Croire que la solution pour sauver l’agriculture réside dans la vente directe relève de la pure utopie, et ce serait porter un regard méprisant sur les agriculteurs n’aillant pas opté pour cette solution ; un jour ou l’autre ils ont forcément appréhendé cette solution que se révèle malheureusement irréalisable pour la plupart
La vente direct nécessite - de disposer d’une main d’œuvre familiale sous rémunérée (enfants parents à la retraite) et disponible produire et commercialiser demande beaucoup de temps. Les 3/4 des producteurs que je connais travaillent en famille, et le jour ou cette M-O disparait les gros problèmes commencent.
- de productions adaptées à ce genre de commercialisation (je vois mal le paysan vendre blé, colza etc au marché du coin)
De plus, vouloir nourrir un pays ou même simplement une ville comme Paris au travers un circuit ultra court (producteur consommateur ou organisation producteur consommateur ) est totalement irréaliste. Nourrir un pays comme la France nécessite un flux de marchandise au quotidien que nous avons du mal à imaginer.
Les solutions existent au niveau individuel et sont très spécifiques à chaque exploitations
Si non je lis très souvent des réflexions du types « les paysans sont devenus des entrepreneurs et travaillent pour le fric » ou, « ils ne pensent qu’a augmenter leurs rendements pour gagner encore plus » Quelque soit l’exploitation , elle est une entreprise à part entière, crée pour faire vivre ceux qui y travaillent, soumise aux lois du marché,( mondial même et surtout !) ,aux réglementations de tout ordre. L’image d’Épinal qui voudrait voir le paysan barbu écoutant les oiseaux chanter, regardant virevolter les papillons au dessus des cultures, tout en tapotant amoureusement le cul de sa vache en lui causant doucement au creux de l’oreille me parait quelque peu dépassée ! Je vois plutôt des paysans le nez devant leur écran, tapant au clavier attentivement leurs déclarations, étudiant les dernières nouveautés en terme de réglementation environnementale scrutant les courbes des cours des produits agricoles etc....
Que vous le vouliez ou non, l’agriculture a évoluer tout comme les entreprises des autres secteurs économiques, elle doit s’adapter aux marchés, être compétitive, se moderniser.... ou mourir !
Bien sur de nombreuses erreurs ont été faites par les pouvoirs publiques par les agriculteurs eux même mais les choses évoluent au rythmes de la société et surtout de la mondialisation. La pire étant la disparition des exploitations familiales au profit de méga-structures détenues non pas par des paysans mais par la finance.