En toute honnêteté, je ne suis pas sûr de bien saisir le sens de cette question à laquelle je serais tenté de me dérober. Si c’est pour me dire que les démocraties qui invectivent l’Iran ne sont pas les démocraties qu’elles paraissent être, alors (malgré ma bonne disposition) je vous arrête tout de suite : vous me verriez las de rappeler des données partagées par le sens commun…
Savoir, par exemple, qu’Abdul Qadeer Khan, ancien chef du programme nucléaire militaire pakistanais, a confessé publiquement en 2004 avoir coopéré clandestinement avec la République islamique, c’est un peu plus que de lui faire, à cette « république », un procès d’intention ! Vouloir la paix est une chose, le pacifisme en est une autre. Il substitue à l’auto-critique un délire de culpabilité, celui des belles âmes qui gémissent parce que prendre les choses en mains, c’est au fond se salir. La meilleure façon pour ne pas agir : exiger l’impossible : la démocratie comme un tapis de roses ou rien. Donc rien. Posture de la prostration mélancolique (au sens psychopathologique) dont le regard vide ne connaît plus que la répétition de la plainte — la plainte de soi — comme dernière attache à un réel qui ne lui dit plus rien. Règne du dégoût de soi. Il n’y pas plus rien à faire car plus rien ne peut arriver : fin de l’histoire — occidentale. Le dégoût est ici, autrement dit, la satisfaction de l’angélisme qui contemple le vide dans le miroir (son unique horizon) d’une plainte qu’il s’adresse à lui-même et retombe indéfiniment sur elle-même. Il s’interdit donc de voir ce qui, par exemple se prépare en Iran : la configuration d’un déploiement de la destructivité sur une ligne de fracture entre un mysticisme préurbain et une hypermodernité. Une configuration comparable, par exemple, à celle des années 30 en Europe…
Ecoutez, vous vous acharnez à mélanger le culturel et le politique en confondant culture et culturalisme, je ne peux donc rien faire pour vous et vous laisse à vos pétitions de principe...