Hurlevent, vous êtes donc bien d’accord avec moi que ce n’est pas la SNCF qui s’adapte aux voyageurs, mais que c’est aux voyageurs (pardon, "clients") de s’adapter à la SNCF.
Pour être un adepte du train depuis bien lontemps, je peux vous affirmer qu’avant tout ce délire marketing, les gens qui décidaient de voyager en train choisissaient eux mêmes d’éviter les moments de pointe, et si ce n’était pas possible, réservaient leur place ou choisissaient de prendre le risque de voyager debout...
C’était le bon vieux temps pendant lequel chaque train Corail disposait d’un fourgon (un demi-wagon mi fourgon mi compartiment) ou chacun pouvait mettre ses bagages encombrant sans suplément, et pendant lequel les horaires étaient simples et aisément consultables. Les gens qui voyageaient souvent achetaient des abonnement ou des cartes demi-tarif. Tout était simple et clair. Des trains étaient des omnibus s’arrêtant à beaucoup de gares, d’autres étaient des express, on était pas débile, on appelait pas Théoz un express avec réservation obligatoire, on savait soit même le train qu’on prenait.... et on payait au km.
Aux moments de pointe (départs en vacance, perme des militaires, week end...) on rajoutait une rame ou des trains supplémentaire...
Bref, c’était le bon temps, pas si vieux (je suis trentenaire) quand la SNCF était un service publique et ne se mélait pas de "concurrencer" la voiture ou l’avion...
La Suisse qui n’a pas de lobby automobile, et possède donc un service public de transport absolument remarquable. Allez dans la gare de Genève et regardez tout les départs de trains réguliers pour à peu près partout en Suisse, un peu cher, mais on peu acheter pour un prix relativement modique une carte d’abonnement annuelle qui couvre tout le territoire, bus, train, bateau. Mais c’est vrai qu’on préfère délirer sur la concurrence qui réajusterait automatiquement tout et n’importe quoi, en "diversiant l’offre" pour créer des concurrences sur les mêmes trajets, plutôt que de satisfaire des besoins évidents et de plus en plus criants.
La SNCF est tombée entre les pattes des idiots de marché. D’où des recettes toutes faites des écoles de commerces appliquées n’importe où n’importe comment. La panassée universelle pour les marketingolâtre, c’est la diversification de l’offre.
Ces idiots diversiffient l’offre pour soit-disant acroitre la fréquentation, en multipliants des tarifs et des modalités de transport , le tout affublés de noms complètement débiles qui ne veulent rien dire (je t’en foutrait du "Theoz", "Linéa", "idtgv"... combien ça a couté ces noms débiles ?).
Plus d’offre = plus de demande, pour un cerveau formaté au bolshévisme de marché. Dans le monde réel, c’est souvent le contraire, mais la secte libérale, de Turgot à Friedmann, n’a jamais su quoi faire du monde réel...
Donc, dans le monde réel, ce n’est pas ce qu’il se passe. Les gens veulent juste voyager d’un point à un autre pour un prix raisonnable et dans de bonnes conditions, et c’est tout. Cette multiplication des offres devient une contrainte, auquel le voyageur (la demande) est sommé de s’adapter, puisque dans le monde réel, dans 99% des cas, on a choisit de prendre le train AVANT de rechercher des horaires et de s’engouffre dans la jungle tarifaire... je concède qu’il doit y avoir quelques cas exceptionnelles de gens qui prennent le train pour profiter d’une promotion, mais c’est assez marginal.
Ayant renoncé volontairement depuis longtemps à la voiture, j’en ai vraiment plein le dos de la SNCF marketingisée : impossibilité de trouver des grilles horaires téléchargeables en ligne, sauf pour les TER (probablement pour forcer les voyageurs à réserver leur billet en ligne), les logiciels informatiques qui ne "voient" pas tout les trains (ce dont on peut s’apercevoir aisément losque l’on se déplace dans une gare pour prendre des grilles horaires... parce qu’elles existent !), et notamment ne "voient" pas les correspondances entre TER lorsque l’on change de région, multiplication tarifaire débile à laquelle personne ne comprend rien, obligation de payer son transport de vélo lorsqu’on ne prend pas de TER, mais impossibilité de payer ce suplément en ligne, etc, j’en passe et des meilleurs...
Traroth, Khodorovsky est un mauvais exemple. Sa place est bel et bien au gnouf. D’autres de la même trempe et plus malin ont quitté le pays avant d’avoir des ennuis (Gadémak, Beresovsky...). Je ne vois pas bien comment ont peut critiquer la Russie de Poutine (criticable, assurément) sous cet angle là.
Je partage souvent les l’avis de Sisyphe, mais pas sur ce commentaire.
Je suis venu à bout de l’Archipel du Goulag (et même de la Roue Rouge), un grand livre. J’ai lu aussi "Une journée d’Ivan Dénissovitch".
Mais se ne sont pas ses meilleurs oeuvres, d’un point de vu littéraire. Il faut absolument lire "Le Pavillon des Cancéreux" et le "Premier Cercle" (complètement dévoyé par un téléfilm dans lequel les prémisses même de l’histoire sont changées)... Deux oeuvres magistrales et superbes. "La Roue Rouge", monumentale, est contaminée par des personnages stéréotipés qui reflètent les a priori de l’auteur. Littérairement moins réussie, mais loin d’être inintéressante et dépourvue de talent.
Un contestataire devenu un réac passéiste, sûrement, un grand écrivain, sûrement aussi. Exactement le même parcours politique que Dostoïevsky, finalement. Qui critiquerait les opinions politiques de Dostoïevsky ?
Les écris politiques de Soljénistyne, souvent douteux, c’est certains, masquent la réelle qualité de son oeuvre littéraire.