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Daniel Topper

Titulaire d’un DEA en philosophie. Enseignant à Bruxelles.

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  • Premier article le 27/03/2008
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Derniers commentaires



  • Daniel Topper 4 juin 2008 22:48

     

    La haine que condense sur lui Alain Finkielkraut me paraît symptomatique. (Je dis « symptomatique », mais je me trompe sans doute tant la cause est primaire — et ne nécessite donc pas un grand effort d’herméneutique.) Voilà l’homme dévisagé sous le coup de l’injure ultime : « le sioniste obsessionnel ». Cela sonne comme un pléonasme pour les oreilles du cosmopolite contemporain captif du phantasme d’un monde sans limites : on crie, on injurie, on manifeste. Quoi ? : le besoin d’une réalisation désastreuse de l’économie pulsionnelle au détriment de la politique du dialogue : besoin barbare contre désir de civilisation : une cour de récréation et non de recréation. Bref, la virulence des anti-Finkielkraut trahissent leur propre cause : une bienveillance sûre d’elle-même : la platitude tautologique des « âmes de lait », pour parler comme Nietzsche. Finkielkraut ne fait qu’empêcher leurs évidences de danser en rond, et cela est tout bonnement insupportable pour nos bien-pensants. Leur haine est à la mesure de leur suffisance. Celle de ces derniers hommes qui ne désirent plus rien, comblés qu’ils croient être par la fin de l’Histoire ou de l’Europe. Mais face à ces simples d’esprits, Finkielkraut n’enfoncerait-il pas des portes ouvertes ? Sauf que leur ouverture est encombrée par un bardage dont l’idiotie est devenue l’opérateur d’un langage commun…


  • Daniel Topper 24 avril 2008 20:51

     

    Le petit délire chronique de la haine ordinaire, donc. Et son lot de martyres témoignant d’une censure qui ne résiste pas au chantage d’une culpabilité (officielle) jalousement entretenue. Haine éprise de liberté (et d’égalité : égalité de la haine) dont le déchaînement se porte et s’attache à un endroit très particulier. Mais envers quel endroit : Israël ! Le nom seul fait oublier le reste. Tout est là ! Minutie du dernier homme qui se pare de vertu au mépris de tout ce qui pourrait venir déranger son dégoût. « Israël n’intervient pas, il massacre » — systématiquement. Mais l’attaque doit demeurer modeste : l’antisioniste n’est pas un barbare. Il profère ses propos, bien assis. Il arrive qu’il s’agite pour se rappeler au contentement général. Mais l’important, c’est l’aiguillon de la banalité. La petitesse qui s’immisce et se glisse dans le courant des conversations de tous les jours, les pollue en flattant la lâcheté humaine qui n’hésite plus à se dresser fièrement. La haine rampante se mue alors, mine de rien, en opérateur de vérité : on avance au rythme de la rumeur : « Israël : plus jamais ça ! ». Mais si Israël n’existait pas, l’antisioniste devrait l’inventer.


  • Daniel Topper 10 avril 2008 23:06

     

    « - Comment oserait-on fêter les 60 ans de la création d’Israël ? C’est scandaleux !
    - Pourquoi ?
    - Et la cause palestinienne ?
    - Pourquoi ne pas se réjouir de la création d’une démocratie ? La seule depuis 60 ans dans la région, d’ailleurs…
    - Une démocratie ? Vous appelez ça une ‘‘démocratie’’, une nation fondée sur un livre religieux ?
    - La référence à la Torah me paraît plutôt judicieuse. Elle enseigne avant tout le refus de toute idolâtrie et dont le nationalisme est une forme.
    - Fétichisme ou pas, Israël s’est bâti sur le sang des autres ! C’est un Etat aux racines criminelles ! Je dirais même que c’est la racine du mal dans la région…
    - Vous pensez à Deir Yassin ?
    - Parfaitement !
    - C’était le fait de l’extrême droite que méprisait l’autorité.
    - Ca reste un massacre…
    - Vous savez, je n’ai aucune sympathie pour le Groupe Stern ou l’Irgoun, mais…
    - Une bande de terroristes…
    - Des terroristes, si vous voulez, qui étaient la réponse malheureusement fatale au terrorisme arabe des années 20 et 30.
    - En massacrant notamment tout un village ?
    - En voulant s’emparer d’un village dont les habitants avaient été prévenus avec des haut-parleurs : on leur avait demandé d’évacuer les lieux. On a des témoignages arabes… Mais les choses tournent au drame au moment où le commandant de l’Irgoun meurt sous un déluge de feu…
    - Pourquoi les villageois ne se sont pas enfuis alors ?
    - 200 d’entre eux environ l’ont fait.
    - De toute façon, le but était l’expulsion des palestiniens et la colonisation des territoires. C’est d’ailleurs la Haganah elle-même qui a appliqué le plan Dalet.
    -S’il y a eu des expulsions, l’exode s’est fait majoritairement sous la pression des Arabes qui avaient prévenu qu’ils se débarrasseraient sur le champ d’Israël et qu’il valait mieux se mettre à l’abri.
    - Mais les fondations criminelles d’Israël, tout ça a été quand même mis en lumière par des historiens israëliens ! Ne me racontez pas le contraire !
    - Et alors ? Depuis quand être juif et universitaire vous met à l’abri de l’idéologie ?
    - Laquelle ? Dans quel but ?
    - Mon cher ami, le ressentiment humain offre sans doute une image de l’infini…
    - Vous ne m’enlèverez pas de l’esprit qu’Israël doit payer pour tout ce qu’il a fait. Prenons le massacre de Sabra et Chatilla… »
     
