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  • daryn daryn 13 mai 2007 14:21

    @vivelecentre

    La position des députés UDF sortants est effectivement difficile. On peut cependant contester la ’respectabilité’ de leur choix de ne pas soutenir FB.

    Ces députés ont été élus en 2002, en alliance alors objective avec l’UMP.

    Au congres de janvier 2006, l’UDF s’est lancé dans une refondation profonde avec le projet de centre libre proposé par FB, plébiscité par les militants contre l’approche alternative de G. de Robien d’une alliance contractuelle avec l’UMP.

    On peut admettre que cette refondation s’est faite avec les militants et contre les réserves exprimées par les cadres (députés et élus locaux). Le fait est qu’elle a eu lieu. On attend encore un phénomène comparable au PS.

    Pour autant il n’a jamais été question d’un basculement au centre gauche. Tout au plus d’un recentrage et d’une prise d’indépendance.

    Depuis ce congrès de 2006, l’action de FB s’est inscrite totalement dans cette nouvelle ligne. Il n’a pas toujours été suivi par ses députés (par exemple seule une minorité a voté avec lui la motion de censure contre le gouvernement villepin en mai 2006) mais c’est normal et sain. La pratique démocratique que FB essaye de promouvoir n’inclut pas de discipline de vote. Cette nouvelle ligne, FB l’a défendue ensuite spectaculairement lors de la campagne présidentielle, avec une cohérence qui l’honore. Elle lui attire des électeurs mais pose effectivement problème à ses cadres, essentiellement le risque de perdre leurs mandats.

    Pour autant il n’a jamais été question pour l’UDF ou le MoDem d’être en opposition, qui dans la pratique politique française consiste à être contre tout ce qui est proposé par la majorité. FB tient depuis le début un discours d’ouverture, contrairement à NS (ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi). Simplement cette ouverture n’est pas inconditionnelle et peut être mise en cause au cas par cas, sujet par sujet.

    Les lignes ont donc effectivement bougé, en 2006 sous l’impulsion de FB et des militants, et en 2007 quand le nouveau projet a rencontré ses électeurs. Le MoDem incarne ce recentrage et celle volonté d’indépendance bien mieux que n’aurait pu le faire la seule UDF encombrée de son image de centre droit allié historique à l’UMP. Ce rencentrage implique un équilibre entre des sensibilités de droite, de gauche, et autres.

    Prétendre que les élus UDF sortants, s’ils restent au MoDem, doivent devenir des alliés (de circonstance) de la gauche néglige simplement la liberté effective qu’ils auraient au sein de ce mouvement (comme ils l’avaient au sein de l’UDF). Ces élus le savent. Ce n’est donc pas un argument.

    La détresse de ces élus est assez compréhensible. Sans avoir démérité, ils font les frais de l’émergence de ce centre indépendant, à laquelle ils ont contribué, dans un système qui encourage très fortement la bipolarité. Leur position serait bien meilleure si le plan A (FB élu président) avait fonctionné, ou si le mode de scrutin législatif incluait une dose de proportionnelle. Il est certain que le plan B est plus difficile à vivre. Mais ils devaient s’y attendre. Ceux qui n’y croyaient pas, tel Santini, en ont tiré les conséquences très tôt. Eux sont restés. Par conviction ? Courage politique ? Inertie ?

    Quant à prétendre représenter leurs électeurs, l’UDF et l’UMP (celle de NS n’est pas tout à fait celle de J. Chirac) ont suffisamment changé en 5 ans pour qu’on fasse revalider cette prétention par un passage aux urnes. Les conditions de ce passage en diront long sur la qualité des candidats.

    Je réserve personnellement mon opinion sur le respect que je leur devrai jusqu’à la publication des listes d’investitures. On verra bien alors qui est où, sous quelle étiquette et dans quelles conditions.



  • daryn daryn 12 mai 2007 04:04

    « à droite on pense qu’une économie en meilleure santé réduit le malaise sociale, à gauche on pense que c’est la solidarité entre les citoyens qui doit réduire celui-ci... Je ne comprends pas alors la raison d’un centre. »

    Peut-être parce que le problème ne se réduit pas à cette réduction du malaise social ?

    Il y a des différences de fond entre les programmes de NS, SR et FB. Et des convergences entre celui de FB et celui de NS, tout comme entre celui de FB et SR.

