Hé bien, C’est Nabum, je suis tout entier dans ma réaction ;
mais c’est surtout votre message qui me tient à coeur, car à la violence je préfère
les gens de bonne compagnie, attentifs à leur entourage. Me relisant, je veux
bien croire que mon propos est vif, mais il ne me semble pas facile de le
reformuler... Essayons pourtant : je voudrais tant que
nous parvenions à construire sur les bases du respect mutuel, de l’équité, de
la justice, du partage des ressources, plutôt évidemment que sur la
confrontation, la discorde, la jalousie et la vénalité . C’est une vision très
naïve, que la brutalité du monde d’aujourd’hui réduit en cendre chaque jour. Et
je doute, a priori, de ma capacité réelle à assumer ce que mes envolées
utopistes impliqueraient dans la réalité lorsqu’elle me rattrape.
Mais enfin, je constate que beaucoup trop de gens estiment
que puisqu’on leur fait subir des injustices, alors ceux-là même qui les leur
font subir devraient être soumis à la même injustice. Exemple : les
fonctionnaires ont un salaire et un horaire meilleurs que les miens, qu’ils
perdent donc ces avantages. Au lieu de quoi il serait préférable de militer
pour rétablir un peu de justice et d’équité en faveur des travailleurs pauvres,
en prenant exemple sur les employeurs qui respectent leur personnel. Combien de
fois ai-je lu tel justicier ivre de vengeance réclamer la tête de tel élu du
peuple dont le chauffeur professionnel violait la sainte limitation de vitesse,
plutôt que d’accepter l’idée que son jugement arbitraire n’était porté que par
un besoin de représailles.
L’obsolescence programmée pour tous, en tant que vision de
société, me semble donc être une revendication de nature à dégrader nos
perspectives d’avenir, tout comme la rigueur en période de crise est de nature
à tuer le malade que l’on prétend soigner. Mais je reconnais que j’ai réagi sur
une phrase conclusive qui ne résume pas à elle seule votre article
« L’obsolescence programmée appliquée pour tous, il n’y a pas de raison ! »
Conclusion programmée, parce que la rancoeur qui occupe la presque totalité de nos cerveaux indisponibles, ou alors la peur la remplace, est comme une bombe « incapacitante » qui rend complètement stupide. Et, tant qu’à demander des choses stupides, si l’on prenait le problème à l’inverse ? C’est à dire : vous avez décidé de vous gaver ? Très bien, nous exigeons le même traitement. Vous avez pris le pouvoir par lequel vous construisez un monde dont vous êtes le bénéficiaire exclusif, des lois conçues pour vous protéger ? Pas de problème, nous exigeons un traitement comparable. Ah mais c’est vrai ça, la Constitution le garantit déjà... Bon j’ai rien dit, il suffit donc de rétablir l’équité...
Dans cet ordre d’idée, Jean-Luc M. dit : écart maximal de salaire de 1 à 20 dans nos sociétés (de 1 à 10 me semblerait suffisant) ; je ne vois pas de problème à ce qu’un patron d’entreprise décide de relever son salaire, puisque la loi l’obligera désormais à en faire autant à tous les échelons de son entreprise.
Il est grand temps d’inverser cette perversion programmée de la pensée du pauvre (!) qui réclame à tous la même application du malheur et des injustices dont il est victime. Désolé, je trouve cette manière de voir foncièrement stupide :(
C’est marrant, j’ai
plussé deux gros réacs (de mon genre). L’un se prend la tête avec
l’orthographe, et ça c’est vraiment plus de saison ale ziva, l’autre croit,
peut-être sincèrement, qu’on a la société qu’on mérite (ce qui me donne une
idée très négative de cet intervenant, par simple effet de logique).
Mais ça m’a fait du bien, tant je suis vénère un peu comme tout le
monde ici en ce moment, en ce tout début de 2013 qu’ils ont déjà réussi à nous
désespérer. Tiens, une bonne petite guerre nous ferait un bien fou, qu’en
pensez-vous ? Qu’on a les guerres qu’on mérite, j’aurais dû m’en
douter :(
Mais c’est qu’il nous ferait une éruption de lutte des classes, notre monsieur Gil ! Va falloir se mettre à jour, nous sommes en 2013, bête de somme...
Ma foi, protester contre la guerre est extrêmement sympathique. Bien entendu, c’est faire abstraction des réalités politico-économiques, qui elles ont pour conséquence de nous assurer notre niveau de vie au sens général et au meilleur prix (qui comprend l’esclavage de certains peuples et l’exploitation de ressources qui devraient appartenir à l’Humanité tout entière en un juste partage). En ce qui concerne l’uranium, notre électricité et la dissuasion nucléaire en dépendent. Personnellement, je n’aimerais pas avoir à assurer au peuple prêt à rugir le maintien de ces prérogatives, défendables en elles-mêmes, dont la disparition ne manquerait pas de fâcher bien des gens.
La condamnation des guerres est une attitude logique d’un point de vue humain, mais qui se heurte à bien des difficultés liées à ce que l’on estime relever du réalisme, du pragmatisme, de l’inéluctable, de la folie, de l’idéologie ou de l’extrêmisme, de l’honneur ou simplement de la survie, de la raison d’Etat comme on aime à le dire. Refuser cette guerre, c’est mettre en cause notre statut de nantis (tout étant relatif, certains sont plus nantis que d’autres, je crois).
De là à dériver vers une « analyse politique » concomitante très peu convaincante car purement arbitraire et ici, en apparence au moins, mal fondée, cela me semble tout à fait inutile. Accusez qui vous voudrez, de la gauche à la droite, quel sens cela a-t-il face aux réalités qui poussent toujours vers la barbarie, toujours sous d’indiscutables prétextes où que ce soit ? Dénoncer les guerres se suffit à soi-même et ne requiert pas grand chose d’autre, se heurte pourtant à l’impossible la plupart du temps, parce qu’on entre immédiatement après dans des explications sur les causes, les remèdes et les justifications que personne ne peut discuter, un flingue dans le dos.