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Accueil du site > Tribune Libre > Fukushima 3 : Explosion nucléaire ?

Fukushima 3 : Explosion nucléaire ?

La découverte de blocs de béton hautement radioactifs dans les débris du réacteur 3 confirme l'hypothèse que, contrairement à ce qui a été annoncé, l'explosion du 14 mars 2011 n'a pas été provoquée par de l'hydrogène mais bien par une réaction nucléraire en chaine.

La NHK a publié l'info le 24 avril mais seuls les experts ont compris ce qu'elle signifiait 

http://www3.nhk.or.jp/daily/english/24_01.html

Parmi les débris du batiment du réacteur n°3 de Fukushima, on a trouvé un morceau de béton hautement radioactif.

Le bloc de 30 cm de large du 5 d'epaisseur diffuse des doses de 900000 microsiverts par heure ce qui est le signe qu'il a été en contact avec des radioélément extrement actifs.

Les ouvriers de TEPCO, lourdement protégés, l'on retiré du site et mis dans un conteneur spécial.

Des débrits hautement radioactifs.

Cette découverte confirme la théorie de certains experts selon laquelle la très puissante explosion qui s'est produite sur le batiment n°3 n'a rien à voir avec l'hydrogène mais serait la conséquence d'une réaction en chaine de combustible nucléaire, autrement dit une explosion atomique.

Le spécialiste britanique Christopher Busby a déclaré sur la chaine de TV russe RT (Russia Today) que cette réaction en chaine a pu se produire dans la piscine de stockage de combustible située en haut du batiment et qui contenait d'importantes quantité de combustible MOX (mélange d' Uratinum et de Plutonium) qui se sont retrouvé àl'air libre après l'arret des pompes alimentant la piscine en eau de refroidissement.

L'autre possibilité, qui expliquerait la projection verticale à haute haltitude de débris est que, comme à Tchernobyl, la réaction en chaine se soit produite dans l'enceinte de continement dont le couvercle a sauté comme un bouchon de champagne.

Dans les deux cas, cette hypothèse implique la projection dans l'atmosphère et la vaporisation de combustible nucléaire contenant du Plutonium, l'élément le plus toxique connu.

Des irradiés gravement atteints.

L'hypothèse d'une explosion nucléaire est aussi avancée par le député japonais Takeshi Tokuda après qu'il ait visité l'hopital de Minami Soma et parlé avec le Dr. Oikawa, chargé de soigner les blessés de l'accident.

Le Dr Oikawa lui a expliqué que " Lors de l'explosion d'hydrogène survenue le 12 mars, des débrits et des gravats sont retombées sur Futaba-machi situé à 2 kilometers de la centrale. Quand on a verifié les taux d'irradiation des personnels evacués des alentours de la centrale, les taux enregistés sur une disaine d'entre elles dépassaient la capacité maximale du compteur Geiger de l'hopital, bien au delà des doses admissibles. Cela ne correspondait pas au communiqué officiel emanant du chef de cabinet (du 1er ministre) Yukio Edano qui affirmait que l'enceinte de confinement n'avait pas été endomagée, il n'y avait pas eu de dispersion de matériaux radioactifs.

Situation similaire à Tchernobyl

Les conséquences d'une explosion de type nucléaire est qu'il y a eu dispersion massive non seulement de combustible nucléaire mais aussi de débris provenant de l'environnement immédat du combustible et donc très fortement irradié.

Cela a des implication non seulement sur la pollution athmosphérique, terrestre et maritime mais cela va poser des problèmes similaires à ceux que les liquidateurs de Tchernobyl ont dut affronter pour dépolluer le site avant que les travaux du sarcophage ne puissent commencer.

Le toit de la centrale etait en effet jonché de gravas irradiés, dans le cas de tchernobyl composé principalement de la graphite servant à ralentir la réaction en chaine, tellement irradiant que les robots téléguiés tombaient en panne.

L'URSS a fait appel à l'armée et y a envoyé des soldats par tranche de quelques minutes faire le travail que les robots ne parvenait pas à faire.

Les pertes ont été très importantes, la plupart de ces hommes etant tombé malade par la suite à cause de dose importantes recu en dépis des protections en plomb.

