Je viens de lire « Les clefs de St Pierre » de Peyrefitte, rien de scandaleux, gentiment satirique, il a enlevé un chapitre qui devait porter sur l’homosexualité, toujours très bien renseigné comme d’habitude dans ses romans qui sont plutôt des reportages romancés, avec souvent les noms réels des acteurs. L’histoire se passe au temps de Pie XII, avant Vatican II donc. Un chapitre savoureux : le compte-rendu d’une congrégation de Monseigneurs, Eminentissimes et Révérentissimes, qui doivent statuer sur une demande de remise en vigueur du culte du Saint Prépuce, pour le bénéfice d’un église isolée qui dit posséder cet objet sacré, un des problèmes comme pour d’autres reliques étant la multiplication de tels restes, sans qu’il soit facile de trier entre les vrais et les faux. Le résultat de la consultation : il demeure interdit sous peine d’excommunication de parler ou d’écrire au sujet du St Prépuce sans autorisation, excommunication réservée au Saint Siège, qui passe de la catégorie « speciali » à « specialissimo ». De plus les contrevenants seront classés dans la catégorie mineure « infâmes tolérés », en cas d’endurcissement dans la catégorie « infâmes à éviter ».
En ce qui concerne les différentes indulgences attachées à telle ou telle visite, les compétitions entre les congrégations pour promouvoir leurs saints respectifs ou les grâces attachées à tel ou tel objet, les rivalités de personnes, la minutie du rituel qui n’a rien à envier au judaisme ou à l’islam (tellement complexe que les cardinaux ont auprès d’eux un assistant qui leur souffle les gestes appropriés) etc, je ne sais pas ce qui a été éliminé ou simplifié lors du Concile.
Enfant j’ai été harcelé et harceleur même si c’était par suivisme ou passivité, et nous harcelions les professeurs et surveillants chez lesquels nous percevions des faiblesses. Ce n’était pas l’exemple des adultes, mais les rapports entre enfants sont des rapports de pouvoirs aussi, et de violence souvent.
"Son livre se compose d’une dizaine de chapitres imbriqués les uns aux
autres au service d’une démonstration implacable qui ne peut
qu’interroger le citoyen. Elle se résume schématiquement de la façon
suivante : 1. La France a désormais une armée sans moyens adéquats pour
remplir ses missions 2. Pourtant elle doit faire face à un nombre accru
de menaces et d’ennemis qui ne peuvent être vaincus que sur le long
terme 3. La France est seule en réalité avec une Europe aux abonnés
absents en matière de défense et des Etats-Unis qui pensent d’abord à
leurs propres intérêts stratégiques 4. Les armées françaises sont
fortement déconsidérées par le pouvoir politique alors qu’elles
constituent un pilier de la Nation et qu’investir dans son industrie (cf
« cœur de souveraineté industrielle ») est positif d’un point de vue
financier tout en assurant une autonomie stratégique 5. La Grande muette
porte malheureusement trop bien son nom et son manque d’expression
laisse croire qu’elle peut supporter toujours plus les limites alors que
les armées françaises sont au bord de la rupture."