Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France...
La question est de savoir si l’on peut déceler une cause commune à tous ces égarements ?
Nous ressemblons à un peuple sans colonne vertébrale, asphyxié par une compétition aussi sournoise qu’implacable entre les individus, ou l’intérêt individuel (qui n’est pas, loin s’en faut, une course au bonheur) prime toujours sur l’intérêt collectif.
Nous sommes un peuple archi-individualiste où personne n’envisage de se sacrifier pour les autres (et c’est pourtant une des plus belle façon d’être heureux !).
Cet article a le mérite de poser la question des motivations personnelles et subjectives face à l’avalanche habituelle des pseudo motivations générales et théoriques.
Un peu de positif dans un océan de normatif.
Le rapprochement avec la perversité comme fondement de la manipulation est intéressant.
Néanmoins, il me paraît manquer une dimension « religieuse » à la question politique. J’entend religieux au sens universel, à savoir les représentations magiques de l’être humain qui lui permette de cesser de s’entretuer au nom de mythes collectifs.
Gouverner, c’est incarner l’unité mythologique d’un groupe. Cela donne un pouvoir souvent grisant, voire psychogène, mais cela peut aussi conduire à se voir lyncher sans merci par la foule si l’on échoue.
Le problème n°1 des politiques est donc de trouver à la foule des os à ronger, d’autres « coupables » à lyncher, pour éviter de faire soi-même les frais de la vindicte populaire.
Même du haut de son pouvoir absolu, le « Big Brother » de Georges Orwell ne cesse d’orienter l’agressivité des citoyens vers des ennemis extérieurs.
C’est intéressant de parler de sexe, mais parler de politique sans développer la question de la régulation de laviolence intrinsèque aux rapports humains me semble trop juste.
C’est un peu un défi, mais pas seulement. La force de l’obstacle (qui peut être un ou une rivale, un interdit social ou religieux, une différence de classe sociale) donne de la valeur à l’objet désiré.
Dans Tristan et Iseult, ce n’est pas en réalité le philtre d’amour qui tourne la tête de ces jeunes gens, mais bien l’interdit pour Tristan de coucher avec la promise du roi.
Même chose pour Lancelot et Guenièvre. Ou encore pour le dragon qui garde la princesse recluse.
Il est connu que les femmes qui cèdent trop vite aux avances sont aussi les plus vite abandonnées. Si elles ne résistent pas, cela signifie qu’elles occupent une position très inférieure à celle de leur amant, qui ne pourra que les mépriser dès son désir assouvi.
Les monologues de Cressida dans la pièce troyenne de Shakespeare ne parle que de cela. Elle sait pertinemment que tant qu’elle n’aura pas cédé au jeune et beau Troïlus, elle sera pour lui une déesse. Dès qu’elle cède, elle n’est plus qu’une conquête dont son amant se vantera quelques temps avant de l’oublier.