Le scénario de Fukushima différe par le type de matériaux contaminés (il n'y a pas de graphite) mais s'il y a eu explosion nucléaire, les gravas qui se trouvent sur le dessus des batiments des réacteurs risquent de présenter des taux d'irradiation similaires à ceux du bloc de béton qui vient d'étre trouvé.

La liquidation s'évèrera longue et hautement risquée.


Les réactions les plus appréciées

  • JC (Exether) (---.---.---.208) 28 avril 2011 13:39

    Attention, il ne peut pas y avoir d’explosion nucléaire en chaine dans une centrale comme on en provoque dans des bombes ; cela nécessite de réunir une quantité suffisante de combustible de façon très précise et très rapide ce qui ne peut pas arriver par hasard. Quand le réacteur fond, le combustible se rassemble ce qui augmente la réaction nucléaire, augmente la chaleur et va avoir tendance à disperser le combustible trop chaud par ébullition ce qui aura pour conséquence de diminuer la réaction. Ça reste tout à fait catastrophique, mais ça élimine la possibilité d’une explosion nucléaire. Une explosion d’une grande quantité d’hydrogène peut déjà provoquer des dégâts très importants.

  • frugeky (---.---.---.196) 28 avril 2011 12:41

    Et on attend toujours que les japonais, qui possèdent nous dit-on la meilleure ingénierie robotique, mettent les moyens mis par les russes, forcément attardés, pour limiter la catastrophe.

  • Razzara (---.---.---.7) 28 avril 2011 14:00
    Razzara

    Il est bien clair que l’explosion survenue sur le réacteur 3 n’est pas du tout de même nature que les autres. Il suffit de regarder les vidéos pour s’en rendre compte ...

    Ici une vidéo ou Arnie Gundersen propose une analyse rationnelle de la question du réacteur 3 :

    http://fairewinds.com/content/gundersen-postulates-unit-3-explosion-may-have-been-prompt-criticality-fuel-pool

    Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur les différents types de criticité possibles :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9action_nucl%C3%A9aire_en_cha%C3%AEne

    La grande question avec cette explosion est bien de savoir ce qui a été balancé dans l’environnement. Voir ici pour des indices supplémentaires :

    http://enenews.com/

    En ce qui me concerne, je persiste à dire que cette histoire est catastrophique et que son niveau de gravité dépasse largement le cas de Tchernobyl. Mais bon, faisons comme les trois singes, c’est tellement plus dans l’esprit de la schizophrénie ambiante ...

    Razzara

  • Hermes (---.---.---.148) 28 avril 2011 17:51
    Hermes

    Bonjour,
     l’usage de la virgule chez les anglosaxons, c’est la séparation des milliers. Donc quand on lit :

    1,120 millisierverts of radiation per hour

    cela signifie en français : 1120 (mesure du 27/04 pat TEPCO), soit le plus haut iveau de radiation depuis le début de la catastrophe.

    Cdt.


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84 réactions à cet article

  • frugeky (---.---.---.196) 28 avril 2011 12:41

    Et on attend toujours que les japonais, qui possèdent nous dit-on la meilleure ingénierie robotique, mettent les moyens mis par les russes, forcément attardés, pour limiter la catastrophe.

  • Kalevala (---.---.---.146) 28 avril 2011 12:46

    Il y a plus que la prière des morts à faire.

    • hankouneko (---.---.---.251) 28 avril 2011 16:57
      hankouneko

      Effectivement ne reste que la prière des morts ! smiley
      Des connaissances très catho suivant les consignes du pape ont pratiqué le rosaire dès les premières heures de la catastrophe pour limiter les dégats. On voit ce que cela donne... Mais bon lon m’a répondu que dieu n’est pas magicien !  :->
      Bon soyons optimiste cela nous ermettra peut être l’émergence d’une Oeuvre en la méméoire des morts de Fukushima, Oratorio ou Requiem selon ses convictions !!!  smiley

    • slipenL’air (---.---.---.155) 28 avril 2011 18:24

      En avril 2011 Antenne 2 a diffusé le 18 avril 2011 une excellente émission
       « Complément d’Enquête », intitulée

      La catastrophe qui change tout

       ensuite, sur « à revoir en intégralité »
      télécharger et installer le plug-in si nécessaire
      Ejoy

