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Frédéric Alexandroff

Frédéric Alexandroff

Juriste de formation, écrivain non reconnu (et sans doute non reconnaissable), je suis, pour reprendre les superbes mots que Henri Verneuil met dans la bouche de Jean Gabin dans son film Le Président,« un mélange d’anarchiste et de conservateur... dans des proportions qui restent à déterminer. » Passionné de politique, et accessoirement de littérature fantastique, histoire d’oublier la grisaille et la médiocrité de notre misérable époque, je pense aussi qu’avant l’argent, Dieu ou le sexe, ce sont les mots qui gouvernent le monde. Aussi bien tenterais-je toujours de trouver les mots justes.
 

Tableau de bord

  • Premier article le 04/04/2007
  • Modérateur depuis le 26/10/2007
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Derniers commentaires



  • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 29 juin 2009 13:50

    Bonjour Céline,

    Je m’en voudrais de faire de vous une anti-républicaine, aussi préciserai-je quelque peu ma pensée.

    Vous écrivez, et en un sens vous n’avez pas tort, que « c’est à l’Etat de déterminer ce qui est légal, oui. (...) Mais ce n’est pas à l’Etat de tracer la frontière entre ce qui est moral et ce qui est immoral ».

    Ce faisant, vous reconnaissez implicitement que tout acte qui n’est pas interdit par la loi est « faisable », c’est-à-dire acceptable, sauf à considérer la question de sa moralité ou de son immoralité. Or, dans nos sociétés démocratiques et laïcisées, tout ce qui relève un tant soi peu de la morale a tendance à être vilipendé, et soulever la question vous relègue immédiatement au rang de curaillon victorien égaré dans un monde de pornographie triomphante. Donc, par simplification, et les gens aiment les choses simples, voire simplistes, tout ce qui est légal est moral.

    Voilà où je voulais en venir en parlant d’exemplarité, et en niant le concept d’horizontalité politique. L’homme (au sens d’être humain, bien entendu. Je ne voudrais pas vous froisser), dès sa naissance, a tendance à regarder vers le haut : d’abord ses parents, puis ses professeurs, enfin ses patrons et ses dirigeants politiques, et calquent sa propre attitude sur l’image qu’ils renvoient.

    Il doit donc y avoir une morale civile, c’est-à-dire laïque, quand bien même elle s’inspirerait d’éléments de la morale religieuse. Après tout, je n’ai jamais rencontré de défenseurs de la laïcité, aussi intransigeant soit-il (et je fais partie de ceux-là) qui estime qu’on devrait légaliser le meurtre sous prétexte que la Bible dit : « Tu ne tueras point ». Loi et morale vont souvent de paire, et si ce terme, « morale », vous agace ou vous fait peur, remplacez-le simplement par « éthique ». La République n’est pas une religion, c’est vrai. Mais si elle veut faire le poids face aux religions, qui ne sont pas ses alliées naturelles, elle a tout intérêt à ne pas leur abandonner la morale.

    Plus bas, vous écrivez : « L’enjeu de la démocratie est de faire le lien, de relier en quelque sorte, la morale et la politique. Mais confondre les deux est un désastre intellectuel qui conduit généralement tout droit à un autre régime : la démagogie ». Je pourrais en écrire une tartine sur le sujet, d’autant que vous effleurez là un thème qui m’est cher, à savoir les cycles des régimes politiques, si brillamment décrits par Platon.

    Je citerai simplement cette phrase de la République, où Platon parle de la démocratie : « Eh bien, dis-je, comme j’allais le dire à l’instant, ce désir insatiable d’elle (de liberté) et l’indifférence à l’égard de tout le reste, c’est cela qui fait changer ce régime et le prépare à avoir besoin de la tyrannie. »

    Ma chère Céline, répondez-moi franchement : la démagogie et sa molle tyrannie, ne sommes-nous déjà pas en plein dedans ?

    Quant à penser que « chacun sait naturellement ce qui est bien et ce qui est mal », ma foi, vous êtes une optimiste. Ou alors, vous vivez dans une caverne.

    Amicalement,

    Frédéric Alexandroff



  • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 29 juin 2009 13:13

    Salut Calmos,

    Juste un petit message pour te préciser la chose suivante (qui n’est peut-être pas forcément évidente à la lecture de mon article, j’en conviens) : je ne suis pas de gauche. Et il coulera pas mal d’eau sous les ponts (et les chats iront sûrement s’y baigner) avant que je ne vote pour un de ces débiles de la rue de Solferino.

    Et tu as raison : Perpignan ou Hénin-Beaumont, en fin de compte, c’est du même tonneau.

    Miaulements amicaux,

    Frédéric Alexandroff



  • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 29 juin 2009 13:09

    Bonjour FR-ank,

    D’abord merci. C’est bien connu, les chats sont des bêtes extrêmement narcissiques et donc sensibles à la flatterie, et c’est un trait de caractère que je partage avec ces fiers animaux que les Egyptiens avaient été jusqu’à déifier.

    Bon, d’accord, je divague.

    Plus sérieusement, et c’est ce que je voulais dire dans le dernier paragraphe de mon article, c’est qu’il incombe à ceux qui sentent encore le poids de la responsabilité citoyenne d’agir, come vous le dites, par des actes, bien sûr, mais aussi par des mots. Car ces derniers ne sont pas une si modeste arme : ils gouvernent le monde, avant Dieu (ou une entité dont l’existence reste à prouver, si vous êtes athée), l’argent ou le sexe, et j’emploie les miens, à mon modeste niveau, pour faire ce que j’estime être le bien.

    Merdi encore.

    Autre chose, puisque vous évoquez les élections européennes : avez-vous remarqué que le total des droites françaises a encore baissé depuis les dernières municipales ? Et l’UMP fête un « triomphe » ? Quelle blague...

    Frédéric Alexandroff



  • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 29 juin 2009 12:46

    Miaou le Chat.

    Il est vrai qu’après la réélection d’Alduy à Perpignan, l’arrivée en tête de Marine Le Pen et du FN à Hénin-Baumont m’a presque mis du baume au coeur. Et j’espère que, ainsi que tu le dis, il s’agit des prémices d’une « rébellion » plus importante contre ce système que la gangrène gagne un peu plus chaque jour. La seule question est de savoir à quelle hauteur il faudra couper.

    Frédéric Alexandroff



  • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 29 juin 2009 12:41

    Bonjour Helios.

    Effectivement, l’inéligibilité est trop peu usitée et, pour tout dire, j’ai été estomaqué que Jean-Paul Alduy ait été autorisé à se représenter. Car en dépit de l’absence d’implication personnelle, c’est aussi une question de responsabilité qui se pose à celui qui réunit une groupe d’hommes et de femmes dans l’objectif de diriger une ville. La responsabilité personnelle du directeur de bureau aux chaussettes pleines aurait dû entraîner, à mon sens, la responsabilité politique du chef de file.

    Frédéric Alexandroff

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