La première difficulté pour discuter de cette question chez nous réside dans le caractère ultrachauvin (en passe de devenir ultra-euronationaliste, d’ailleurs) de la culture institutionnelle française, façonnée par les périodes royale et coloniale. C’est un très lourd passif.
En réalité, LA FRANCE ELLE-MEME EST UN ETAT MULTINATIONAL que le monde politique a toujours refusé de reconnaître.
Suivent trois liens intéressants, et le premier correspond à un article censuré par Agoravox :
Nicolas Sarkozy, l’Etat et l’identité nationale (1)
Dans un discours du 9 mars prononcé à Caen, Nicolas Sarkozy a déclaré notamment : « A force de demander à la France d’expier son passé... c’est notre participation à un destin commun qui est remise en question ». Une affirmation grave, qui ne relève plus de l’union nationale, lieu commun de l’actuelle campagne présidentielle, mais de ce que l’on s’est mis à appeler l’identité nationale. Le présent article, premier d’une série, aborde la question du statut des langues dites « minoritaires » et des réticences officielles à leur égard : craindrait-on que le mot « autodétermination » puisse être un jour prononcé pour certaines parties du territoire français ?
Chapeau additionnel à mon article précédent : Nicolas Sarkozy, l’Etat et l’identité nationale (1)
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« Identité nationale », langues régionales et discours de Nicolas Sarkozy
Les déclarations récentes de Nicolas Sarkozy proposant la création un ministère « de l’immigration et de l’identité nationale » ont suscité en France une sérieuse controverse relevée par des médias du continent africain. Mais le débat est resté relativement circonscrit à la question de l’immigration, sans vraiment aborder la conception globale de ce que Nicolas Sarkozy appelle « identité nationale », mise en avant dans ses discours prononcés à Caen, à Besançon et à Nantes les 9, 13 et 15 mars respectivement. Or, même s’il n’est pas en soi très surprenant, cet exposé d’ensemble a de quoi inquiéter à bien des égards.
D’abord, toute trace d’enjeux économiques et politiques, de lutte des classes et d’évolution sociale est évacuée de la vision de l’histoire de la France que prêche Nicolas Sarkozy. Sous prétexte d’aborder ce qu’il présente comme un « sujet tabou », le président de l’UMP opère des simplifications que n’aurait osées aucun historien des décennies récentes. Pas seulement pour la période coloniale, mais également en ce qui concerne les événements des deux derniers millénaires. Il en résulte un nationalisme pur et dur qui n’est pas vraiment nouveau, mais dont l’expression avait rarement été aussi directe et, à la fois, aussi défensive. Les propos de Nicolas Sarkozy sur la question des langues dites « régionales » en fournissent un exemple frappant.
Ensuite, et dans la même logique, Nicolas Sarkozy demande ouvertement au peuple d’assumer les faits historiques dont se sont rendues responsables « ses » classes dominantes. Pas seulement depuis la Révolution Française, mais depuis bien avant, période féodale comprise. L’histoire de la France se résumerait alors à un « chaos » dont aurait émergé le pouvoir royal, présenté comme représentatif des intérêts des Français.
Enfin, à propos de la « Charte européenne des langues régionales » dont la portée est en réalité très minimale, Nicolas Sarkozy rejette son contenu mais évite de commenter la décision du Conseil Constitutionnel 99-412 DC du 15 juin 1999 qui ne se borne pas à opposer à ladite Charte le rôle de la langue française dans la Constitution mais invoque également les notions d’unité et d’indivisibilité de la République : « la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, en ce qu’elle confère des droits spécifiques à des « groupes » de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de « territoires » dans lesquels ces langues sont pratiquées, porte atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français ». Une lecture de la Constitution qui exclut toute reconnaissance de l’existence même, en France, de communautés historiques utilisant une langue autre que le Français. Comment Nicolas Sarkozy peut-il raisonnablement prétendre que l’actuel dispositif, tel que les institutions l’interprètent, n’est pas de nature à impliquer la disparition des langues dites « régionales » ?
La conception d’ensemble ainsi développée de la « nation » et de l’ « identité nationale » mérite un examen détaillé. (...)
