J’en profite pour te répondre sur un autre point : tu as dit ailleurs que les juifs n’avaient pas volé mais acheté donum par donum leur terre. Je ne réponds que sur ce point des achats et non sur les expropriations de force pendant et après la guerre et sur l"interdiction qui a été faite aux paysans de retourner sur leurs propriétés, leurs villages ayant d’ailleurs été rasés et pillés.
Achetés, oui, mais à qui et dans quelles conditions ?
D’abord le financement : disons pour simplifier le Fonds National Juif.
A qui ? C’est là que ça se complique. Les Ottomans avaient fait un certain temps auparavant un recensement en demandant aux propriétaires de se signaler pour faire une sorte de cadastre, il n’y en avait pas car du fait du droit islamique (ou simplement selon les coutumes régionales ) la propriété individuelle n’existait pas, ou restreinte ; existaient d’autres formes, collectives, en plus il y avait le nomadisme et les droits de passage.
Mais les Palestiniens ayant peur d’être soumis à la conscription et aux impôts ne se sont pas déclarés, d’autres en ont profité à leur place, des riches de Damas et du Liban, qui n’avaient pas de contact réel avec le pays, mais plus malins ils en ont profité pour revendiquer la propriété et ce sont ensuite eux qui ont vendu au Fonds National Juif les terres sur lesquelles vivaient et travaillaient les paysans palestiniens.
Dans les conditions il y avait aussi ceci : une terre achetée pour les Juifs ne devait plus jamais être revendue à un Palestinien.
Certes les résistants français ne s’en prenaient pas aux civils allemands, mais il n’y avait pas de civils allemands en France ou très peu, par contre si une Française avait été déshonorée publiquement ou perdue toute sa famille dans des bombardements comme cela arrive en Palestine, elle aurait bien pu par vengeance tuer des civils allemands si elle en avait eu l’occasion.
D’autre part les bombardements alliés, et il y avait des aviateurs français dans les équipages, à partir d’un certain moment ont bombardé sciemment et indistinctement des quartiers habités par des civils, on ne faisait plus dans le détail, il fallait briser le moral de la population quel qu’en soit le prix et peu importait les méthodes.
« La souffrance du Palestinien est-elle d’une nature différente de celle du chrétien ? »
Sans doute pas celle du Palestinien chrétien qui se sent totalement solidaire de ses frères, qui est victime comme eux de la situation, qui la dénonce et la combat, et qui se définit comme « chrétien, israélien et palestinien ».
Regardez les positions de l’Eglise locale, le Patriarcat latin de Jérusalem.
Quand je dis « pratiquent à la fois », ce n’est pas qu’il y a d’un coté les scientifiques modernes et positivistes et de l’autre les guérisseurs, mais qu’officiellement, dans les hôpitaux par exemple, les deux approches sont admises et pratiquées, donc les deux sont considérées comme efficaces, sans doute à voir selon les pathologies.
Vous connaissez les livres de Van Cauwelaert, les deux « dictionnaires de l’impossible » ? Cauwelaert n’est pas particulièrement croyant, mais il s’intéresse à tout ce que la science ne peut expliquer, dont les « miracles » ou guérisons inexpliquées, aux scientifiques originaux, en dehors des clous ou ouverts à d’autres perspectives. Les Chinois et les Indiens pratiquent à la fois la médecine moderne et leur médecine traditionnelle.