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ddacoudre

ddacoudre

poète essayiste militant à la retraite.
La vie commande d’être convaincu qu’il y a un absolu où tout ce que nous concevons s'écroule, Il faut donc comprendre que celui qui dispose d’une certitude absolue peut se suicider car c’est un mort vivant et ne peut développer pour vivre que la mort qu’il porte.
 

Tableau de bord

  • Premier article le 06/06/2007
  • Modérateur depuis le 27/06/2007
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Derniers commentaires



  • ddacoudre ddacoudre 29 septembre 2007 17:20

    Bonjour citoyen.

    Tu as effectivement mis le doigt sur le fait que l’attente des citoyens n’est pas de faire face à la dangerosité de notre existence pour reculer une échéance mortelle que nous ne reconnaissons que par la maladie ou le vieillissement altération naturelle de nos cellules.

    Mais pour ce qui est de la mort et des blessures engendrées par nos comportements il en est tout autrement. Il fut un siècle ou notre ignorance nous faisait éliminer radicalement le fauteur de trouble, et nous étions si saut que le pouvoir entre les mains de faiseurs d’opinions ecclésiastique condamnait des animaux comme tu le rappelles. Nous pourrions penser qu’aujourd’hui devant la quantité phénoménale de connaissances dans tous les domaines, il puisse en être autrement. Or ce n’est pas à cela que l’on assiste mais à une forme d’intolérance, une forme de peur latente paranoïaque qui se conforte au travers de slogan comme « risque zéro, principe de précaution, droit d’ingérence, tribunal international des crimes contre l’humanité ». Une parenthèse (parfois je me pose la question de savoir si c’était les autres cultures qui nous les édictes est-ce que nous l’accepterions.)

    Et les découvertes des scientifiques ne nous confirmes aucune mesure nous permettant de pouvoir tout déterminer et donc que tous ces slogans dans leur acception se justifient.

    C’est l’inverse, ils disent que plus ils découvrent plus apparaissent des questions et plus apparaît la certitude d’avoir existence tant cosmique que biologique produite par un nombre de données si élevées qu’il doivent admettre que c’est le Hasard qui commende à notre destiné tellement il y a de données aléatoires (dont nous faisons des réalisations avec certaines). Sauf qu’au lieu de le donner à apprendre aux citoyens pour qu’ils accroissent leur potentiel réflexif, les faiseurs d’opinions utilisent les sciences et parfois les scientifiques comme des faire valoir attestant la crédibilité de leur assertions, la plupart du temps « théâtreuses » (dans le sens de mauvais comme journaleux).

    Il y a bien longtemps que Max Weber à dit que le crime n’est que social. Mais qui l’apprend ? Qui l’explique ? Cela ne justifie pas la nuisance à autrui, mais fait comprendre comment chacun de nous participe inconsciemment à sa construction. Que quelqu’un essaie d’expliquer (à quelque exception prés) que la victime à une coresponsabilité dans l’évènement survenu, cela ne se dit qu’entre professionnel.

    Alors que de part l’apprentissage sociétal qui est le notre et l’apprentissage technologique nous construisons plus largement tout ce dont nous nous plaignons y compris nos délits et crimes.

    Et encore je n’évoque pas ceux que nous ne qualifions pas comme tel parce que nous le pratiquons tous, la guerre, l’empoisonnement par pollution, la mal bouffe (je l’ai fait volontairement, mais je ne pense pas à Bovet, mais à tous ceux que nous tuons par l’excès de boissons, nourriture etc. Mais là nous sommes trop nombres alors nous nous contentons (heureusement) d’un commentaire civique.

    Alors pourquoi les autres crimes et délits qui sont tous autant social nous les traitons différemment.

    Pourquoi les faiseurs d’opinions développent l’intransigeance stupide plutôt que la protection lucide.

    Pourquoi ne donne ton la parole qu’a ceux-là ? (En cette question ne croyait pas en ma naïveté ce serait désolant).

