• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Jordi Grau

Jordi Grau

Cet auteur n'a pas encore renseigné sa description

Tableau de bord

  • Premier article le 30/08/2008
  • Modérateur depuis le 24/04/2009
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 77 601 3796
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 84 68 16
1 mois 1 1 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Jordi Grau J. GRAU 21 août 2008 10:50

    Message à "Titi"

    Bonjour :

    Vous avez trouvé "puérile" l’analyse que je proposais quand j’écrivais à propos des grandes entreprises : "elles ont abandonné une grande partie de leurs activités (par exemple : nettoyage des locaux) et les ont confiées à des entreprises sous-traitantes. C’était une excellente idée d’un point de vue stratégique : cela permettait de faire porter une partie du risque à des petites entreprises, tout en divisant les salariés (diviser pour régner, cela marche toujours)." 


    Vous dites qu’il y a 
    "d’autres facteurs plus pragmatiques et moins idéologiques". 

    Je réponds deux choses à votre commentaire :


    - je ne prétends pas avoir donné TOUTES les raisons pour lesquelles une entreprise se débarrasse d’une partie de ses activités. Celles que vous donnez ne sont pas incompatibles avec celles que j’ai avancées.


    - ce que j’appelle "point de vue stratégique" rejoint ce que vous appelez "pragmatisme". Il est fort pragmatique, du point de vue des actionnaires, de vouloir faire porter une partie du risque financier à de petites entreprises juridiquement indépendantes (même si, d’un point de vue économique, elles ne sont pas si indépendantes que cela). C’est la même logique qui pousse une entreprise à se débarrasser des activités les moins rentables : les actionnaires en effet (ou les fonds de placement qui gèrent leurs intérêts) poussent en effet à des taux de rentabilité très élevés (en général beaucoup trop élevés, d’ailleurs, ce qui met en danger la survie de l’entreprise. Cf à ce sujet Le capitalisme est en train de s’autodétruire de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, Editions de la Découverte).

    De la même manière, il est très pragmatique de faire en sorte que les salariés ne soient pas trop nombreux dans un même endroit et dans une même entreprise. Ce que rappellent les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello dans Le nouvel esprit du capitalisme, c’est qu’il y avait une forte agitation sociale à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix : beaucoup de grèves, ouvertes ou larvées, parce que les salariés étaient unis, nombreux, et avaient les conditions matérielles pour se regrouper et s’organiser. Tout cela portait un coup sérieux à la productivité des entreprises. Le changement de sructure des grosses entreprises s’explique en partie par cette situation. C’est la même logique qui pousse les entreprises à embaucher beaucoup d’intérimaires ou de salariés en CDD. D’une part, bien sûr, ils sont plus flexibles, mais ils sont aussi mal vus par les autres salariés. Là encore, cette division des salariés les empêchent le plus souvent de se mobiliser de manière efficace.



  • Jordi Grau J. GRAU 20 août 2008 21:37

    Merci pour cet article intéressant. On pourrait cependant ajouter qu’il y a entrepreneur et entrepreneur, tout comme il y a salarié et salarié. Certains entrepreneurs sont de quasi-salariés, de faux indépendants, parce qu’ils dépendent complètement des grosses entreprises qui les fournissent ou qui leur achètent leurs produits (grande distribution, notamment). Dans le Nouvel esprit du capitalisme, les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello expliquent bien comment, au cours des années 70, le capitalisme a changé de visage. Les grosses entreprises intégrées de l’ère fordiste (1930-70 en gros) ont éclaté : elles ont abandonné une grande partie de leurs activités (par exemple : nettoyage des locaux) et les ont confiées à des entreprises sous-traitantes. C’était une excellente idée d’un point de vue stratégique : cela permettait de faire porter une partie du risque à des petites entreprises, tout en divisant les salariés (diviser pour régner, cela marche toujours). Il y a donc, parfois, une différence assez floue entre le statut d’entrepreneur et celui de salarié (même si beaucoup de petits entrepreneurs, par fierté, ont du mal à l’admettre et veulent encore croire à leur indépendance).

    Inversement, la distinction est assez floue entre certains entrepreneurs et le monde de la finance, que vous avez tendance à différencier systématiquement. Les managers des grosses entreprises sont sans doute salariés, mais cela ne les empêche pas d’être détenteurs d’une bonne partie du capital (de leur entreprise ou d’autres entreprises). Ils sont d’ailleurs en grande partie payés en stock-options. Pour ces salariés-là, on peut se demander ce que signifie vraiment le "risque" dont ils se gargarisent. 



