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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
 
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 14/08/2012
  • Modérateur depuis le 01/12/2012
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Derniers commentaires



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 25 janvier 2013 09:39

    @ NICOPOL :

    Vous introduisez une notion importante, fondamentale même, mais il me semble que vous ne nommez pas les choses comme elles doivent l’être.
    Il faut en effet - non pas en référence aux Romains mais aux Grecs - distinguer justice distributive et justice corrective. La première a égard aux rapports entre l’individu et la communauté et engendre une égalité de type géométrique. La seconde, quant à elle, concerne les rapports entre individus et conduit à une égalité de type arithmétique.
    Soit : à chacun selon ses mérites dans le premier cas, un prêté pour un rendu dans le second.

    De nos jours, l’égalité géométrique - que vous vantez à juste titre, et qui est fondamentale - n’a plus cours que dans un cas : celui de l’impôt et le fait de demander plus à celui qui possède plus (ce qui tombe sous le sens). Mais c’est tout. En-dehors de cela - et notez bien que je déplore - la justice distributive (ou l’égalité géométrique, proportionnelle) semblerait paradoxalement injuste à tout le monde. Et il m’est avis que c’est parce que nous avons perdu de vue ce qu’est le bien commun. En effet, étant donné que la justice distributive - comme dit plus haut - régule les rapports entre les individus et la communauté, lorsque le mot communauté ne signifie plus rien (dans le monde individualiste qui est le nôtre), elle tombe en désuétude.
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    Prenons un exemple : conférer à chacun le même droit de vote est de l’é-ga-li-ta-risme. Dans le cas des impôts, chacun doit participer à hauteur de ses moyens (principe de justice distributive). Dans le cas de l’effort politique - qui a aussi égard à la communauté et pas seulement aux citoyens entre eux - ce devrait être la même chose : je veux dire que chacun devrait être contraint à participer selon ses moyens (le temps qu’il peut consacrer à la chose publique, ses connaissances, son casier judiciaire, etc.). Mais ceci serait perçu comme une discrimination. Pourquoi ? Parce que ce qui compte de nos jours n’est pas tant le sort de la communauté - dont on se contrefout ! - mais celui des individus, et en particulier le catalogue de leurs droits (qu’ils les honorent ou pas).
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    En conséquence, on ne peut plus, comme vous le faites, différencier « égalité » et « égalitarisme ». La recherche de l’égalité mène forcément à l’outrance, elle est consubstantielle à nos démocraties modernes, à ce régime de ressentiment qui pousse chacun à se comparer au voisin et à demander la même chose, même lorsque le voisin mérite davantage que soi. Chose étrange à ce sujet : les homos ne mènent pas leur combat au nom des libertés, mais au nom de l’égalité ! Toujours ce terrible ressentiment qui prime...
    L’équité, oui - et c’est je pense ce que vous visez également, soit l’égalité géométrique. L’égalité, elle, c’est une vue de l’esprit. Et j’en reviens donc à ce que je disais : la nature est condamnée dans cette optique, car en son sein, il n’y a strictement aucune égalité qui tienne. La nature se fout éperdument de l’égalité et de nos préjugés anthropologiques à son égard. De ce fait, elle incommode. D’où cette volonté de tout ponctionner dans l’état de nature pour tout transférer dans l’état de culture. Le sexe est discriminant et égalitaire par certains côtés ? Allons-y gaiment, abolissons-le et parlons dorénavant de « genre », plus commode, plus malléable, plus sympathique aussi.

    PS : un article un peu long qui vous intéressera peut-être.

