Vosu dites : « Qui dirige : l’Etat qui laisse les banquiers se gaver à condition que les banquiers partagent avec eux le fruit de leur hold-up. Ou les banquiers qui sont devenus l’Etat ???? Et qui n’ont d’autre but que de thésauriser de manière criminelle. »
Historiquement, ces deux postures sont le résultat d’un processus qui constitue la raison d’être d’un empire.
Le piège est de penser que l’enjeu est de faire de l’argent pour les uns, gagner des guerres pour les autres. Ces deux méthodes sont les deux instruments qui permettent à un empire d’empêcher l’espèce humaine de se développer dans un cadre de coopération westphalienne entre Républiques souveraines (la bête noire de tout empire). C’est ce que Rosa Luxemburg avait compris.
Vous dites : « Il est vrai que les Americains n’ont pas une histoire de revendications collectives. »
Bien sûr que si : la Boston TeaParty fut une révolte politique à Boston, la capitale de la Colonie de la baie
du Massachusetts, contre le Parlement britannique en 1773. Contestant
une taxe injuste à l’encontre des colonies américaines, soixante
Bostoniens grimpèrent à bord de trois navires Britanniques costumés en
Amérindiens et jetèrent 45 tonnes de thé par-dessus bord.
Vous dites : « soit ils sont complètement idiots puisqu’ils scient la branche sur laquelle ils sont perchés. », ce qui vous paraît inconcevable.
Imaginez que le paradigme culturel dans lequel vous avez été éduqué n’implique aucun « ennemi » vital, alors qu’il y en a un. Vous faites donc carrière et au moment où il faudrait vous lever pour combattre ce qui va vous tuer, vous vous rendez compte que ce qu’il faut abattre, c’est tout ce qui fait que vous êtes arrivé là où vous êtes. Résultat : vous savez ce qu’il faudrait faire, mais vous êtes paralysé.
Cet abandon face à des choses inadmissibles est ce qui caractérise un
état d’occupation. On se dit que quelque chose me tient et me paralyse,
et qu’il n’y a pas de monde extérieur dans lequel ce qui est juste
puisse exister de nouveau.
Aux Etats-Unis, Lyndon LaRouche (88 ans), du fait de l’époque à laquelle il est né - on savait pertinemment que, historiquement, l’empire britannique (celui de Lord Parlmeston) était le véritable ennemi à la Constitution des Etats-Unis - est reconnu (silencieusement bien sûr) comme étant le seul qui ait cette stature de leader, car il connaît l’ennemi mieux que quiconque. C’est dans ce contexte qu’il tiendra, le 22 janvier prochain, son discours sur l’Etat de l’Union.
Il est bien avancé : Obama s’attaque maintenant aux « bouches inutiles ». De sinistre mémoire.
Si la faction rooseveltienne du Gouvernement ne l’arrête pas avec l’article IV du 25è amendement de la Constitution, c’en est fini des Etats-Unis... et du monde transatlantique en général... puis de l’Asie.
Vous dites : « N’est-il pasvraiquela criseestrésolueseulementavecuneguerre(j’espère que non). »
Bien sûr que non. Je me permets de copier-coller un commentaire sur ce thème publié sur un article récent :
Je vous recommande la lecture de « The Hellhound of Wall Street »
par Michael Perino. Ce livre raconte comment, aux Etats-Unis, en
janvier 1933, la veille du jour où le procureur Ferdinand Pecora fut
contacté par le sénateur Norbeck pour mettre JP Morgan à genoux devant
les médias du monde entier et entrainant la fermeture de Wall Street, la
veille donc, l’ensemble des médias, de la population et Wall Street
bien évidemment tenait le discours : « Par ailleurs, l’intérêt collectif n’est JAMAIS un donneur d’ordre. »
Ironie de l’Histoire : c’est cette puissance publique de type
hamiltonienne et d’inspiration westphalienne qui vint à bout... des
donneurs d’ordre oligarchiques et schachtiens (Hjalmar Schacht, le
banquier d’Hitler, fut promu par Keynes) en Europe.