23 ans, je fais des statistiques en recherche agronomique.
J'essaie de m'intéresser à l'actualité pour voir ce qui va m'arriver en pleine poire. Je ne devrais certainement pas :-)
Je pense que l’indifférence est aussi plutôt difficilement supportable pour un certain nombre de parisiens, mais qui y sont contraints par l’environnement.
Pour ma part, je suis sans doute trop sensible et je vous avoue que j’ai préféré m’enfuir de Paris pour revenir faire du caritatif dans une ville plus petite, où les demandeurs sonnent moins faux et sont moins nombreux.
"Chacun se promet de ne plus jamais fuir le regard de celui qui est à
terre, de lui dire un mot en passant, de le considérer comme frère
devant l’humanité.«
Vous n’habitez pas à Paris, mais cette résolution, vous ne pourriez pas la tenir dans notre capitale. Pour avoir été 5 ans étudiant à Paris, on croise au moins une dizaine de sans abris à chaque fois qu’on met le nez dehors. J’ajoute les mendiants menteurs qui droguent leur bébé pour qu’il se tienne tranquille et attendrissent l’homme du métro, ou bien ceux qui demandent leur chemin à Montparnasse et au moindre effort pour répondre, vous mettent un bouquin dans les mains et vous déclarent sans honte, »bravo vous avez gagné (le droit de payer le livre)", ou encore ceux qui vous attrapent le poignet dans un fil à Notre Dame pour vous faire un bracelet minute avec deux perles et vont insister bien fort et à plusieurs pour vous le faire payer, ou le paquet de moignons encore en vie déposé à Arts et Métiers par on ne sait qui le matin et qui vous fend le cœur, avant que vous compreniez que ce n’est pas l’infirme qui touchera votre pièce. Les associations humanitaires aussi, dans leur action certainement respectable, mais de sortie en k-way multicolore sur tous les tronçons des artères de la ville dès qu’il fait beau et qui vous passent à grands coups de speechs publicitaires l’envie d’avoir l’air ouvert aux autres.
Sourire et croiser le regard à Paris, ce n’est pas être humain, c’est montrer qu’on est une bonne poire, et il y a beaucoup de monde pour essayer d’en profiter. Rien de plus normal que les passants apprennent à ne plus voir et à ne plus entendre.
@Pierre Keliam, mis à part le fait que Dieu prenne part à la convention dans le premier cas, qui est je rappelle une alliance (ancienne ou nouvelle), donc les hommes ont aussi donné leur accord, je ne vois pas la différence. Je dois quand même me conformer à un texte que je n’ai pas écrit, et qui est tout autant dogmatique.
@Roungalashinga, je vois ce que vous voulez dire et qui me fait penser à un commentaire d’Hervé Hum qui disait que la liberté est acquise par l’autodiscipline ; mais dans le contexte où ça a été écrit, vraisemblablement la liberté est vue comme l’inverse de la condition d’esclave, et il arrive trop souvent que des hommes ne soient pas esclaves que de leur propre indiscipline.
Pour relier avec le commentaire de Christophe Nicolas, que je comprend pour une fois, je dirais que vous venez de retrouver une des conclusions du mythe de la création de la bible. L’Homme, choisissant de manger la Connaissance, choisit de lui donner une temporalité et donc choisit le progrès. Est il possible de progresser dans un Eden intemporel et parfait ? Non, et donc Dieu donne la mort ET le renouvellement de la vie aux hommes pour qu’ils expriment dans leur vie leur envie de progrès. On appelle ça le péché originel parce que l’Homme cède à ses envies, mais pour moi la sortie de l’Eden n’est pas une punition divine : la mort est condition du progrès.
Sinon, petite parenthèse sur les dogmes, qui font peur à beaucoup de monde. « Les Hommes naissent libres et égaux en droits », c’est un dogme vous savez.