dont je reprends ici une partie particulièrement signifiante
« C’est ce sectarisme qui inquiète et qui nous a poussé à réagir. On peut comprendre, dans des cas individuels, la révolte de parents doublement blessés, d’une part par le handicap de leur enfant et ses conséquences sur leur vie quotidienne, d’autre part par les maladresses et le manque d’empathie de certaines équipes soignantes. Il est plus difficile d’accepter que des associations, se saisissant de ce malheur, cherchent à influencer l’opinion, les pouvoirs publics, les universités et les autres centres de formation, pour imposer leur définition extensive de l’autisme, leur conception sur l’origine du trouble autistique ainsi qu’une prise en charge particulière fondée exclusivement sur une technologie de modification du comportement. Il est difficile d’accepter que, pour arriver à leurs fins, tirant partie des insuffisances encore patentes de l’équipement national et des erreurs de certains, ils jettent l’opprobre sur l’ensemble des praticiens de la santé et de l’éducation spécialisée qui ont consacré leur vie professionnelle à traiter des personnes autistes, généralement dans une relation de confiance avec les familles. Il est encore plus difficile d’accepter que toute l’expérience et toutes les connaissances cliniques, rassemblées pendant des années par ces praticiens, dans une perspective dynamique qui valorise la part créative de la personnalité, soient présentées, sans l’ombre d’une analyse sérieuse, comme un tissu d’inanités. »
Nous avons une habile inversion de la réalité.
Les « méchants », ce ne sont plus les psychanalystes-thérapeutes à double casquette qui délivrent des diagnostics obsolètes (parfois carrément mensongers, comme ceux qui comportent le terme de « psychose » lequel signifie pour un psychanalyste « maladie issu d’un dysfonctionnement émotionnel ou psychologique » alors que pour un psychiatre digne de ce nom il signifie « pathologie conçue sur le modèle de la schizophrénie et des marqueurs neurobiologiques ») pour camoufler leur incapacité à diagnostiquer et à traiter l’autisme.
Ici les responsables sont les associations « sectaires » qui imposent « leur définition extensive de l’autisme » (on note que dans la perspective historique que l’on peut lire dans le lien posté en début de document, l’auteur « omet » d’évoquer l’école de Londres, Lorna Wing et leur influence sur l’élaboration de la triade autistique et du spectre de l’autisme... ceci dès 1980) et, au service d’infâmes lobbys (le fameux « lobby comportementaliste » en France) manipulent des personnes qui n’auraient apparemment pas la ressource nécessaire afin de déterminer en conscience quels sont les traitements efficaces pour leurs enfants.
Alors effectivement, les classifications psychanalytiques en matière de soins pour l’autisme et leur utilité n’ont jamais été invalidées par des « analyses sérieuses », mais j’ai envie de dire, l’utilité de la pierre taillée en tant qu’outil n’a jamais été invalidée non plus...
Libre à vous de considérer que Freud est davantage une autorité en matière d’autisme que Lorna Wing, par exemple. Chacun ses marottes.
Cependant, l’idée de neurodiversité est une idée qui recouvre des réalités (contrairement aux productions théoriques produites par le courant psychanalytique majoritaire, soit dit en passant).
C’est l’idée que les personnes autistes, ou avec Trouble de Déficit de l’Attention et Hyperactivité, ou encore avec dyslexie sévère (quelques exemples) ne sont pas des enfants « inadaptés » ou des sortes d’objets cassés qu’il faudrait remiser dans des écoles spécialisées, parce qu’on n’a pas que ça à faire qu’à se taper des gosses à problèmes supplémentaires, quand même.
Ce sont des Personnes à Besoins Spécifiques et leurs spécificités cognitives doivent être prises en compte dans une société qui se dit inclusive.
Avez-vous tenté de faire suivre à de tels enfants une scolarité en milieu « ordinaire », M. Pallard ? Etes-vous conscient des obstacles administratifs absurdes, du nihilisme médical et de l’incompréhension que rencontrent les parents de tels enfants ?
Je crois bien que non. En ceci vous semblez refléter l’ignorance de la plupart des gens en matière de spécifictés cognitives. Votre exemple prouve à lui seul que la notion de neurodiversité est nécessaire à l’évolution de la société.
Avez-vous des enfants... ? Si oui, je suppose qu’ils ne sont pas autistes. (ça existe, un pro-psychanalyse avec des enfants autistes... ?)