23 ans, je fais des statistiques en recherche agronomique.
J'essaie de m'intéresser à l'actualité pour voir ce qui va m'arriver en pleine poire. Je ne devrais certainement pas :-)
J’imagine que ça vous arrive souvent avec votre frigo générateur de bouffe
En tout cas, donner du sens au quotidien, c’est un des rôles culturels de la religion, avec des explications simples et épatantes comme vous avez pu le constater pour être accessible à tous. En l’absence de religion, et avec un quotidien qui change de forme et de besoins, d’autres tentatives d’explications culturelles se mettent en place. Dans mon simply market, en début de semaine, était par exemple célébrée la fête de la carte de retrait.
« mais beaucoup de monde pense que la bouffe arrive à l’infini automatiquement dans la supérette du coin, vous savez. »
Ah oui, c’est une vérité communément admise, en effet. D’ailleurs,
comment se fait-il qu’il y ait de moins en moins d’agriculteurs (de 40%
de population à 2% en 50 ans), mais de plus en plus de légumes au
supermarché ? Ne serait-ce pas plutôt : terre + machines =
nourriture ? L’humain est de moins en moins présent dans cette
production. Et ce n’est pas plus mal, le travail des champs est
suffisamment pénible pour justifier que l’ingéniosité humaine nous en
dispense.
Ah oui, c’est une vérité communément admise, en effet. Qui aujourd’hui parmi les citoyens ordinaires, en effet, se préoccupe de l’état des sols ou des conditions de travail des agriculteurs ?
Merci de remettre le progrès dans la discussion, c’est vrai qu’on se perd un peu. Le modèle actuel est plutôt : terre + machines (machines+chimie+génétique) = nourriture (beaucoup) - terre. On a de la chance en France d’avoir des terres super fertiles, mais aux US les baisses de rendement du à la stérilisation des terres atteignent 30%, les OGM sont aussi sur la pente descendante au niveau rendement par rapport aux cultures conventionnelles.
L’ingéniosité humaine fait pour moi clairement partie du travail des hommes. OK aux machines si la terre n’en meure pas. Et OK a beaucoup de nourriture s’il y en a besoin. Y avait t’il besoin d’une politique de la PAC qui par raisonnement de compétitivité stockait des surplus de nourriture et les laissait pourrir ? Y a t’il besoin de produire trop et de consommer trop, pour relier le propos à l’asservissement aux besoins dont parle Roungalashinga ? Est ce que, en consommant trop, votre obéissance à vos besoins naturels (obligatoire, c’est la condition humaine) ne s’est pas transformé en dévotion ?
Ravi que vous soyez épaté, effectivement, c’est malheureux mais beaucoup de monde pense que la bouffe arrive à l’infini automatiquement dans la supérette du coin, vous savez.
Tenez, troisième modèle explicatif pour l’Eden et le péché originel : passer à l’âge adulte -> quitter la maison des parents. Avec ça, vous ne devriez plus dire que la connaissance est un vice. Simplement, quand on s’aperçoit qu’on peut vivre par soi même (connaissance, devenir adulte), et bien on vit par soi-même au lieu de rester aux crochets des parents.
Je ne vois pas où vous avez vu Dieu dans mon message ! Vous avez besoin de carburant, et vous obéissez à vos besoins, c’est tout. Ne faites pas de fixation sur Dieu, on s’en tape. Que Dieu existe ou pas, vous êtes asservis à vos besoins, et par extension, à une certaine routine que j’appelle le quotidien.
La religion ajoute une explication à cette obéissance. Dans mon cas, elle rappelle simplement que nous mangeons le fruit de la terre et du travail des hommes. Peut être que si les gens voyait leur diner comme ça et non comme de la bouffe, la terre et le travail des hommes seraient un peu moins malmenés. Voilà, deuxième modèle explicatif de la journée : terre + travail des hommes = nourriture.