Pour répondre à Robin (« comment un tas de ferraille peut se transformer en avion de ligne » ?).
Faites l’exercice intellectuel de concevoir un système quelconque au sein duquel des molécules réagissent à leur environnement pour donner des molécules identiques ou presque. Il n’en faut pas plus. Cela ressemble à une réaction catalytique, où le catalyseur reste inchangé à l’issue de la réaction, mais dont le produit est, outre le catalyseur, une molécule identique à celui-ci, à quelques epsilon près.
Tant que les conditions de la réaction sont réunies (énergie, pression, température, éclairage, disponibilité des composants chimiques), la réaction va se reproduire. Prolifération. Les éléments finiront par manquer. L’existence d’infîmes différences entre les molécules mises en concurrence les unes contre les autres va amener celles-ci à mieux se reproduire que les autres, par exemple en puisant les éléments manquants dans d’autres molécules (prédation) ou en profitant que d’autres éléments peuvent se substituer aux éléments manquants (adaptation). Une autre condition de la vie est peut-être déjà implicite à cette réaction en chaîne si un catalyseur modifié a toutes les chances de produire à son tout des molécules portant la même modification. Toutes les conditions de spécialisations, de sélections, de complexification, de co-évolution, de sélection naturelle et tout ce qui est susceptible de devenir à terme un écosystème vivant complexe, sont simplement contenus dans cette simple réaction catalytique reproductrice à un epsilon d’imperfection près.
Cette réaction existe-t-elle dans votre tas de ferraille ? Si oui, attendez un peu et s’il ne finit pas un jour par voler, vous aurez peut-être des suprises plus grandes encore. Mais bon. Ne restez pas debout devant : prenez un siège, hein...
J’insiste sur l’imperfection... C’est l’imperfection même de la mécanique de reproduction qui rent tout le reste possible. C’est dire, donc, si ceux qui s’imaginent un démiurge incarnant La Perfection Suprême se gourrent du tout au tout...
Le vrai démiurge est Chaos et cela le dispense de tout projet, de toute intention, de toute bienveillance et de toute vindicte.
Effectivement, ça doit pouvoir se modéliser informatiquement pour rendre des populations virtuelles de mieux en mieux adaptées à leur environnement. Avec un environnement bien défini et des contraintes mâîtrisées, ça peut pousser les programmes à se rendre plus performants. Est-ce la vie ? Peut-être. Après tout, on parle de « virus » informatique, qui se duplique et se reproduit, prolifère... mais ne s’adapte pas encore, à ma connaissance. Le jour où il se reproduira avec d’infimes variations et entrera en concurrence avec d’autres pour faire face à une pénurie de sa substance, alors il y a des chances sérieuses pour qu’il gagen en complexité, en efficacité, en pertinence, en efficience... Il risque aussi d’échapper à tout contrôle, comme il se doit pour tout être vivant.
Il faut descendre bien loin dans les commentaire pour en lire un qui ne soit pas pourri d’invectives et qui, même si l’on n’en partage pas toutes les nuances, recèle des idées intéressantes et pas hors sujet.
Que la vie et sa transmission soient « un véritable miracle », il n’y à guère à s’en extasier puisque les chiens, les rats, les cafards et les cloportes l’ont et la transmettent aussi. Disons que c’est un fait et qu’il est difficcile de le nier. La vie existe quelque part dans notre univers et, ça tombe bien, c’est chez nous ! Cela dit, la coïncidence n’étonne que les sots : là où elle n’existe pas, il n’y a, par définition, personne pour en souffrir, s’en offusquer et le déplorer.
Que nous soyons maîtres de notre destin et prisonniers de notre condition, c’est un débat d’une densité incommensurable difficile à mener ici. Mais prise comme la définition d’une responsabilité de l’homme qui n’a pas à faire intervenir de dieu, cette affirmation me semble pleine de bon sens et aller judicieusement dans un sens que Deneb ne saurait démentir, non plus que moi.
J’ai du mal à savoir, à propos de l’homme responsable de viol et d’appropriation, si c’est du monde ou de dieu(x) qu’il s’agit . Je souscris cependant à ceci que le nom des dieux et leur cultes sont effectivement, de longue date, des outils de domination et d’inféodation de l’Homme sur l’Homme, et les chaînes de sa pire servitude. Que les dieux s’en offusquent m’indiffèrent d’autant plus qu’ils n’en manifestent pas grand chose. De même, je ne pousse pas la personnification de la Terre ou de la Nature jusqu’à lui prêter des sentiments d’injustice, un ressenti d’agression, et des velléités vindicatives, par lesquelles elle se paierait d’un manque de respect en infligeant en retour à ses agresseurs des calamités, des catacysmes variés et du réchauffement climatique. Même pour expliquer l’écologie aux gamins et aux simples d’esprit, il y a des moyens plus judicieux que cette personification moralisante aux liens de causalités douteux.
Je suis ébahi comme vous quand je contemple un ciel nocturne, et les mêmes statistiques vertigineuses (astronomiques, disons le mot !) me viennent à l’esprit. Je ne ressens pourtant pas l’obligation d’abriter mon vertige derrière un dieu créateur, au travail démiurgique duquel il faudrait compatir et l’en remercier.