    Mais la spécificité du positionnement au centre tient dans la primauté donnée aux majorités d’idées, obtenues par la négociation, sur les majorités d’étiquettes. Sur des sujets différents, les majorités obtenues peuvent être différentes : questions économiques, écologiques, européennes, sociales, sécuritaires, culturelles, identitaires, etc.

    Dans la bipolarité droite/gauche on est condamné au package complet du parti au pouvoir s’il a la majorité absolue. Ce n’est pas forcément attractif, ni juste, ni même efficace.



  • daryn daryn 12 mai 2007 03:23

    Vous êtes nombreux à présenter la thèse du ’vote contestataire’. A ma connaissance cette thèse n’a été défendue que par l’UMP et le PS. Je n’ai pas trouvé de sondages permettant de l’appuyer. Pouvez vous s’il vous plaît détailler vos sources ?

    Par ailleurs, FB ne s’est pas présenté comme un candidat contestataire. Il défend l’objectif d’un centre libre et non inféodé à aucun parti, dans un projet démocratique privilégiant la négociation et les majorités d’idées par opposition à la logique d’affrontement et de majorités d’étiquettes. Ce n’est pas en soit une position contestataire (sauf en tant que contestation de la bipolarisation de la vie politique française).



  • daryn daryn 11 mai 2007 16:22

    @Audi

    ’Vous êtes parfois à droite parfois à gauche, comment saurez vous si le député que vous allez élire sera du même côté que vous ?’

    C’est une fausse question. Le problème n’est pas là.

    Si vous vous définissez franchement à droite, il y a des chances qu’une majorité de droite vous représente en moyenne correctement, et pour cela vous voterez pour un député de droite.

    Idem pour l’autre bord.

    Si vous ne vous sentez ni de gauche, ni de droite, aucune de ces deux majorités possibles ne peut vous représenter.

    Mais qu’est ce que cela veut dire, être ni de gauche ni de droite ? Pour beaucoup cela dénote une adhésion à une partie d’un programme mais un rejet d’une autre, ou une inquiétude quant aux moyens employés ou aux effets collatéraux. Autrement dit une position souvent modérée, qui conteste que le package proposé aie besoin impérativement d’être implémenté dans sa totalité pour réussir.

    Par exemple, d’accord pour encourager l’entreprise mais SVP, pas de dérive sécuritaire. Ou bien, OK pour un peu plus de social, mais SVP pas de dérive étatique.

    C’est là qu’interviennent les majorités d’idées, ou de convictions, qui peuvent se former au cas par cas, sujet par sujet, par le dialogue et la négociation. C’est une voie difficile et peu médiatisable car peu spectaculaire, mais au final bien plus efficace que le passage en force (rappelez vous l’échec cuisant du CPE).

    Un modéré, ni de droite ni de gauche, pourraît faire confiance à de telles majorités d’idées. Et faire confiance à un député qui en fait son mode d’exercice.

    En résumé, ce ne sont pas les députés mais les groupes (majoritaires ou non) qui au final représentent l’électeur. Ce qui donne, entre parenthèses, tout son sens à une représentation proportionnelle.



  • daryn daryn 11 mai 2007 15:29

    Ah, les sondages. Quel sujet intéressant.

    Avez vous remarqué la variation extrême qu’ils ont marqué lors des deux derniers jours du second tour ?

    Depuis la fin du premier tour, SR accusait un retard que tout le monde présentait comme rattrappable. C’est normal, les électeurs doivent être convaincus que leur vote est important, et les medias doivent pisser de la copie et vendre de l’heure d’antenne. On n’allait pas expliquer aux électeurs, lecteurs, auditeurs et autres téléspectateurs que c’était déjà cuit.

    Comme personne n’est en mesure de vérifier quoi que ce soit, et que les instituts s’adjugent des marges d’erreurs confortables, il est facile de maintenir artificiellement un suspense fictif.

    Par contre, l’heure du scrutin et donc de la mesure effective approchant, il fallait bien recadrer les chiffres pour être au final le plus proche possible du résultat réel. Ce qui a été fait dans ces deux derniers jours. Et si quelqu’un pose une question embarassante, il suffit d’invoquer par exemple une ’contre performance de SR lors du débat contre NS’, totalement invérifiable, et le tour est joué.

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