Il me semble que les professeurs ne sont pas responsables de l’éducation des élèves qu’ils ont devant eux. Ces élèves appartiennent à une société qui pour l’instant se moque complètement de l’ avenir des jeunes et des enseignants.
Mais aujourd’hui, peut-on encore appeler élève des jeunes qui sont depuis la plus petite enfance traité comme des « rois » ? Même dans les milieux les plus modestes, les désirs de l’enfant sont des ordres, ceci bien avant d’entrer en maternelle.
Un exemple : dans les familles de culture musulmane, j’ai pu constater à de multiples reprises qu’un petit garçon de 5 ans avait plus de pouvoir que sa mère au sein de la famille. Ce petit garçon à l’école maternelle rencontre une femme qu’il considère comme il considère sa mère c’est à dire c’est à la mère d’obéir pas à lui. Quand dans une classe vous avez 5 ou 6 bambins qui ne sont pas préparés à accepter « un vivre ensemble » d’une classe, la meilleure des enseignantes ne peut pas grand chose. Dès le C P ces bambins sont en échec scolaire alors que ce n’est pas le cas pour leurs soeurs. Je sais que ce que j’écris ne plait pas ou peut être mal interprété mais c’est une réalité que peu d’adultes dans les milieux scolaires veulent admettre. Ceci dit, il est évident que ce problème se retrouve dans des familles autres que de culture musulmane. Quand les parents sont traités comme des objets (de rentabilité) par une société où l’économie est un horizon indépassable, l’enfant est à son tour devenu un « objet » nécessaire aux commerces à tous les commerces.
Notre société, en général, oublie qu’éduquer un enfant prend du temps, beaucoup de temps. Quelle est la catégorie socioprofessionnelle qui peut accorder tous les jours à leurs enfants du temps pour expliquer, pour participer à la vie domestique, pour discuter, pour montrer que les adultes évoluent dans un monde remplit de règles, de lois et de codes ?
L’éducation d’un enfant passe obligatoirement par l’exemple car le processus d’apprentissage quand ils sont petits est le mimétisme : ils font comme les grands (enfants ou adultes). Souvent ce désir de grandir et de faire comme les grands tombe en friche devant les écrans (télé ou jeux).
Dans les milieux aisés l’éducation est différente, les enfants ont acquis le minimum requis de savoir être pour suivre un enseignement tel qu’il est organisé en France. Ces enfants feront parti de ceux qui gouverneront et décideront.
Pour les autres, la plus grande majorité, il faut simplement comprendre que « l’économie de marché » n’a pas besoin de citoyens mais de consommateurs dépendant non plus de leur jugement mais de ce que la classe dominante leur imposeront.
Le débat actuel sur « l’identité nationale » en dit plus sur l’avenir réservé aux jeunes des classes populaires que de grands discours. A l’heure où il y a du chômage, une casse sociale, un démentellement du programme du C N R, les responsables politiques ne trouvent rien de mieux de mettre en pâture à la colère qui gronde dans le peuple, un faux problème pour ne pas aborder « les vrais »problèmes.
Il y a une histoire passionnante que je recommande pour comprendre les écrits « religieux », c’est l’histoire de l’écriture.
Passer d’une culture orale à une culture de l’écrit, a demandé des dizaines de siècles. Mais il a fallut presque deux millénaires pour « créer » « inventer » « utiliser » l’écriture pour fixer « les histoires » et l’Histoire« . Sans elle, pas de religion du livre. Trois lieux où l’on peut suivre la naissance de l’écriture : la Chine, la Mésopotamie, L’Egypte. Ceux qui maîtrisaient l’écriture maîtrisaient le pouvoir. Un point commun aux trois religions du »Livre", les femmes n’avaient pas accès aux textes.
Nous entendons peu des suites du téléthon 2009 par les média.
Quand on s’en prend au « fonctionnement de l’état qui oblige à payer des impôts », je trouverais normal que l’on s’en prenne aussi à tous ces requins de banquiers et de PDG des multinationales qui estiment que les salariés sont toujours trop payés et ne travaillent jamais assez.
Je suis pour que les gens se prennent en charge mais lorsque les banques déclenchent une crise comme nous la vivons actuellement, qu’elles se prennent en charge aussi. Il me semble que ce sera le citoyen qui devra payé deux fois : par ses impôts et par la disparition des services publics dignes de ce nom.