Vient ensuite la phrase par laquelle votre intervention surpasse en intérêt la plupart de celles qui précèdent : « C’est bien dans la guerre, l’adversité, la peur que nous nous sommes construit elles sont bien plus utiles à l’être humain qu’un hypothétiques bien être universel conditionné par DIEU »
Je ne reconnais pas la guerre pour ses bienfaits ni n’accorde aucune vertu rédemptrice à la souffrance. Mais je suis d’accord avec vous : l’Homme s’est probablement construit homme en relevant les défis de l’adversité, en tirant le meilleur profit de ses talents, et en assumant au mieux ses défauts et ses tares.
Je tiens la propension de l’homme à chercher un sens caché à toute chose pour le plus marquant de ses talents et la plus grave de ses tares.
C’est un talent, probablement hérité de sa volonté d’identifier les sons et les traces du gibier paléolithique. Un talent, puisque cela pousse à la curiosité, au savoir, à la science, à l’expérimentation, au partage d’explications, à la mise en commun des techniques et des inventions... Appliqué à ce qui peut avoir du sens, ce talent permet bien d’en trouver et de faire de l’homme l’espèce dominante (et s’il est assez sage, bientôt gestionnaire) de sa planète.
Et c’est à l’évidence une tare, tout autant, en ce que ce talent, mal maîtrisé, s’applique tout ausi bien à ce qui n’a pas de sens, pour en trouver de force, à tout prrix. Il forge alors des convictions, des croyances, s’avère propices aux mythes, incline aux superstitions, aux délires les plus mystiques, aux paranoïas complotistes, aux hoax, aux escroqueries, à une révérence servile à des théories absurdes, aux religions.
Ceci étant, je veux bien que vous opposiez les peurs et les adversités à une intervention divine, comme élément central de la construction de l’homme, mais je n’irai pas jusqu’à écarter comme vous le faites « un hypothétiques bien être universel », qui serait nécessairement lié à cette croyance diviniste. Il me semble au contraire que le fait de collaborer à un bien être universel, immédiat ou différé, est un des moteurs fondamentaux de notre évolution en tant qu’espèce comme en tant que cultures et civilisations (j’insiste sur les pluriels). Je lie d’autant moins cet idéal à l’existence d’un dieu que, celà n’aura échappé à personne, la plupart des religions vous inventent des arrières-mondes lointains dont vous mériteriez l’accès par vos souffrances en ce (bas) monde. Oeuvrer au bonheur terrestre, ici et maintenant, n’est évidemment pas le propos de ces religions férues de promesses dans l’au-delà, l’autre monde, l’autre vie.
La mort fait partie, comme l’infini, de ces choses dont on cherche le sens en vain, sens que l’on ne trouve souvent qu’à son détriment et pour le plus grand profit des gourous.
J’espère n’avoir pas dénaturé votre prise de position en la nuançant de sorte que je puisse être d’accord avec...
Si par « effet produit », Mr Dupont-Lajoie, vous parlez de la propension qu’ont certains, emportés par leur force d’inertie, à déverser leur fiel dans des commentaires totalement hors de propos, c’est une pathologie obsessionnelle du plus haut ridicule en effet, dont la seule vertu est de vous amener l’estime que vous méritez.
Si l’importance dont vous parlez, realTMX, se gagnait au mérite, je partagerait votre impression.
Mais en tant que phénomène de foire, en tant qu’évènement, en tant qu’elle occupe une place notable dans le paysage audiovisuel, elle représente quelque chose qui la dépasse. Elle a été mise là pour une fonction précise, sélectionnée à cette fin, précisément choisie à cet effet. C’est bien le signe de quelque chose dont il serait dommage de ne pas parler.
Il fut un temps où la célébrité venait aux gens habiles, aux savants, aux découvreurs, aux inventeurs, aux créateurs, aux audacieux. Il fut même un temps où des intellectuels, des philosophes, des mathématiciens, des sages, et même des joueurs d’échecs en eurent leur part. On doit mentionner que la célébrité a couronné et couronne encore aussi l’athlète, le héros, mais aussi le guerrier, l’escroc ou le criminel, l’amoral, le rebelle, ce qui dénote quand même, dès le départ, certaines audaces dans l’évaluation du « mérite »...
On peut faire un lien entre les motifs de célébrité et la justification de la richesse, aussi... Pas forcément pour les lier l’un à l’autre, mais peut-être quand même pour constater qu’on voit de plus en plus de gens qui sont riches sans raison ni légitimité rationnelle, et noter que cela correspond aussi à l’apparition de gens qui sont seulement célèbres... heu... pour leur notorité.
Il n’y a pas à apprendre grand chose sur Nabilla, mais il y a à apprendre sur nous, qui, collectivement, visionons (ou pas) les émissions où elle apparaît., et plus encore sur les producteurs, les programmateurs, les responsables et les stratèges de l’audiovisuel, et la vision qu’ils ont de nous, la spéculation qu’ils font sur l’attractivité d’une bombasse décérébrée et les recettes publicitaires induites.
Et peut-être aussi, sur des intentions non mercantiles qui guideraient leurs choix.
Et même si les intentions n’étaient que mercantiles, les effets induits peuvent, eux, ne pas l’être. De quel monde en devenir Nabilla est-elle le signe ? telle est la question à se poser, et que pose intelligemment l’article.