Je corrige un peu : même si il y a des modifications physiologiques, ce ne sont pas elles qui entravent l’apprentissage des langues après l’enfance sur le plan phonétique, c’est plutôt la difficulté de maitriser de nouveaux mécanismes moteurs aussi bien que de différencier des sons non habituels.
Analogie : dans votre environnement vous avez plusieurs sortes de gris, vous pouvez les distinguer et les nommer tous, mais pour quelqu’un qui vit dans un autre paysage, il ne verra qu’une seule couleur.
Appliqué aux langues : si vous n’avez pas appris jeune à distinguer deux voyelles, comme (approximativement) le i et le u en japonais, vous ne parviendrez pas plus tard à les distinguer ni à les exprimer, de même une lettre inexistante dans votre langue maternelle, ce n’est pas impossible, mais ça revient à modifier vos schémas d’analyse et d’expression ou être capable de les étendre, comme si vous appreniez à marcher de différentes façons sans problème, en plus de votre manière habituelle de marcher.
On sait aussi que les connexions neuronales des jeunes enfants vont dans tous les sens, ensuite elles se spécialisent et se réduisent (certaines drogues font le même effet).
@Decouz sans parler de fréquences ou de mesures précises, on reconnait ou on peut identifier une langue à l’écoute, sans la comprendre ou la parler, sans doute on perçoit spontanément les rythmes ou la présence statistique de telles ou telles sonorités.
@skirlet la phonologie est une spécialisation, il y a des appareils de mesure, idem pour l’étude des timbres. Il me semble que Tomatis avait raison sur un point : l’influence des conditions locales, ce qu’il appelle les impédences, la réaction acoustique du milieu, pression atmosphérique, forêt ou plaine etc influenceraient, pour cela différents mots issus du latin seraient automatiquement prononcés différemment en anglais, et l’anglais américain aurait une nasalisation proche de la nasalisation des langues indiennes. L’aspect intellectuel, structurel de la langue peut être transposé tel quel, mais tout ce qui touche à l’action corporelle est plus ou moins influencé par le milieu.
@skirlet larynx plus souple, cordes vocales plus courtes et fines, après descente du larynx (plus chez les garçons), ossification, cavités de résonances changent, moins de souplesse (pas impossibilité mais les automatismes sont aussi installés, ils peuvent rendre difficile l’apprentissage de lettres non habituelles. Aussi : un enfant peut entendre des sons très aigus et plus graves, mais là c’est une limite de détection (d’où les appareils pour éloigner les adolescents). Il y a aussi un changement dans les circuits cérébraux (pas rédhibitoire absolument mais peut décourager si pas de motivation).
Le cas de l’allemand est emblématique, l’Allemagne et la France sont en couple parait-t-il, mais c’est l’anglais partout aussi bien en France qu’en Allemagne, et d’ailleurs sur le plan culturel européen c’est pareil pour tous les pays, on ne connait pas les chanteurs, écrivains, films populaires en Espagne ou en Italie, il n’y a pas de communication entre les pays tout passe par l’anglais et la culture américaine, de même les traduction automatiques fonctionnent à partir de l’anglais comme matrice.