    J’ai donc bien apprécié ton pavé dans la mare.

    Si demain les hommes veulent supprimer les pulsions, ils devraient commencer par les publicités qui s’appuient dessus. Car l’homme raisonnable fait parti des nombreuses tartes à la crème que nous nous « balançons » quand nous refusons de vouloir comprendre notre part de responsabilité d’acteur social.

    J’ai un jour essayé d’expliquer cela je te joins le commentaire sur ce sujet.

    Le Savoir impose d’apprendre ou d’essayer de comprendre ce que nous sommes avec notre agressivité parce que nous l’observons. « L’agressivité naturelle » est indispensable à la survie de toutes les espèces, dont la nôtre.

    La socialisation nous permet d’en définir différents concepts, de manière à pouvoir en bannir quelques-uns comme asociaux. Néanmoins, « l’agressivité » reste l’élément moteur, bien que socialisée et de ce fait acceptable. Maîtrisée durant l’évolution de nos aptitudes et de notre capacité cérébrale, elle a façonné l’homme et lui en retour son espace.

    Par « agressivité naturelle », j’entends la capacité d’action de l’homme d’inter agir sur lui-même, sur les autres, ainsi que sur toutes choses de son environnement, même si un jour il doit réorganiser son existence en ayant compris qu’il ne disposait d’aucun libre arbitre.

    Il impose de ce fait, contrainte, transformation ou destruction dans l’ignorance partielle du TOUT qu’il est, dans un TOUT plus grand que lui dont il est le semblable, l’univers. Il ne s’agit donc de ne pas confondre ici agressivité et violence.

    En effet, chaque Être ou sujet ou individu, n’est qu’un élément inséparable d’un ensemble, d’un Tout, que nous appelons l’espèce humaine. Elle-même étant contenue dans un ensemble plus grand dont elle est issue, l’univers. Elle ne peut donc qu’être régie par les mêmes lois qui ont construit l’univers, et qui ont donné naissance à des singularités, telle notre planète. Des lois que nous commençons à mieux cerner aux travers des sciences.

    A leurs sujets, Stephen Hawkins disait : « L’histoire des sciences tout entière n’est que la compréhension progressive du fait que les événements n’arrivent pas de manière arbitraire, mais qu’ils reflètent un certain ordre sous-jacent qui peut ou non, avoir été inspiré du divin ».

    Cette remarque est d’autant plus importante qu’elle s’applique à nous, elle s’applique au déroulement de notre existence. De telle manière que les événements de notre existence ne proviennent que des ordres (systèmes, organisations) qui les ont inspirés, et notre cerveau par la construction de son psychique en est un producteur efficace dans la représentation de ses affects à partir de la nécessité vitale fondatrice de se nourrir, s’accoupler et s’abriter.

    Partant de là l’agressivité prendra des nuances capables de répondre à toutes les éventualités de 0 à l’infini que nos schémas conceptualisés lui suggéreront, suivant la traduction et la représentation des informations que nos sens auront recueillies du monde, pour façonner les moyens de vivre ou s’entre-tuer.

    Ceci est d’autant plus important à préciser que nous essayons en permanence de réduire l’éventualité de s’entre-tuer, et nous regardons l’agressivité comme nécessité naturelle motivée par la frustration, ou bien dans une approche morale, comme la nocivité, le méfait, le crime qui se justifie quand l’homme est un loup pour l’homme, le contraire de la bienveillance dans un idéal d’amour ou d’harmonie sociale.

    Pour en saisir toutes les nuances il nous faudrait avoir accès à l’infini, un infini pour lequel nous n’avons ni de départ ni d’arrivée, mais qui au lieu de nous décourager doit nous permettre de comprendre éventuellement : que, si depuis 2000, voire 3000 ans ou plus nous appliquons toujours les mêmes principes punitifs ou méritocratiques sans résultat, qui souvent s’apparente à de la persécution , il serait peut-être temps de s’interroger. Donc la capacité d’agressivité ne doit pas être prise comme seulement l’expression de violence, mais en un sens plus générique qui est la capacité d’agir pour aller prendre chez l’autre (son alter ego et le monde) ce qu’il vous donne afin d’exister quelles qu’en soient les motivations.

