américaine pour que certains comtés décisifs « votent bien ». À 43 ans, Kennedy est le plus jeune président élu : Theodore Roosevelt était plus jeune lors de son accession à la présidence, mais il succédait à William McKinley, décédé en cours de mandat. Il est aussi le premier président des États-Unis de religion catholique et toujours le seul à ce jour.






          • morice morice 2 février 2012 19:13

            e suis un partisan de ce que Guy Bouten développe dans ses livres : plusieurs bandes criminelles ont été engagées en partageant un pot commun d’armes et de vêtements


            c’est Bouten qui a fait la meilleure enquête en effet>.

          • LeGus LeGus 2 février 2012 19:26

            @mor aucon,

            Je vous cite :
            "Par contre, dites-moi, où sont vos arguments et preuves, tirées du dossier, sur l’implication de la CIA dans ces meurtres ? Car pour l’instant, de nous deux, vous êtes le seul à étaler des certitudes."

            Vous êtes un troll, je n’ai pas formulé la moindre hypothèse, vous bien par contre sans sources.
            Hervé répond à votre question concernant la CIA.


          • Mor Aucon Mor Aucon 2 février 2012 19:42

            Hervé : « Dans le cas des Tueurs du Brabant, la piste de la criminalité (« prédateurs ») a été longuement suivie et n’a rien donné »

            C’est faux et vous le savez bien. Dès le début, en effet, le procureur du Roi Deprêtre commet une monumentale bourde en lâchant le mot « prédateurs » inspiré par sa fille, parait-il, et en repoussant toutes les théories du complot qui apparaissent dès 83. L’ambiance politique du royaume était déjà plus que tordue et les hypothèses (CIA, Stay Behind, terrorisme d’État ) grossissaient et fusaient dans tous les sens, dès le début et jusqu’à la ridiculisation totale de cette hypothèse des marginaux qui était pourtant la plus solidement étayée de toutes. Le crash de la procédure contre les Borains à cause des expertises balistiques bidons faites par l’expert belge Dery, contredites par les allemands et camouflées illégalement durant toute l’instruction a sonné le glas de l’hypothèse des prédateurs. Pourtant quand un idiot défend la vérité, il se peut qu’il ait raison, quelquefois.

            Il est curieux de remarquer certaines similitudes entre les arguments avancés pour s’opposer à la piste islamiste pour le 11/9 ( comment une poignée de barbus cachés dans des cavernes dans la montagne on pu mettre au point une telle opération ? ) et ceux avancés pour ridiculiser Deprêtre, puis Ruth ( comment des marginaux ont pu monter des attaques aussi bien réglées ? ) Pur fantasme soit dit en passant que ce prétendu commando surentraîné, au vu des faits. Les auteurs sont passés au bord de la catastrophe plusieurs fois durant leur parcours dans une débauche incroyable d’erreurs et de n ;importe quoi. Alors, bien sûr, puisqu’on ne les a pas identifiés, ils sont forcément machiavéliques.

            Mais je répète, je n’ai aucune envie de décortiquer cette affaire, ici. Si vous êtes honnête, vous reconnaîtrez qu’il n’y a aucune preuve pour rattacher cette affaire à celles, encore plus nébuleuses, qui se sont déroulées dans la période connue comme les années de plomb. C’est tout ce qui intéresse ici, sous cet article.


          • HERVE 2 février 2012 19:42

            J’ai écrit dans un autre message que Robert Kennedy voulait utiliser un tueur mafieux pour éliminer Fidel Castro. Ce ne sont pas des enfants de choeur ... mais cela est différent d’une guerre nucléaire entre les USA et l’URSS.

            Par ailleurs, quand la CIA a dévoilé des dossiers sur des criminels de guerre nazis, des informations sont devenues disponibles sur les réseaux stay-behind en Allemagne.

            Il y a des articles sur internet (NYT, Le Monde, ...) :

            http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/11/15/quand-la-cia-protegeait-les-anciens-nazis_1439956_3222.html

            http://www.nytimes.com/2010/11/14/us/14nazis.html?hp

            mais aussi dans les US National Archives - College Park Md ( College Park, Maryland ).

            Voir l’article de Wikipedia sur les « National Archives and Records Administration » (NARA) avec des liens web utiles.


          • Mor Aucon Mor Aucon 2 février 2012 19:49

            Morice : « c’est Bouten qui a fait la meilleure enquête en effet>. »

            Mais enfin, vous l’avez lu son pavé ? Bon, j’arrête les frais, visiblement, je me suis mis dans un panier de crabes. Bon courage, quand-même...


          • HERVE 2 février 2012 19:53


            Le procureur du Roi de Nivelles, Deprêtre, voulait en effet orienter l’enquête vers les « prédateurs » ... et a fait en sorte que les autres pistes ont été longtemps retardées.

            Ce que je dis aussi, et nous pourrions être d’accord là-dessus, c’est que les exécutants sont des bandes de gangsters (mais des bandes différentes partageant un pot commun de « ressources »). Je crois d’ailleurs que les « Borains » (Michel Cocu...) ont joué un rôle car ils ont avoué des choses que seuls les Tueurs pouvaient savoir. Ils ont été acquittés à cause des incohérences des expertises et parce qu’ils n’étaient clairement pas les exécutants de toutes les attaques.