L’auteur fait parti de cette catégorie de gens très forts avec les faibles « ceux qui subissent et n’ont aucun moyens de se défendre » et très faible avec les forts, ceux qui décident. La République n’est pas faite pour organiser « la charité » mais pour organiser « la fraternité ». La B N P décide, le Président exécute, difficile de dire le contraire. D’où vient l’argent des bénefs des banques, les rentiers, les paradis fiscaux ?
Je trouve l’article et bon nombre d’interventions fort intéressants.
A partir de quels critères arrive t-on à cette notion de travail ?
Je pose cette question car dans le milieu social où j’ai évolué, il était courant de dire qu’une femme qui s’occupait de sa famille était « sans profession » ou « mère au foyer »sur le plan administratif dans la ligne réservée pour « profession » de la mère.
Mais si cette même femme faisait le même travail chez un patron, elle était payée, avait droit à des congés et même à une retraite. Elle avait pour profession, femme de ménage ou domestique.
A la lecture des interventions, cet aspect de la question du travail des femmes n’est jamais soulevé. Le travail domestique de la femme au sein d’un foyer n’est pas reconnu par la société alors qu’il l’est si elle le fait chez un employeur.
Quel homme accepterait de faire « ce travail fantôme » sans broncher ?
Pour le moment, je constate que les maris, les pères, les fils acceptent que leur femme, leur fille, ou leur mère fournissent un travail qui n’est pas reconnu par la société, société dont ils font parti. Ces hommes qui vont demander une augmentation de salaire ou de tarif acceptent comme quelque chose de naturelle que leur femme, leur fille ou leur mère soit exploitée, moins bien payée que les hommes pour un même travail. L’individualisme à tout crin fait que ces messieurs ont un manque à gagner au niveau de leur foyer mais proteste peu, très peu. Quand ils protestent pour l’égalité des salaires homme/femme mais jamais pour l’égalité de salaire pour leur femme, leur fille, leur mère. Ce n’est donc pas demain que l’égalité des salaires se fera. Ces braves messieurs ne se sont pas encore aperçu que ceux qui profitent le plus de ces différences de salaires ce n’étaient pas eux mais « le capital ».
Pour ma part, je reste persuadée que ce n’est pas le travail qui use ou qui tue mais plutôt les « conditions » dans lesquelles se fait le travail. Je doute fort que l’organisme humain soit programmé pour travailler en cadence, sous la pression d’une autorité quelconque, en subissant des contraintes contre lesquelles il n’a aucune prise. Travailler au rythme du pas des chevaux ce n’est pas la même chose que de travailler au rythme des T.G.V.
Il parait que la retraite a été mise à 60 ans tout en sachant par ceux qui ont pris cette décision que peu de travailleurs après une vie de labeur dépassait cet âge. La majorité des femmes étant exclue des caisses de retraites par l’absence de reconnaissance de son travail de mère au foyer, elles ne touchaient ou ne touchent que la moitié des droits de son mari.
Le nombre d’enfants pour chaque femme a globalement beaucoup diminué mais ce qui n’a pas diminué c’est le travail domestique. Monsieur « propre », la lessive « OMO », la quiche « tante Marie » ne font pas de miracle et ne supprime pas « le travail fantôme ».
Si je m’en tiens à la valeur « marchande » du travail, un footballeur, un artiste, un banquier, un Attali, un Pujadas, une Christine Okrent, etc... apportent plus à la société (à la vue de leur salaire) que toutes ces petites mains qui jour après jour, lavent, torchent, soignent, nourrissent, entretiennent linge et maison, éduquent, transmettent, vont travailler chez un employeur, font les courses, suivent la scolarité, font les démarches administratives, et j’en passe. Les femmes objets étalées sur les affiches font rêver ces messieurs, mais ce sont ces petites mains qui travaillent dans l’ombre qu’ils ont besoin au quotidien.
Toutes les femmes ne sont pas logées à la même enseigne, plus on monte dans les catégories socioprofessionnelles, plus la conciliation vie maternelle/vie professionnelle est facilité, (je ne dis pas que c’est facile).
Quand un monsieur prétend travailler 18 heures par jour, en admettant que ce soit vrai, en définitif, travaille pour qui exactement ?