  • JC (Exether) (---.---.---.208) 28 avril 2011 13:39

    Attention, il ne peut pas y avoir d’explosion nucléaire en chaine dans une centrale comme on en provoque dans des bombes ; cela nécessite de réunir une quantité suffisante de combustible de façon très précise et très rapide ce qui ne peut pas arriver par hasard. Quand le réacteur fond, le combustible se rassemble ce qui augmente la réaction nucléaire, augmente la chaleur et va avoir tendance à disperser le combustible trop chaud par ébullition ce qui aura pour conséquence de diminuer la réaction. Ça reste tout à fait catastrophique, mais ça élimine la possibilité d’une explosion nucléaire. Une explosion d’une grande quantité d’hydrogène peut déjà provoquer des dégâts très importants.

    • Romios (---.---.---.209) 28 avril 2011 17:26
      Aldous

      Non effectivement je ne parle pas d’un explosion de type bombe atomique.

      Il s’agit d’une explosion due à un emballement de la réaction en chaine qui provoque la subite élévation de température du réacteur laquelle provoque la surpression de l’enceinte de confinement. Comme une cocotte minute, le confinement résiste jusqu’à ce que le couvercle cède brusquement comme un coup de canon.

      Les matériaux sont alors projetés dans une gerbe verticale typique qu’on ne voit netemment dans l’explosion du n°3 et pas des les autres.

      Le débat sur la façon de nommer ce type d’explosion est secondaire.

      Explosion suite à une réaction nucléaire ?
      Explosion due à la surpression d’un réacteur nucléaire en perdition ?

      Les japonnais ont fait un dessin animé « pédagogique » dans lequel ils disent que le réacteur s’est chié dessus... C’est un tantinet minimisant.

      Il ne s’agit en tous cas pas de la combustion de l’hydrogène.

      C’est un accident de criticité même si la criticité a atteindre pour déclencher une bombe atomique n’est pas obtenue. Tout les réacteurs fonctionnent sur le principe de la réaction en chaine, ralentie et normalement maitrisée grâce à des ralentisseurs de neutrons appelé aussi modérateur (du graphite à Tchernobyl de l’eau à Fukushima).

      En l’absence de modérateur (à sec), le réacteur de Fukushima 3 s’est emballé et la réaction en chaine n’a plus été contrôlée. La surpression provoquée par l’exes de chaleur a fait le reste, à moins que ce ne soit l’eau injectée trop tardivement pour moderer un réacteur déjà fondu.

      Ce type d’incident de criticité s’est déjà produit à de très nombreuses reprises, comme à Los Alamos lors du projet Manhattan, irradiant à mort le physicien Harry Daghlian, ou à Mayak en URSS dans les années 50 suite à une erreur de manipulation.

      En voici une liste :

      http://www.dissident-media.org/infonucleaire/accid_criticit.html

       

    • Grasyop (---.---.---.155) 28 avril 2011 22:04

      « Non effectivement je ne parle pas d’un explosion de type bombe atomique. »

      Ah, j’avais cru. Non parce que vous dites quand même : « conséquence d’une réaction en chaine de combustible nucléaire, autrement dit une explosion atomique. »

      « Explosion suite à une réaction nucléaire ? »

      Une réaction nucléaire dans un réacteur nucléaire, c’est plutôt normal, non ? Je dirais même que c’est fait pour...

      Et je pense que personne au monde n’aurait l’idée saugrenue d’affirmer que les explosions qui se sont produites dans la centrale sont sans rapport avec l’activité de cette centrale...

      « Il ne s’agit en tous cas pas de la combustion de l’hydrogène. »

      Voilà qui est bien péremptoire.

      « la subite élévation de température du réacteur laquelle provoque la surpression de l’enceinte de confinement. »

      Et par quel mécanisme l’élévation de température provoque-t-elle une surpression ? Ne pourrait-ce pas être, justement, via un dégagement d’hydrogène suivi de son explosion ?

    • Grasyop (---.---.---.155) 28 avril 2011 22:20

      « En l’absence de modérateur (à sec), le réacteur de Fukushima 3 s’est emballé et la réaction en chaine n’a plus été contrôlée. »

      Non. Au moment du séisme, et avant l’arrivée du tsunami, les barres de contrôle ont été automatiquement introduites dans le cœur du réacteur, stoppant immédiatement la réaction en chaîne, et a fortiori tout risque d’emballement de celle-ci.