    L‘Homme n’est donc pas irrévocablement un être violent. Il est lui-même la construction d’un amalgame d’informations ordonnées qui ont élaboré son psychique ; mais il a la difficile responsabilité à partir de celui-ci, de quantifier et qualifier les informations qu’il perçoit dans l’ignorance la plus totale du monde objectif, en bâtissant au fil des millénaires l’image de ce qu’il a pu comprendre de lui et du monde. Et ce n’est qu’à partir des définitions qu’il leur donne qu’il est en mesure de transformer une agressivité innovatrice en violence mortelle intra espèce en l’absence d’un inhibiteur inné.

    Donc l’information est capitale pour l’homme, et traiter l’information oblige d’apprendre, d’apprendre en permanence, sinon on la subit. Nous la subissons dans toutes les formes imparfaites et barbares dans lesquelles nous la figeons en nous croyant possesseur de la compréhension ultime. De ce fait nous faisons en permanence le procès de l’Homme, au lieu de celui de sa construction psychique, même si celle-ci porte un nom par acteur, tout en n’ayant jamais appris à cet acteur comment fonctionnait un organe aussi essentiel que son cerveau, avec lequel il allait devoir passer sa vie.

    Dans notre monde, le traitement moderne de l’information ou de la désinformation, occupe une place quotidienne à tel point, qu’il est apparu des experts et spécialistes en traitement, de la communication, de l’image (pour l’essentiel la presse écrite et audio- visuelle), informations qui, à moins d’être un ermite nous atteint. Ainsi, toutes ces informations, et le langage qui les véhicule, façonnent le raisonnement et le comportement individuel, et elles sont parties intégrantes de nos échanges journaliers.

    Nous faisons donc au quotidien sous notre seul arbitraire un échange d’informations croisées, qui en dehors d’une structure d’enseignement didactique s’appelle la conversation.

    S’il en a été ainsi, et en sera ainsi quelles que soient les diverses formes sous lesquelles se diffuseront les informations, celles médiatiques ne rencontrent pas de contrepoids ou pouvoir, si ce n’est celui de leurs propres controverses.

    En règle générale, ces informations médiatiques constituent une information descendante qui, si elle se nourrit des manifestations d’opinions collectives ou individuelles exprimées (le vote, les sondages d’opinions, les porte-parole de groupements associatifs, les manifestations populaires sporadiques, et tout événement), cette information descendante s’impose par sa quotidienneté et est subie, en l’absence de droit de réponse (les types d’informations inters actives sont rares et ne peuvent être que sélectives, du fait de la loi des nombres).

    Elles sont donc souvent prises à tort comme représentant la réalité sociale, politique et économique d’un « effet loupe » qui se répand, et donne tout son poids aux médias.

    De ce fait dans ce « marché de l’esprit », si je peux me permettre de l’appeler ainsi, la variété et la crédibilité de l’information s’atrophient malgré une liberté acquise. Le commentateur, faiseur d’opinion, a pris de l’ampleur pour le meilleur ou le pire, car il est à but lucratif, et il doit d’abord se vendre, tandis que le rôle de l’auditeur ou du lecteur se réduit presque exclusivement à celui de répétiteur (pour plaire à Socrate). L’Homme moderne répète et ne prend jamais le temps de s’interroger de l’intérieur, d’autres cultures disent méditer.

    Cordialement.



  • ddacoudre ddacoudre 29 septembre 2007 02:12

    Bonjour denisep

    Serais-tu le seul à croire que le modèle libéral existe en dehors du concept publicitaire que n’applique même pas ceux qui en sont les champions, les USA.

    Enfin de quel modèle libéral tu parles, car il y en a bon nombre d’approche.

