Merci de nous raconter cette expérience, que tu racontes avec un grand talent, c’est vraiment précieux et je crois effectivement que l’on ne s’éloigne pas du sujet.
Je dois avouer que j’ai connu moi aussi une période un peu « pétasse » et qu’une allergie à des cosmétiques conventionnels m’a également fait prendre conscience que l’industrie de la beauté n’était pas exclusivement composée de bons samaritains.
Trouver une alternative est un travail complexe, difficile tant nos relations avec les autres dépendent de l’image sociale que l’on donne (et les gens sont tellement rassurés par le produit standardisé !), mais très stimulant intellectuellement.
Je n’ai pas envie de revenir en arrière, rien que l’idée de donner de l’argent à l’industrie chimique du nettoyage et des cosmétiques me glace le sang, mais pour rester en contact avec les autres êtres humains qui peuplent cette planète, il faut se creuser la tête pour trouver un fonctionnement subtil et adapté.
Je patauge encore un peu, mais on se dit que l’on trace peut-être un chemin.
Très bonne question ! Laquelle aura le courage de commencer ? En fait, c’est asez facile de trouver des arguments :
- Les cosmétiques et le maquillage (hormis ceux vendus en magasins bio) sont presque tous des perturbateurs du système endocrinien. Bonne nouvelle, n’est-ce pas ? On est super belles, mais sans aucun désir et plus aucune fécondité... Un vrai objet de luxe, quoi !
- les parfums stressent les plantes, qui dégage des allergènes pour se défendre et nous enrhume du même coup. par ailleurs, certains parfums comportent de l’aluminium, responsable de la maladie d’Alzheimer. Mais perdre son cerveau, c’est encore ce qui peut arriver de mieux à une jolie femme, demandez donc à Frances Farmer !
- Pour les kilos, j’ai un autre point de vue. Cela me ferait horreur de ressembler à ces coach potatoes affalés devant leur téloche qui regardent les petits africains décharnés. La nourriture doit être répartie plus équitablement dans le monde et c’est une honte d’utiliser notre pouvoir d’achat pour nous empiffrer pendant que d’autres meurent.
Pour le reste, il suffit d’oublier les ascenceurs pour avoir un corps en bonne santé.
C’est vrai qu’au début, quand vous ne vous maquillez pas, vous avez droit au « tu as l’air fatiguée », mais après ils s’y font très bien et on se sent une autre personne. Enfin, je veux dire, une vraie personne, enfin...
Ma fille me demandait ce matin en allant au judo : "maman, pourquoi on éduque toujours les filles à être de petites princesses nunuches ?
- Pour mieux les vendre, ma chérie !
Encore une question à l’auteur : y a-t-il un rapport entre les SS qui font la fête à Auschwitz et les grands couturiers qui boivent du champagne pendant les défilés de mode ?
Ces dicussions sont très intéressantes, mais les conclusions sont assez inquiétantes. En fait, il seblerait que notre société moderne n’ait absolument pas permis aux femmes, du moins aux jeunes femmes, d’accepter leur propre sexualité, leur matérialité.
Plus que jamais, la femme reste un objet de consommation, qui doit, pour être désirable, donc vendable, être le moins animal possible.
Je pense que les anorexiques cherchent réellement à être désirables, mais qu’elle ne cherchent pas à désirer elles-mêmes. Le désir sexuel féminin reste un grand tabou, et plutôt un désavantage dans la compétition sexuelle. Une femme qui a de réels désirs est perçu comme malpropre par les hommes et par les autres femmes.
les parents eux-mêmes supportent mal les désirs sexuels de leur fille, ils en ont honte, alors qu’ils se glorifient (en général du moins) des désirs sexuels de leurs fils.
Je suis persuadée que la maigreur pour une femme est le signe de l’absence d’animalité, donc d’absence de désir propre, ce qui rend beaucoup plus désirable.
Bonne idée, mais je ne vois pas comment un créateur de mode pourrait aimer les formes féminines... Son idéal, c’est plutôt les fesses de jeunes garçons...