Je vous ai écrit une réponse détaillée mais Avox l’a apparemment censurée. Je ne vois pas très bien sur quel fondement car elle était tout à fait pondérée.
Merci d’abord à Baltar dont le commentaire me convient très bien.
Pour revenir à la question de l’auteur, je ne peut pas dire que j’ai été "choquée", j’ai un peu trop l’habitude d’entendre tenir ce genre de raisonnement. Je n’ai jamais parlé de gratuité non plus. Au reste, l’homme qui a soulevé la pierre pour la sculpter n’a pas rémunéré les millions de microorganismes qui vivaient à l’abri de cette pierre. Il a donc profité, gratuitement, de ces millions de morts prématurées, pour s’amuser avec son caillou.
En ce qui concerne l’art, cest la notion de "service" qui me paraît inepte. L’art est fondamentalement religieux. Il est né avec le religieux (dans le cadre de rituels sacrificiels) et a servi de support au religieux. L’art n’était donc pas un service, il était la condition de survie des peuples qui sans art religieux efficace, s’entretueraient à qui mieux-mieux par jalousie entre les individus.
Enfin pour finir, une ortie qui ne m’a demandé aucun travail a pour moi beaucoup plus de valeur qu’un diamant qui a coûté la sueur ou la mort de plusieurs enfants dans une mine, a engendré une guerre civile et a été travaillé pendant deux mois par un joailler belge très bien payé. Pour moi un diamant reste un caillou dont je n’ai que faire et qui ne m’intéresse pas. Il est donc absurde de penser que le travail donne aux choses une valeur intrinsèque. Il n’y a que le désir humain qui donne au monde matériel une valeur symbolique. Or, le désir humain est inconstant par nature, les publicitaires le savent très bien.
Entièrement d’accord avec vous sur la manipulation mentale permanente dont nous faison l’objet. Nous nous croyons des citoyens, mais nous ne sommes que du bétail à engraisser, bourrés jusqu’à la moelle de produits chimiques et de médicaments.
Mais heureusement pour ceux que cela fait déprimer, l’industrie pharmaceutique a inventé le Prozac. D’ailleurs, ce serait généreux d’en donner aussi aux cochons avant de les envoyer à l’abattoir, pour leur éviter d’être trop lucides...
Le fait que vous puissiez considérer la création artistique comme un "service rendu" auquel correspond une valeur et un prix dans l’absolu en dit long sur votre façon de raisonner. Vous n’êtes effectivement pas beaucoup sorti de la "matrice" ces derniers temps...
Au Moyen-Age, l’humanité était pauvre, la nature était riche. Aujourd’hui, c’est le contraire.
Il n’y a pas de création ex nihilo de richesse, mais seulement transfert de richesse de la biosphère vers l’appropriation symbolique du primate insatiable qu’’est l’hominidé.
Actuellement, les océans se désertifient à grande vitesse et une plaque de déchets plastiques flottants de la surface de la France est observable entre Hawaï et la Californie.
L’auteur parle de la satisfaction des désirs sans savoir réellement ce qu’est un désir d’appropriation. Le principal moteur du désir d’appropriation est la jalousie (lire René Girard). Plus les hommes possèdent, plus ils se jalousent entre-eux, désirent encore plus et sont éternellement insatisfaits.
La croissance alimente donc la passion acquisitive, mais pas le bonheur, bien au contraire. Elle ne fait qu’accroître le stress lié à la compétition entre les individus, entretien la dépression chez ceux qui ne parviennent pas à se définir comme des êtres supérieurs, entretien sans cesse la honte et la culpabilisation de ne pas être "au top".
Par conséquent, la croissance me paraît nocive à court et à long terme et pour ma part, je réduit autant que possible ma consommation pour éviter de nourrir ce monstre.