Nicolas Sarkozy, l’Etat et l’identité nationale (2)
Le 28 mars, à Lille, Nicolas Sarkozy a relancé la thématique de la nation avec un discours qui se veut contre la « pensée unique » et qui refuse « que l’identité nationale soit considérée comme un gros mot ». Ségolène Royal, que le candidat UMP accuse de « prendre le parti des émeutiers » à propos de l’incident de la Gare du Nord, a à son tour dénoncé le « populisme » de Sarkozy et réitéré sa promesse d’un « ordre juste ». François Bayrou attribue à une rivalité entre la « droite » et la « gauche » tous les maux du pays et qualifie la France de « peuple fort regroupé autour de valeurs ». Mais les trois candidats défendent la « construction européenne », qu’ils présentent comme allant de soi. Rien d’atypique, dans la pièce de théâtre électoral qu’on nous joue depuis des mois et qui, conformément à sa vocation, escamote les vrais problèmes. Qui rappellera que les nationalismes du XIX siècle ont été le produit de la montée de la bourgeoisie industrielle et financière, et que c’est en fonction des intérêts des milieux financiers et industriels qu’il convient d’analyser les grands nationalismes du capitalisme actuel ? Ces nationalismes sont en réalité européen et planétaire, si on entend par nationalisme la volonté de mettre en place un Etat au service d’une classe sociale, comme ce fut le cas jadis.
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Ce qui frappe, avec le nationalisme « européen », c’est que presque personne ne semble oser s’opposer frontalement à lui. Au lieu de dénoncer clairement les dangers de la prétendue « construction européenne », on nous administre des discours qui acceptent cette « construction » et proposent de réformer l’Europe des financiers et des multinationales où on voit des « socialistes » influents défendre la « flexibilité » de l’emploi pour le compte du patronat. C’est un peu n’importe quoi. On lit : « une autre Europe », « Europe sociale », « Europe des travailleurs »... Ce qui, si on remplaçait « Europe » par « cauchemar », donnerait : « un autre cauchemar », « cauchemar social », « cauchemar des travailleurs »... On oublie souvent que l’essentiel des acquis historiques des peuples des pays de l’Europe occidentale se trouve recueilli dans les lois et règlements des actuels Etats. Un Etat européen en ferait table rase, et les baratins pseudo-alter ne changeront rien au problème. Ce n’est pas une question de « nationalisme » ni de défense des actuels Etats, mais il paraît nécessaire de préserver au maximum des droits pour lesquels beaucoup de sang a jadis été versé et de ne pas favoriser objectivement la stratégie de l’impérialisme à l’échelle planétaire.
Valérie Pécresse devrait démissionner du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (2 juillet 2007)
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Valérie Précresse a eu droit à ce commentaire de Nicolas Sarkozy : « On a rarement vu un ministre aussi heureux d’être nommé à l’Enseignement supérieur ». Mais c’est là, précisément, que réside le problème. Surtout, dans le contexte de la préparation d’une nouvelle loi d’autonomie des universités qui intéresse très directement le patronat. Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche couvre un domaine très proche des intérêts personnels et privés que peut incarner la nouvelle ministre. Mariée avec un directeur général adjoint du groupe industriel Imerys dont l’activité de recherche et développement est importante, Valérie Pécresse est également fille d’un professeur de l’université Paris Dauphine devenu en janvier 2007 président de Bolloré Télécom, un autre consommateur de haute technologie. La nouvelle ministre présente donc une proximité avec des intérêts privés et de groupe importants, qui paraît incompatible avec l’exercice au plus haut niveau de l’Etat de fonctions dans un domaine qui n’est pas étranger à ces intérêts. Demander pour cette raison la démission de Valérie Pécresse et la suspension des travaux sur son projet de loi d’autonomie des universités, dont la portée stratégique est reconnue, ne relève en rien de l’attaque personnelle. Même si, depuis un mois et demi, la « gauche » et les directions des principales centrales syndicales ont gardé le silence sur le contenu réel de la nomination de cette ministre.
