Et non ! pour le chrétien Dieu n’est pas Dieu mais Père, Fils et Saint-Esprit. Voilà donc votre problème : votre incapacité à admettre que le monthéisme puisse recouvrir des conceptions bien différentes...
Pourquoi tant de virulence l’ami ? Parce ce qu’il y aurait dans le style chrétien comme un grain de sable qui ne le laisserait pas se couler dans une autre fondation ?
On arrêtera donc les querelles stériles quand on commencera par admettre que le Dieu des chrétiens et Celui des musulmans n’est pas le même. C’est alors qu’un dialogue authentique pourra s’ouvrir. Mais pour ce faire, il faut que du côté musulman on cesse de vouloir récupérer les traditions en une totalisation et que du côté chrétien on assume son identité...
Le fait que vous trouviez les contradictions de la tradition chrétienne au sein même des écritures comme étant le signe d’une absence de pertinence montre bien que vous défendez un autre type de théologie où Dieu ne parle pas aux hommes à la manière des hommes comme y insiste le cathéchisme catholique. Pour un chrétien, Dieu ne donne pas la Bible aux hommes mais son Esprit fonde d’abord une communauté et c’est d’elle que, plus tard, sont issues les écritures...
L’article commet dès le départ l’erreur fondamentale qui consiste à placer les deux textes sur le même pied. Car la Bible et le Coran n’ont pas la même portée herméneutique.
Le Coran, c’est la Parole de Dieu qui tombe du ciel comme la pluie : il s’agit d’un cadeau objectif dont le jeu de la langue seul offre la possibilité d’un peu d’interprétation.
La Bible n’est Parole de Dieu qu’en vertu de l’Alliance, c’est-à-dire dans la mesure seule où elle passe entre les mains de l’homme : elle est donc d’ores et déjà interprétation et en appelle indéfiniment à son retravail. De sa conservation surgira ainsi la nécessité d’une actualisation.