Vous m’avez lu ou pas ? Vous me répondez précisément avec des arguments que je réfute.
Si la NUPPES vote avec le FN, elle se fait tailler en pièces par l’éditocratie.
Lorsque le FN avait voté une motion de censure de la NUPPES, c’est la NUPPES qui a été accusé. Et pas qu’un peu. Et longtemps. La logique de la chose vous échappe sans doutes autant qu’à moi, mais des choses aussi insignifiantes que la logique ne sont pas une contrainte pour les « journalistes ».
Je n’ose pas imaginer ce qui se passerait si la NUPPES votait un truc du FN. L’éditocratie en parlerait tout le temps, ça reviendrait sur le tapi à chaque occasion. Pendant des années. Et cela sans aucun gain politique puisque la proposition serait resté minoritaire.
Ça n’a peut être pas d’importance pour vous ou pour moi qui savent parfaitement ce que valent les soubrettes des oligarques qui se font appeler « journalistes », mais ça compte. Beaucoup.
Avec en plus les électeurs et militants, qui pour beaucoup d’entre eux ne comprendraient pas un tel vote.
Mouais, la gauche la plus bête du monde, j’en doute.
Cette gauche française est la dernière à exister encore dans les « démocraties » occidentales, tout en ayant un certain poids. Et malgré un tir de barrage constant des médias au service des oligarques. Ce n’est pas le reflet de la bêtise record que vous dénoncez, sans quoi le FI serait au plus bas et les parlements du monde seraient pleins d’élus de gauche. J’observe le phénomène inverse.
Non, la NUPES ne fait pas monter le RN, bien au contraire. Le parti qui se disait socialiste l’a fait monter en abandonnant complètement les classes populaires, je pense que nous seront d’accord au moins sur ce point. Ses derniers lambeaux se sont raccrochés à la NUPPES pour ne pas disparaitre corps et biens. Espérons qu’ils ne l’entrainent pas dans les abysses. Ou serait le RN si la FI ne proposait pas une alternative, dans le désespoir ambiant ?
Vous avez raison sur le principe, effectivement, l’efficacité politique devrait inciter à voter un texte qui soutient vos objectifs quel qu’en soit l’origine.
Sauf que... souvenez vous il y a quelques mois.
Il a suffi que le RN vote une motion de censure de la FI, selon vos principes, pour que la meute des médias oligarchiques monte en mayonnaise, accusant la NUPES d’accords secrets avec le RN. Les extrêmes honnis se rejoignaient dans un odieux complot contre la Raison macronienne. On vous l’avait bien dit, la FI, c’est rien que des fascistes avec des écharpes rouges ! Et ainsi de suite à longueur d’éditorial pendant des jours. Notez que l’on a pas accusé les élus RN d’être des crypto-trotkystes, ça aurait été un peu gros, mais logique pourtant, puisque c’est eux qui avaient votés la motion de la FI...
Comme vous l’écrivez vous même :
"Etonnez-vous avec ça que le RN monte à chaque scrutin et que la gauche
mélenchoniste soit vue aux yeux de l’opinion comme plus radicale et plus
dangereuse que le parti à la flamme tricolore."
C’est peut-être en partie vrai, mais pas pour les raisons que vous évoquez.
Il y a la politique et ce qui en est perçue. La gauche dans la bêtise que vous lui supposez a simplement jugé que les pertes politiques induites par une alliance avec le FN, inexistante, mais montée en épingle par l’oligarchie, ne valait pas les gains hypothétiques obtenus en votant avec le RN, tout en restant minoritaire.
Il n’est pas certain que la possibilité d’obtenir une majorité entraine le même choix. A voir.
Il s’agit d’ailleurs probablement d’une chausse trappe de la macronie, au vu de la bizarrerie de l’ordre de présentation des textes, ainsi que vous l’avez décrite : pile je perds, face tu gagnes. La NUPES proteste et ne vote pas le texte, et vous et d’autres tempêtez contre le « sectarisme » de la NUPES. Et s’ils votent le texte, toute l’éditocratie oligarchique leur tombe dessus, comme ils l’on déjà fait récemment.
Autre chose encore. C’est aussi ce genre de compromissions qui ont complètement brouillé le message politique de la gauche et l’ont quasiment faites disparaitre des parlements des pays occidentaux. Je pense que l’histoire récente des gauches européennes montre assez bien qu’on ne gagne pas grand chose aux compromissions.
Vous êtes bien naïf de croire qu’Attali écrit lui mêmes ses livres. Il passe commande auprès de brillants universitaires, flattés d’avoir l’attention du Maitre, et met le tout en forme et publie sous son nom.
Alain Minc n’est pas aussi malin, manifestement.
Un de mes oncles historien lui a écrit tout un chapitre d’un de ses bouquins il y a un bonne trentaine d’années. Il était super contant qu’Attali ait daigné s’intéresser à lui, et n’a absolument pas pris ombrage de n’avoir jamais été cité, pas même en notes bibliographiques.
Je suppose qu’il en allait de même pour ceux qui avaient écrit le reste du bouquin en question. Ou le reste de ses livres.
Voilà pourquoi les livres d’Attali peuvent parfois être très intéressant. Ça dépend en fait de la qualité des universitaires qu’il « convoque ». Les livres d’Attali ne sont donc pas à rejeter a priori. Ça devient nettement moins intéressant quand le Maître nous livre ses réflexions personnelles. Comme le dit si bien Emmanuel Todd, Attali est une boussole qui indique le sud.
Je pense depuis longtemps que pour pérenniser notre système de retraite, il suffit simplement d’affilier les parlementaires, les hauts fonctionnaires et les ministres au régime général... Parce qu’ils en sont très loin. La retraite « ordinaire », c’est pour les gueux. C’est donc normal à leurs yeux de serrer la ceinture de « ceux qui ne sont rien ». Si serrer la ceinture des gueux revient à serrer la leur, ils y regarderont à deux fois, j’en suis bien convaincu.
Les « régimes spéciaux » les plus avantageux sont bien les leurs. Et cumulables en plus ! Quand vous avez été haut fonctionnaire, ministre et sénateur ou député, c’est le jackpot. Et ce n’est pas rare. Il y a quelques petits aménagements, mais dans l’ensemble c’est quand même une sacrée sinécure.
Le plus drôle en creusant la même veine, c’est de voir le régime de retraite hallucinant des fonctionnaires européens qui exigent des pays de l’« union » des « réformes » de leur régime de retraite.