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  • daryn daryn 11 mai 2007 13:34

    Pour mémoire, voici le texte intégral de l’encart :

    La déclaration de M. Bayrou court-circuitée par les télés

    A 20 h 45, dimanche 6 mai, François Bayrou rejoint la salle de presse de son siège de campagne pour faire une déclaration. Il a attendu dans son bureau que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se soient exprimés. Entre-temps, Jean-Marie Le Pen a également pris la parole en direct. Le candidat centriste, arrivé en troisième position au premier tour de la présidentielle, s’installe au micro, face aux caméras alignées - TF1 n’a envoyé personne. Il attend que le « top » de départ lui soit donné et prononce une intervention de cinq minutes... qu’aucune chaîne publique ne retransmet en direct. Pendant ce temps, les échanges entre les invités se poursuivent sur les plateaux de télévision. Seuls des extraits de la déclaration seront diffusés en différé. « Ils n’ont pas attendu longtemps pour me faire payer », lâche M. Bayrou, passablement dépité.



  • daryn daryn 11 mai 2007 10:58

    Beaucoup auraient certes préféré le plan A et une nouvelle traversée du désert n’amuse personne. Mais je tiens à réagir à votre accusation de ’stratégie suicidaire’.

    Au soir du premier tour l’affaire était pliée et il était évident que l’UMP raflerait le maximum. A savoir le président et une majorité absolue à l’assemblée. L’UMP n’avait pas besoin d’alliances et l’a affiché sans vergogne. Alors qu’on aurait pu s’attendre à un discours rassembleur de la part de NS entre les deux tours, il s’est au contraire encore radicalisé pour bétonner à sa droite, sans aucune ouverture vers le centre. Sans parler du débauchage au gourdin des élus UDF.

    NS ne veut pas de majorités d’idées, il veut une assemblée aux ordres (rappelons les conditions imposées aux élus UDF en cas de ralliement, qui font partie de la discipline standard à l’UMP : vote inconditionnel des budgets, pas de censure). Malheureusement il en a les moyens et les utilise.

    Le PS, où personne n’a vraiment cru à une possibilité de victoire de SR, s’accomode très bien de cette situation qui lui permet de concentrer utilement son énergie sur le sujet autrement primordial de la gestion des différences et prééminences entre courants.

    Au soir du premier tour, FB a annoncé sa détermination à fédérer un centre libre. Dans sa conférence de presse du 25 avril, il a marqué sa différence sans ambiguïté avec les deux candidats restant en lice. Pour mémoire :

    - Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche.
    - Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de démocratie, encore que le parti socialiste n’ait rien fait quand il était au pouvoir pour corriger ces maux, plus attentive à l’égard du tissu social, mais son programme, multipliant les interventions de l’État, perpétuant l’illusion que c’est à l’État de s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper de tout, créant je ne sais combien de services publics, va exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie leur créativité et leur équilibre.
    - Les deux candidats ont de surcroît promis une augmentation absolument délirante des dépenses publiques, de l’ordre de 60 milliards d’euros chacun, dans un pays endetté comme le nôtre, l’un des deux ajoutant une baisse totalement improbable des prélèvements obligatoires dans une proportion que ni Reagan ni Mme Thatcher n’ont jamais approchée même en rêve.
    - Notre pays a un problème de démocratie, un problème de fracture sociale, un problème d’économie, un problème de dette. Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes de la démocratie et la fracture du tissu social, Ségolène Royal, par son programme, va aggraver durablement les problèmes de l’économie et l’un comme l’autre vont déséquilibrer le déficit et la dette.

    Depuis il est resté totalement cohérent avec ces prises de positions.

    Est-ce suicidaire de dénoncer le rouleau compresseur de l’état UMP, et de ne pas y contribuer ? De ne pas se rallier à une majorité qui n’a pas besoin de lui ? Est-ce suicidaire de garder ses distances vis à vis d’une gauche sans force, sans unité ni projet ?