    Maintenant que tu te sois rendu compte tardivement que, l’UDR puis le RPR ensuite UMP sont des écuries présidentielles, c’est un peu décevant si tu avais une vision naïve de la politique.

    Si par chance tu es chef d’entreprise il y a la possibilité de milité professionnellement au MEDEF, mais ils ont une approche du libéralisme qui t’as choqué quand tu l’as entendu dans la bouche de Sarkozy.

    Cordialement mais tu peux regarder du coté de Tocqueville. « Je suis tenté de croire que ce qu’on appelle les institutions nécessaires ne sont souvent que les institutions auxquelles on est accoutumé ».



  • ddacoudre ddacoudre 29 septembre 2007 01:46

    Bonjour non 666 tu as fait un tabac avec ton commentaire.

    Caricatural, concis et dramatique, car dans la suite logique de ce que tu écris les perspectives en seront tragiques. Lorsqu’un état n’a plus d’idéal à débattre il passe son temps à s’entre déchirer ou le passe sur le dos de boucs émissaires. Il cherche alors des responsables à ses maux dont il est l’auteur par des mots qui l’organise et s’ouvre en toute inconscience des portes vers des requiems pour la démocratie.

    Cordialement.



  • ddacoudre ddacoudre 29 septembre 2007 01:18

    Bonjour JP.

    Sans être un spécialiste il y a parfois le bon sens qui s’exprime comme tu le fait quand l’on a pas le cerveau englué dans les dogmes.

    Souvent les psychiatre disent que nous ne savons pas ce qui est la norme, hormis que les pratiques majoritaires s’imposent aux autres jusqu’à ce que ces autres puissent devenir un fait majoritaire.

    Pourquoi pas faire la comparaison entre l’entreprise et l’état.

    Sauf l’entreprise dépend du code du commerce et l’État de la constitution française.

    Sauf que l’entreprise est contenue dans l’État et non l’inverse.

    Sauf que l’entreprise est une organisation totalitaire et notre État une démocratie.

    Sauf que l’entreprise à pour but une production, l’État celui d’organiser la sociabilité humaine.

    Sauf que l’entreprise vise à enrichir ses propriétaires, l’état doit veiller et organiser s’il le faut la subsistance des citoyens qui le compose.

    Sauf que l’entreprise rend un bilan, l’état les comptes de la nation, (si l’on veut faire une comparaison il faut faire des équivalences)

    Sauf que l’entreprise en liquidation licencie son personnel, et je ne crois pas les citoyens assez cons pour se mettre à la porte de l’Etat qu’ils composent, ils iraient où ?

    Il y a une chose qui est passé inaperçu aux yeux des français et même des commentateurs politiques qui ne font la plupart que dans les ragots, c’est le changement d’acronymes du CNPF en MEDEF. Ainsi le CNPF (acronyme) est devenu MEDEF. Le Conseil du Patronat français, terminologie dans laquelle s’affirme le poids de l’autorité de celui qui commande dans son seul intérêt (image péjorative du profit), a opté pour une image plus fluide et moderne : Le Mouvement des Entreprises de France. Cette idée de mouvement signifie : nous sommes agissants, nous faisons vivre les entreprises qui vous emploient (sous-entendu ses dirigeants), les entreprises agissent (sous-entendu la structure collective), mais elle signifie également beaucoup plus que cela. En effet, la captation par l’entreprise du mot mouvement a une connotation sociologiquement importante, celle d’entreprise collective visant à établir un nouvel ordre de vie. Cette idée veut dire aussi, nous sommes cela. Cette vision de l’entreprise beaucoup plus dynamique dilue, dans l’intérêt collectif de l’entreprise qu’affirment les caractéristiques de la Société Anonyme, la notion de profit personnel. Ainsi, à partir du sigle CNPF, qui est le reflet d’une organisation corporatiste, défendant ses intérêts particuliers, nous passons au sigle MEDEF qui affiche une volonté de développer son ordre de vie. Dans cette logique des candidats du MEDEF se présenteront un jour au suffrage universel. Je reconnais qu’ils ont trouvé leurs hommes.

    je te joins ci-dessous un article qui va dans ton sens et qu’agora n’a pas juger bon de diffuser.

