@Jean : Comparez J’ai chuté donc j’ai mal. j’ai mal parce que j’ai chuté
Ou je pense donc je suis. je suis parce que je pense.
- La cause donc l’effet. - L’effet parce que la cause.
C’est que Descartes essaye en fait de se rassurer, car il croit que la vie est illusion. Mais comme l’a dit Tall, il est toujours possible de faire toutes les hypothèse ad hoc pour affirmer que la vie n’est qu’illusion (comme le fait le boudhisme). Donc Descartes se rassurerait à bon compte.
J’avais trouvé ceci il y a quelques temps. De plus, j’ai découvert récemment que c’était peu ou prou une objection faite par Hobbes à Descartes (sur wikipedia, article Hobbes) : Dans ses Objections, Hobbes reproche à Descartes un glissement sémantique de “je suis pensant”, à “je suis pensée”.
Mais, cela dit, c’est surtout une manière d’entendre le langage sur ce qu’est une déduction.
Assez instinctif à mon avis. Et il est vrai que certains ne se sentent exister que lorsqu’ils n’aiment pas autant que d’autres ne se sentent exister que lorsqu’ils aiment. Tout dépend de l’existence qui nous plaît.
Pour Descartes (mais je suis un extrémiste anti-cartésien), pourquoi donc déduire l’existence en partant de la pensée ? (je pense donc je suis), la logique ne devrait-elle pas plutôt consister à déduire la pensée en partant de l’existence ? (je suis humain, donc je pense).
Je ne vois pas trop l’intérêt de déduire d’une illusion (la pensée), une évidence matérielle (l’être). A mon avis, Descartes inverse les choses. En effet avec ce genre de raisonnement, Descartes en déduirait qu’une pierre n’existe pas, puisqu’elle ne pense pas. Je me demande comment une réflexion aussi stupide a pu avoir tant de succès.
Pour l’âme, évidemment, c’est un raccourci, en attendant de mieux comprendre, mais l’intérêt est que cela permet d’utiliser le savoir subjectif des anciens, du moins ce qui n’y est pas totalement faux, plutôt que de repartir de zéro. Et puis mieux vaux se connaître de l’intérieur (sujet) plutôt que par miroir interposé (objet).