    Bien à vous,
    EG



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 25 janvier 2013 09:09

    @ NICOPOL :

    Bonjour et merci pour vos réponses.
    Je maintiens ce que j’ai dit sur Rousseau. De manière générale, il est certain que l’ensemble des Lumières tient à marquer un cap franchi entre l’homme d’hier et celui d’aujourd’hui, libéré de ses chaînes. Mais il faut lire le Discours sur les sciences et les Arts pour constater combien Rousseau est rétif à l’idée de progrès, de perfection humaine sans bornes, combien il fait l’éloge de la simplicité des mœurs, de la vertu, combien il ne s’oppose pas de front aux religions comme la plupart de ses contemporains et combien il se méfie comme d’une guigne de l’activité « efféminée » du commerce, réputée adoucir les mœurs, amollissant surtout les âmes vertueuses.
    Rousseau n’est assurément pas - personnellement - le philosophe du XVIIIe siècle que je viserais en premier pour dénoncer le mythe de l’homme nouveau. Diderot davantage.
    Mais bon, c’est un point de détail.
    PS : Rousseau était également le plus ancré dans la nostalgie de l’Antiquité. « Nostalgie », c’est-à-dire intérêt certain pour un passé glorieux, fût-il mythifié quelque peu.
    Enfin, on ne peut pas reprocher à Rousseau le fait que Robespierre l’ait mal lu. Quant aux bourreaux cocos du XXe siècle, n’en parlons même pas, ces personnages étaient une insulte à l’intelligence humaine, et je vois bien peu de rapport entre eux et Rousseau.
    En revanche, d’accord avec vous lorsque vous faites, à demi-mot, un rapprochement entre L’Émile et La République.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 24 janvier 2013 11:23

    NICOPOL, en revanche, je ne suis pas tout à fait d’accord avec votre conclusion (je dois être honnête, j’ai sauté certains passages de votre texte, donc si je suis à côté de la plaque, n’hésitez pas à me remettre à ma place).
    Vous dites en gros que le combat pour l’égalité n’est qu’un cache-sexe, et que le véritable combat est celui d’un anéantissement de toute référence biologique dans les ressorts humains. Pour ma part, je suis d’accord avec la seconde partie de votre propos, mais pas avec la première. Je pense que c’est précisément cet amour inconditionnel de l’égalité tous azimuts qui guide les plus virulents de ses chantres à récuser jusqu’à la nature.
    Je m’explique en quelques mots : il me semble que toute l’histoire de l’occident, depuis la fin de l’Antiquité, a consisté à se déprendre du déterminisme naturel, déterminisme qui allait à l’encontre de la passion égalitaire héritée du christianisme. Et vous avez parfaitement raison de mettre en avant le rôle tenu par la théorie du genre dans ce combat multiséculaire. La théorie du genre est le dernier avant-poste du progrès relativement à la conquête d’une égalité, même là où elle n’a pas lieu d’être (et rien que cette phrase fait de moi, pour certains, un salopard !).
    Donc, oui, faire la peau à dame nature est bien au cœur du débat en cours (et on se plaît à nous dire que la nature n’est jamais figée, etc. En tout cas, elle ne permettra jamais à deux êtres du même sexe d’enfanter « naturellement »). Mais pour ma part, j’y vois la conséquence de cet amour pour l’égalité, typiquement moderne et occidental qui, s’il apporte son lot de bienfaits, finira aussi par nous perdre.
    ------
    Au final, l’occident est face à un paradoxe : il aimerait récuser le déterminisme naturel, mais en même temps, il a à cœur de promouvoir un progrès universel. Or, quelle est la seule chose qui soit réellement « universelle » dans ce bas monde ? Précisément la nature...
    -----
    Merci encore pour ce bel effort philosophique.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 24 janvier 2013 10:59

    Beau boulot NICOPOL.
    En chipotant, je n’aurais pas placé Rousseau dans le camp des partisans de la table rase.
    Il est peut-être, je pense, le représentant des Lumières à avoir le moins cru en l’avènement d’un « nouvel homme ».



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 20 janvier 2013 10:04

    Bonjour à vous.

    J’arrive un peu tard, mais c’est mieux que jamais ! smiley
    En ce qui me concerne :
    - meilleur film français vu : Le Prénom
    - meilleur film étranger vu : Margin Call
    De rouille et d’os et The Dark Knight Rises sont très intéressants également, et je n’ai pas encore vu Dans la maison, qui avait l’air très prometteur.

    Meilleurs vœux.
    EG

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