    Le premier ministre ou un lapsus révélateur.

    A vouloir n’élire que de grands argentiers ils finiront par réduire la France et les français à une ligne comptable. Et comme elle est donné déficitaire il va nous falloir procéder à l’élection d’un liquidateur (démocratie oblige), voire trouver un tribunal des comptes publics au dessus du peuple pour mettre l’état français en vente, où ?

    Car pour trouver un acheteur cela est possible surtout au franc symbolique. Au moins nous aurions bien une entreprise France, le parlement deviendrait le comité d’entreprise, le gouvernement CHSCT , le président le délégué syndical et le sénat fera office de délégués du personnel .

    Aussi, je comprendrais mal que l’on vienne dire au nom de l’entreprise, que les hommes n’ont pas le droit de développer une autre source de richesse en dehors d’elle. Néanmoins, je comprends que les détenteurs du pouvoir économique disent qu’ils n’entendent pas le partager, car « l’entreprise » est aussi une arme, une arme de conquêtes.

    Si bien que, c’est une décision politique qui intervient toujours, sauf qu’aujourd’hui les hommes politiques ne jurent que par l’entreprise d’où la démonstration du premier ministre.

    L’entreprise n’emploiera du personnel que si elle y trouve un intérêt, et c’est bien qu’elle fonctionne ainsi ; l’entreprise n’a pas pour finalité de donner du travail, mais de produire des biens et des services. C’est aux hommes à se trouver une autre source de revenu ou modifier le système monétaire. C’est à eux de s’interroger sur leur devenir, pas à l’entreprise. Encore faudrait-il que dans leurs majorité ils connaissent les mécanismes de l’économie qu’ils génèrent consciemment ou de fait, et ne pas prendre des relatives pour des valeurs absolues ou réelles. Sauf ce n’est pas cela que pensent les français. Les Français attendent de l’Entreprise, considération, restauration de liens sociaux par la convivialité et qu’elle invente des solutions aux problèmes contemporains (enquête CCA 1999).

    L’organisation économique ne peut qualifier ce que nous sommes, elle n’est qu’un moyen de parvenir à la réalisation, à la production, et à la satisfaction de nos besoins et désirs humains. Mais c’est l’activité économique qui génère les aptitudes nécessaires à la production d’un produit et autres services. Ces aptitudes deviendront des métiers et des filières professionnelles que l’école enseignera, mais elle n’a pas pour rôle d’être le pourvoyeur d’esclaves du monde du travail, ni d’enseigner cette tarte à la crème qu’est l’esprit d’entreprise.

    A se répéter que seul le privé est performant, faisons l’effort d’imaginer une telle situation. Nous en arriverions rapidement, à considérer les vicissitudes de l’existence comme des charges à bannir, et ceux qui les subissent avec, c’est à dire rejeter tout ce qui fait de nous des humains fragiles, mortels, et non pas des androïdes parfaitement huilés qui conviendraient mieux pour une rentabilité maximale. Dans l’économie nous en sommes arrivés, à considérer toutes interventions de l’État citoyen comme parasitaire, et considérer la revendication collective comme inopportune, parce qu’elle contrarie notre quotidien discipliné. Dans cet ordre d’idée, celle de gérer la société comme une entreprise est souvent avancée. C’est sous une certaine forme la reconnaissance de l’aptitude des dirigeants d’entreprises. Pourquoi pas ? Mais les inaptes, les incompétent, les licenciés, les « en trop », nous les rejetterions à la mer ? Un jour j’ai osé dire dans une réunion qui m’excédait, si nous irions jusqu’à créer des fours crématoires pour ces « en trop », le silence de mort qui s’en suivit fut éloquent. Certes en disant cela, seulement pour dire qu’il y a des limites à la comptabilisation de l’existence, je voulais signifier au travers de cet épisode dramatique que son enseignement doit dépasser le seul cadre dans lequel il s’est exercé ; et que notre aptitude à écarter ce qui nous paraît hostile au fonctionnement d’une organisation systémique, peut nous entraîner vers des choix de solutions radicales. En effet, dans l’organisation économique nous avons besoin de repères et d’ordres de grandeur, mais quelles que soient les constructions abstraites que nous bâtiront pour cela, elles ne peuvent tenir lieu de finalité, car elles ne seront jamais une finalité.