  • Jordi Grau J. GRAU 20 août 2008 14:09

    Réponse à "Internaute"


    Vous écrivez, Internaute :

    La richesse des pays développés vient historiquement de l’accumulation de capital et de travail au fil des générations. Qu’il fut bien ou mal réparti au sein de nos sociétés est une autre histoire mais si aujourd’hui le commerce se développe rapidement grâce au TGV ou à l’avion, ce n’est pas du à l’exploitation des pauvres noirs en Afrique mais au travail acharné et mal rémunéré des générations qui nous ont précédé à commencer par les bûcherons qui, pour un salaire de misère, ont abattu des forêts à la main pour fabriquer des traverses de chemin de fer. Ce sont des siècles de courage et d’ingéniosité qui nous ont apporté l’héritage culturel et industriel qui nous permet aujourd’hui de bien vivre sans trop se fatiguer.

    Mais ce que vous dites ne réfute absolument pas mon propos. Car :

    1. Quand je parlais d’une répartition plus équitable des richesses, je ne pensais pas uniquement aux différences entre pays riches et pays pauvres. Au sein même des pays riches il y a des inégalités criantes, auxquelles il n’est pas impossible de remédier. La preuve, c’est que les pays où elles sont les plus réduites (au nord de l’Europe) ne sont pas forcément les plus pauvres. Il n’y a donc pas de fatalité. Et il ne s’agit pas, comme vous dites, de faire du Robin des Bois, et de "voler aux riches pour donner aux pauvres". Il s’agit seulement de redéfinir, de manière démocratique, ce qui appartient à chacun : cela n’a rien à voir avec le vol. D’ailleurs, comme vous le dites vous-mêmes, les richesses produites sont autant le fruit du travail que celui du capital. Il est donc légitime, me semble-t-il, qu’elles soient appropriées au moins autant par les travailleurs que par les détenteurs du capital. Après, tout est une question de rapport de forces : tant qu’on restera dans un régime capitaliste, la répartition des richesses sera toujours le résultat d’un compromis précaire entre ceux qui détiennent les capitaux et les salariés (mais aussi entre salariés, puisqu’ils sont loin d’être tous au même niveau).

    2. L’"exploitation des pauvres noirs en Afrique" n’est pas une invention des Tiers-Mondistes. Elle a existé à l’ère coloniale, et elle se continue encore. Lisez, par exemple, L’envers de la dette, de François-Xavier Verschave (Editions Agone). Vous verrez comment Elf et d’autres multinationales des pays riches pillent le pétrole africain avec la complicité de dictateurs corrompus (et également corrupteurs). Bien entendu, cela ne signifie pas que toute richesse de l’Europe et des Etats-Unis proviennent de l’exploitation des pays pauvres. Mais cette dernière n’est pas à négliger. 



  • Jordi Grau J. GRAU 20 août 2008 09:14

    Réponse à Marc Bruxman

    Vous avez, M. Bruxman, longuement commenté mon message sur la croissance et la décroissance. Je vais juste reprendre deux points de votre commentaire :

    1. Vous prenez deux exemples (les énergies renouvelables et le MP3) pour montrer que la croissance ne dépend pas nécessairement de la surexploitation des ressources naturelles. Je veux bien vous croire. Admettons que des technologies toujours plus perfectionnées arrivent à produire toujours plus de biens en utilisant de moins en moins de ressources matérielles. Le pari est risqué, mais pourquoi pas ? Cela étant admis, force est de reconnaître que nous n’en sommes pas encore là, et que la croissance telle qu’elle existe aujourd’hui n’est pas forcément synonyme de progrès. L’économie mondiale dépend encore aujourd’hui largement de la surexploitation des matières premières, de la consommation à outrance de produits manufacturés et d’une industrie très polluante.

    2. Dans mon précédent message, j’écrivais ceci : "Quant au problème de la pauvreté, rien n’empêche qu’on s’y attaque dès maintenant : pourquoi atteindre que la taille du gâteau augmente, alors qu’il suffirait de le partager équitablement pour que chacun ait assez à manger, de quoi se vêtir et de quoi se loger ?" 
    Ce à quoi vous répondez : "Parce que ce partage "équitable" est contre la nature humaine, qu’il faut donc obligatoirement instaurer une dictature ("du prolétariat") pour y parvenir et que ces mêmes dictateurs prolétariesques se comportent alors comme les capitalistes d’antan en vivant grassement. Sauf que comme il n’y a plus d’économie libre, les ressources sont de plus en plus mal allouées et tout le monde s’appauvrit."

    Ces quelques lignes mériteraient sans doute un volume entier de commentaires. Je me contenterai de trois remarques :


    - quand je dis "partage équitable", je n’entends pas par là une égalité parfaite et immuable entre les hommes. Je sais bien qu’une telle égalité est impossible. Je dis seulement qu’il est fort étrange que, dans un monde globalement riche, il y ait encore des gens qui n’aient pas de quoi manger où se loger. Et je ne pense pas qu’il soit contre la nature humaine de vouloir mettre fin à cette situation.


