"Les filtres existent et je suis ravi de les utiliser mais combien de mails sont tout d’abord utilisés pour des échanges qui pourraient faire très bien l’affaire de la messagerie instantanée. Nous ne sommes pas obligés d’utiliser que le mail pour des échanges adhoc. "
Exactement l’erreur à faire pour dégouter l’utilisateur de l’informatique : lui compliquer les choses en lui expliquant que pour tel type de message tel logiciel, tel autre type tel autre logiciel.
Nous avons inventé l’informatique pour simplifier l’utilisation au quotidien de l’ordinateur, pas pour saouler les gens en complications inutiles.
Le réflèxe inconscient du technophile : compliquer à la saturation ce qui est déjà ultra simple à la base.
Où est le problème d’utiliser les emails pour envoyer des cartes de voeux tout comme des rapports de réunions avec des elearnings pps et des vidéos, des documents word avec des macros ?
"Combien de personnes savent utiliser réellement tous les outis mis à leur disposition et sont simplement sensibilisés pleinement de toutes les possibilités qu’offrent ces outils."
C’est ce que j’ai cru à mes débuts à l’époque où je donnais mes premiers cours de Basic ou de Multiplan.
J’étais dans le trip : "Un ordinateur pour tous à la maison et au bureau, l’avenir est aux nouvelles technologies, etc, etc".
Mais c’est faux.
L’informatisation n’a pas besoin d’aëdes. Elle se développe toute seule, naturellement, ce sont les gens qui sélectionnent darwinement ce qui est bien ou mauvais pour eux.
Leur imposer une vision des choses est totalement anti productif et les bloque au lieu de leur piquer leur curiosité.
Quand les gens ont besoin d’exploiter et d’explorer des astuces insoupçonnées d’un logiciel, ils les trouvent par eux mêmes.
Inutile de leur bourrer le mou en théories de paradigmes futuristes technologues.
Ils finiront par y arriver tout seuls, par la pratique du quotidien.
Ce qu’ils n’ont pas envie d’utiliser inutile de les forcer sinon pour les gaver et les dégouter, ce qui les interresse, ils l’exploiteront et le répandront dans leur voisinnage sans vous en parler.
Les utilisateurs s’approprient un outils comme ils ont envie de se l’approprier.
Rassurez vous, ce n’est pas un problème de technologie à leur apporter, quand ils ont envie de trouver une astuce pour améliorer leurs emails ils la trouvent et se mettent la main dessus, en faisant profiter les collègues.
Vous ne seriez pas du genre, comme à une certaine époque chez Compaq au moment des 386 Deskpro de livrer leurs ordinateurs avec une interface à la Windows par dessus Windows soit disant pour simplifier la vie des secrétaires ? Délirant non ?
"Mél", mot francisé ridicule d’email pour se donner un style particulier de technologue pédant, quelle horreur.
Les utilisateurs ont le niveau d’utilisation d’un logiciel qu’ils se donnent. Ce n’est surement pas à vous de vous immiscer dans leur approche de l’informatique.
J’y ai cru pendant des années, mais mes années de formateurs sur logiciels de bureautique et hôspitaliers m’ont prouvé qu’il ne sert à rien d’influencer les gens. Avec le temps et la pratique du quotidien ils découvrent eux mêmes leurs erreurs et les trucs qui leurs servent utilement.
Pendant une formation, donnez leur des cas concrets, des exercices pratiques, et vous verrez, sans les saouler de cours enarquiens avec des tonnes de shcémas au tableau avec des flèches et des termes ronflants et des cigles dans tous les sens qui n’ont qu’un seul résultat : les faire dormir, ils y arriveront tout seul en tatouillant eux même leurs logiciel version formation.
Vous serrez même étonné qu’ils vous fassent découvrir des astuces et des défauts que vous n’aviez jamais soupçonnés.
Vous serez étonné de les voir arriver au début de la formation, angoissés, paniqués, mais de ressortir avec le sourire, vous disant des choses comme "super je vais pouvoir épater ma chef et mes gosses !"
Ils s’inventent eux mêmes, à leurs niveaux d’utilisation, de l’aide soignante qui a du mal avec la souris au médecin qui assimile des niveaux d’utilisations d’un haut niveau spontanément et naturellement sans avoir à lui expliquer quoi que ce soit, leur propre technique, leur propre vision de l’informatique.
Ils vous feront ainsi découvrir des pratiques oubliées de l’époque des IBM360 et de la saisie mécanographique au dernier quad core sous Vista pro. Cela détent l’atmosphère, ce sont d’excellents exemples sur lesquels rebondir dans la formation, et c’est un bain sympathique et salutaire dans l’histoire de l’informatique et son futur, démistifiant les idées préconçues stupides des premiers pc Apple ou Ibm Pc, nous racontant l’époque de 1977 où nous travaillions déjà sur Commodore CBM avec souris quand Apple a sorti sa chose de Apple.