    C’est en cela que la comparaison du premier ministre est une énorme bêtise qui en dit long et qui entraîne de ce fait le président dans son sillage car il disait deux jours plutôt tout ce qui les unissaient. Mais pour le président nous le savions il l’avait déclaré au MEDEF

    Je crois que nous oublions toujours que l’homme culturel que nous avons développé n’est pas une espèce démocratique, sur ce que nous connaissons de son histoire. L’exigence de vivre en commun n’emporte pas la démocratie de fait, même dans une démocratie. En conséquence de quoi, il est peu probable que ses organisations le seront, même si elles en portent le nom.

    C’est pour cela que l’entreprise n’est pas une organisation démocratique non plus, et qu’il persiste une confusion entre liberté d’entreprendre, et celle d’exploiter son semblable, l’une n’entraînant pas obligatoirement l’autre, le tout dépend des règles que nous instituons.

    La démocratie emporte de fait que les citoyens aient une connaissance avertie du fonctionnement de l’ensemble de ses relations socio-économiques.

    Or, dans nos sociétés la plupart du temps ils n’en ont qu’une connaissance caricaturale qui se rapproche plus du slogan publicitaire, car il n’y a pas d’éducation générale en ce sens, de manière que, pour l’image, pourvu que le slogan du flacon qu’on leur vend soit beau, peu importe qu’à l’intérieur il y ait de la piquette.

    De telle manière que tous nos républicains fiers de leur slogan, n’ont oublié qu’une chose c’est que la république a fondé ses bases sur l’éducation émancipatrice. Nous n’oublions pas de dire aussi que le mot « liberté » sous-entend un choix. Or en économie il n’y en a pas, puisqu’il n’y a qu’une seule source de richesse, la production de biens et de services.

    Une richesse dont le détenteur fera un usage égoïste, ce qui permet de comprendre que les postulants à cette richesse se référent si souvent aux services de l’État citoyen comme régulateur ou au contrat pour se la répartir.

    Un contrat qui n’a de valeur que s’il est en mesure d’opposer au pouvoir financier, un pouvoir de classe, parfois tout aussi égoïste, car le contrat de gré à gré dans le domaine des relations salariales n’est qu’une duperie, parce qu’il ne peut pas à lui tout seul être un contrepoids au pouvoir financier. C’est pour cela que le contrat collectif est le plus capable de prendre en compte des intérêts communs ou corporatistes, et fixer des seuils à partir desquels le contrat de gré à gré, acquiert une réelle valeur. En conséquence, le choix des instruments de mesure qui vont réguler les intérêts égoïstes de l’entreprise et des citoyens, et qui les édite, revêt tout son importance pour se répartir ou créer la richesse donnant à la société civile et à l’État citoyen « la liberté d’agir », faute de quoi leur insuffisance ou leur disparition est un danger pour la démocratie.

    Cette insuffisance pousse les citoyens à la tendance actuelle à réclamer la suppression des impôts ou des prélèvements en direction de État, tout en lui réclamant des services, des aides, et des solutions aux phénomènes d’exclusions, cela en lui ayant restreint sa capacité d’action par le budget.

    D’une certaine façon nous organisons l’impuissance de l’État et nous nous plaignons d’elle, sauf pour le tenant d’un néolibéralisme pour lequel ce choix est conscient.

    Et c’est dans ce choix que nous sommes durablement installé et la confusion est-elle que le premier ministre compare allégrement l’ÉTAT et l’entreprise comme les citoyens confondent leur budget familial et les comptes de la nation.