    • Romios (---.---.---.209) 29 avril 2011 08:50
      Aldous

      Quelles barres de controle ? TEPCO reconnait qu’entre 30 et 70% du combustible a fondu.

      La géométrie du réacteur n’est plus celle d’un réacteur en état de fonctionnement et rien n’indique que les barres ont continué de jouer leur role.

    • Grasyop (---.---.---.155) 29 avril 2011 09:35

      Ça, c’était le risque majeur et la raison de tous les efforts déployés là-bas durant les dernières semaines. Ce risque semble écarté maintenant. En tout cas, il n’y a pas eu de reprise de la réaction en chaîne jusqu’ici, et ça n’est donc pas la cause de la fonte partielle des combustibles et de l’explosion qui a eu lieu dans la centrale peu après le tsunami.

    • Romios (---.---.---.209) 29 avril 2011 14:05
      Aldous

      Vos propos deviennent incohérents.

      Évidemment que les réacteurs sont fait pour entretenir une réaction nucléaire, mais pas pour exploser que je sache.

      A partir du moment où plusieurs réactions se sont produites, visiblement de nature et de force différentes il est légitime de se demander si ce sont bien toutes des explosions d’hydrogène comme l’affirment les autorités japonaises.

      La réaction du réacteur n°1 est bien un déflagration et le souffle est bien visible, accréditant la thèse de la combustion d’hydrogène.

      La nature spécifique de l’explosion du n° 3 ne colle absolument pas avec ce scénario.

      Une illustration etant plus parlante allez voir ce schéma :

      http://www.jp-petit.org/nouv_f/seisme_au_japon_2011/illustrations/Fukushima_deux_vis ions.jpg

    • supasu (---.---.---.106) 29 avril 2011 22:55

      Les doutes qui commencent à poindre dans les milieux scientifiques sur la réalité de ce qui s’est passé dans le réacteur N° 3 ne laissent malheureusement plus beaucoup de place au doute ... Voir le blog de Dominique Leglu, directrice de la rédaction de Sciences et Avenir
      http://sciencepourvousetmoi.blogs.sciencesetavenir.fr/archive/2011/04/28/fu kushima-suite-34-de-l-uranium-de-fukushima-en-californie.html

  • Julius (---.---.---.146) 28 avril 2011 13:56
    Julius

    Il n’y avait pas une explosion nucléaire, ni à Fukushima, ni à Tchernobyl. C’est physiquement impossible.

    De l’autre côté, il y avait des centaines explosions nucléaires dans les années 50 et 60, parfois très près de zones habitées (environ 100 km de Las Vegas, par exemple).

    • Traroth (---.---.---.90) 28 avril 2011 14:37
      Traroth

      Physiquement impossible ? Ah ? Pourquoi ? Par définition, un réacteur nucléaire contient suffisamment de matériau fissible pour atteindre la criticité !

    • Julius (---.---.---.146) 28 avril 2011 15:09
      Julius

      Il n’ya pas assez d’uranium hautement enrichi. La limite théorique est de 6%, la limite pratique est d’environ 20%, mais personne n’a encore réussi à faire une bombe avec 20%. Vous avez besoin d’environ 80%, et l’uranium doit être confiné dans un espace minuscule, sous pression forte pour commencer l’explosion. Rien de tout cela, de loin, peut exister dans un réacteur.

      (Si une explosion nucléaire peut se produire dans un réacteur, tous les terroristes aurait déjà une bombe nucléaire maintenant. Il serait si facile de faire une.)

    • Julius (---.---.---.146) 28 avril 2011 15:48
      Julius

      La réaction en chaîne ne veut pas dire explosion. Les conditions critiques ont été atteint à plusieurs reprises par accident dans le passé. Le cas bien connu est « Los Alamos accident ». La conséquence est la forte radiation, mais pas l’explosion. La différence est un peu comme la différence entre la flamme et l’explosion (chimiques). Vous avez besoin de certaines conditions pour déclencher une flamme, mais la combustion ne signifie pas explosion. Certains explosifs peuvent facilement brûler sans exploser. En outre, la réaction en chaîne naturelle existe aussi, elle a été trouvée, par exemple, dans le Sud Afrique. Cette réaction a commencé sans aucune intervention humaine et il n’ya aucun danger d’explosion.

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