    Pour mémoire, que reste-t-il de la ’différence’ des députés UDF qui avaient rallié l’UMP à sa création en 2002 ?

    FB n’est pas du tout dans la folie. Il travaille avec cohérence à une conquête de longue haleine d’une base électorale suffisante pour un jour pouvoir réaliser son projet politique et démocratique. Il refuse les règles du jeu de la bipolarisation et assume les sanctions à court terme d’un mode de scrutin inadapté au paysage politique français actuel. Dans l’espoir de pouvoir le modifier un jour.

    D’une certaine manière NS lui rend service en maniant le gourdin avec aussi peu de subtilité et en profitant sans vergogne des largesses de ses relations dans les milieux d’affaire, ce qui confirme les prévisions de FB.

    Ca va finir par se voir et le message de FB va continuer à se diffuser.



  • daryn daryn 11 mai 2007 02:10

    ben voyons. « Attendez de voir et surtout ne militez pas avant les législatives » ? Vous vous foutez du monde ?

    Quant à avoir encore des choses à prouver, je vous trouve bien exigeant. FB dénonce depuis longtemps la mainmise de l’UMP sur tous les leviers du pouvoir en France. Il a annoncé sa volonté d’un centre libre et non inféodé. Au soir du premier tour il n’a pas fait allégeance ni donné de consigne de vote. En pleine campagne de débauchage de ses élus, il a déclaré ne pas voter pour Sarkozy. Il a critiqué sévèrement le pacte présidentiel de SR, n’admettant que quelques convergences sur les aspects institutionnels.

    En résumé, ses actes lors de cette campagne sont en totale adéquation avec le discours qu’il tient depuis 2006. Que vous faut-il de plus ?



  • daryn daryn 11 mai 2007 01:56

    Basculement au centre gauche ? Soutien implicite à Royal ? Accord de désistement PS/MD ?

    Il faut être singulièrement mal informé ou de très mauvaise foi pour colporter une telle désinformation.



  • daryn daryn 10 mai 2007 18:23

    A voltaire :

    je n’ai pas vu le discours mais vient de terminer la lecture de son verbatim.

    J’y ai cherché un support à votre affirmation que « En revanche, il a aussi indiqué que des accords locaux, voire nationaux, pourraient avoir lieu de façon ouverte, avec les deux bords » dans le contexte des législatives. Et je ne l’ai pas trouvé.

    Il y a certes une position de principe sur la capacité à ’travailler avec les uns et avec les autres, que ce soit pour les grands enjeux nationaux ou pour les grands enjeux locaux’. Mais l’interpréter comme vous le faites me semble pour le moins audacieux.

    surtout quand on la compare à l’extrait suivant :

    « Je considère donc que nous allons aller aux élections législatives en réinventant le premier tour, c’est-à-dire que nous allons aller aux élections législatives sous nos propres couleurs et que nous verrons, au soir du premier tour, où nous en sommes et j’espère bien que, dans nombre de circonscriptions, nous serons parmi les deux premiers, même si, naturellement, cette tâche sera combattue par les uns ou par les autres et que, à ce moment-là, ce sont les autres qui devront choisir, en conscience, l’attitude qu’ils auront à l’égard de nos candidats. »

    Je retiens plutôt l’idée d’une conquête de l’électorat sur la base de la cohérence, de la sincérité et de l’absence de manoeuvres. Au risque, pour ces législatives, de perdre des députés. Mais comme il le dit par ailleurs :

    « Nous aurons gagné, nous-mêmes, les voix et les mandats que les Français nous donneront. »

    et

    « En effet, nous aurons, dans cette élection, peu de sortants, mais ce qui nous intéresse, ce n’est pas les sortants, mais les entrants !... »

    Ouverture, oui. Droiture, oui. Pragmatisme, non. Il me semble qu’il a choisi une voie plus étroite que celle que vous décrivez.

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