Le problème, c’est que l’on écrit pas comme on parle. Bien souvent, plus ou moins consciemment, quelqu’un qui s’exprime oralement le fera de façon à lever les éventuelles ambigütés grammaticales ou homonymiques, soit en choisissant ses mots, soit en les précisants.
Par écrit, ce n’est pas le cas. Abolir ou limiter l’ortographe grammatical rendrait une foule de texte incompréhensible !
Exemple bateau :
"Les lapins s’étaient enfuis dés qu’on avait ouvert la porte", ou bien :
"Les lapin s’étaient enfuis, des cons avaient ouvert la porte".
Si un étranger prononce mal un mot français parce qu’il le prononce comme il est écrit, il sera compris, car tout le monde connaît la graphie des mots communs, et les exceptions sont en général des mots très communs. Donc, il n’y a jamais d’ambigüté.
On peut dire que globalement, la graphie du français suit sa phonétique. Un étranger qui se trompe sera compris de tous parce que globalement les règles sont respectées et connues de tous, plus ou moins consciemment(*).
C’est très, très loin d’être le cas en anglais. D’où la pertinence d’utiliser la fameuse "méthode globale" pour apprendre à lire un enfant anglophone. J’ai de très sérieux doutes sur cette méthode appliquée à des enfants francophone ou germanophone (et je ne suis pas le seul, apparemment(*)).
(*)Femme n’est pas une exception : emme se prononce le plus souvent "ame", avec quelques exceptions...
D’ailleurs, il est très curieux que les anglophones ne parlent jamais de réformer leur orthographe (du moins à ma connaissance), parce que leur langue écrite commence à avoir autant de raport avec leur langue parlée que la langue chinoise avec ses idéogrames. Je me demande si on peut encore dire que l’anglais s’écrit avec un alphabet phonétique ! Un alphabet, un code de 26 lettres, c’est indubitable, mais l’agencement des lettres dans cette langue a un rapport assez loingtain avec la phonétique !
Pour aller encore plus loin (histoire de faire un peu de provoc...), il me semble que c’est un signe de l’ultra-conservatisme des anglo-saxons : en effet, si les français sont toujours présentés comme des ultra-conservateurs et les anglo-saxons des ultra-modernes réformateurs, il me semble que c’est bien souvent le contraire que l’on constate. Leur absolue réticense vis-à-vis du système métrique me stupéfie ! Comme c’est mon métier, je m’imagine très mal enseigner la physique et la chimie dans un système d’unités impériales ! Un cauchemard ! Et il est tout à fait stupéfiant de trouver leur système d’unité complètement pourri en vis-à-vis du système internationale !
Regardez votre pneu de vélo : vous y lirez les pressions maximales en bar et en... livre par pousse carré !!! Argh !!!!
psi : pound by square inch !!!!! Si, si, ça existe !!!! Si tu trouves une unité plus débile tu meurs ! Ça m’empêche presque de dormir quand je pense à ça !!!. Non seulement ils gardent leur système impérial tout pourri, mais en plus ils l’exportent, en imposant cette vision d’unités cauchemardesques au monde entier ! Des pervers !
Les français conservateurs à l’esprit tordu... peut-être mais il y a pire !
Alors, si la façon un peu alambiqué d’écrire le français impliquerait la formation d’un esprit tordu, retord et sous-développé (c’est comme ça que je comprends l’article), malheureux anglophones !
Parce que l’ortographe de l’anglais, complètement déconnecté de sa phonétique, ça se pose là ! Comme disait mon prof d’allemand au lycée (pour mettre l’accent dur la facilité de l’ortographe de l’allemand) : "En anglais, on écrit élastique et on prononce caoutchouc."
Au moins en français, quelqu’un qui sait le lire peut lire n’importe quel mot qu’il ne comprend pas. En anglais, par exemple, il existe 7 façons très différentes de prononcer ough ("af", owt, oug, et j’en passe). Impossible d’être sûr de prononcer correctement un mot que l’on voit écrit et que l’on a jamais entendu dans cette langue !
De plus, en ce qui concerne l’anglais, le sous-idiome internationnal que je maîtrise à peu près n’a aucun rapport avec la langue parlé par un anglophone qui maîtrise sa langue.
La comparaison entre les canadiens anglophone et francophone et donc très probablement juste, mais n’a sûrement pas pour origine les structures mentales que les langues induiraient pour peu qu’elles existent. Je pense plutôt que les langues ayant toutes pour finalité d’exprimer les infinis nuances de la pensée, elles sont toutes alambiquées. Croire qu’on maîtrise l’anglais parce qu’on maîtrise le sous-anglais mondial archi-simplifié doit en induire beaucoup en erreur sur la complexité relative des langues.