            Contrairement au procureur Deprêtre, je ne crois pas que la motivation soit l’argent.


          • morice morice 3 février 2012 00:09

            Au fait, le Gus, demain n’oubliez pas, le texte qui paraît sous mon nom c’est vous qui le tapez.


            j’espère que ça sortira à l’heure, déjà que vous m’avez fait faux bon en allant courir la Grimbergen...

             ???

            oh ne vous inquiétez pas : j"ai écrit il y a deux jours que Morice et LeGus ne faisaient qu’un, puisqu’ici il y a un con pour l’avoir écrit...

            faudra bien qu’il continue à y croire, à sa bêtise !!!!

          • LeGus LeGus 3 février 2012 07:51

            @morice,

            Ma mère me disait toujours « laisse croire les nonnettes », attention c’est un belgicisme.

            Donc laissons croire les nonnettes mais laissons nous convaincre par une bonne moinette blonde ou brune.

            Santé.



            • HERVE 2 février 2012 10:37


              En fait, Lyman Lemnitzer et Curtis LeMay ont voulu utiliser la crise de Cuba pour provoquer une guerre nucléaire avec l’URSS. Leur raisonnement était sans doute qu’une telle guerre leur semblait inévitable et qu’il fallait la faire tant que les USA disposaient de beaucoup plus d’armes nucléaires que les Soviétiques.

              Robert Dallek a écrit une biographie récente de Kennedy. On peut y lire le nombre de conseils « insensés » que Lyman Lemnitzer a donnés au président ... qui a fini par l’écarter (en l’envoyant au SHAPE, en France puis en Belgique).

              Il est instructif de faire une recherche dans le livre suivant :

              http://www.scribd.com/doc/43358262/An-Unfinished-Life

              « An Unfinished Life - John F. Kennedy »

              de Robert Dallek


              • morice morice 2 février 2012 10:45

                En fait, Lyman Lemnitzer et Curtis LeMay ont voulu utiliser la crise de Cuba pour provoquer une guerre nucléaire avec l’URSS. 


                exactement.
                merci pour vos renseignements !!!! que les lecteurs en profitent en effet : ce moment de l’histoire est vital pour expliquer les dérives récentes et actuelles. 

                • HERVE 2 février 2012 10:53


                  Ce qu’a écrit Guy Weber sur Lyman Lemnitzer est insipide. On se croirait en colonie de vacances ... L’introduction du livre est sur :

                  http://www.scribd.com/doc/79572814/Guy-Weber-Raymond-Thils

                  Dans cette introduction, on apprend que Lemnitzer appréciait beaucoup l’ex-roi Léopold III : il avait avec lui de longues conversations qui se terminaient au golf ...


                  • morice morice 2 février 2012 11:03

                    le golf, j’en parlerai bientôt dans ma saga sur Hughes, que je vous conseille de suivre également (mais vous le faites également je pense). Ce sera à propos de Richard Nixon...


                    • HERVE 2 février 2012 11:06



                      Même si cela est insipide, je vous invite quand même à jeter un coup d’oeil à la littérature de Guy Weber sur Lyman Lemnitzer :

                      http://www.scribd.com/doc/80219725/Lemnitzer-Guy-Weber

                      A noter que Guy Weber est ensuite devenu aide de camp de Léopold III. A la mort de ce dernier, il a été au service de la princesse de Réthy, seconde épouse de l’ex-roi.


                      • HERVE 2 février 2012 11:12



                        Lyman Lemnitzer a été actif en Méditerranée lors de la seconde guerre mondiale. Il aurait participé aux discussions conduisant à la reddition des forces allemandes en Italie.

                        Selon certains auteurs, il aurait contribué à la réinstallation de la mafia en Sicile et dans le sud de l’Italie.

                        Il a aussi joué un rôle dans la création des réseaux Gladio, dont on sait qu’ils ont, à leur début, engagé d’anciens nazis et des extrémistes de droite.

                         


                        • morice morice 2 février 2012 11:13

                          marrant, dans le livre de Weber il y a un épisode que j’ai raconté ici sur les Kayaks en Afrique du Nord : c"était Lemintzer dans un des kayaks, qui se retrouvera en caleçon dedans !!



                          Fin 1944, les anglais en céderont un exemplaire en test en Floride pour l’US Office of Strategic Services (OSS) : l’ancêtre de la CIA. 

                          • HERVE 2 février 2012 11:17



                            Les autorités des USA (même Robert Kennedy) n’ont pas hésité à faire appel à des gangsters ...

                            CIA to Air Decades of Its Dirty Laundry

                            Assassination Attempts Among Abuses Detailed
                            By Karen DeYoung and Walter Pincus
                            Washington Post Staff Writers

                            Friday, June 22, 2007

                            (...)

                            Kissinger warned that if other operations were divulged, « blood will flow, » saying, « For example, Robert Kennedy personally managed the operation on the assassination of [Cuban President Fidel] Castro. » Kennedy was the attorney general from 1961 to 1964.

                            Worried that the disclosures could lead to criminal prosecutions, Kissinger added that « when the FBI has a hunting license into the CIA, this could end up worse for the country than Watergate, » the scandal that led to the fall of the Nixon administration the previous year.

                            (...)

                            Voir :

                            http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Roselli

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