« L’islam n’est pas une nouvelle religion, ni le Prophète un innovateur. L’islam se présente dans le Coran lui-même comme la confirmation des Ecritures précédentes, un retour vers le monothéisme abrahamique. Seules quelques prescriptions légales et rituelles en forment la caractéristique, dont l’universalité de son statut. »
Ce n’est pas parce que le Coran l’affirme qu’il dit vrai ! Le parti pris de l’auteur est ici manifeste. Il ne faut pas être docteur en théologie pour savoir que l’essence même de la révélation coranique n’a pas du tout la configuration de la révélation juive ou chrétienne. La notion même de « prophète » diffère fondamentalement. D’où la nécessité de présenter les Juifs et les chrétiens comme des falsificateurs, afin d’amalgamer le tout et de se présenter comme la révélation authentique.
La dualité entre Occident et Orient se marque entre autre chose en ceci : là où Thomas d’Aquin (et peu importe la force ou la faiblesse de l’argumentation) soutient qu’à partir de la raison l’on peut théoriquement (pratiquement, c’est autre chose) aboutir à Dieu, Averroès soumet la raison (la philosophie) au tribunal de la théologie... D’un côté donc Dieu est pris en compte parce qu’il relève de la raison de le prendre en compte, de l’autre l’usage de la raison est justifié parce qu’il ne vient pas contredire la révélation...