Pour les replacer dans une vision temporelle, je leur parle de l’histoire de l’informatique, de Ada Lovelace et Turing à Deeper Blue, des premiers Worksheat des années 1950 à Excel 2007, des dactylos des années 1930 avec leurs Underwood et leurs papiers carbones à Word 2007, de la saisie par carte perforée à la première souris de 1964, des papyrus au livres électroniques, du clavier mécanique à la dictée vocale et à l’interface digitale à la Surface.
Ainsi ils en prennent ce qu’ils en veulent, parce qu’il n’y a pas qu’une seule vision de l’informatique du genre de la votre, mais une vision et une utilisation par personne, par profession.
C’est à VOUS à vous adapter à l’utilisateur et non pas le contraire.
La secrétaire médicale se fait elle même ses documents plus ou moins évolués et géniaux qui se répendent dans la sphère des secrétaire médicales comme un être vivant se sélectionne naturellement à la Darwin.
C’est cela un mème informatique.
Les programmeurs n’ont pas à décider que telle secrétaire doit cliquer là sur une icône ou un menu défilant.
Si pour déplacer un rendez vous sur son logiciel la secrétaire a besoin d’un icône à glisser déposer d’une fenêtre de médecin à une autre, personne n’a le droit de lui dire non, vous le ferez par des menus déroulants sur une interface mono écran simple display de merde d’il y a 20 ans pour lui faire perdre un temps fou, et de plus générateurs exponentiel d’erreurs. (C’est ce qu’il se passe en se moment, l’ergonomie des logiciels professionnels est tout simplement épouvantable et contre productive.)
Laissez les gens s’approprier un logiciel, avec le temps ils arriveront forcément au résultat que vous vous souhaitez, sans leurs ajouter des utilitaires redondants trouvés sur le net ou des macros plus ou moins bien foutues.
Allez sur des sites fantastiques comme ExcelDownload.com. Vous y décrouvirez que même avec d’antiques versions d’Excel ou de Visual Basic l’utilisateur lambda sait se fabriquer des outils extraordinaires sans avoir besoin de la dernière mouture 2008 d’Office ou de Visual Net. Encore moins qu’un technologue leur explique ce qu’ils ont découvert eux même par la pratique.
"Une des principales maladies de la société moderne est la sursocialisation, qui oblige à penser et agir comme la société l’exige. « La société actuelle s’efforce de nous socialiser à un degré jamais atteint par les sociétés précédentes » On nous explique ce que nous devons manger, comment éduquer nos enfants, comment se comporter dans toutes les situations. Les hommes subissent dés le plus jeune age un tel bombardement intensif de bonne conscience qu’ils perdent leur défense immunitaire lors d’agressions de toutes sortes. Tout sentiment d’agressivité doit être rejeté . Mais hélas ce sentiment arrive un jour ou l’autre et cela provoque en lui une sensation de culpabilité, une démotivation, une dépréciation de soi qui peut le faire basculer à tout moment dans l’insatisfaction de soi, dans l’ennui dans la déprime."
Ceci est parfaitement exact. L’oppression permanente du rapport social obligatoire 24/24 h aliène plus surement que la torture mentale chinoise. Du levé au couché il faut tout maitriser, le moindre geste, la moindre gare à la plaisanterie qui tombe à plat, la moinre parole légérement hors sujet, pour bien rester dans l’attente que le conjoint, la famille, les collègues, les voisins, les amis, de l’image qu’ils veulent avoir de vous. Chaque geste doit être absolument parfait, même dans l’intimité.
Même en vacances, gare à celui qui ne s’incorpore pas à la bande des accros des problèmes relationnels obligatoires. Gare à celui qui dès le matin n’a pas à se prendre la tête dans une discussion entre quatre z’yeux dans la salle de bains ou dans la cuisine, même pas le temps de prendre son petit déjeuner, ça commence !
Confucius a dit "Je suis celui que tu veux bien voir".
Précept appliqué à la dictature par notre société, à chaque seconde de notre journée.
Mais de là à :
"Ainsi tous les maux de la crise moderne proviennent de l’évolution de la société technologique, la seule solution ne consiste pas à la réformer mais à l’abattre complètement. S’il est bien sûr difficile de le suivre dans cette voie radicale, Unabomber mérite l’attention car il propose une réflexion tonifiante sur les dangers de la société technologique."
c’est un raccourcis un peu facile. Ce n’est pas propre à une société technologique, c’est propre à l’humain tout court, quel que soit l’époque.