Le tardigrade n’est pas une découverte. SJ Gould en avait fait le sujet d’une excellentissime chronique il y a une bonne 15 aines d’années... justement parce que ce petit animal est un parfait soutient à sa théorie des équilibres ponctués, parce que cette théorie repose sur la neutralité de la majorité des mutations sélectionnées (ou justement, en l’occurence, pas sélectionnées du tout, parce que "neutres", en rapport avec l’environnement)..
D’après Gould, seules sont triées par la sélection naturelle les mutations néfastes ou bénéfiques (et encore, le hasard jouerait un rôle non négligeable dans ce tri), l’immense majorité des autres sont neutres et perdurent jusqu’à ce que le hasard et la nécessité leur trouvent une utilité... D’où une grande stabilité des espèces d’un écosystème (équilibre) jusqu’à une modification brutale de l’environnement (ponctuation), qui rend à la sélection naturelle son rôle de tamis (alléatoire) qui sélectionne les gagnants. L’évolution lors de ses périodes de fortes contraintes sélectives est alors évidemment très rapide. Cette théorie est aussi appelée « théorie des catastrophes », en référence à Cuvier. J’avoue que c’est celle qui a ma faveur. Je la trouve élégante, rendant parfaitement compte des phases d’extinctions, suivit d’explosions de la diversité des espèces, le tout entrecoupé de longues stases pendant lesquelles l’évolution semble très lente, quasi-stationnaire, les espèces étant adaptées à leur écosystème.
Il semble que ce brave tardigrade se soit adapter à un milieu très froid (la toundra), et qu’il l’a fait en s’asséchant complètement pour éviter que le gèle fasse exploser ces cellules lors des grands froids. Du coup, cette adaptation le rend capable de survivre à toutes les conditions climatiques que l’on peu trouver sur Terre, pourvu qu’il y ait du lichen à bouffer (c’est à dire presque partout). Il fait froid, il expulse son eau et se met en léthargie. Il est en plein Sahara, il fait super chaud et sec, pareil, en attendant qu’il pleuve, et ainsi de suite...
Le tardigrade est un super gagnant à la loterie de la survie, mais il n’est pas un mystère, même si c’est une "créature" bien étrange, comme d’autres, le hasard étant une source de diversité et de surprise sans limite.
Il me semble que pas mal de commentateurs font pas mal de confusions : les néo darwiniens sont des darwiniens convaincus. Gould ne jurait que par Darwin. Tous les scientifiques contemporains (sérieux) qui s’intéressent à l’évolution des espèces sont des néo-darwiniens.
Pour simplifier : Darwin à trouvé une "matrice", une règle générale qui explique grosso-merdo l’évolution des espèces : mutation aléatoire puis sélection par le milieu naturel. Personne de sérieux n’a plus jamais mis ce mécanisme en doute.
Ensuite, il a fallu intégrer ce mécanisme aux découvertes modernes, et notamment à la génétique. Ce qui a eu pour effet d’énormément affiner le modèle (un peu "brut de décoffrage") de la sélection darwinienne. La génétique confirme, explique et quantifie les conjectures de Darwin... et ne les remet pas du tout en cause !
Les polémiques scientifiques modernes sont sur un autre plan et pausent d’autres questions (celle de la sélection naturelle étant définitivement tranchée). Comme par exemple :
Quelle est la fréquence des mutations, en moyenne ? Quel en est le mécanisme ? (Questions en partie résolues par la génétique moderne).
Quel est le "poids" réel de la sélection naturelle dans la sélection des mutations ? (Foire d’empoigne pour les naturalistes contemporains… mais pas de divergence de principe chez ces scientifiques).
Une réponse moderne à cette dernière question, (d’après Gould) : faible. La plupart des mutations son neutres, donc ce type de mutation ne sont pas soumises à la sélection naturelle (oreilles décollées ou non, couleurs des cheveux, etc.). Ces mutations augmentent la diversité génétique des espèces, et donc leur capacité de survie en cas de grave pépin écologique (type, une grosse météorite, épidémies, Milton Friedman, ou autres...). La sélection naturelle jouant alors pleinement son rôle de trilleuse.
Par contre, les gènes codants des caractères nécessaires à la survie sont soumis à une pression sélective très forte. Les moutons à deux têtes et autres aberrations n’auront pas de postérité... et ne laisse donc aucune trace dans les archives fossiles.
Considérer le darwinisme moderne comme "utilitariste" est une erreur d’interprétation profonde. Au contraire, il autorise la débauche du "tout et n’importe quoi tant que ça survit et que ça se reproduit" que l’on peut observer autour de nous. Considérer comme un argument contre Darwin des mutations apparemment inutiles, des super-adaptations ou autres, c’est ne pas avoir compris les théories modernes.
D’où l’impression d’une grande inutilité de pas mal de choses dans la nature... Comme notre ami le tardigrade et sa super-adaptation, probablement plus le fruit du hasard que de la nécessité.
