Pas de bénéfices, c’est très relatif, et ça m’étonnerait beaucoup.
Étant donné que l’investisseur moyen a pris de très mauvaises habitudes depuis la « libéralisation » des « marchés », un taux de marge en dessous de 10% est considéré comme n’étant pas bénéficiaire. Même 15% pour les plus dingues. Tout, tout de suite.
Et l’industrie lourde, sauf jouer sur le différentiel de coût de la main d’œuvre en faisant produire par des semis esclaves, ne peut pas tirer plus de 5% au mieux sous nos latitudes.
Donc oui, pour le grippe sous qui a pris le pli des politiques déflationnistes et des rendements spéculatifs, on va dire, standard depuis 40 ans, ce chantier vend à prix coutant. Même s’il se fait 5% de marge, ce qui est très bien (il fait probablement moins mais surement un peu de marge), c’est pas assez, c’est du prix coutant. Question de point de vu...
Pour nous, pauvres mortels, une entreprise qui ne fait ne serait-ce que 1% de marge ou moins est bénéficiaire, tant qu’il y a de la marge. Logique, mais erreur de profane. Pour les ineffables dieux des saints marchés, c’est un poids mort qu’on achète pour en piller les brevets et vendre les morceaux... Ça marche comme ça.
Pour une fois d’accord avec vous sur le fond, à savoir que Macron n’en à rien à f... des meilleurs chantiers navals d’Europe et de pas mal de continents. C’est has been, c’est pas une starteup d’apllis à la c.. pour smartphones. Ça produit des vrais trucs, donc c’est pas moderne et c’est sale. En plus, c’est plein de pus la sueur alcooliques qui se payent pas de costards, et à qui papa maman n’ont pas été foutu d’acheter un diplôme d’école de commerce à la c... Beurk ! Et puis la plus value de l’industrie lourde, tu peux pas te faire des marges à 10%, ça vaut pas le coup... 5% à tout casser les bonnes années. Autant dire pas rentable. On ferme des tas d’usines pour moins que ça.
Je pencherai plutôt pour deux raisons :
1) Macron n’oublie pas qu’il a été élu par pas mal d’électeurs de gauche (plutôt très centre gauche mais bon...) et de droite tendance gaulliste que le bradage de l’industrie défrise tout autant. Sa cote de popularité commençant à plonger parce qu’on ne peut pas dire que sa politique soit vraiment de gauche ou gaulliste, il jette un petit os à ronger. Un peu de lest.
2) Un des oligarques de l’entourage de Macron est sur les rangs, mais a besoin d’un peu de temps pour une raison ou une autre. Ça expliquerait aussi qu’aucun repreneur français ne soit sur les rangs pour un prix aussi ridicule : « on » leur à fait comprendre en au lieu qu’on avait mieux à faire et qu’il ne fallait pas s’en mêler.
Ou quelque chose m’échappe. Mais il est sûr que ces gens ne font pas ça pour de bonnes raisons, même si ça va dans le bon sens. Il ne font jamais rien pour de bonnes raisons, ils n’en ont pas.
Mais soyons juste : le gouvernement à fait ce qu’il fallait faire, et c’est bien la première fois. Même si un de nos chers oligarques acquière ces chantiers pour une bouchée de pain, c’est moins grave que s’ils avaient été bradés pour être démantelés.
Je vois les choses du point de vu agricole et uniquement agricole, même si je ne suis pas un spécialiste. De mon point de vue, s’il y a beaucoup, beaucoup de monde, ça n’est pas grave si on peut se nourrir correctement. Le reste est un peu du superflu, on pourra toujours se débrouiller tant qu’on arrive à se chauffer l’hiver.
Ce que je vois c’est que les accords de libre échange et un productivisme mal dirigé ont tué l’agriculture vivrière africaine, tout comme ils tuent notre agriculture traditionnelle. On perd et on continuera à perdre des centaines de milliers d’hectares de terres agricoles, chez nous, pour entasser les gens dans les grandes villes aux loyers super chers et pleine de chômeurs en laissant des départements entiers en friche. Au point que la couverture forestière recommence à augmenter dans tous les pays d’Europe. C’est complètement débile... Ce qu’il se passe chez nous se passe à encore plus grande échelle ailleurs, notamment en Afrique.
On perd et on continue à perdre des millions d’hectares de terres agricoles à travers le monde et on continue à nourrir les gens, cahin caha. Mal souvent, c’est vrai, mais pour le moment les vrais famines sont quand même rares et on souvent des causes politiques (guerres, etc.). Donc, il nous reste pas mal de marge à condition d’appliquer des politiques moins stupides.
Le divin « marché » s’équilibre peut être tout seul, mais son point d’équilibre est-il souhaitable ? En matière agricole surement pas. Sans régulations, les paysans sont toujours dans la bouse : bonnes années il y a surproduction, les cours s’effondrent, mauvaises années il n’y a pas ou peu de production, les concurrents étrangers prennent les « marchés » et ruinent les paysans. Dans les deux cas, des agriculteurs disparaissent. Il n’y a que les années ou la production égale à peu près la demande que tout va bien.
