A vrai dire, historiquement, la morale était approchée par la lecture des grands textes classiques. L’éducation à la morale étant intrinsèquement liée à l’idée de raconter une histoire vraisemblable et instructive. C’est une illustration de certains comportements dans certaines situations ayant certaines conséquences.
Ce n’était pas : fait-pas ci, fait pas ça.
Or, l’apprentissage des humanités est fort mal en point. Mieux vaudrait donc renforcer cette partie dans l’éducation (et en plus, ça ferait pratiquer la lecture).
Il n’y a évidemment de Dieu que Dieu, et s’il veut prendre un homme pour véhiculer son Verbe, rien ne peut l’en empêcher.
Précisément, cette multiplicité des points de vue sur Dieu, qui correspond à ses trois formes de manifestations dans la bible (latin personna = masque de théâtre), la trinité, ne doit pas être confondu avec un triple Dieu.
Comme vous le dites, l’unicité de la vérité n’empêche pas la multiplicité des points de vue, qui ne sont qu’apparences et projections. Ainsi, pour mieux comprendre quelque chose, il convient de l’appréhender sous plusieurs angles. Ainsi, la trinité correspond-elle à trois perspectives sur le divin.
C’est une interprétation de Jésus. Mais, d’une part, il ne s’est jamais mis à la place de Dieu (il disait mon Père qui est aux cieux).
D’autre part, il réalise la prophétie du « serviteur souffrant » d’Isaïe, et c’est dans ce cadre que le christianisme interprète sa passion.
Enfin, il laisse non pas une loi écrite, donc morte et figée, mais un exemple vivant, donc accessible à l’homme, être qui dépasse le simple automate, doté d’une intelligence morale.
L’incarnation du Verbe rend visible aux hommes l’intelligence morale nécessaire pour suivre la loi.
C’est bien vrai, car une fois que l’on dépouillé le peuple de toutes ses connaissances en matière d’impératifs moraux, alors il peut être usé à n’importe quelle fin, y compris la plus vile, tout pendant qu’on le tient parce qu’il faut bien qu’il se nourrisse.
Par notre corps, nous sommes soumis à des lois physiques que nous ne choisissons pas et qui nous contraignent (ex : pesanteur). Par conséquent, pour agir raisonnablement, nous devons prendre en compte ces lois physiques (ex : ne pas sauter d’une falaise).
De même en est-il du point de vue moral, nous sommes soumis à des lois morales que nous ne choisissons pas et qui nous contraignent (ex : tu ne tueras point). Par conséquent, pour agir raisonnablement, nous devons prendre en compte ces lois morales (ex : ne pas tuer son voisin).
De fait, un homme, plongé dans le monde matériel, où il subit des lois physiques, plongé dans une société, où il subit des lois morales, est toujours irréductiblement placé dans une hétéronomie : son autonomie, intrinsèquement limitée, ne peut se faire que par-dessus ces lois dont la justification se trouve hors de lui-même.
L’autonomie de l’être vient donc par sa connaissance de ces lois qu’il n’a pas choisit. Par exemple, l’ex élève ingénieur peut pratiquer de manière autonome son métier si il en a les compétences.
Accepter qu’il y a hétéronomie, c’est donc la seule attitude raisonnable. Les religions ne font qu’acter de ceci.