Comment nier l’existence d’un réel problème ? Mais, étrangement, la « gauche » a raté, un mois avant les élections législatives et alors que les vagues du voyage à Malte de Nicolas Sarkozy juste après les présidentielles étaient très récentes, l’occasion de dénoncer l’accès d’une personne proche du clan Bolloré à un ministère important censé conduite une « réforme » à brève échéance. Pourtant, Vincent Bolloré avait jugé nécessaire de s’expliquer publiquement devant les critiques qu’avaient suscité mes vacances très coûteuses gracieusement offertes par lui et par son groupe au nouveau président de la République Française. Il faut que la politique parlementaire soit une sinistre comédie, pour qu’une telle « omission » ait pu se produire et perdurer pendant un mois et demi.
Les doutes sur l’indépendance des chercheurs et la nouvelle loi sur les universités (5 août 2007)
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La question de l’autonomie des universités fait partie de la trentaine de sujets exclus de la manifestation syndicale du 31 juillet. Fin juin, Jack Lang avait ouvertement soutenu le projet de loi de Valérie Pécresse qui rapproche les universités du secteur privé et ouvre la voie à l’embauche généralisée d’enseignants et chercheurs précaires. Pourtant, même aux Etats-Unis que le monde politique français nous présente comme un modèle, la privatisation et la contractualisation de la recherche suscitent dans l’opinion publique des doutes croissants sur l’indépendance des chercheurs et sur l’efficacité d’un tel système.
Sur trente-cinq lois soumises au Parlement au cours de la session extraordinaire qui vient de se terminer, une seule a fait l’objet d’une manifestation syndicale, et encore très tardivement : celle sur le service minimum qui, de toute façon, a été adoptée comme les autres. C’est vrai que ce genre de manifs de circonstance ne trompent personne et encouragent le pire.
Le rapporteur de la loi sur les universités, Benoist Apparu, déclarait dans Libération du 23 juillet : « Nous proposons de transférer aux présidents d’université un pouvoir aujourd’hui partagé entre le ministère d’une part et les facultés d’autre part. » C’est une manière de faire du président un patron et de faire fonctionner l’université « comme une entreprise ». Un langage que l’on entend de plus en plus, depuis deux décennies, de la part des responsables des organismes publics. D’après le même article, l’UNEF avait « choisi de ne pas s’associer aux syndicats qui réclament le retrait pur et simple du texte ». Ce qui ressort également de son absence des appels exprimant cette revendication, ainsi que de son appréciation, émise dès le 27 juin, estimant que la deuxième mouture de la loi Pécresse permettait de préserver les fondements du modèle universitaire français. Pourtant, cette « nouvelle université » n’est qu’un pas de plus vers un vieux « modèle » : celui des universités des Etats-Unis d’Amérique directement contrôlées par l’oligarchie financière. L’UNEF ne semble pas s’intéresser aux ressemblances entre les principales tendances de la loi Pécresse et un système comme celui depuis longtemps en place outre-Atlantique et qui a connu, entre autres, des affaires sordides de suicides d’étudiants de doctorat.
Qu’est-ce qu’on en a à cirer ? Pendant qu’on parle des histoires entre Sarkozy et Sarkozilia, on ne parle pas du traité européen qu’on va nous enfiler le mois prochain et sur lequel règne une totale désinformation.
Et les syndicats ont une fois de plus laissé le Parlement nous assener, à la réntrée, une « session extraordinaire » sur commande de Sarkozy. Rien de conséquent n’est fait contre le rouleau compresseur social. Quant aux magouilles planétaires euro-US, qui en parle ?
Pour un autre type d’information commentée, à une époque où on nous intoxiquait déjà avec les histoires « passionnantes » de la famille Sarkozy, lire :
Désolé, mais cet article ressemble trop à la propagande institutionnelle que véhiculent les services de propagande des établissements scientifiques.
La réalité est que la fraude scientifique résulte d’une évolution qui ne s’est pas arrêtée : hiérarchisation, bureaucratisation, nomenklaturisation... Par conséquent, le problème ne fera que s’aggraver.
En réalité, cette fête Dior dont parle l’article, et qui a valu à Rachida Dati la une de Point de vue, était moins « mondaine » qu’elle ne l’a apparenté. Y étaient présents de nombreux membres de l’ « élite » des « super-riches », du monde politique... L’emploi de l’expression « la France monarchic » par ce magazine est plus parlant qu’on ne pourrait le penser. C’est une véritable affirmation du pouvoir des super-riches.