Nous causons dans le désert effectivement. Personne ne comprend rien à ce que nous disons et tous les commentaires retombent dans les éternelles mêmes platitudes.
Bon, mais comme dirait Girard, c’est, sur le plan anthropologique, parfaitement normal.
Le Dieu archaïque n’est rien d’autre qu’un être humain lynché par la foule. Le Dieu du soleil est généralement un pauvre gars jeté dans les flammes, le Dieu de la mer un enfant précipité dans les flots, la déesse de l’amour une fille lapidée.
C’est la réconciliation de la foule des lyncheurs autour de la victime accusée rétrospectivement de tous les maux qui créé la légende du dieu et le dieu lui-même, car pour réconcilier une population en crise violente, il fallait que la victime ait eu des "pouvoirs".
Une nouvelle société se fonde sur la réconciliation miraculeuse et rend un culte apeuré à celui qu’elle a tué.
La peur du dieu n’est rien d’autre, c’est important, rien d’autre que la peur de la vengeance d’une victime innocente à l’encontre de ses bourreaux.
Merci de nous rappeler que René Girard a parfaitement analysé les mécanismes anthropologiques qui fondent le religieux. On va pouvoir enfin discuter de cette question sur des bases un peu plus sérieuses.
Le fondement du religieux, c’est la violence entre les individus qui a pour origine les rivalités. Le religieux expulse la violence du groupe par la violence commise sur un seul.
"Car il vaut mieux qu’un seul homme meurt plutôt que la nation entière ne périsse" dit le grand prêtre dans les Evangiles, résumant ainsi toute l’histoire du religieux dans l’humanité.
René Girard a été le premier à comprendre, 2000 ans plus tard, ce que signifiait cette phrase clef.