La nature n’a pas de finalité, ce qui peut survivre survie, et il y a un bruit blanc de mutations là au milieu, qui bordelise, "entropise", complexifie le système au delà de l’imaginable ! C’est assez magnifique, en fait... et parfaitement expliqué, même s’il reste pas mal à faire pour affiner le modèle, en détailler les mécanismes, etc., d’où pas mal de sous modèles « néo-darwiniens », d’accord sur le fond et en compétitions sur des points de détail.. Le darwinisme triomphe et a vaincu tout ses concurrents depuis une centaine d’années, et pourtant il est pas mal contesté, souvent par des non scientifiques qui l’appréhendent mal... parfois par des scientifiques un peu incohérents (sans parler pas des culs-benis de tout poils...). C’est en fait assez étrange.
On qualifie de néo darwiniennes les différentes théories en compétitions qui discutent le poids relatif de la sélection naturelle dans l’évolution des espèces, les mécanismes mis en œuvre, leurs effets, la part plus ou moins grande de l’environnement suivant les circonstances, et l’interprétation du résultat à long terme (la « Nature » telle que nous la voyons, les archives fossiles...). Pas ceux qui contestent Darwin. Le mécanisme en lui même n’est remis en cause par personne de sérieux. Mutation et sélection (un peu, beaucoup, ça dépend...). Point barre.
Partager d’abord des richesses qui ne sont pas encore produites est le seul moteur de ce qu’on appelle la « croissance ».
Ça s’appelle le crédit, et ça existe depuis longtemps.
Il semble bien que la création monétaire, c’est à dire le crédit, soit bien la source réelle de la croissance (et pas les mines d’or et les puits de pétroles).
Raréfiez le crédit, attendez que les entrepreneurs créent des richesses et les réinvestissent, et vous êtes assez vite dans la merde... comme on est en train de l’expérimenter à nos dépends...
Les gens riches n’ont pas intérêt à prendre des risques (et c’est d’ailleurs pour ça qu’ils éxortent tout le monde à en prendre... c’est freudien).
Bien évidemment, je n’inclu pas dans le « crédit » bénéfique une croissance artificielle générée par la distribution d’argent aux particuliers sans investissement productif avec intérêts usuraires telle que c’est en train de nous péter à la gueule, même si nous n’y sommes pour rien, vue que ça ne se passe pas chez nous... Je parle du crédit gratuit, la planche à billet.
Mais expliquez-moi comment l’Espagne du XVIème siècle a pu sombrer en ayant créé (volé) autant de richesses (absolument collossales) au « Nouveau Monde ». Si l’Espagne, au lieu d’aller piller, avait distribué du pouvoir d’achat à ces sujets, elle serait encore là en tant que grande puissance mondiale...
Le capitalisme moderne ne fait pas autre chose : il pille... et l’exemple de l’Espagne n’en est qu’un parmis d’autres.
Tout ça pour dire que toute l’histoire économique semble invalidée ce que vous affirmez : il faut d’abord partager les richesses pour pouvoir les créer... et c’est justement une question de « confiance », dont on nous rebat les oreilles hors de propos.
On anticipe la création de richesse et on la partage en même temps, par création monétaire, sinon ça marche pas ou pas très bien, prouvez moi le contraire.
C’est inflationniste, naturellement, mais tout le monde en est ravis sauf les riscophobes qui voient leur bas de laine fondre parce qu’ils ont peur de l’investir...
Pour ma part, je vois une corrélation très nette entre l’apparition des politiques de lutte contre l’inflation et la monté du chaumage... Corrigez moi si je me trompe.
Je me suis permis de réagir parce que l’évidence que vous affirmez avec tant de conviction (« il faut créer les richesses avant de les partager »), me semble une contre vérité, pour tout dire un dénis de réalité : c’est le contraire qui est vrai, j’ai beau chercher, je ne vois pas de possibilités logique ou empirique d’affirmer le contraire...
Il est vrai que c’est le discours dominant des « riskophyles », cramponés à leur bas de laine, mais on est pas obligé d’y adhéréer...
Et j’ai oublié de préciser que les gardiens de la petite communauté idillyque en question, qui ouvrent les portes dans la drenière scène du film, son des militaires en tenu camouflée, et on se demande bien pourquoi, vue que les méchants ne supportent pas la lumière du jour.
Will Smith est bon, comme toujours, et comme souvent, il ne sauve pas le navet dans lequel il s’est vautré...
La fin me choque, vraiment, car elle semble inspirée par les pires fantasmes millénaristes d’outre atlantique ; seul survit une petite communauté de Justes, à l’ancienne, avec leur petite grange avec des toits à deux pentes, etc...
La plebbe méritait bien de crever pour assurer le Renouveau, comme c’est clairement dit par une espèce d’illuminée : il y a une communauté de survivant (de « justes » ?) parce que Dieu le lui a dit... et comme par hasard, elle la trouve on ne sait comment, et c’est l’épilogue. Hallelujah !