C’est tellement vrai que les états ont toujours régulés les marchés agricoles (jusqu’à l’arrivée en masse des fous dingues libéraux). Le premier truc qu’a fait ce dingue de Turgot (ministre de Louis XVI), un des premiers libéraux cinglés, à été de démanteler l’office des grains, mis en place depuis des siècles pour réguler le cours des céréales, donc le prix du pain. Ça n’a pas raté : disette, montée en flèche des prix, émeutes (« guerre des farines »)... Forcément. Bien sûr, il y avait eu une très mauvaise récolte, mais ce n’était pas la première, et ça s’était bien passé avant. Avant, on importait du blé d’ailleurs où les récoltes étaient meilleurs, et on régulait les cours pour que les paysans et les gens s’en sortent. On le sait peu, mais les grandes famines du moyen age ont presque toujours eu la guerre et les pillages pour origine.
Je me demande d’ailleurs si la régulation des marchés agricoles n’était pas l’un des principaux objectifs des premières cités états. Je ne suis pas historien, mais il est bien possible que ce soit un des fondements de la civilisation.
Bref, le libéralisme et son dogmatisme sont un ENORME problème, pour ce qui est de nourrir les populations, bien plus que la démographie.
Comme ça a été mentionné à juste titre par d’autres intervenants, le taux de natalité est directement lié à l’éducation, surtout des jeunes filles, et ce n’est pas en entassant les gens dans les bidonvilles des grandes villes africaines que ça va s’arranger...
Des politiques volontaristes d’éducation, de soutient aux cultures vivrières avec l’objectif de l’auto suffisance sont évidemment ce qu’il faut faire, et ne surtout pas chercher le point d’équilibre des « marchés », et cesser d’encourager la spéculation sur les produits agricoles au niveau mondial. Et bien sûr, que ces pays ne sois pas poussé à exporter tout et n’importe quoi au détriment des cultures vivrières. Ça fera monter le prix du café et du cacao mais tant pis.
Et je rejoints aussi pas mal d’intervenant sur ce point :
Cette dénonciation de la démographie comme cause de problèmes majeurs à venir me met toujours très mal à l’aise. Elle implique et sous entend qu’il y a des surnuméraires, des gens en trop. Qui sont les gens en trop ? Il semble que les auteurs de ces mises en gardes ne se comptent jamais parmi les surnuméraires...
Ben oui, j’ai écrit l’outil de production, pas l’investissement spéculatif. Ce que vous appelez « capitaux risqueurs » et « gros investisseurs », et que j’appelle « gros co..ards ».
Les quelques dizaines de millions en question sont à la portée d’une grosse PME ayant un peu de trésorerie, et donc la question de l’auteur est très, très pertinente.
Si un chef d’entreprise investi dans un grand chantier naval, s’y implique vraiment et donc le dirige et entend vraiment en faire quelque chose, son chantier naval ne comptera par pour son ISF...
Et les bénéfices d’une entreprise dépensés en investissements sont défiscalisés, ce que vous n’avez pas contesté. Donc, les règles d’impositions en vigueur ne constituent en aucun cas un frein à l’investissement productif quel qu’il soit.
Airbus a été fondé par les français, qui ont appelé les autres à y collaborer. Rien à voir. Airbus à prospérer sous des dirigeants « étatiques » et éprouve certaine difficultés depuis que les gentils actionnaires privés s’en mêle.
De même, Alstom était prospère et a été privatisé le carnet de commande plein à craquer, l’entreprise ne rencontrant que de légères et très provisoires difficultés de trésorerie... Le carnet de commande et la trésorerie d’une entreprise n’évoluant pas forcément de façon parfaitement corrélée, forcément.
Les Italiens sont associés aux Chinois, et les possibilités de transferts technologiques et de pillage des brevets n’est pas du tout à écarter.
Les Italiens sont des concourants directs, ce que n’étaient pas les Coréens. Les possibilités de pillage du carnet de commande ne sont pas, là non plus, à écarter. Ou le remplacement des sous traitants français par des italiens. C’est même très probablement ce qu’il se passera.
C’est bien gentil l’Europe, mais l’UE telle qu’elle est pousse à la « concurrence libre et non faussée », pas du tout à la coopération. Il n’y a aucune raison que les italiens « collaborent » gentiment avec les français. Pas parce qu’ils sont italiens, les français feraient pareils. C’est juste que la compétition entre états et encouragée par l’UE, pas la coopération.
Toutes les structures de coopérations entre les états (Agence Spatiale Européenne, Airbus, etc.) ont été fondé hors UE et l’UE n’a ni autorité, ni droit de regard. Ne mélangez pas tout.