Surtout pas. Il faut faire des choses. Mais les solutions des années 50 ne sont pas forcément adaptées à la situation actuelle.
Les choses sont un peu plus complexe. Dans les années 50, du fait de la dynamique, on pouvait faire des mauvais choix, les pertes financières étant largement compensées par l’énorme croissance.
Maintenant, il faut être plus pointilleux dans nos choix stratégiques.
Mon propos n’est pas de viser à l’immobilisme. Nous en avons parlé sur d’autres articles : il y a de nombreux choix possibles pour dynamiser notre économie, modifier notre société, etc... Mais juste à rappeler que le discours « la politique des trente glorieuses » fait l’impasse de cette réflexion : les conditions initiales étant largement différentes, les politiques choisies à l’époque ne sont pas nécessairement pertinentes.
Typiquement, le choix des années 50 de la voiture pour tous n’est pas forcément pertinent aujourd’hui, alors que cela a été un moteur de croissance hallucinant dans les années 50. Les véhicules électriques, et donc la production propre d’électricité mais aussi les modes de déplacements alternatifs sont une voie de développement possible, mais c’est un choix radicalement différent qui ne peut se résumer à la solution des années 50.
Les choix d’agriculture intensive des années 50 ne sont peut être plus non plus les meilleurs choix aujourd’hui. Et, au lieu de défendre bec et ongles une PAC favorisant la monoculture intensive, il serait peut être intéressant de revenir à des solutions plus variables dans les choix de cultures.
Mon propos n’est que celui là : les solutions choisies en 1950 l’ont été en fonction d’un contexte particulier qui n’est plus du tout le contexte actuelle. Louer les solutions de l’époque et prétendre qu’elles seraient bonnes aujourd’hui est idiot.
Le débat sur les retraites le montre : les choix fait en 47 l’ont été du fait du contexte. Si vous appliquiez aujourd’hui la solution de 47, le déficit serait bien plus grand ... puisque le taux de prélèvement choisi en 47 correspondait aux données de 47, et pas à celles de 2010.
Ce n’est pas le rattrapage des trente glorieuses dont vous parlez là. Dans les trente glorieuses le rattrapage était un rattrapage de biens totalement inexistants, et dont la production au niveau mondial ne suffisait pas à couvrir la demande, ce qui a permis le développement des entreprises, de l’emploi, etc ...
Le rattrapage dont vous parlez n’est qu’industriel : nous n’avons pas d’industries dans certains secteurs, et je conviens que c’est bien dommage. Mais ca ne signifie pas que les marchés de ces secteurs soient encore en phase de développement.
Les appareils photos existent, le taux d’équipements est élevé, ce n’est plus un marché en développement, mais un marché de renouvellement. Idem pour les télés, l’électroménager, les véhicules, etc... Même l’informatique : nous ne sommes plus en 2000 avec peu de connexions haut débit et un équipement informatique faible en France. Maintenant nous sommes le pays ayant le plus de personnes connectés à plus de 500k. Les ordinateurs ? Lorsqu’on regarde dans le détail, ce sont les professionnels qui maintiennent les ventes (renouvellement des postes).
Les éoliennes, c’est nouveau, c’est en développement, mais c’est bien insuffisant pour comparer avec l’énormité du développement des années 50 et 60.
Combien de personnes ayant une voiture en 1950 ? Et aujourd’hui ? Combien de logements construits par nécessité dans les années 50 à 75 par an ? et maintenant ? combien de foyers cherchant à obtenir les appareils qu’il peut nous sembler évident d’avoir aujourd’hui en 1950 ? Et maintenant ?
Les périodes ne sont pas comparables. Le fonctionnement général n’est plus le même.
Je prône l’augmentation de l’IR, le maintien des services publics même s’il est nécessaire de les optimiser pour éviter les dépenses contre-productives, la suppression des niches fiscales, etc ....