23 ans, je fais des statistiques en recherche agronomique.
J'essaie de m'intéresser à l'actualité pour voir ce qui va m'arriver en pleine poire. Je ne devrais certainement pas :-)
Faire intervenir l’obscurantisme religieux là dedans est une vaste fumisterie, mais bon on a l’habitude hein, après tout c’est une forme de xénophobie autorisée et approuvée.
1er point : la lutte contre l’avortement. La ligne de défense est simple : « laisser vivre les vivants », pour vous reprendre, mais quand vous le dites, c’est sans doute plus mignon. Tapez « psychologie prénatale » sur internet et vous verrez qu’il y a une vie avant la naissance. Alors, évidemment. Au début on a affaire à un amas de cellules, c’est sur ça ne me choque pas trop d’empêcher son développement. Question : quand y a t’il apparition de la conscience ? Non répondu totalement aujourd’hui, donc tant que la question n’est pas résolue clairement l’avortement est un meurtre non assumé du point de vue législation, d’autant que des études cliniques montre un état de douleur du foetus pour les avortements tardifs (où on extrait par césarienne et on laisse mourir à la poubelle). Les lecteurs s’émeuvent quand un article parait sur la douleur infantile, qu’ont ils à dire à ce propos ? Simple et cohérent. Autre question : quelles dérives possibles ? Eugénisme évidemment, les avortements à cause du choix du sexe sont affaires courantes en Europe. L’avortement post-natal revient régulièrement dans la discussion aussi (quelle différence entre le nouveau né et juste avant après tout ?).
2ème point : l’histoire de la contraception. Le discours de JP2 n’est toujours pas compris 10 ans après, merci aux journaux arriérés de ne pas savoir citer plus de deux phrases dans un discours... Le préservatif n’est pas conseillé si l’utilisateur, de fait, ne se sent plus de joie, se croit immunisé et va coucher à tous les râteliers. Si les gens étaient un peu fidèles, le sida serait affaire réglée depuis longtemps en Afrique, aujourd’hui au contraire il se remet à augmenter en France, génial. La position défendue est très claire là aussi : la fidélité, c’est bien. Demandez à ceux dans les 50% de divorcés français qui vivent sous antidépresseurs, et la c’est pas de la faute à l’obscurantisme moyennageux pipi caca etc... Et l’introduction du préservatif, c’est une nouvelle « liberté » qui a multiplié les partenaires sexuels, certes, mais aussi les divorces parce que les gens mettent du temps à comprendre que nouvelle liberté = nouvelle responsabilité. Notez que si les gens sont fidèles, il y a un effet contraceptif logique qui s’ensuit au niveau société, comme quoi le message n’est pas forcément contradictoire avec une régulation des naissances.
3ème point : le comportement en biologie générale. Savez vous comment on fait en sorte qu’un arbre fruitier produise plus de fruit ? On le stresse, en recoupant les branches par exemple. S’il se sent menacé, il produira plus de fleurs et de fruits pour assurer une reproduction, parce que le stress induit une réaction face à un danger potentiel, et la réaction c’est de perpétuer l’espèce. Des comportements similaires sont observables pour l’espèce humaine à l’échelle de la population : on connait notamment l’expression « natalité de guerre », on connait aussi de par le programme d’histoire de collège les bulles de natalité de l’ère industrielle en Europe, où les populations étaient encore soumis à des situations sanitaires dangereuses (donc reproduction abondante traditionnelle) mais en amélioration et qui donc sont arrivées à sauver de plus en plus d’enfants là où la mortalité infantile était routinière. Donc, conclusion logique, pour limiter la natalité, deux possibilités, donner des conditions de vie suffisantes pour que les foyers ne sentent plus menacés (inconsciemment j’imagine), ou donner des conditions de vie difficiles de sorte qu’un maximum d’enfants meurent tôt, donc mode de vie pré-industriel. Le monde est actuellement bloqué dans la transition entre les deux (parce qu’on est pas pressés d’aller aider les p’tits africains, vous pensez bien, les prix monteraient), d’où le boom démographique.
