Il y a déjà un problème d’efficacité comparée : les solutions FMI/BCE/UE n’ont amené
aucune capacité des grecs à mieux tenir leurs engagements ; alors que
l’Irlande a même commencé à rembourser des dettes jusque-là considérées
comme insolvables. L’effort exigé n’a juste pas de sens...
Il y a ensuite une question d’opportunité : Rester dans l’€ et refuser l’austérité, c’est jouer à Michel Müller : « Fallait pas l’inviter ». Mais cette hypothèse, que l’on peut juger immorale, révèle que les prêteurs sont en fait ceux qui ont tout à perdre:ils sont en position de faiblesse pour négocier, accros à une bulle de fausse monnaie et de créances mortes.
Je comprends que tu trouves le scénario fumé, bien sûr, et ton pronostic est justifié. Mais on peut éclairer des angles trop méconnus. Par exemple : - La gauche radicale arrivée 2ème aux législatives grecques est anti-plan d’austérité mais elle n’envisage pas de quitter ni l’euro, ni l’U.E. - Dans cet article, je n’ai pas envisagé que l’Allemagne souhaite quitter l’U.E. mais seulement de la zone € (tout en voulant maintenir sa zone de prédominance donc rester dans l’UE). Oui, la sortie de l’UE est possible via l’article 50 du traité de Lisbonne. Merci d’avoir imaginé spontanément que l’Allemagne pourrait vouloir l’activer, ce qui est assez nouveau comme pensée en France.
En revanche la sortie de l’€ n’est pas prévue. La banque UBS a planché sur tous ces scénarios, et les résultats sont étonnants. Il n’est pas dit que l’Allemagne entraîne d’autres pays comme tu le penses, car elle deviendrait un pays faussement riche : grevé de créances irrécouvrables à hauteur de plusieurs fois son PIB...
Voilà qui ressemble à la description du drapeau français, cette démonstration que l’indépassable peut et doit, en particulier dans les moments de crise nationale, devenir synthèse. On représente souvent ce drapeau :
- soit comme l’alliance et la réunion en un seul peuple et en une nation des 3 corps représentés au Parlement (noblesse, bourgeoisie, tiers-état), incarnée par la victoire de Valmy
- soit comme l’alliance des démocrates (rouges) et des royalistes (sang-bleu) pour préserver la souveraineté de tous (blanc) contre tous les empires. J’aurais tendance à voir les deux fronts comme les avatars modernes de ces deux forces conservatrices d’une nation forte et protectrice contre les intérêts privés et/ou étrangers.
C’est salutaire de remettre les choses en perspective : comparer la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ça permet de sortir de l’argument pseudo-universaliste à partir du cas français (le ’Sans-l’Euro-Nous-Sommes-Perdus-Forcément-C’Est-Evident)
Ceci dit je n’ai pas d’admiration pour le modèle économique anglais, qui laisse prospérer les cancers financiers, du paradis fiscal sous drapeau du Commonwealth, et qui a commis des erreurs majeures au cours des 30 dernières années (privatisation désastreuse des chemins de fer, par exemple)
La conclusion, ce serait plutôt : Même avec une gestion désastreuse, le pouvoir de création monétaire est objectivement et largement supérieur à la force de concentration monétaire.
Ce n’est pas la banque centrale de Roumanie qui me contredira, puisqu’elle (mais aussi d’autres pays du pourtour européen ), elle laisse se dévaluer sa monnaie avec succès pour encaisser la baisse de consommation réelle que l’on observe dans toute l’UE ! Le tableau actuel est contrasté, mais il y a 6 mois c’était frappant : seules la suisse et la lettonie ne dévaluaient pas ! Comment voulez-vous avec ça, rétablir une balance commerciale ?
Eh bien, pour le spectacle vivant, c’est passé à 7% aussi. Au 1er janvier. C’est vrai que de l’emploi non délocalisable, souvent commandité et payé par les collectivités territoriales qui ne récupèrent pas la tva, il fallait bien faire quelque chose ^^
Maintenant le plus cocasse : ça concerne les options de la TVA La plupart des assos et PME/PMI sont au régime des encaissements : cela veut dire que vous reversez la tva à l’Etat lorsque vous encaissez.. Mais si vous émettez une facture le 15 décembre, vous ne maîtrisez pas la date à laquelle vous êtes payés. Peut-être serez-vous payé 50% en décembre, et 50% disons en février. Alors, votre facture, le 15 décembre, vous la rédigez comment : à5,5% ? A 7% ? En tirant le tarot pour savoir quand vous serez payé ?
Réponse : Fin janvier, il y a eu une directive ministérielle qui dit en gros qu’on ne peut plus réparer la couille et que les agents du fisc sont invités à être tolérants sur le sujet. On verra si les agents s’en souviennent dans 3 ans.
Voilà typiquement la façon dont M.Sarkozy de Nagy-Bocsa a gouverné pendant 5 ans : impréparation, bâclage, rétropédalage. On se souvient de la mauvaise surprise des auto-entrepreneurs concernant la taxe professionnelle/CET.
Sinon, au cas où l’objectif était de rembourser la dette de la France : c’est pas à 7% qu’il faut le mettre, le taux réduit, c’est à 175% ; et je ne parle pas du taux plein. C’est dire si la mesure était à la mesure du problème...