    - la nature humaine a bon dos. A vous lire, on croirait que l’humanité est toute entière composée de petits Harpagon, incapables de partager leurs richesses. Ce qu’on appelle "nature humaine", la plupart du temps, c’est un ensemble d’habitudes contractées dès l’enfance, et qui varient beaucoup suivant le milieu social, la famille où l’époque dans laquelle on a été élevée. J’imagine que le système des castes apparaît comme "naturel" à la plupart des Indiens, alors qu’il nous fait horreur. Mais revenons au partage des richesses. Si je fais partie d’une catégorie sociale montante ou privilégiée, il m’est sans doute "naturel",de voir d’un mauvais oeil ceux qui veulent une répartition plus équitable des ressources. J’aurai le sentiment qu’on veut attenter à ma chère liberté. L’Etat m’apparaîtra comme un vampire assoiffé de mes sous (sauf quand il défendra ma propriété en mettant les délinquants en prison). Mais si je suis dans la dèche, si j’ai du mal à boucler mes fins de mois, je ne considérerai plus nécessairement comme "contre-nature" les prélèvements obligatoires subis par les plus fortunés.
    A ce propos, je vous rappelle qu’on n’a pas besoin de faire appel à une dictature de type soviétique pour instaurer une répartition plus équitable des richesses. En France, par exemple, il y a eu une longue période où les inégalités se sont progressivement atténuées, notamment par le biais d’une fiscalité redistributrice. Et tout cela s’est fait d’une manière démocratique. Ce n’est pas le camarade Staline, par exemple, qui a instauré l’impôt progressif sur le revenu...


    - vous parlez de l’allocation des ressources, qui doit, selon vous, se faire nécessairement dans une économie libre. En un sens, je suis d’accord avec vous. Malheureusement, j’ai peur que nous n’entendions pas la même chose sous le terme d’"économie libre". Pour moi, une économie est libre dans la mesure où les grandes orientations économiques sont décidées démocratiquement. Je rejette donc tout aussi bien la planification soviétique que le capitalisme, surtout sous sa forme actuelle. Je ne vois pas où est la liberté dans un régime où une poignée de décideurs (gros actionnaires, gestionnaires de fonds de pension, etc.) font la pluie et le beau temps en termes économiques. Sans compter que ces décideurs ne sont pas eux-mêmes si libres que cela, puisque leur comportement est en grande partie grégaire (comme le montre le phénomène des bulles spéculatives et de leur éclatement). Vous me direz que tout cela n’est pas si grave, du moment que les ressources sont correctement allouées. Les mécanismes du marché, pensez-vous sans doute, sont globalement suffisants pour satisfaire aux besoins des gens, ou du moins pour enrichir tout le monde. Malheureusement, cette thèse est extrêmement fragile, et elle semble contredite par de nombreux exemples, comme celui des subprimes.

    Sur ce problème de l’allocation des ressources, je vous renvoie à un livre très intéressant  : Petit bréviaire des idées reçues en économie. L’auteur est un collectif d’économistes : les éconoclastes. Editions La Découverte.

    Cordialement,

    Jordi GRAU



  • Jordi Grau J. GRAU 19 août 2008 22:48

    Commentaire au post d’Adrian :

    Il en va du libéralisme comme du socialisme. Pendant longtemps, les défenseurs de l’URSS ont expliqué que le socialisme était la fin de l’exploitation, l’enrichissement matériel et moral du peuple, la vraie démocratie, etc. Quelques mauvais esprits faisaient remarquer qu’il y avait loin de cette belle utopie au socialisme REEL, qui n’était guère reluisant. Je crois qu’on pourrait faire la même remarque en ce qui concerne le libéralisme. Les théories libérales sont sans doute très appétissantes, mais la réalité ne leur correspond jamais tout à fait. Le libéralisme économique à outrance ne s’accompagne pas nécessairement d’une libéralisation des institutions politiques, judiciaires, carcérales, policières ou militaires. On peut même penser, exemples à l’appui, que le libéralisme économique entraîne un accroissement des inégalités, qui elles-mêmes sont source d’instabilité sociale, qui engendre à son tour un durcissement de la répression policière et carcérale. Est-ce un hasard si Milton Fridman fut le conseiller économique de Pinochet ? Ou si les Etats-Unis sont champions du monde en matière d’incarcération ? Est-ce un hasard si, dans la France du XIXème siècle et du début du XXème siècle, les mouvements ouvriers étaient réprimés avec une grande férocité, y compris par des gouvernements républicains ?

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Agoravox.tv