    Ainsi, des mots s’imposent dans d’autres domaines que ceux pour lesquels ils ont été élaborés.

    Par exemple le mot santé qualifie aujourd’hui aussi bien la santé humaine que celle d’une entreprise, un schéma abstrait ou une construction structurelle.

    Et ceci n’est pas insignifiant quand nous savons que le langage conditionne notre pensée. Que nous pouvons par lui nous tuer ou vivre, nous soigner ou nous rendre malade, prospérer ou dépérir. Nous risquons de ne plus distinguer ce qui est essentiel à ne pas exercer une distinction, et banaliser, étendre l’usage de certains mots comme celui aussi important que « vivre » pour désigner aussi bien la vie biologique que celle d’instruments inertes.

    C’est ainsi que nous entendons aussi bien parler de morts d’entreprises, là où, il n’y a que des faillites. Et de faillite la ou il n’y a qu’un déficit car l’actif de l’Etat n’est pas évalué. C’est inquiétant de voir nos dirigeant duper en permanence les citoyens cela ne préjuge rien de bon.

    Cordialement.



  • ddacoudre ddacoudre 29 septembre 2007 01:04

    Bonjour céphale.

    Souvent les psychiatre disent que nous ne savons pas ce qui est la norme, hormis que les pratiques majoritaires s’imposent aux autres jusqu’à ce que ces autres puissent devenir un fait majoritaire.

    Pourquoi pas faire la comparaison entre l’entreprise et l’état.

    Sauf l’entreprise dépend du code du commerce et l’État de la constitution française. Sauf que l’entreprise est contenue dans l’État et non l’inverse. Sauf que l’entreprise est une organisation totalitaire et notre État une démocratie. Sauf que l’entreprise à pour but une production, l’État celui d’organiser la sociabilité humaine. Sauf que l’entreprise vise à enrichir ses propriétaires, l’état doit veiller et organiser s’il le faut la subsistance des citoyens qui le compose. L’entreprise rend un bilan, l’état les comptes de la nation, (si l’on veut faire une comparaison il faut faire des équivalences) Sauf que l’entreprise en liquidation licencie son personnel, et je ne crois pas les citoyens assez cons pour se mettre à la porte de l’Etat qu’ils composent, ils iraient où ? Ce en quoi ton commentaire est juste.

    Il y a une chose qui est passé inaperçu aux yeux des français et même des commentateurs politiques qui ne font la plupart que dans les ragots, c’est le changement d’acronymes du CNPF en MEDEF.

    Ainsi le CNPF (acronyme) est devenu MEDEF. Le Conseil du Patronat français, terminologie dans laquelle s’affirme le poids de l’autorité de celui qui commande dans son seul intérêt (image péjorative du profit), a opté pour une image plus fluide et moderne : Le Mouvement des Entreprises de France.

    Cette idée de mouvement signifie : nous sommes agissants, nous faisons vivre les entreprises qui vous emploient (sous-entendu ses dirigeants), les entreprises agissent (sous-entendu la structure collective), mais elle signifie également beaucoup plus que cela. En effet, la captation par l’entreprise du mot mouvement a une connotation sociologiquement importante, celle d’entreprise collective visant à établir un nouvel ordre de vie.

    Cette idée veut dire aussi, nous sommes cela. Cette vision de l’entreprise beaucoup plus dynamique dilue, dans l’intérêt collectif de l’entreprise qu’affirment les caractéristiques de la Société Anonyme, la notion de profit personnel. Ainsi, à partir du sigle CNPF, qui est le reflet d’une organisation corporatiste, défendant ses intérêts particuliers, nous passons au sigle MEDEF qui affiche une volonté de développer son ordre de vie. Dans cette logique des candidats du MEDEF se présenteront un jour au suffrage universel.

    Je reconnais qu’ils ont trouvé leurs hommes.

    Cordialement.

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