    ETC.


  • Daniel Topper 9 avril 2008 20:35

     

    Paul Klee dit de l’art : « Il ne rend pas le visible, il rend visible ». Quoi ? « L’invisible ». Or, si l’art rend visible l’invisible, voilà un paradoxe que notre doute méthodique aura bien du mal à souffrir, lui que seules les évidences satisfont. Toutefois, l’art du paradoxe ou le paradoxe de l’art suppose un savoir-faire auquel tout le monde ne peut pas prétendre.
     
    Castoriadis, par exemple, a dévoilé à sa manière le sens de l’œuvre d’art. Celle-ci implique, selon le philosophe, à la fois un Envers et un Endroit. L’Endroit de l’œuvre est la Forme finie, la dimension plastique de la chose. L’Envers, c’est l’Abîme, le Néant duquel se détache la Forme et la rend pleinement originale, puisque, provenant du Néant, elle ne s’inscrit pas dans la suite logique de ce qui s’est déjà accompli. Autrement dit, un chef-d’œuvre provoque en nous le sentiment du sublime parce que l’infini de l’Abîme constitue le fond (sans fond) d’une forme qui le manifeste ainsi.
     
    Mais l’art contemporain, c’est-à-dire postmoderne, a cru bon atteindre le sentiment sublime du plaisir et de la souffrance en faisant éclater toutes les formes et en dénonçant l’insuffisance de notre imagination. Il en résulte dans nos musées d’« art » contemporain, l’exhibition de la banalité, de l’informe et des cris qui, en réalité, ne manifestent ou ne trahissent qu’eux-mêmes. Il suffit de voir une Compression de César pour s’en convaincre. Ce n’est pas en tendant un miroir au (prétendu) vide de notre modernité que l’on crée d’une part, qu’on dénonce vraiment ce vide d’autre part. Nos faussaires d’artistes ne font que renforcer les simulacres par du simulacre.
     
    Il est donc urgent de retrouver des discours portés haut et fort, sur les conditions de possibilité du Jugement esthétique afin que son autorité dissipe l’arbitraire de l’autoritarisme auquel conduit le relativisme postmoderne pour lequel tout est une question de forces…


  • Daniel Topper 2 avril 2008 17:48

    a) Le doute méthodique frappe ce qui est inconsistant ou inconstant. Or le compte-rendu d’un événement, que ce compte-rendu soit manipulé ou non, ne se présente jamais comme une évidence. Le doute méthodique demeure donc bien une méthode philosophique et non journalistique.

    b) Le doute hyperbolique consiste a faire comme si il n’ y avait rien de réel ou de vrai. Ce doute bute alors, l’espace d’un instant, sur la pensée confuse du fait même d’exister.

    c) L’usage dément du principe du doute consiste, quant à lui, à substituer aux catégories du monde commun, la confusion de l’expérience du cogito où vérité et illusion sont indiscernables.

    Il en résulte le "monde" postmoderne de Marion Cotillard : un "monde" où l’événement n’a pas de consistance, de vérité en soi mais demeure l’expression, le signe d’autre chose. Ainsi le terrorisme devient-il le symptôme du capitalisme qui se retourne contre lui-même. Mais est-ce là sans doute une ruse du capitalisme ; derrière le masque, un autre masque, etc. Vertige du nihilisme...

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