Si le droit se passait d’interprétation, une machine s’en chargerait fort bien. On pourrait du coup se passer d’avocat aussi.
Et vous pensez qu’en la circonstance, la juge n’a pas interprété la loi ? A ma connaissance, la non-virginité ne figurait pas encore dans les motifs de nullité du mariage. Donc la juge a interprété l’article 180 du Code civil.
Désolé, mais votre plaidoirie ( certes courageuse ) ne m’a pas convaicu. Le fait que l’épouse ait accepté d’avouer sa non virginité comme étant une clause de rupture du contrat de son mariage ne signifie pas que la justice se soit exonérée d’une complicité effective avec une loi religieuse.
Bon , ben, on recommence. En France (et en droit français) le mariage est un acte de volonté privée. Personne ne peut être contraint de se marier ou de rester célibataire par une quelconque règle de droit positif. Personne ne peut même contraindre les époux à avoir des rapports intimes s’ils en ont décidé autrement au cours de leurs "fiançailles".
Il en résulte que le "contrat" passé entre les époux, sur les "qualités essentielles" de l’autre époux n’est élaboré que par le couple, et ne concerne que le couple et personne d’autre. Tout ceci rélève de la sphère intime, quelles que soient les opinions philosophiques ou religieuses des individus.
La justice n’a pas à juger des opinions des individus, mais à appliquer la loi. Si donc, dans le contrat passé dans l’intimité du futur couple, l’époux a mis comme condition au mariage que sa future soit vierge, personne, comme vous le faites sans vergogne, n’a à s’imiscer dans la vie de ce couple en dictant sa loi : c’est une atteinte à la vie privée et vous seriez sans doute le premier à hurler si on vous imposait de tels agissements.
Et, partant, la justice ne doit juger que du contenu du "contrat" au regard de la loi. En tout état de cause, il est assez lamentable de voir écrit, comme je l’ai vu ici, que la magistrate qui a rendu sa décision, a commis une faute telle qu’elle mérite d’être révoquée. Rien moins !
C’est même la seule façon de "tenir" une classe. Imaginez vous devant 30 élèves de 3 ans (c’est mon cas) et réfléchissez à ce que vous feriez pendant toute une journée. Pour que la classe fonctionne, il ne faut pas de temps mort, sinon, vous pouvez imaginer le résultat.
Oui, j’imagine très bien : j’ai eu un CM2 de 36 élèves et je ne suis jamais descendu en-dessous de 27. Je sais de quoi je parle.
Réduire l’objectif de la maternelle à préparer l’entrée au CP, c’est oublier l’importance de la sociabilisation des enfants de cet âge, c’est oublier que pour accepter de subir des règles de plus en plus contraignantes au cours de la scolarité, il faut en être l’artisan. A ne vouloir construire que des lecteurs, on oublie de construire des citoyens.
Eh bien, ça a le mérite de la clarté : s’il faut que l’enfant soit "l’artisan" des "règles de plus en plus contraignantes" nécessaires à vivre en société, ça va prendre beaucoup de temps. Voilà donc un "artisan" qui va devoir "s’approprier" des règles de vie en société. En passant, je vous signale que, pour certains, une vie entière n’est pas suffisante pour une telle tâche.
Autre point : lorsque ledit enfant entrera dans la vie active, devra-t-il, une fois de plus, être l’artisan de la législation à laquelle il devra se plier ? Le réveil sera dur ! Je me demande si on ne marche pas sur la tête : un artisan, en principe, il a fait son apprentissage. Le plus souvent chez un maître artisan. Oui, je sais, c’est très rétrograde, mais le temps perdu ne se rattrape jamais.
Quant à la question de l’utilité de la maternelle à la Française et la référence au modèle Finlandais, je reproche aux nouveaux programmes de dessiner des évolutions qui n’ont pas été discutées par la nation.
Si c’est le seul problème, ce n’est pas très grave.
Je suis d’accord avec vous que la question de l’aide aux élèves en difficulté est un problème important dans cette réforme, mais ce n’était pas le sujet que je souhaitais aborder dans cet article.
Il est quand même à soulever d’office puisque les enseignants travailleront sur 27 heures et les enfants sur 24. Les cours de soutien, pendant le temps scolaire ou les vacances, c’est l’arrêt de mort des éducateurs spécialisés à l’école, ou au moins d’une partie d’entre eux.
N’empêche que c’est vrai : ils "s’emmerdent grave" à ne "rien foutre". Ou plutôt à "conquérir leur autonomie et à acquérir des attitudes et des compétences qui permettront de construire les apprentissages fondamentaux." ! (si quelqu’un comprend ce que çà sous-entend, qu’il ne se gêne pas pour expliquer.)
Par ailleurs, on voit mal comment les parents pourraient être majoritairement contre les "nouveaux" programmes, puisque "la décision découle de la volonté politique de supprimer la classe le samedi." Les parents n’attendent que ça.
"S’agissant de l’école maternelle, sa finalité est de préparer les élèves à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul."
Oui et.... ?
Ne pourrait-on pas envisager qu’au moins, la grande section maternelle, faisant théoriquement suite à deux années d’acquisition du langage parlé, de l’expression orale, puisse être une année de préparation à la lecture et l’écriture.
La Finlande, citée à tout bout de champ pour ses résultats merveilleux n’a pas d’école maternelle, mais des "jardins d’enfants". Toutefois, ce qui correspond à notre "grande section" est bien une classe de préparation...au cours préparatoire.
Ce qu’il y a de plus gênant et qui n’est pas exprimé dans votre article : les professeurs des écoles vont être obligés d’assurer chaque semaine deux heures de soutien aux élèves en difficulté. Que deviendront les RASED ? J’ai peur pour eux.