4ème point : Que faites vous des vieux ? Évidemment, dans 60 ans, votre plan aura réussi et on aura un actif pour quatre retraités. Que faire ? Les politiques font semblant de prévoir le coup et reculent l’âge de départ à la retraite, pour notre bien évidemment, avec comme dégât collatéral qu’on fabrique une génération de jeunes qui ne savent rien faire à 30 ans, parfait pour le développement à long terme. Ou bien on pourrait tuer les vieux, façon Dino Buzzati, super programme, on y viendra avec l’extension de l’euthanasie (mêmes arguments que pour l’avortement, les connexions neuronales sont déficientes donc il ne sent plus rien donc il n’est pas vivant, il ne communique plus donc il n’est plus une personne puisqu’un humain est un être de communication, ...).
5ème point : Comment pensez vous être convainquant face à l’ouvrier bangladais qui s’empoisonne pour fabriquer vos jeans, et qui peut être n’a pas d’autre espoir dans la vie que ses gosses ?
Mon camp s’est très bien passé, avec des enfants de 11 ans à 14 ans de tous horizons sociaux, pendant 2 semaines sous tente en juillet. Il y avait un seul BAFA complet pour 5 animateurs. La formation à l’animation n’est pas si dure... mais effectivement, dans un milieu où l’animateur n’a pas énormément de moyens d’asseoir l’autorité nécessaire au bon fonctionnement du séjour, il s’agit d’avoir un projet, un cadre et des règles béton pour que ça se passe bien. Et d’être motivés, évidemment.
Au final, ce qu’on apprend au BAFA, hors législation, tient sur 5 pages sans problème. Le savoir-faire vient avec l’expérience, pas avec une formation, on devrait le dire plus souvent. J’ai commencé l’animation sans jamais avoir fait de scoutisme et ce sont les jeunes qui m’ont tout appris, ça n’a pas posé le moindre problème en terme d’autorité !
@bibou : J’ai bien compris que ce n’était pas votre point de vue. Cependant, pour boucler mon raisonnement, attenant à un individu vivant, je cite l’article 3 de la déclaration universelle des droits de l’homme :
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Je prolonge le raisonnement aux foetus, qui, bien que considérés vivants uniquement à la naissance, ont une interaction sociale prénatale avec leurs parents et en fait donc, selon moi en tout cas, des individus.
Par « interaction sociale », vous voulez dire peut être « utilité sociale », non ? Il y a interaction sociale pendant la grossesse même. Le bébé, à la naissance, est plus réceptif à la voix des parents qu’il a entendu pendant la grossesse. Cela explique notamment qu’il y ait des problèmes pour des bébés adoptés même très tôt après la naissance. Cherchez « psychologie prénatale » si vous voulez plus d’informations.
A partir du moment où c’est « l’utilité sociale » qui est recherchée, évidemment, non seulement les embryons, mais aussi tout inactif, enfant, vieux, chômeur, infirme... devrait pouvoir être euthanasié, n’est ce pas ?
D’accord sur le principe avec vous. Une question cependant, dans « tout travail mérite salaire », qu’est ce que le salaire ? Mon expérience comme bénévole me dit que ce que j’en retiens, personnellement, de mon travail, c’est une formation à la prise de responsabilités, à la pédagogie, aux premiers soins, à la cuisine, à la débrouillardise en général que je n’aurais jamais eu ailleurs, parce qu’un travail en entreprise aujourd’hui ne se focalise souvent que sur une seule activité et ne développe pas systématiquement cette débrouillardise. Ceci, et aussi une vie sociale riche. Si je devais convertir ces acquis en coûts de formation où en dépenses pour avoir la même vie sociale avec des potes, est ce que justement je ne pourrais pas appeler ça, d’une certaine façon, un salaire ? Même si évidemment, cette activité n’a pas rempli mon assiette. Alors oui, le bénévolat est une aberration dans une société avec chômage élevé, mais ça vaut largement mieux, j’imagine (je n’ai jamais été chômeur) que de rester chez soi en attendant de trouver un poste.