Les banques ne prêtent pas leurs petites économies. Elles créent l’argent au moment où elles consentent le prêt. Privatiser la Grèce revient à échanger des richesses réelles appartenant au peuple contre de l’argent qui n’existait pas l’instant d’avant. Les banques sont ainsi de puissants instruments de dépossession. Le peuple grec n’a pas à vendre ses îles et à vivre dans la misère parce que des conseillers bancaires ont inspiré son gouvernement et que des agences de notation ont fixé le montant du racket. A noter que les Grecs qui ont été floués par leur gouvernement ont encore le plaisir de s’entendre traiter de fainéants. Si demain les banques s’attaquent à la France le prétexte est trouvé déjà pour l’austérité : le peuple français est fainéant depuis les 35 heures, musique que l’on commençait à entendre il y a peu.
Les banques créent effectivement des trous dans les pays de la zone euro et tendent le chapeau par en dessous. Au prétexte de sauver les Grecs on remplit le chapeau. Bonne remarque dans la vidéo sur la fascinante inversion du langage constatée chaque jour dans les médias. Le pouvoir passe par la maîtrise du langage. Ainsi propose t-on comme équivalents : sauver la Grèce/enrichir les banques au moyen de la dette grecque sauver les retraites/les donner au privé répandre la démocratie/asservir les pays non alignés liberté du travail/ évacuation du droit du travail etc.
Se demander ce que DSK a fait / n’a pas fait dans cette chambre concerne la justice, les tabloids et les lecteurs de tabloids. Ceux qui pensent que la justice américaine protège mieux le faible que la justice française ont acquis cette conviction en regardant les productions d’Hollywood. Il est bien plus intéressant de se demander pourquoi DSK a déplu et pourquoi cette affaire a été montée / n’a pas été étouffée - quelque opinion que l’on ait sur DSK ou sur le FMI. Bon article.