Donc vos sujets sont à la fois séparés tout en participant du même fonds. Et en vertu de quel principe une chose peut-elle se trouver à la fois à l’intérieur et à l’extérieur d’une même chose ? Certainement pas en vertu du principe de non contradiction...
Le problème de votre sujet n’est pas l’individuation des individus qu’il peut embrasser du regard et s’y retrouver précisément, mais qu’il est incapable d’émotion puisque celle-ci constitue l’envahissement d’une passivité telle que le sujet ne sait plus où il en est. Pour quelqu’un de rationnel, vous avez trop d’a priori métaphysiques. La question n’est pas de partir d’un sujet sûr de lui-même et de se demander comment reconstituer l’expérience. La pensée se fait toujours contre l’autre.
Très bien ! Vous défendez donc la vision classique du sujet transcendantal, c’est-à-dire d’un sujet qui se retrouve derrière toute expérience, comme si elle provenait de lui. Le problème de ce sujet est qu’à force de tout appréhender, rien ne lui apparaît plus étranger. Or il ne peut y avoir rencontre avec le monde (condition de vérité) ou rencontre tout court que dans l’épreuve de l’altérité. Laquelle dans sa pureté se donne hors concept, échappe à l’appréhension du sujet et ne répond pas à ses attentes.
Bien ! Alors expliquez-moi ce que pourrait être le sens d’une oeuvre d’art qui ne saurait être rien d’autre que rationnel. Ce qui exclut dès l’abord de considérer toute émotion...
Votre logorrhée a du mal à dissimuler votre incapacité à penser l’essentiel : le sens ne se réduit pas au logique ou au rationnel. Je vous conseille vivement de commencer la lecture d’ Hannah Arendt (elle demeure très abordable, même pour quelqu’un qui fantasme une trinité chez Platon...).