Ségolène est en tête en Bretagne et dans le Sud-Ouest, c’est à dire la France des petites exploitations agricoles pratiquant la polyculture traditionnelle, c’est à dire la France où la majorité des emplois sont des emplois agricoles financés par les subventions payées par le contribuable européen, ou sont des emplois de ronds de cuirs payés par le contribuable français.
Pour ce qui concerne plus particulièrement la Bretagne : Ségolène est en tête dans tous les départements, sauf le Morbihan, qui est précisemment le département le plus dynamique sur le plan économique, avec un fort tissu d’entreprises agro-alimentaires qui transforment et valorisent les produits de base de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage.
Autant dire : Que Ségolène est la Madonne de la France du 19ème siècle. La France de Courteline.
Cette situation devrait inquiéter les socio-démocrates, car leur parti ne peut pas devenir un club de défense des intérêts et des privilèges des fonctionnaires et des monopoles publics, sauf à se retrouver écarté durablement du pouvoir.
Le métier de journaliste repose sur une équivoque, puisque tout est fait pour qu’on ne remarque pas qu’il s’agit d’un commerce comme un autre. Et rien de plus.
Quelques remarques un peu provocantes :
Que vaut vraiment une information qui ne vous coûte presque rien ? le prix d’un journal est d’environ un euro cinquante centimes et j’aurais tendance à penser qu’il ne vous en donne pas pour plus que votre argent.
Et même qu’il vous en donne pour moins que votre argent.
D’ailleurs tous les journaux, sur papier, à la radio ou à la télévision, mélangent allègrément « informations » et publicité, sans doute faudrait-il dire « publicité politique » et « publicité commerciale ».
Ce qui signifie qu’ils ne sont là que pour vous expliquer ce qu’il convient de penser d’un produit commercial ou d’une chapelle politique. Ils ne sont donc pas là pour vous informer, car sinon il nous réclamerait davantage !
Je pense que ce type de presse-papier sera tué par la presse gratuite, qui est un modèle plus honnête, puisqu’au moins la presse gratuite est ....gratuite, mais il n’en demeure pas moins que le modèle le plus honnête serait celui d’une presse qui nous donnerait de l’argent pour avoir l’occasion de nous endoctriner.
C’est dans le fait même que la publicité commerciale, ou politique, soit apparemment gratuite (ou presque) que se cache le piège.
J’aurais, pour ma part, préféré une candidature DSK et une campagne avec un programme résolumment social-démocrate.
La gauche du PS et les petits partis d’extrème gauche auraient poussé de grands cris, mais tout le monde aurait été obligé de foncer au deuxième tour.
Seul un parti social-démocrate pourrait, à terme, « plumer la volaille centriste », comme Mitterrand avait « plumé la volaille communiste » : en s’alliant au parti centriste pour commencer, et en le phagocitant peu à peu ensuite.
Car je persiste à penser que l’existence perenne d’un parti charnière (le parti centriste) est la porte ouverte aux combinaisons. Ce parti, en oscillant de gauche à droite, jouerait un role sans commune mesure avec son importance électorale et son influence réelle.
C’est, toujours à mon sens, un pas vers la quatrième république, et non vers la sixième !
Donc pour moi, Rocard (et Kouchner) avaient raison de proposer une alliance franche et ouverte avec Bayrou et de proner des discussions, préalablement à la campagne du premier tour des présidentielles. Il fallait une alliance solidement bouclée avec un accord de désistement valable pour la présidentielle et les législatives.
Car maintenant Bayrou risque d’avoir des cartes en main qu’il n’avaient pas avant, surtout si l’UMP cartonne aux législatives dans la foulée d’une large victoire sur Ségolène Royal.
Vous avez raison, le salut des centristes est dans les triangulaires, une subtilité qui existe dans les élections législatives, et pas dans les présidentielles.
Il faudra étudier les résultats du premier tour à la loupe pour déterminer la meilleure sratégie, chez les centristes comme chez les socialistes.
Il est possible cependant que Bayrou ait quelques desistements à échanger contre d’autres. Sa chance est qu’il ’y a pas de parti en France, capable comme la SPD ou la CDU en Allemagne de rassembler 40 ou 45% des suffrages.